‹ Actes du Congrès de VienneChapitre 51 sur 54 · DU 8 FÉVRIER · texte numérisé non relu

DU 8 FÉVRIER

JLes PlénîpGtentîarres des Puîssaiices qui ont signé le traité de Paris du 30 mai 1 8 1 4 » réunis en conférence, ayant pris en considération que ie commerce connu sous le nom' de traire des Nègres itA^ifue a été envisagé, pfar fes honimes justes et éclairés de tous les temps ^ comme répugnant aux prîncipes^ d'humanité et de morale universelle ;

Que les. circonstances particulières- àuxquefles ce cotn'm'erce a dû sa> naissance, et îw difficulté d^eri hitctroThpre' brusquement te co^ts, onï pu couVrtV jusquà- uil- ceftaîtf point ce' qu'il y avait d'odîeux dttnsia^ conservation*; mais qu enfin li* voîx publique s est élevée dans- ttous les- pays civilisés" poUï-'cfemander qu'il soit supprimé Ite plutét possible ;

Que, dtepuis-qut le caractère et les diétaîls' die Ce commerce onrét^é mieux* connus^, etiles maux' de toute espèce qui l*àccômpagnenv, complètement dévoilés, plusieurs dies GoUVërnemehs européens ont pris en^efïèt là^ résolution dfe lie'fkihe dèSset, et" que successivement toutes les- Puissances possédait' des colonies dans les différentes parties du monde ont reCôtftiU, sbit^ par- dès actes législatifs , soît* pat dès^ ttaités^ et autres' ettgagemmi fomielè*, l^obligatioflet là-nécessité^ dëlaSolirr

Que, par un article séparé du dernier traité de Paris, la Grande-Bretagne et la France se sont engagées à réunir leurs efforts au Congrès de Vienne pour faire prononcer , par toutes les Puissances de la chrétienté^ 1 abolition universelle et définitive de la traite des nègres;

Que les Plénipotentiaires rassemblés dans ce Congrès ne sauraient mieux honorer leur mission, remplir leur devoir, et manifester les principes qui guident leurs augustes Souverains, qu'en travaillant à réaliser cet engagement, et en proclamant, au nom de leurs Souverains^ le vœu de mettre un terme à un fléau qui a si long-temps désolé TAfrique, dégradé TËurope, et afHigé rhumanité ;

Lesdits Plénipotentiaires sont convenus d ouvrir leurs délibérations sur les moyens d'accomplir un objet aussi salutaire, par une déclaration solennelle des principes qui les ont dirigés dans ce travail*

En conséquence, et dûment autorisés à cet acte par ladhésion unanime de leurs Cours respectives au principe énoncé dans ledit article séparé du traité de Paris , ils déclarent , à la face de TEurope , que , regardant labolition universelle de la traite des nègres comme une mesure particulièrement digne de leur attention, conforme à lesprit du siècle et aux principes généreux de leurs augustes Souverains, ils sont animés du désir sincère de concourir à l'exécution la plus prompte et la plus efficace de cette mesure, par tous les moyens à leur disposition, et d'agir, dans l'emploi de ces moyens, avec tout le zèle et toute la persévérance qu'ils doivent à une aussi grande et belle cause.

Trop instruits toutefois des sentimens de leurs Souverains, pour ne pas prévoir que, quelqu honorable que soit leur but,

( ^53 ) lis ne le poursuivront pas sans de justes ménagemens pour les

intérêts, les habitudes et les préventions mêmes de leurs sujets, lesdits Plénipotentiaires reconnaissent en même temps que cette déclaration générale ne saurait préjuger le terme que chaque Puissance en particulier pourrait envisager comme le plus convenable pour labolition définitive du commerce des nègres : par conséquent, la détermination de Tépoque où ce commerce doit universellement cesser, sera un objet de négociation entre les Puissances ; bien entendu que Ton ne négligera aucun moyen propre à en assurer et à en accélérer la marche ; et que l'engagement réciproque contracté par la présente déclaration entre les Souverains qui y ont pris part , ne sera considéré comme rempli quau moment où un succès complet aura couronné leurs eflforts réunis.

En portant cette déclaration à la connaissance de l'Europe et de toutes les nations civilisées de la terre, lesdits Plénipotentiaires se flattent d'engager tous les autres Gouveraemens, et notamment ceux qui, en abolissant la traite des nègres^ ont nïanifesté déjà les mêmes sentimens, à les appuyer de leur suffrage dans une cause dont le triomphe final sera un des plus beaux monumens du siècle qui la embrassée^ et qui laura si glorieusement terminée-

Vienne, le 8 Février 1 8 15,

Signé Castlereagh. Palmella.

Stewart. . Saldanha.

Welungton^ Lobo.

NeSSELRODE. . HUMBOLDT.

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