X INTRODUCTION
transfert à Téglise paroissiale de Romilly. En même temps, la question dii transfert à Téglise Sainte-Geneviève, éésormaTS consacrée aux grands hommes, se trouve posée : elle est résolue, le 30 mai, par un décret qui charge le département de veiller à ce que Voltaire reçoive les honneurs décernés aux grands hommes. Le Directoire du département délègue à son tour Charon dans les fonctions de commissaire et, sur le rapport de celui-ci, arrête les grandes lignes de la cérémonie, dont il fixe la date au 4 juillet. Survient l'événement du 21 juin; la France est sans roi. Mais T Assemblée nationale a organisé aussitôt un gouvernement provisoire; le pays est rassuré ; Conseil du département et Conseil général de la Commune sont d'accord, le 23 juin, pour décider qu'il n'y a rien de changé dans les projets arrêtés et pour maintenir la date du 4 juillet. Pourtant, les difficultés pratiques s'annoncent plus grandes qu'on ne supposait : on se demande, le 26 juin, s'il ne faudra pas reculer la fête de quelques jours. Ce n'est pourtant que le 6 juillet que le Directoire du département se résout à accepter la date du 11 ; le Corps municipal, informé, autorise le Maire et les administrateurs des travaux publics à prendre toutes les mesurés nécessaires, en même temps que le Bureau municipal autorise le Département des établissements publics à délivrer, parmi les accessoires utilisés à l'Opéra, tout ce qui pourra servir à la cérémonie. Il est décidé, le 8, que le Maire et une délégation du Corps municipal iront, le 10, au devant des cendres de Voltaire pour les accompagner jusqu'aux ruines de la Bastille, oîi elles doivent passer la nuit. Le 10, en effet, le cortège accompagnant le cercueil était reçu aux coufins du département de Paris par les autorités départementales et municipales et s'acheminait vers la place de la Bastille. Mais, le 11, au matin, il pleuvait, à ce point que, d'abord, le Directoire du département se crut obligé de remettre la solennité au lendemain, sauf, deux heures après, à annoncer que le cortège partirait de la Bastille à midi (au lieu de huit heures du matin). Le triomphe de Voltaire eut lieu réellement le 1 1 juillet avec une pompe tout à fait artistique (le grand peintre David avait fourni les dessins), et le Corps municipal n'eut plus, le 12, qu'à ordonner la rédaction d'un procès-verbal détaillé de la cérémo-
IJirrRODTJCTlON XI
nie trîontphttte qni s'était déroulée au cours des deux journée* des Jft et M juillet et qui fut une des mieux réussies des fêles publiques de la Révolution (»).
Si Thommage rendu aux mines de Voltaire fut une cérémonie véritablement nationale, puisque ordonnée par les représentants de la nation, l'anniversaire du 14 juillet 1789 ne fut, au contraire, célébré que par une fête locale, à laquelle l'Assemblée nationale participa seulement par la présence d'une députation et sur invitation du Corps municipal. L'Assemblée nationale avait bien entendu, le 29 juin, le rapport de son Comité de constitution qui lui proposait de décréter pour le 4 août 1791 une nouvelle fédération nationale, analogue à celle de 1 790. Mais ce moyen d'en imposer aux ennemis de l'intérieur et de Texlérieur parut puéril, inutile et dangereux : l'Assemblée nationale le rejeta purement et simplement. Ce n'était pas une raison pour ne pas fêter l'anniversaire de la prise de la Bastille, et, le 6 juillet, le Corps municipal décida qu'il y aurait, le 4 4, messe et Te deum au champ de la Fédération, et illuminations dans la ville le soir. En même temps, les Électeurs de 1789 invitaient successivement TAssemblée nationale, le 7 juillet, le Conseil du déparlement, le 8 juillet, et le Conseil général de la Commune, le 9 juillet, à assister au 'fe deum qu'ils s'étaient engagés à faire dire chaque année, jubqu'à extinction du dernier d'entre eux. Ce Tedeuyih des Electeurs, chanté le 13 à l'église métropolitaine de Notre-Dame, fut accompagné d'un sermon ou Discours sur la Révolution française^ prononcé par un ex-moine auguslin, nommé Hervier. Quant à la fête muni-, cipale, elle fut réglée par un arrêté du Bureau municipal du ) 2 juillet; l'Assemblée nationale consentit, le même jour, à s'y faire représenter par une députation de vingt-quatre membres, et le Conseil du département décida d'y assister en corps. La Société des Amis de la constitution^ non invitée, demanda, le 1*2 juillet, à être admise à prêter le serment fédéralif au Champ de Mars. Mais le Maire lui répondit, au nom du Corps munici-
(1) Séances des 23 et 26 juin, 6, 8 et 12 juillet. (Voir ci-dossous, p. i%1'1%G, 118-179, 273, i84, 299-300, JOJ, 329 et 33:i-33D.)