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Le maire fui effectivement élu le 2 août; Bailly, qui avait obtenu i2,550 voix sur 14,000 votants et 80,000 ayant droit de prendre part au vote, fut proclamé le 3 août. Le 4, c'était le tour du procureur de la Commune, Boullemer de La Martinière, élu par 3f452 voix sur 6,920 votants; pour les substituts-adjoints du procureur, il fallut deux tours de scrutin, recensés les 7 et 10 août. Cahier de Gerville, ayant obtenu 2,961 voix sur 6,191 votants, fut premier substitut, avec Duport-Dutertre, élu par 2,332 voix sur 6,084 votants, pour second.
A partir du 11 août, commencèrent les élections des notables, membres du Conseil général. Mais les rivalités étaient grandes dans les sections, les scrutins se succédaient sans aboutir : à la section du Théâtre-français, par exemple, il fallut trois séances, II, 12 et 13 août, pour arriver à la nomination du premier notable; trois autres séances, 16, 17 et 18 août, pour élire un second notable, et enfin trois séances encore, 19, 20 et 21 août, pour parvenir à compléter le chiffre de trois. Le 27 août, soir, il manquait au Conseil de Ville les résultats de cinq sections; le 31 août, une section faisait encore défaut. Enfin, le 3 septembre, le secrétaire rendait compte au Conseil de Ville que la liste des 144 notables pouvait être livrée à l'impression. Mais, des contestations s'étant produites dans trois sections, il fallut prier le Comité de constitution de provoquer un décret pour liquider ces difficultés, et n'imprimer la liste qu'à titre provisoire. La Liste générale des 144 citoyens élus par les 48 sections pour composer le Conseil général et le Corps municipal de la Ville de Paris porte la date du 4 septembre. L'Assemblée nationale ayant validé, le 6 septembre, les élections contestées, le Conseil de Ville arrêta, le 7, que, à partir du lendemain 8 jusqu'au 15 inclusivem**nt, chaque section aurait à voter sur l'admission ou le rejet des notables élus par les autres sections. Le recensement général eut lieu le 16: sur 144 notables, 69 étaient admis à l'unanimité; 74, admis à des majorités diverses; un seul, Danton, élu de la section du Théâtre-français, était rejeté à la majorité de 42 sections contre 5. En conséquence, la section du Théâtre-français devait remplacer l'exclu par un autre notable; le 20, Garrau de Coulon était proclamé, et les sections convoquées pour les 21 et 22 septembre, à l'effet d'admettre ou de
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rejeter le nouvel élu. Le 23, le Conseil de Ville déclarait Garran de Coulon admis par les 40 sections qui avaient fait parvenir leurs procès-verbaux et convoquait enfin les sections pour les 25, 26 et 27 septembre, à l'effet d'élire les 48 officiers municipaux, le recensement devant se faire le 29.
Trois tours de scrutin furent nécessaires: du premier, qui eut lieu du 25 au 27 septembre et qui fut recensé le 29, sortirent 3 officiers municipaux seulement; le second, qui eut lieu le 30 septembre et fut recensé le 2 octobre, en fournit 6 autres; enfin, le troisième tour de scrutin, qui eut lieu le 4 octobre et fut recensé le G, donna les 39 derniers. Pour cette opération, le nombre des votants ne s'était pas élevé au delà de 4, 038, et le candidat le plus favorisé n'avait obtenu que 1,783 voix ; le dernier élu devenait membre du Corps municipal avec 422 suffrages, pour tout Paris.
Le 6 octobre, donc, le rôle électoral des sections étant terminé, le Conseil de Ville put publier la liste définitive des élus au Conseil général et au Corps mi^nicipal et convoquer les nouveaux représentants municipaux de Paris à la séance d'installation, fixée au 9 octobre.
Quelle était cette nouvelle Municipalité, à qui se trouvait confiée pour deux ans (sauf renouvellement annuel par moitié) Tadministration de Paris? Dans quelle mesure se différenciaitelle de celle qui Favait précédée durant la période provisoire?
Quelques chiffres et quelques noms répondront à cette question.
Tout d'abord, le maire et les trois membres du parquet de la Commune, procureur et substituts, obtiennent le renouvelle* ment de leur mandat.
Sur les 144 notables élus par les sections, entre le 1 1 août et le 23 septembre, cinquante-deux sont d'anciens Représentants de la Commune, dont six ayant fait partie seulement de la première Assemblée provisoire, trente et un ayant fait partie seulement de la seconde, et quinze ayant fait partie à la fois de la première et de la seconde; au total, quaraate-six sortatits, dont vingt et un avaient été administrateurs, membres du Conseil de Ville. En ajoutant le procureur et ses deux substituts, qui
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avaient commencé par être assesseurs du Tribunal contentieux dans Tadministration provisoire, on voit que vingt-quatre administrateurs de la Commune provisoire sur soixante, plus du tiers, sont rentrés dans le Conseil général du 23 septembre. Ce sont Beaullls, BouUemer de La Martinière, Bureau du Colombier, Cahier de Gerville, Canuel, Champion de Villeneuve, Cholet, Davous, Desmousseaux, Duport Dutertre, Fallet, Filleul, Jallier de Saval, Lejeune, Le Koulx de La Ville, Le Scène des Maisons, Minier, Pitra, Quin, Royer, Thorillon, Trudon (des Ormes), de Vauvilliers. En dehors des administrateurs, il n'y eut à être réélus à la nouvelle assemblée, parmi les membres un peu connus ou méritant de l'être des assemblées précédentes, que Big:ot de Préameneu, Cousin, Descloseaux, Garran de CouloPj Gravier de Vergennes, Mulot, Léonard Robin.
Mais Brissot (de Ouarville), Léonard Bourdon, Dusaulx, Dejoly, Moreau de Saint-Méry, Quatremère de Quincy, Brousse des Faucherets, Thouin, Huguet de Sémonville, Broussonnet, Réal, ïhuriot, Lacretelle, Vigée, qui avaient été dès le début Représentants de la Commune et qui étaient restés tels jusqu'à la fin, ne devinrent pas notables. De même, Duveyrier, Cavaignacj Vandnrmonde, Suard, Mollien, Legendre, Santerre, Manuel, Osselin, de Bonneville, Kornmann, Fauchet, de Jussieu, Lavoisier, Chaulaire, Cassini, Danton, Condorcet., Bertolio, Périer, Godard, Ameilhon, qui avaient été de la dernière Assemblée des Représentants provisoires, ou ne se représentèrent pas ou ne furent pas réélus. Par système ou par hasard, ce furent surLouL les obscurs elles silencieux, parmi les ex-Représentants provisoires de la Commune, qui se trouvèrent choisis comme notables.
Les cinquante-deux anciens Représentants réélus se partageaient entre 38 sections : 10 sections n'avaient choisi aucun de leurs aucieus Représentants de la Commune (I); 24 sections avaient délégué au Conseil général un ancien Représentant (2);
(1) Ce» ! 1) aectious sont : celles du Palais-royal, des Postes, de la Place-Louis XIV, de BoaQe-Nouvelle, des Arcis, de la Rue-de-Moutreuil, du Faubourg- Saint-Denis, de rnùloUile- Ville, de Henri IV et de la Fontaine-de-Grenelle.
(2) CttH 3i Pi^clions sont: celles du Roule, delà Place-Vendôme, de la Bibliothèque, de la Grange-batelière, du Louvre, de la Fontaine-Montmorency, de
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et 14 seulement comptent deux anciens Représentants au nombre de leurs trois notables (1).
Enfin, les Électeurs de 1 789 sont représentés dans le Corps municipal et le Conseil général d'aoùt-seplemhre 1790 par trente-cinq d'entre eux, dont vingt et un anciens Représentants de la Commune et quatorze qui, n'ayant point été élus en 1 789 ni à la première ni à la seconde des assemblées provisoires, retrouvèrent en septembre 1790 les suffrages de leurs sections.
Parmi les nouveaux membres du Conseil général, les illustrations sont rares : à peine peut-on citer, comme personnages marquants, Farchitecte Brongniart; le littérateur Dacier, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres; Boncerf, secrétaire de la Société d'agriculture ; des médecins, comme Philibert Borie et Claude Lafisse; quelques professeurs et instituteurs comme Joachim Ceyrat, Le Meignen et Watrin; un avocat aux Conseils, Sanson-Duperron ; des administrateurs de grands établissements, comme Cauchin de La Tour, rapporteur de la Caisse d'amortissement, et Valleteau de La Roque, maître des comptes; Tassin, banquier, député suppléant à l'Assemblée nationale; LesguilleZy négociant; Le Camus, ancien juge-consul; Stoupe, imprimeur; Ralfron du Trouillet, bourgeois, un des doyens de l'Assemblée^ ancien chargé d'affaires de France en Toscane, qui fut membre de la Convention pour le département de Paris; et plusieurs ecclésiastiques, Dreue, Poujade de Ladevèze elle curé Roussineau.
D'une façon générale, il y eut dans le Conseil définitif beaucoup moins d'avocats et d'écrivains, et beaucoup plus de représentants du commerce et des métiers que dans les assemblées provisoires.
Cependant, à la suite de ces longues et laborieuses élections auxquelles les sections avaient procédé sans interruption pen-
Mauconseil, du Marchd-des-Innoceuts, des Lombards, du Faubourg-Montiuartrc, de la Rue-Poi8soQni«>re, de Bondy, du Temple, de Popincourt, des Quiuze-viugts, des Gravilliers, du Foi-de-Sicilc, de la Place-royale, de l'Arscual, de Notre-Dame, de la Croix-rouge, du Luxembourg, des Thermes-de-Julien et des Gobelius.
(?)C€s 14 sections sont: celles des Tuileries, des Champs-Elysées, de TOmtoirc, de la Jialle-au-blé, du Ponceau, de la Rue-Beaubourg, des Enfants-rouges, de nie, des Invalides, des Quatre-Nations, du Théâtre-français, de Sainte-Geneviève, de rObservatoire et du Jardin-des-plantes.