XIV INTRODUCTION
queslion; la Maison de secours de la ruH des Filles Saint «Thomas, qui fit UQ peu plus tard une chute retentissante, était déjà signalée, le 10 septembre, à la sollicitude de la Municipalité par le comité de la section de la Bibliothèque. Le Corps municipal coj[nmença par ajourner au 22 septembre la discussion de cette pétition. Puis le silence se ût. Mais les billets de \di Maison de secours ne tardèrent pas à tomber dans un tel discrédit que l'Assemblée législative fut obligée de s'en occuper en février 1792, sans d'ailleurs prévenir la banqueroute, survenue à la fin du mois suivant, et la fuite du directeur, arrêté puis évadé en -octobre de la même année (1).
2* Instruction publique.
La fondation d'un cours d'enseignement gratuit, sous le titre à' Académie nationale d'écriture^ fut annoncée au Conseil général, le 9 août, par quelques écrivains, qui reçurent à ce sujet les remerciements et les félicitations du maire et de ses collègues.
Cette Académie 7iationale ou, plus exactement. Société académique d'écriture et dHnstitution natio7iale s'établissait en concurrence avec un Bureau académique d'écriture existant depuis 1 779. On y faisait gratuitement des cours de grammaire, d'écriture, de vérification, de changé et tenue de livres, de littérature, etc. Nous avons fourni sur cette Société et les transformations qu'elle subit quelques notes assez précises (2).
En dehors de cette association, il n'y a à signaler, en ce qui touche l'instruction publique, que les mémoires du receveur de l'Université de Paris contre le Directoire du département, datés de juillet 1791, mars et juin 1792, reproduits en Appendice: il en ressort ce fait curieux que le Directoire du département s'obstinait à soutenir que ce fonctionnaire était soumis à l'obligation du serment spécial exigé des ecclésiastiques, alors que le Comité ecclésiastique de l'Assemblée nationale déclarait nettement qu'il en était dispensé.
On ignore malheureusement la décision du tribunal saisi (3).
(1) Séaoce du 19 septembre. (Voir ci-dessous, p. 362 et ^9-371 )
(2) Séance du 9 août. (Voir ci-dessous, p. 53 et 5G-67.) (3> Appendice. (\oir ci-dessous, p. 638-041.)
tNTROntfCTlON IV
^° Fètei et céré manies.
En fait Je ft^les et de cérémonies, nous trouvons celles qui furent organisées k roccasioii de la proclamation solennelle de la constilalion nouvelle, enfiti acceptée par Louis XV L
CVst le 13 septembre que le roi fit connaître, par une lettre au président de TAssemblée nationale, qu'il acceptait la constitulîon et jurait de la faire exécuter. Le lendemain, îl se rendait en grande pompe à la salle du Manège pour prêter, devant les rnprésenlants de la nation, le serment de fidélité à la constitution. Les soirées de ces deux jours furent marquées par des illuminations spontanées.
Le 15, TAssemblée nationale ordonnait que la proclamation de la constitution serait faite solennellement, le dimanche 18 septembre, par la Municipalité de PariSj et qu*il y aurait^ à cett« occasion, des réjouissances publiques.
Le 10, le Bureau municipal ordonne qu'il y aura représenlatîon gratuite à ropéra.
Quelques heures après, te même jour, le Corps municipal, ayant fait transcrire le décret du 15, prenait ses dispositions pour la proclamation du 18^ invitait les corps constitués à assister à la dernière publication qui devait avoir lieu au Champ-de- Mars et réglait les réjouissances otïertes au peuple, parmi lesquelles Tascension d'un ballon.
En outre du compte rendu ofliciel de ta cérémonie, inséré au procès-verbal du Corps municipal, on trouvera des détails ta[itsur la solennité de la publication que sur la fête publique qui suivit. On estima généralement que la partie de la cérémonie qui s'accomplit au Cliamp-de-Mars avec accompagnement d^ï musique et de chants fut imposante, mais trop courte ; elle ne dura guère qu'un quart dlienre.
Le jour mèuie de la proclamation, 18 septembre, Té^êque constitutionnel de Paris, Godul, lan<:ait un Maniemmt de AL révêquô mélropolUain de Parîs^ qui ordonne un Te deum dnns toutes les églUes de non diocèse^ en action a de grâces d^ l'Aeureuse conclusion des tfaeaux d*^ l' A^se fthlée naiivnah et de Inacceptation faite par le roi de l'acte constititéionneL Le mandement
ïv* INTRODUCTION
fixait au dimanche 25 la célébration du Te deum et les prières
publiques qui devaient raccompagner.
Le lundi 19, eut lieu la. représentation gratuite à l'Opéra, qui était, à ce uiomeut, comme on sait, théâtre municipal. Presque tous les autres théâtres offrirent au public, soit* le même jour, soit dans les joars environnants (du 16 au 20), des récréations du même genre.
C'est seulement le 22 que l'Assemblée nationale d'abord, le Corps municipal ensuite, eurent connaissance du Mandement épiscopal et reçurent Tinvitation qui leur était adressée d'y assister. L'une et T autre décidèrent de s'y faire représenter par des dépu talions.
Le 2^3 le ministre de l'intérieur informait le maire de Paris que le roi, pour remercier le peuple de l'accueil qui lui avait été fait te J8, ferait illuminer à ses frais, le dimanche 25, les Tuileries et les Champs-l'^lysées. Le Corps municipal paraît avoir accueilli cette nouvelle avec une certaine froideur : il décida notamment, le 24, que, comme il ne s'agissait là que d'une ït fèlt! particulière donnée par le roi », il n'y avait pas lieu d'illuminer rUôtel-de-Ville.
Le dimanche 26, il y eut donc^ dans la matinée, cérémonie religieuse à l'église métropolitaine, a.\ec Discours sur la coiisti^ liiiion fra?i€alse^ par un ci-devaiit moine augustin, puis Te deum on oHicia Tévi^que en personne. (Les protestants firent aussi célébrer^ mais un peu plus tard (13 octobre), un service dans leur oratoire en l'honneur de la mise en vigueur de la constitution.) Le soir, fête, danses, illuminations, à peu près comme le dimanche précédent.
Non content d'avoir ainsi procuré une distraction brillante à la population parisienne, le roi écrivit, le 25 septembre, au maire de Paris, en mettant à sa disposition une somme de &0,0U0 livres destinée aux pauvres.
I-e Corps municipal reçut communication de cette lettre le lendemain 26 et en décida simplement Tinserlion au procèsverbal. La répartition de cette somme entre les 48 sections fut connue le 14 octobre.
Eniiu — dernier écho de la fête du 18 septembre, — le Corps municipal admit devant lui, à la fin de sa séance du 26, Taéro-
INTRODUCTION km
naute Lallrmant de Sainte- Croix, qui venait lui faire hommage de la relatioa de son excursion, publiée sous le titre de Procèsverbal 1res intiresmnt da voyage aérien qui a eu lieu aux C/^mps- Élysées le 18 upUvibre. En échange ^ le courageux voyageur reçut des remerciements et une médaille en bronze (1),
4° Assistance fuUiquB,
Par arrêté du 20 juillet, le Corps municipal avait ajourné au 22 le rapport de la Commission municipale de bienfaisance (instituée le 9 avril) sur la distribution des revenus appartenant aux pauvres des paroisses de Paris.
A la suite du rapport présenté le 5 août, nous voyons le Corps municipal décider que, provisoirement^ la perception de ces revenus serait faite par le trésorier de la Ville, sous la surveillance de la Commission municipale, chargée de préparer un plan définitif pour Tadministralion et la perception des revenus fondés en faveur des pauvres de la ville de Paris, ainsi que pour leur répartition entre les 33 paroisses.
Ce rapport, réclamé, le 7 septembre, à propos d'une demande de secours présentée par un comité de section, Hxé au 22 septembre par arrêté du 19, fut enlin apporté au Corps municipal, le 26 septembre, par le substitut-adjoint Desmousseaux, comme projet de règlement pour Tadministration générale des revenus appartenant aux pauvres de la ville de Paris; la discussion fut ajournée jusqu'après l*impression et la distribution aux membres du Corps municipal. iMatgré les termes formels de Farrété, il n'est pas certain que ce projet ait été imprimé; en tous cas^ i[ na pas été retrouvé; tout ce qu'on en sait, cest qu'il était réellement Toeuvre de la Commission municipale de bienfaisance, qui Tavait élaboré en trois séances, au cours du mois d'aont^ et qu'il maintenait, pour la distribution des secours aux pauvres , la division de la ville en paroisses.
Les commissions paroissiales, également prévues par rarrêté
(h Si-ancfs de* lll, 18. ^1% 24 et 2(i Sf^pLembre, |Vmr ri-iîtiesaus, p. ^ÎUSÎ% 'âXy-:m, 'Jil\U :îifi'32l, im:nî, :i4*-aiti. aWi-5j4» Mb-%m, 3*ii^^^j, kU, 411, 433 434,
m, ïwj- iw, 477. km, irn-wv.)
Tqme Vi, »
xvm INTRODUCTION
du 1} août, ne furent nommées que le 14 octobre par lé C6tp&
municipal {!),
5* Subsistances.
Faire vivre Paris, quand, pour des causes quelconques, le commerce e&t empêché de jouer son rôle de fournisseur quotidien, a toujours été une entreprise d'une extrême difficulté : une fois de plus, l'administration municipale en faisait la pénible expérience. ^
Déuoncée par les journaux dès là fin de jtiillet 1791, la crise du pain éclaLait de nouveau violemment dans le courant du mois d'août.
Dès le 13 août, quelques boulangers viennent demander au Corps municipal Tautorisation d'augmenter le prix du pain, en raison de Tauj^mentation du prix des farines. Mais lé Corps muincipal^ qui ne se rend pas compte encore de la gravité de la situation, malgré les troubles qui commencent à se manifester, décide qu'il n'y a pas lieu à délibérer, sauf au Département des subsistances à étudier les prix comparés de la farine et du pain.
Le 17 août, c'est le comité de la section des Quinze-Viîigts qui signale des violences commises sur les boulangers pour en obtenir une diminution de prix. Le Corps municipalVenvoie d'abord la déiiuuciation à l'accusateur public compétent, puis rédige une sorte de proclamation, ayant pour but d'expliquer k la population que l'augmentation de prix était le résultat dii jeu naturel de la liberté du commerce, que la baisse ne manquerait pas de se produire et que, en attendant, la surveillance paLernelte de l'adininistration s'efforcerait de parer aux besoins.
Durant les jours suivants, les troubles se multiplièrent au point que les journaux (du 20 au 25) n'bésitèrent pas à y voir l'elleL d'uQ complot.
A partir du commencement de septembre, la question des subsistances devient l'occupation quotidienne des assemblées municipales : successivement, le Bureau et le Corps municipal
Cr ët'^aDces des 5 aoùL, 7, 10 et 26 septembre. (Voir ci-dessous, p. 35-36, 263, 303, 18Û-*4S1 et ^$490,}
INtROOUUTlON SIX
s'efforceaL, jjar l^^ars dêlibéralianseL arnHés des 5, 8, 10, 12, t:i, 19, 20 septf^mbrej quMI esL iiiULile Je résumer ici, de calmer les inquiétudes et d^amélbret TéLat des approvisionnemeats.
ËuBn, le 21 Beptëmbre, k la suite de la démarche des sections signalée plus haut, le Corps municipal prend de grandes résolulioQS : il convoque les 48 secLioiis pour le 2â, à Telfet de délibérer sur les subsistances; il faît imprimer ses multiples arrêtés k partir du 5; il ordonne au Département des subsistances de préparer un rapport qui devra être soumis au Corps municipal le 24 et au Conseil général le 27-
Le jRapport des ad^tnlstraleurs du Département des suàsis-' iancsSj fait par M. Fillëol, Vun d'eax^ suivi d'un É£aC des farinés du commerce H de la vmmcipaîUé arrivées et vendues â la Malle depuis le 1*^ jusques cl tj mûipris h 24: septembre^ est, un effet, lu, le 24, au Corps municipal, qui en arrête rimpression et renvoie la discussion au surlendemain- Mais le Mapport était surtout destiné au public; le 26, le Corps municipal se contenta d'arrètet de nouveau Timpression complète de ses arrêtés.
Le 27, c'est le Conseil général de la Commune qui s'assemble et qui prend connaissance à son tour du rapport de FilleuL II décide finalement que les farines inférieures seront reprises aux boulangers et que la qualité du pain sera surveillée au moyen de perquisitions chez les boulangers ; puis il ima^nne de soumettre au public lui-même la solution de la question ainsi posée : Qmh SQHl len meilleurs moyens d^issurer l'nfiprovmonmmeni de la capitale et dy entretetUr comtamment une f/uantité de blés H de far i?ies propori tonnée à la consommation? Lf^s citoyens devront remettre leurs mémoires au secrétariat avant le i" novembre. Cependant, les commissaires des 21 aeclions initiatrires de la convocation générale se hâtaient de répondre au rapport du Département des subsistances par une brochure intitulée : Coup d'mil rapide $ur h rapport de 3L Fille nL
En autorisant la réunion des assemblées de sections et les perquisitions chtz tes boulangers, le Corps municipal et le Conseil général oifraient à Tactivilô des militants des sections nn double dérivatif, d*où résultait pour Tadministration municipale une tranquillité relative.