ÔÉPARTEMFNT DES TRAVAUX PUBLICS
.4 MM. de l'Agence des biens nation \%ix.
Ce 5 juillet 1791.
Pour remplir, Messieurs et chers collègues, la demande-qui nous est faite de deux cents aubes pour la cérémonie de la translation du corps de VoU taire dans le monument destiné aux grands hommes, nous vous prions de vouloir bien donner les ordres aux personnes chargées de la garde du mo* bilier provenu des couvents supprimés de lever, sur le récépissé qui leur sera présenté, la quantité de cent aubes ou plus grande quantité, s'il est nécessaii-e, dont la remise nous sera faite, après la cérémonie, le nombre de celles existantes dans le dépôt des effets provenus des paroisses supprimées se trouvant insuffisant à présent pour satisfaire à ce besoin.
Les administrateurs des travaux publics^ Signé : Champion.
(1) Voir Tome V, p. 123-123 ei3-li-339, (2 Ih'Vuerélruspe'Uve, h'' sérif (t. 1 V. p. 317-3^0).
(3) Ils ne se retrouvent plus à la Uibliuthùijue uatioualo : du moins, M. Tuetkt ne les y a-t-il pas découverts.
Enlèvement de 200 aubes provenant du dépôt des Petits-Augiistins de la reine Marguerite y pour la translation du corps de Voltaire.
L'an 1791, le 7 juillet, cinq heures de relevée, nous, Hardy (Jacques- Joseph), officier municipal, commissaire à radrainistration des biens nationaux, nous sommes* transporté au dépôt général des effets mobiliers provenant des maisons et communautés de la reine Marguerite (1), où étant, nous avons déclaré au sieur Lb Noir (Alexandre), gardien desdits effets, que nous venions, au désir de la susdite délibération, à Tefiet de retirer dudit dépôt le nombre de deux cents aubjes demandées par MM. les administrateurs du Département des travaux publics pour la cérémonie de la translation du corps de Voltaire dans le monument destiné aux grands hommes.
Et, à l'instant, ledit Le Nom, sur notre réquisition, nous a remis le nombre de deux cents aubes provenant, savoir : cent quatre-vingt-dix, provenait desdits Petit9-Augustins,etdix de la maison des Dominicains de la rue Saint- Honoré (2); desquelles nous avons fait trois paquets, que nous avons fait charger sur une voiture et fait transporter, accompagnés de nous et dudit sieur Le Noir, aux bureaux du Département des travaux publics, établis vieille rue du Temple, au Palais Cardinal, où étante nous nous sommes adressé à M. Champjon (Anne-Clément* Félix), administrateur aux travaux publics, lui avons fait part de l'objet de notre mission et lui avons offert de remettre lesdites aubes entre ses mains, ce qu'il a accepté.
Et, de suite, nous avons fait descendre lesdits paquets de la voiture, avons compté lesdites aubes en sa présence; et, après qu'il a eu reconnu que le nombre de deux cents était complet, il s'en est chargé, pour les rendre après la cérémonie, les remettre dans le dépôt d*où elles ont été livrées et sous la gardé dudit sieur Le Noir.
De tout quoi, nous avons dressé procès-verbal, pour tenir lieu de récépissé du Déparlement des travaux publics, pour servir de décharge audit Lk Noir et valoir ce que de droit.
Et a ledit sieur Champion signé avec ledit sieur Lk Noir et nous, commissaire susdit.
Si(iné : Le Noir, Champion;
J.-J. Hardy, officier municipal.
11 est vraisemblable que le clergé constitutionnel û^aurail pas refusé son coQCOurs, s'il avait été sollicité. On ne s'explique donc pas que quelqu'un se soit préoccupé de procurer des costumes à des prêtres qui ne devaient pas être invités, ou que quelqu'un ait pensé à faire figurer des prêtres dans le cortège, en dépit des organisateurs.
D'autre part, à quels figurants autres que des prêtres ces vête* ments ecclésiastiques pouvaient-ils être destinés?
(1) Ce qui veut dire : au dépôt général,., établi dans la maison des Petits^ Augustios de la reine Marguerite,
(2) Ou Jacobins de la rue Saint-Houoré.
Note sur le général i>u Chastelet.
(5 Germinal an II.)
On a eu occasion, au sujet d'une affiche sur la fuite du roi. de parler du ci-devant marquis du Chastelet, qui était, en même temps en 1791, colonel d'un régiment de chasseurs dans l'armée qui était encore Tarmée royale et président d'une Société dont les membres prenaient bravement le litre de républicains (i).
On ne lira pas sans intérêt les renseignements.fournis sur son compte, le 5 germinal an II = 25 mars 1794, au Directoire du district de Franciajde = Saint-Denis, par le comité de surveillance de la commune d'Auteuil, dans un tableau qui contient les résultais d'une enquête faite sur les citoyens de ladite ville détenus à ce «moment (2).
Voici donc les informations fournies par le comité de surveillance d'Auteuil, à la fin de mars 1794 :
1. — DU Chastelkt (Achille), 33 ans, garçon, domicilié h Auteuil depuis septembre 1791 . ^
2. -^ Détenu à La Force depuis le 11 vendémiaire = 2 octobre 1793. — Motifs inconnus (est-ce comme noble, employé dans les armées de la République?)
3. — Avant, colonel à la suite du régiment des chasseurs des Vosges ; sur la fin de 1791^ colonel du 10« régiment des chasseurs de Bretagne; au cnrameneement de 1792, marécbal de camp^ employé à l'armée du Rhin ; au commencement de juin, à l'armée du Nord ; le 24, blessé, aux environs de Courtrai, d*un coup de canon à la jambe gauche; au milieu de 1793, quoique non encore guéri, il retourna à Tarmée et y resta jusqu'à son arrestation.