‹ Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution (volume 4)Chapitre 68 sur 78 · II. — État des personnes · texte numérisé non relu

II. — État des personnes

[Cet état, inutile à reproduire, est divisé en 9 colonnes, indiquant : 1« les noms de maisons (sobriquets donnés aux malades); 2* les noms de baptême; 3* les noms de famille; 4» l'âge; 5» l'ordre de détention; 6** la sentence d'interdiction; 7* par qui la pension est payée; 8o l'état des facultés intellectuelles ;9o les observations.

Il concerne 89 aliénés, dont 18 renfermés dans la maison libre, et 71 dans la maison fermée.

Voici la notice se rapportant à l'individu dont il est question dans l'arrêté du Corps municipal :

N* 48. Pbrrbt (Jean-Marin), dit Marly dans la maison, âgé de 43 ans, détenu par ordre du roi, 22 juillet 1788, contresigné par le baron db Bbktboil. Sa pension est payée par le roi. Observations : Soupçonné d'avoir fait de faux billets de

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[28 Dec. 1790J DE LA COMMUNE DE PARIS 629

Caisse d'escompte, transféré de la Bastitic on IISS, par ordre de M* &tCiio.SKi, nu moment où les gentilshommes bretouR y furent renfermt^s.J

D'après ce tableau, vous avez pu voir, Me^^teurs, que sur le» 89 iiHÎiTÎdua qui y sont, il n'y en a que 7 dont la raîsou o'est pas altèiée ; ce aoatûeitx qui $« trouvent sous les numéros... et 48; pour des raîaonî; diverses, ils restent, quoique libres de sortir.

Il faut en excepter le sieur Pbrrbt, dont il est fait mention au n" 4&. Arrêté en 1787 à Turin, il était soupçonné, aiof^i que le oommë D..,, ëgalemeot arrête à Rome, d'être complices de deux particuliers qui avalent fabriqua de faux billets de Caisse d'escompte. Le sieur PnaEVE-r et le sîeur D.-. amenés à Paris, furent mis à la Bastille; des raisons p art ir-u livres emp^chi^ent qu'ils ne fussent livrés à la justice. Les soupçons étaient r^els et fondus; mais il n'y eut point d'accusation publique, point d'action en jualÈce; en ua mot, quoique supposa:» coupables, ils ne furent ni accusés, ni poursuivi», ni coDvaincuâ. Le despotisme à leur égard remplit les formes de la justice^ Il 9 demeurèrent duns cet état d'arrestation jusqu'en 1788, qu'on flt passer le sieur D.., à HiciMre, et le sieur PEattrf à Charenton, pour faire place aux gentilshommes bretons. Au défaut d'accusation de formes, il se joint une raison assez importante : il n^est point Français;; il est né dans les États du roi de Sardaiguc ; il rt^ehruïi le priviJùge d'tMre nt son sujet, et, sur la demande de M. de MoNTHL>EtiN, il ne fut livré à l'inspecteur de police français que sous la condition expresse qu'il serait remis sur la demande de l'ambassadeur de Sardaigne, même ^ucas de conviction de délit. Or, le délit n'est point prouvé; il n'a point été poursuivi. Le délinquaut supposé n^est poiot Français ; il a plutôt été confié que livré , il a subi trois années de détention ; res motffs ne vous paraîtront-ils pas, Messieurs, appeler votre indulgence ou plutôt votre justice? Le sieur Pbrrbt, déjà puut, étranger k nos lois^ à notre patriei ne peut-il espérer sa liberté? Une lettre de M, le garde dess sceaux à M. Bouchir d'Arois offre tous les renseignements qui ïe concernent. Nous croyons dooc que la Municipalité doit ordonner son élargissement et aviser au moyen de pourvoir à ses premiers besoins pour retourner dans sa patrie.

Dans l'état des personnes, nous crojoniî devoir ici placer ce qui concerne la maison de Yaldosne. EUe'ne contient que 4 femmes détenues pour cause d'aiiénation d'esprit, et leur folie est bien constatée.

Dans ce nombre, nous avons vu maderaoïsclle L.,. : des égarements singuliers avaient "fait prendre à son égard des prér-autions dictées par un déraut de lumières et par une rigidité déplacée. Nous Tavions trouvée dans une chambre sans vitrage, presque sans air et sans clarté» parce que^ dans ses accèrf, elle cassait toutes les fenêtres et se montrait daofl un état de nudilé. D'après nos représentations et nos conseils, les religieuses y ont fait ouvrir une croisée, et, pour en préserver le vitrage, elles ont fait construire au dedans un grillage de ftl de fer.

Nous n'avons pas eu l'occasion de le^ suivre dans leur conduite iolérieure envers les personnes qui leur sont confiées, comme nous avionn suivi ïea Fri'res de la Charité : nous ne pouvons donc pas assurer que le régime de la maison de Yaldosne puisse se comparer à celui de Charenton ; mais^ par Taltention que ces dames ont eue de suivre ce que nous leur avions recommandé à l'égard de mademoiselle L...,on peut croire qull leur sufdt de connaître le bien pour ïVxécuter.

in. — Régime de fn maistm.

[Rien d'intéressant à relever sous cette rubrique. H y aune infirmerie, un médecin, un chirurgien, un domestique nombreux ; la nourriture est saine et abondante, etc.]

Quelques fous y ont recouvré la raison. Mais il en est encore d'autres qu'une expérience plus approfondie pourrait sauver* Que n'utili?e-t-on îes lecona et les*

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expériences (I'Arnold et de Moroaoni? Od peut les tenter à Charenton : qui Mit si,- de ce séjour, si, du fond in^me des afflictions humaines, on ne verrait pas sortir une ressource contre elles?

Le site de la maUon de Charenton, les soins des Frères de fa Charité, quelques changements dans le r<^gime nous conduiront peut-^tre h une déconTerle qui ferait la gloire de noire siècle.

Signé: Lk Koox, Rbonaolt, M.«oofs<

Qu advint-il de ce Perret, dont les commissaires municipaux et le Corps municipal lui-même réclamaient si énergiquement la délivrance? On ne le saurait dire : les procès-verbaux de l'Assemblée constituante ne contiennent point son nom. Tout ce qu'on sait, c'est que, le \i mars 1791, le Maire de Paris envoyait encore à Barère de Vieuzac, pour être mise sous les yeux du Comité des lettres de cachet, la demande de mise en liberté du sieur Pbrret,« détenu depuis quatre ans, d'abord à la Bastille, puis à Charenton (1).

(If, p. 619.) Des deux pièces signalées dans l'arrêté du Corps municipal porlant inlerdiction des r(^'unions des f^nbiqueurs de la Baxtille^ Vttae romme imprimée, l'autre comme écrite, la seconde seule a été conservée, tandis que l'imprimé a totalement disparu.

Comme ces deux' documents se rattachent aux dénonciations formulées par Marat contre ceux qu'il appelait « les mouchards », on ne peut se dispenser de résumer ici au moins les éléments de la campagne furibonde menée par VA ml du peuple depuis le commencement du mois de décenibre.

A diverses reprises déjà, mais sans citer de noms propres, MaRat avait insinué que La Fayette et Baflly, surtout le premier, entretenaient, parmi les anciens Vainqueurs de la Bastille, un certain nombre d'agents secrets, lorsqu'il inséra dans LAmi du peuple (n« du 4 décembre) une lettre, non signée, où étaient dénoncés, comme « barbouilleurs de papier aux gages du général », les individus dont les noms suivent : « Etienne, auteur du faux Père Duchesne (2) et favori du divin Moitié; Gosskt, se disant avocat, animal taré sous tous les rapports; La Reynie, auteur du vol des vaies sacrés de la Bastille; l'auteur des Philipp'ques (3), le sieur Moitié fait payer l'imprimeur et laisse le produit de la vente au faiseur, son nom ne me revient pas pour le moment; l'auteur de Jeaji" Barf (4), ancien marin,

(i) Pièce nianusr.. (Arch. nat., Dv 1, n» 7).

(2) Les contrefaçons du Véritable père OiJchbsnb, foutre !j de Jacques-René HiRRRT, sont nombreuses. (Voir Touknbux, Bibliographie, i. Il, n®» H505-11331.) — VOrateur du peuple (t. ïll, n» 54^, tout en accusant Ètibnnb d'être un « écrivailieur aux gages du général », notamment d'Atre l'auteur d'un La Fayette traité comme il le mérite (le titre exact est : La Fayette traité véritablement comme il le mérilet le tout aver preuve, imp. 8 p. ia-S», sans date, Bib. nat., Lb 39/356S), amas des plus dégoûtantes flagorneries, et d'un autre libelle, plus récent, intitulé : Conspiration découverte contre la famille royale, affirme que Tauleur du faux Père Duchesne n'est pas Étiinnb, mais bien un nommé Lbmairb, commis aux postcîi, u qui allume trois fois par semaine ses fourneaux en l'honneur du général ». Ailleurs, le mAme Orateur du peuple (t. II1< n« 64) appelle encore Estîenne u libelliste et mouchard aux gages du sieur MotTii» et « motichard en titre du général ».

(3) Pamphlets inconnus, évidemment dirigés contre le duc d'Orléans.

(4) Je m'en fnuts ou Pensées de Jean-Hart sur les affaireÊ d'Étal, et JefW^Bart

\m Dec. l-yO] Di: LA COMMUNE DE PARIS mi

petit diable ÏHïUeuXj \tt ?dus» ferai le&ir aussi soa aocu, La Lettre se termine ainsi :

Vous puiiveK. Monsieur, instruira \v publif*, î^ens craÎDfîre de Flnduire eu erreitr, qu'U y ïi t^hi'ï; le Maim du Pari?^ nue liste dtf tous fa? nioiir.bards h. ^ages. Quand iJa Tiennent rherchor leur salaire, an re^arrïf^ U liste: s'il a sont iuscrita^ on ae fait aucune" dirilculté d^ It^ur dL-Uvn?E' dos bons pour leâ QocûUie« qu'il» deui&udent el qu'ils vonk toucher dans un bureau dont on m'a promis Tadresse.

Quelques jours aprf^i*, sons ce litre : Dénonriaihn faite au CoTftité rutfiQnaf ffes recherchas, le inùmn jiml du peuple [ïi° <U\ iù décembre^ publiait une communication, émanée, disait-il, d'un groupe de Vaioqueurs^ ainsi conçue ;

Monsiieur le rédacteur, Le pnblit* ayant paru désirer eonuaitre ceu\ deB Vainqueurs de la Bastille qu*^ los clK'fs (Je la Municipalité' et de ta ^nrde kiationale ne rou^i^sent pas de soudoyer pour en faire de» uiout^iards k leur^ oidres^ et upprinier la |iberU' p^r les mains m'^uies qui Tout conquise, nous avons pLusé qu'il était de notre mtérC-let de notre j^lûîre de lui en indiquer les nom?, d'apre& une résolution prise dans uno assemblée tt?uue dimanche dernier (l), entre une partie de* Vainqueurs de la Haâtilie, vrais amis diî la cbo^e publique, sur le patni^tisme desquels on peut toujours compter. En voici la lialc ;

tlBoirpHov, offîcier k la ï^ulle d£ Te tal- major, uu des chefs dea moucbard^; c'est lui qui les paye par ordre de BjittLY et de Mottjé ;

(■a^jRuies, ancien metteur eu œuvre; son emploi actuel est de délivrer def^ cachets aux mouchards pour i^e faire payer;

MASâONj alde-de-c[imp du gcnérFil (2^; cnnMc te plus d'éenvainâ qu*îl peut et qu*il paye \vH lar^LTement^

Hum M, capilaimî de la 8^ compagni*^ d** chasseurs j?uhi£'s; se trouve à la l^te de plusieurs bandit;* chasses de.^ bataiilous parisiens;

Bardin, ancien couunis aux vins;

MtLLGTf atué, sculpteur;

MiLLrr, cadet, menuisier;

HrPE, tourneur;

DaB>is, serrurier;

GoasBTi se disant avocat;

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