VI. — L’Observance Religieuse
4 Régularité.
À ma grande édification, j'ai trouvé, presque sans exception, une louable régularité dans les Missions, quant aux prières du matin et du soir, la méditation, l'examen particulier, l’oraison, le chapelet et la lecture spirituelle en commun. Mais, étant admis que la communauté, presque dans chaque mission, se montre édifiante et ponctuelle pour ces exercices quotidiens, s’il y a néanmoins quelques individualités qui, par les avertissements de leur conscience ou la voix de leurs Supérieurs, savent
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qu'ils sont trop souvent absents de ces exercices communs, je les adjure fermement de réparer les négligences du passé par une fidélité exemplaire à l'avenir.
Dans chaque Mission, le règlement journalier devrait être affiché. De même, des cartons imprimés, pour le Benedicite et les Grâces, seront demandés à l’économe vicarial et placés au réfectoire ; ces prières seront récitées dans toute communauté composée de trois membres au moins, Pères ou Frères. Observez le silence au déjeûner, et autant que possible, que l’on fasse la lecture aux autres repas. Elle peut se faire par un enfant de l’école; mais un membre de la communauté devra lire quelques versets d'Écriture Sainte au début et un numéro de l’Zmitation à la fin.
Nos Saintes Règles prescrivent la récitation du Bréviaire en commun. Sans nul doute, les circonstances vous rendront souvent cet usage impossible, mais il ne saurait disparaître d’une façon permanente. Dans les deux Missions au moins qui sont reconnues maisons régulières, le règlement devra prévoir l’accomplissement convenable de ce grave et saint devoir.
2° Retraite mensuelle ou annuelle.
Le premier vendredi est choisi pour la retraite du mois.
Cet important devoir, il nous semble, tout le monde peut s’en acquitter même si l’on est seul, ou avec un seul compagnon.
Au moins six mois d'avance, tout sera fixé pour la retraite annuelle ; la date, le nom du prédicateur, les assistants et le lieu où elle se fera. L'annonce de convocation et la liste des assistants, expédiée par le Révérendissime Vicaire des Missions, après avoir -consulté au besoin les Directeurs locaux, ne devraient pas être considérées comme une simple invitation, mais comme un ordre de se rendre à la retraite,
Nos Constitutions (art. 276) déclarent qu'il y a obligation de faire en particulier, dans une profonde solitude
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et un rigoureux silence, la retraite que l’on aurait été empêché de suivre avec les autres membrgs, en commun.
Nous avons appris avec grand plaisir que vingt-deux Oblats ont pris part à la retraite, prêchée en février 1943 à la Mission Saint-Bernard par M# Joussarp. Douze où treize, pensons-nous, prenaient part, en même temps, à la retraite donnée à la Mission de la Nativité. Trentequatre ou trente-cinq Oblats de l’Athabaska ont ainsi fait leur retraite régulière, cette année ; maïs, dans les conditions actuelles, plus de vingt autres ont fait ou doivent faire leur retraite annuelle en particulier.
Ces conditions évidemment laissent beaucoup à désirer, surtout que cette retraite privée est faite année par année toujours par les mêmes Oblats.
Quel remède y apporter ? On ne le peut trouver aisément. Il viendra sûrement avec les facilités plus grandes de la locomotion moderne. En attendant, chacun doit faire son possible pour s'assurer pour soi et pour les autres le grand bénéfice d’une retraite annuelle régulière, s’il se peut. L'inconvénient considérable occasionné par l'absence de plusieurs membres de la même communauté, durant quinze jours ou plus, ne saurait être accepté comme raison suflisante de se dispenser d'assister à ces exercices, au moins tous les deux ans. Peut-être qu’une retraite régulière pourrait se faire occasionnellement à la Mission Saint-Augustin. Les Oblats de Vermillon, de Grande Prairie et de Spirit-River pourraient, non sans quelque inconvénient, il est vrai, assister à cette retraite, mais ce sont eux qui ont le plus raison de se plaindre d’être privés de ces exercices réguliers.
3° Pauvreté.
J'ai été édifié par l'absence de plaintes et même par l'acceptation joyeuse que vous faites des privations et, au moins, du manque de certains conforts et superflus ordinaires.
Par le vœu de pauvreté, nous avons comme individus sacrifié notre indépendance dans l’usage et la disposition de tous biens temporels. Aïnsi il est défendu à tout membre de la Congrégation d’avoir en son nom, ou de gérer à l'insu des Supérieurs légitimes, une somme d'argent quelconque.
Comme dans d’autres Vicariats, le Supérieur de maison de l’Athabaska peut dépenser vingt-cinq (25) piastres, et avec l’assentiment de son Conseil, cent cinquante. (150) piastres. Le Vicaire des Missions peut, de sa propre autorité, dépenser la somme de cinq cents (500) piastres, des fonds de la Congrégation. Avec l’approbation de son Conseil, il peut aller jusqu'à mille cinq cents (1.500) piastres.
Les Directeurs sont autorisés à dépenser vingt-cinq (25) piastres comme les Supérieurs. Pour excéder cette somme ils ont besoin de l’assentiment du Vicaire des Missions. Après qu'ils ont reçu leur allocation annuelle, toutefois, ils sont exemptés de demander la permission pour les dépenses ordinaires, par exemple, l'achat des choses qu’on acquiert chaque année ou certains frais de moindre réparation que l’on doit faire de temps à autre. Le Père chargé d’une Mission ne doit jamais dépasser la somme de son allocation.
4 Charité.
Dans vos relations mutuelles, exercez une constante charité réciproque. Elle est meilleure que le don de prophétie, le pouvoir des miracles, toute science et même que la foi qui transporte les montagnes.
Manifestez, en toute conjoncture, que vous êtes réellement frères, et traitez-vous avec la considération d'hommes bien élevés et d'hommes de Dieu. Le respect mutuel vous gagnera l'estime des personnes du dehors, et sera ainsi une source de force pour vous. Jamais ne laissez voir au public les signes de mésintelligence entre vous,
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si par malheur il s’en élevait. Que le manteau de la charité couvre toujours les fautes de vos frères et supportez-vous les uns les autres comme membres du même corps.
Vos frères malades ou infirmes, traitez-les avec la plus extrême bonté. Visitez-les régulièrement, et efforcez-vous de leur rendre, dans toute la mesure du possible, l’assistance du corps et de l’âme. Faites généreusement pour eux, dans leurs afilictions, tout ce que vous souhaïteriez que l’on vous fit à vous même, dans ces circonstances.
Les manières religieuses doivent être gardées avec scrupule et il faut bannir la familiarité. Le Supérieur local, dans sa communauté, n’est jamais désigné par son nom de famille : il faut l’appeler le R. P. Supérieur. Il bénit sa communauté après la prière du soir; ce dont s’abstient le Directeur d’une Mission.
Que les sujets soient loyaux et respectueux envers ceux qui détiennent l’autorité ; que les Supérieurs soient délicats et indulgents. L’obéissance chez nous doit être affectueuse et filiale ; les ordres transmis seront paternels. Les sujets relativement à l’obéissance doivent agir de bonne foi et avec esprit de foi. Ils violent l’un et l’autre, quand ils usent de petits moyens pour faire à leur tête, ou pour extorquer des permissions ou des décisions. Un Supérieur, Directeur ou Économe doit assigner à chacun sa tâche doucement et en particulier, jamais à table ni dans la salle commune, devant les autres membres de la communauté où peuvent être des étrangers.
Prudence, charité, obéissance devraient coopérer pour prévenir les malheureux accidents qui peuvent ravir un membre ou exposer la vie même. Les Supérieurs devraient recommander et même enjoindre la plus grande prudence, non seulement en ce qui regarde les périls sur les lacs et rivières, mais encore autour des machines et dans les voyages d'hiver.
SELOR Le.