‹ Aconits et Aconitines: ToxicologieChapitre 25 sur 35 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

Empoisonnement par l'aconit. Guérison. (Observation du docteur Althill, Dublin quarterly Journal of medical sciences, 1861, et Archives générales de médecine, 1861, t. 11, p. 481).

Le sujet de cètte observation est un homme adulte, épileptique, qui avait avalé par erreur une cuillerée d’un

ET

liniment de 2 onces, contenant 10 grammes de teinture d’aconit. L'erreur avait été commise à huit heures moins vingt minutes du matin, et M. Althill arriva auprès de son malade ? heures plus tard. Le patient avait avalé une grande quantité d'eau tiède, et était en proie à de fortes nausées.

Dix minutes avant l'arrivée du médecin, il avait ressenti une lassitude extrême qui l'avait obligé de s'asseoir. Cette sensation persistait, accompagnée d'un sentiment d’oppression, de pesanteur et d'un besoin incessant de bâiller. Il était surtout incommodé par une sensation de chaleur sèche et de tension, d’engourdissement et de fourmillement dans la peau de tout le corps; il avait d’abord ressenti cette sensation dans les pieds, quelques minutes après l’ingestion du poison, et elle avait ensuite envahi rapidement le reste du corps, en s'étendant de bas en haut ; il n'y avait pas de dilatation des pupilles, mais les bras paraissaient se contracter lentement ; point de sensation désagréable dans la bouche ni dans l’arrière-gorge. Le pouls, très faible, défaillant plutôt qu'intermittent, à l’arrivée de M. Althill, présente des intermitences très-manifestes au bout de dix minutes. Ces intermittences se prononcèrent de plus en plus, et, au bout de quelque temps, le pouls disparut complètement du poignet.

On administra immédiatement un vomitif sinapique, le seul que l’on eût sous la main ; on plaça le malade dans son litet l’on chercha à le réchauffer avec des boules d’eau chaude. Le vomitif étant resté sans effet, on en administra une seconde dose qui n'eut pas plus d’action ; l'état du malade alla en s’aggravant.

A dix heureset demie, il était dans l'état suivant : Toute la surface du corps était refroidie, et particulièrement les bras et les mains, Le malade était couché sur le dos, la face livide etles yeux fermés. Il paraissait être complètement étranger à tout ce qui se passait autour de lui, si ce n'est pendant qu’il était tourmenté pendant les efforts de vomissements et lorsqu'on l’interpellait ; il n'avait cependant pas perdu sa connaissance, il ne délirait pas, et répondit trèsbien à plusieurs questions qu’on lui adressa. La pupille gauche était très-légèrement dilatée;le pouls était nul au

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