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une matiere tinctoriale bleue dans certains districts brésiliens, l’Æsckynomene sensiliva, devra être essayée dans ces régions. Il en sera de même de certaines espèces du genre Z'ournesolia ou Crozophora, qui végéteront parfaitement au Congo et qui pourront donner des produits analogues au Tournesol en pains que nous voyons préparer au Grand-Gallargues, dans la région méditerranéenne. Ce qu'il y a de plus probable, c’est qu’on devra de préférence s’en tenir, dans bien des cas, aux espèces que l'expérience et la tradition auront démontré aux indigènes être les plus productives. Mais si l’on fait alors intervenir les procédés perfectionnés de culture que nous possédons en Europe, il est aisé de prévoir qu’on verra succéder aux médiocres profits que s’assurent péniblement des populations encore ignorantes, des résultats véritablement colossaux.
Les mêmes principes de sélection s'appliquent aux espèces de Cotonniers dont il faudra favoriser la culture. Les variétés à longue soie devront remplacer celles dont le brin est défectueux comme longueur, souplesse et solidité. Une expérimentation méthodique vous dira s’il n’y a pas lieu de substituer partout aux Gossypium herbaceum, arboreum, et anomalum, souvent cultivés dans ces contrées, les bonnes variétés de G. Larbadense qui fournissent aujourd'hui les bonnes sortes de cotons américains et qui sont d’ailleurs cultivées avec succès sur plusieurs points tropicaux du continent américain.
Les peuplades de ces régions posséedent plusieurs autres textiles fournis, comme le coton, par des Malvacées; il conviendra de les populariser au Congo. L’Évonoué des Gabonais est dans ce cas : c'est l'Aibiscus tiliaceus ou Peritium tiliaceum, dont l'écorce, macérée dans l’eau sert à fabriquer de très bonnes cordes, « que l’on pourrait, dit M" Griffon-de-Bellay, confondre avec les cordes de chanvre travaillées en Europe ». Tout à côté de ce groupe se trouvent les Tiliacées auxquelles appartiennent les plantes à Jutes, les Corchorus. Dans presque toute l'Afrique tropicale, les C. olitorius, trilocularis, acutangulus, tridens, etc. sont de mauvaises herbes dont on peut régulariser la mise en exploitation, après que l’expérience se sera prononcée sur la valeur relative de ces espèces considérées comme textiles. .
Ce que je viens de dire des matières tinctoriales et textiles, je puis le dire également des végétaux à matières grasses. La culture des Arachides et des Palmiers à huile, qui existe dans toute l'Afrique chaude, devra être favorisée et perfectionnée au Congo. Le Sésame (Sesamum indicum) y pourra être, avant peu, exploité sur une grande échelle : non pas seulement les races peu productives qui sont connues dans les cultures africaines, mais ces belles races ou variétés japonaises qui ont déja été essayées, par quelques curieux, dans le midi de l’Europe et qui doivent donner des produits plus beaux et plus abondants. Quand les graines des Sésames qui, comme celles des Arachis, couvrent à certains jours les