‹ Actes de la Commune de Paris pendant la RévolutionChapitre 5 sur 72 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

La nouvelle organisation ecclésiastique prescrite par la constitution civile du clergé rendait nécessaire le remaniement des paroisses de Paris. Trois commissaires avaient été nommés par le Corps municipal dès le 23 décembre 1793 (J).

Un premier rapport ayant été déposé le 1 ! janvier, le Corps municipal fit sommation & Févèque, conformément à la loi, de se trouver le lendemain à la séance pour présenter ses observations. L'archevêque, émigré, n'ayant pas répondu, le Corps municipal arrêta de demander à TAssemblée nationale la suppression des paroisses de la Cité, qui devaient être réunies à l'église cathédrale. Dès le 1 3 janvier, un décret conforme était rendu, et, le 14, le Corps municipal requérait Tévêque de nommer des vicaires généraux, à la place de ceux qui avaient abandonné leurs fonctions; la réquisition étant naturellement restée sans effet, les curés des paroisses supprimées furent investis, par arrêté du 15, des fonctions de vicaires-généraux (2).

£n même temps, 1« Corps municipal, reprenant la suite du rapport, discutait, le 14, le 15 et le 19 janvier, la circonscription des autres paroisses. L^évêque, sommé de nouveau, resta coi. A la suite d'un nouveau rapport, du 24 janvier, intervint un arrêté du même jour, qui contenait la délimitation des 33 paroisses nouvellement instituées. Le travail du Corps municipal fut entièrement ratifié par l'Assemblée nationale, le 4 février (3).

Il n'y eut de réclamation que de la part de la paroisse de Saint-Louis-en-l'île, qui présenta, le 19 janvier au Corps municipal et le 21 janvier à l'Assemblée nationale, une pétition sur laquelle le Corps municipal donna, le 30 janvier, un avis favorable et que TAssemblée nationale accueillit dans le décret du 4 février (4).

D autre part, la section du Louvre se plaignit que les paroisses eussent été formées sans l'avis des sections; mais, comme elle ne fit parvenir sa protestation au Conseil général

(1) Arrêté du 23 décembre 1790. (Voir Tome I, p. 586.)

(2) Arrêtés des 11 et 12 janvier, décret du 13 et arrêtés des 14 et 15 janvier. (Voir ci-dessous, p. 108-109, 118-120, 148-149, 136 et 144-145.)

(3) Arrêtés des 14, 13, 19 et 24 janvier, et décret, du 4 février. (Voir ci-dessous, p. 136, 145-146, 174, 177, U0-%4U 224-229 et Ui-%43.)

(4) Séances du Corps municipal des 19 et 30 janvier et de TAssemblée nationale du 21. (Voir oi-dessous, p. 173, 177 et 343-344.)

INTRODUCTION xxi

que le 3 février, le décret du 4, étant intervenu, trancha souverainement la question et mit fin à toute difficulté (I).

On a mentionné plus haut les adresses du Conseil général à FAssemblée nationale sur Témigration des tantes du roi et sur la répression des jeux clandestins, et celle du Corps municipal sur la réunion des six tribunaux (2).

Il y a lieu de signaler aussi l'hommage rendu à rAsseinblée nationale par le Conseil général à Toccasion du premier jour de Tan (3), et l'adresse qui avait pour but de réclamer en faveur de Paris une répartition égale de Timpôt et aussi une avance de fonds. Cette dernière adresse, qui amena la suppression des droits d'entrée et de l'administration de l'octroi, fut l'œuvre commune du Conseil -général et du Corps municipal (4).

Enfin, des atteintes à la libre circulation du numéraire occasionnèrent une Adresse, aux citoyens par le Corps municipal et une Instruction au peuple par le Conseil général (5).

Il y eut, à diverses reprises, dans la période qui nous occupe, des troubles assez graves : le 24 janvier, à La Chapelle, à la suite d'une rixe de fraudeurs avec des chasseurs parisiens ; le 27 janvier, au faubourg Saint- Antoine, où un mouchard ou prétendu tel fut assommé par des vainqueurs de la Bastille; le 14 février, à la section de Mauconseil, qui arrêta une diligence chargée de numéraire ; le 22 février, dans les environs du Luxembourg, parce que le bruit courait que Monsieur^ frère du roi, allait émigrer; le 24 février, autour des Tuileries, pour protester contre le départ des tantes du roi ; enfin, le 28 février, à Yincennes, dont le donjon fut menacé de démolition par une bande d'ouvriers des ateliers de charité, aidés de quelques

(1) Arrêté de la section, du 24 janvier, etaéance du Conseil général du 3 février. (Voir ci-deasous, p. 400-40i et 397.)

(2) Adresses des 23 décembre, 14 et 17 février. (Voir ci-dessus, p. x, xiii et xv )

(3) Séance du 4 janvier et réception du 8 janvier. (Voir ci-dessous, p. 17 et 30- 31.)

(4) Séances du Corps municipal des 4 et 6 février, du Conseil général du 7 février, et de l'Assemblée nationale des 8, 10, 11, 15, 17 et 19 février. (Voir cidessous, p. 412-413, 466-469, 473, 477-475 et 483-486.)

(5) Séances du Corps municipal des 14, 16 et 18 février, et du Conseil général des 17 et 24 février. (Voir ci-dessous, p. 578, 606, 617, 635-639 et 717.)

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