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ou comtés d’origine féodale (1), soit, enfin, des terres auxquelles le pouvoir royal avait déjà attaché une dignité inférieure (2).
Au xvine siècle on peut observer un usage qui révèle une large évolution dans la notion du titre. La pratique se répandit de faire ériger en fiefs de dignité des terres auxquelles était donné le nom de famille (3) et même, par de curieuses lettres patentes du mois de mars 1735, le roi Louis XV permit à Charles-Antoine de Beauffort, marquis de Mondicourt, de prendre le titre de marquis de Beauffort et d'appliquer le dit titre sur telle de ses terres que bon lui semblerait (4).
Si, maintenant, nous parcourons la liste des érections faites par nos rois, nous constatons qu’elles n’ont pas été très nombreuses (5) et qu'aux xvir® et
(1) En faveur de M. de Cardaillac de Lévy, comte de Bioule, issu des seigneurs et barons féodaux de Cardaillac en Quercy dont Hugues le premier de ces seigneurs est cité, en 1064, la baronnie de Cardaillae, avee les seigneuries de la Capelle-Marival et autres, fut érigée en marquisat par lettres patentes de juillet 1645.
(2) L'humble seigneurie d’Antin, située en Bigorre, et marquisat depuis 1617, devint duché en 1711. Cet honneur lui fut décerné par ce qu’elle se trouvait être en la possession de Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, seul fils légitime de la marquise de Montespan.
(3) Les Becdelièvre font ériger Treambert en marquisat sous le nom de Becdelièvre et la Gacherie se transforme en marquisat de Charctte (Por pe Courcy, De la noblesse, p. 19). En 1736, la ville de Mauléon devient la ville de Chatillon de par les lettres patentes constituant en duché la baronnie de Mauléon au profit d’Alexis-Madelaine-Rozalie, comte de Chatillon (V. La pratique universelle pour la rénovation des terriers, par DE FReMmMINvILLE, t. TI, p. 732 et s.).
(4) Tablettes historiques, 1. VIII. V. Braurrornr.
(5) D'après les archives des Parlements et des Chambres des comptes et des aides, on a pu évaluer à 2.500 les érections régulières accordées de
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xvu® siècles elles furent accordées, en général, en faveur de la robe et de la finance, non de l'épée. Furent surtout titrées, sous Louis XIII, Louis XIV et
Louis XV, des terres des environs de Paris. « C'était,
nous dit le vicomte d’Avenel, des maisons de campagne de magistrats ou de financiers trop nouveaux nobles pour porter des titres faux. Sur cent fiefs, on trouverait peut-être, en l’Isle-de-France, vingt-cinq baronnies, comtés où marquisats; en Bretagne, en Languedoc, en Provence, on n’en trouverait pas deux » (1). Les concessions étaient sollicitées du souverain, sauf bien entendu pour les duchés, par ces anoblis que Massillon flagellait dans son sermon sur l’aumône. (Aujourd’hui, disait le grand orateur de la chaire évangélique, nul
1600 à 1789 (Borer D’ Haurerivr, 1908, p. 319). Peu de maisons possédaient, à la veille de la Révolution, des terres titrées érigées pour elles. Le catalogue en a été dressé, pour les fiefs autres que les duchés, dans PAnnuaire de M. Borez p'Haurerive, années 1857 et 1858. En tête de sa première liste (année 1857), M. Borez Dp’Haurerive demanda aux intéressés de combler les lacunes de son énumération. A celle-ci ne fut jointe, l'année suivante, qu’une addition fort courte dont la brièveté n’était sûrement point due à la négligence des lecteurs de l'Annuaire. En dénombrant les maisons inscrites dans la liste de 1857, ainsi complétée, on ne trouve que 217 familles pouvant, il y a 70 ans, appliquer à un titre d’ancien régime le-nom d’un fief érigé en leur faveur. Plusieurs de ces familles se sont éteintes depuis lors. Pour connaître les fiefs de haute seigneurie on peut consulter, en dehors des armoriaux, les ouvrages suivants : Louis Cæassor pe Nanricny, Tablettes historiques, généalogiques et chronologiques ; ComBres (comte DE WaroquiEr DE), Etat de la France; Lait, Dictionnaire véridique des origines des maisons nobles; H. Gourpon DE GenouizLac, Dictionnaire des fiefs, seigneuries, chatellenies de France. (1) La noblesse française sous Richelieu, p. 113. On a même fait remarquer que des familles d’une origine récente comme les Barral, les la Croix de Chevrières, les Colbert, ete., n'avaient pas moins de trois, quatre et
même cinq terres titrées.