‹ Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution (volume 4)Chapitre 41 sur 78 · IV · texte numérisé non relu

IV

Ov. (790] DE LA COMMUNE DB PARIS 330

^''^l. ^«ii« montré d'être admis dans un régiment de gardes à pied, il n*y ^c!^ t ^** ^^ *®"^ Uorame qui lui eût jamais exprimé l'idée d'entrer dans plft^^. ^lle formation avant que la Révolution fût affermie et la constitution s'é^À* ^e; que les amis de l'ordre constitutionnel devaient remarquer avec înt^l ^ *î"® ^"* **** soldats qui, au premier instant de la Révolution, \w^^* réunis autour de lui sous les drapeaux de la liberté avaient été ^^ bibles aux efforts malheureusement employés avec trop de succès ^^^ plusieurs régiments pour y détruire la discipline militaire et les dé- Vovitner de Tobéissance qu'ils doivent à leurs chefs. M. le Commandantgénéral, après avoir dit que tout citoyen qui porte la liberté dans son cciiur et la franchise dans ses démarches saisit avec empressement les occasions de s'expliquer, a remercié le Conseil de l'invitation qu!il lui avait faite et déclaré qu'il priait chaque citoyen de lui demander, dans toutes les circonstances, les éclaircissements dont il croirait avoir besoin (1).

Le Conseil général, après avoir marqué, tant par ses applaudissements que par une délibération unanime, à M. le Commandant-général, toute sa satisfaction sur les éclaircissements qu'il venait de donner;

Considérant que le moyen le plus naturel et le plus certain do déconcerter les intrigues des malveillants et les manœuvres qu'ils osent même couvrir du voile de Temour du peuple, le plus sûr pour anéantir les craintes des amis de la ehose publique et le plus consoUnt pour ceux qui l'administrent, est la publication des démarches et des faits ;

Qu'un billet du roi, écrit dans un mouvement particulier de sa confiance et contenant les dispositions de placer, près de sa personne, les soldats de la liberté, est la preuve la moins équivoque de son amour pour la constitution, de ses intentions habituelles de la faire triompher, et que cette affection de S. M. pour toutes les gardes nationales ne saurait trop être manifestée;

Que les sentiments de la plus intime fraternité entre les volontaires et 'es troupes soldées sont les garants de la paix et de l'ordre public; A arrêté :

Ou'ii serait dressé une proclamation par laquelle, eu rendant compte du ^écit de M. le Commandant- général et des éclaircissements qu'il avait oonaés et dont le Conseil a déclaré unanimement qu'il était satisfait, la ^^treéin roi serait rendue publique;

Qu*il serait applaudi au zèle et à la vigilance de toutes les sections sur colportant objet qui occupe l'Assemblée, et que la section des Thermes-deuVieo serait spécialement remerciée de la confiance qu'elle avait témoignée

V ^^'*^*' inséré dans la proclamation les justes éloges que M. le Com-

j'DŒa.nt-général a donnés à la garde nationale, et particulièrement au

lui *^ l'esprit de fraternité qui, depuis le jour de la Révolution, a cons-

'*^e»H régné entre les gardes nationaux volontaires et soldés; lie . ^^atre commissaires seraient nommés pour rédiger cette proclama- ^/^*5*^^'® serait imprimée, affichée et envoyée aux 48 sections et aux . ^* I Ions de l'armée parisienne.

^*^ «rrôté au Conseil général de la Commune, le 10 novembre 1790.

Signé : Baillï, Maire;

Dfjoly, secrétaire-greffier.

****^ lif. le Commandant-général a saisi cette circonstance pour

•Journal de la Municipalité et des sections {n° des 13-17 novembre) dit que *^o«irs a été plusieurs fois interrompu par les plus vifs applaudissements».

240 CONSEIL GÉNÉRAL [40 Nov. 1790]

demander, et le Conseil général a unanimement autorisé rassemblée d'un député par compagnie à l'Hôtel-de- Ville pour préparer une adresse à TefTet de solliciter la prompte organisation des gardes nationales (1), le Conseil se réservant d*appuyer par une adresse particulière celle qui pourra être présentée par Tarmée (2). Signé : Bailly, Maire; de Joly, secrétaire-greffier.

ÉCLAIRCISSEMENT

(I, p. 237.) C'est, je crois, la Chronique de Paris (n»du l»*" novembre) qui, le premier de tous les journaux, publia Tinformation sensationnelle relative à la formation clandestine d'une nouvelle garde du roi. Voici son article, origine de tout le bruit qui se fit à cette occasion :

« On s'étonne de voir rester si longtemps en place le ministre le plus suspect à la nation. On ne sait pas que M. Guignard est occupé d'une grande opération aussi inconstitutionnelle qu' anti-révolutionnaire. Il s'agit de donner au roi une maison militaire, composée dé deux régiments de gardes à pied et d'un corps de cavalerie, sous la dénomination de cardes de la couronne, ou tel autre titre, le tout composant 6,000 hommes. Les collaborateurs de ce grand projet sont les quatre capitaines des gardes-ducorpsy les états-majors des anciennes troupes de la maison du roi, et celui des ci-devant gardes-françaises. On a déjà entamé des négociations secrètes avec plusieurs sujets de la troupe du centre de Paris et des ofûciers des gardes-suisses, lesquels ne seraient pas fâchés de voir consolider leur état actuel par cette nouvelle composition. On sent qu'elle appelle naturellement tous les anciens officiers aux gardes, ainsi que tous les militaires dont la nouvelle constitution de l'armée retarde l'avancement.

« Il est très simple que M. La Tour-du-Pin ne soit pas empressé de donner

(1) Le compte rendu du Journal de la Municipalité est ici beaucoup plus clair. Le voici: « M. le Commandant-général saisit cette circonstance pour représenter la nécessité d'organiser toutes les gardes nationales du royaume; il dit que plusieurs bataillons étaient d'avis de présenter à ce sujet une adresse à l'Assemblée nationale et proposaient de nommer un député par compagnie qui se réuniraient pour la rédiger; il a demandé que la convocation de cette assemblée fût autorisée par le Conseil général. Ce qu'il a fait sans discussion. »

On se souvient que, le 8 novembre, Lj^ Fayette avait également soumis au Corps municipal l'idée d'une assemblée générale des députés de toutes les compagnies à l'Hôtel-de- Ville, afin de présenter à l'Assemblée nationale une pétition préparée par le bataillon des Jacobins-Sainl-Honoré, et à laquelle tous les bataillons avaient déjà adhéré. (Voir ci-dessus, p. SOS.)

(2) Cette réunion de délégués de la garde nationale aboutit à la présentation d'uue adresse à l'Assemblée nationale, le 18 novembre. (Voir ci-dessous.)

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sa déraission (1); il y perdrait l'avantage et riionneur de seconder utilement M. GuiGNARD dans cette besogne vraiment ministérielle, dont l'eiTet doit être de mettre aux prises la nouvelle maison du roi et l'armée nationale. Ce serait un plaisir qui dispenserait M. Guignard d'affiler et d'employer lui-même cet excellent damas, apporté de Constantinople pour abattre les têtes des patriotes français; ce seraient 6,000 sabres, au lieu d'un, tournés contre ces gardes nationales et ces bourgeois de Paris, si détestés des ministres. Que cette grande opération réussisse, et M. Guiqnard se retire, satisfait d'avoir glorieusement assuré la majesté du trône et, comme ils le disent dans leur style hypocrite, la sécurité du roi, son maître. »

Puis, traitant sérieusement une question sérieuse, le même journal insérait, sur le même sujet, une consultation de droit politique rédigée ainsi qu'il suit :

« Questions de droit public,

« Le prince des Français ou, comme on dit en France, le roi, doit-il avoir une maison militait ef

« \a constitution lui donne le commandement des armées, ou plutôt la charge de nommer des généraux aux armées que les circonstances obligent de mettre en commission. Mais le roi peut-il en outre créer une armée particulière pour exécuter ses volontés particulières? Le sujet, certes, est d'une grande importance. Bornons-nous, pour le moment, à livrer à l'attention publique les deux ou trois questions suivantes :

« !• Qu'est-ce qu'une maison mili (aire? Ces deux noms ne hurlent-ils pas de se trouver unis ensemble? Une maison se compose des individus de la famille et des domestiques. La domesticité peut-elle s'accorder avec l'existence militaire? Quoi! les grades, les marques distinctives, TavanCement dans un service national seraient alors donnés aux valets du palais? A-t-on envie de déshonorer l'honneur même? *

« 2" Un corps militaire peut-il se former sous une autre décision que celle de la volonté nationale, être soldé par une autre caisse que le trésor public? La moindre exception, à cet égard, serait trop propre à faciliter une foule de projets anti-révolutionnaires, à favoriser des désordres incalculables. Oublie-t-on que naguère la magnificence nationale a accordé au prince une liste civile de plus de trente millions, et que le ministère, insensible au malheur des circonstances, à des embarras de finances qui vont jusqu'à menacer la constitution, n'a pas même soupçonné qu'il fût séant, qu'il fût de la gloire du roi comme de sa justice, de vouloir bien se réduire à n'être que le premier potentat de l'Europe?

« 3» Le représentant honorifique de la nation, celui qu'elle a voulu revêtir de toute la majesté du peuple français, doit sans doute pouvoir s'entourer d'un cortège pompeux, digne de sa haute mission. Mais ose-t-on bien le confondre avec une portion de la force publique? Vu cortège doit frapper les sens, inspirer le respect et, par la nature des choses, rester étranger à la mâle sévérité des mœurs militaires. Faites garder les issues du palais par des huissiers, par des portiers; entretenez des hommes à

(l U la donua le 11 novembre, après la dénonciation faite la veille à l'Assemiiléc nationale par l'assemblée des députés dus sectious de Paris. (Voir ci-dessus, p. ne,)

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