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teraient mieux le climat et le paturage que les moutons, même les bœufs, qui aiment plus de sève dans la nourriture qu’il n’y en a ordinairement dans l'Afrique centrale.
Enfin, permettez-moi de présenter en dernier projet, celui de la formation de parcs zoologiques comme, par exemple, à Léopoldville pour l'exportation des grands animaux des tropiques, devenus déjà si chers et si rares. L'Europe, avant la dernière guerre du Mahdi, achetait ces bêtes surtout au pays de Bogos et Kassala était le grand marché du commerce des lions, girafes, rhinocéros, antilopes etc. Les jardins z0ologiques de Gand et d'Anvers pourraient servir de dépôts d'écoulement pour la vente des animaux du Congo, par exemple des Plocéides (oiseaux) qui sont déjà assez répandus, même parmi les amateurs.
Voilà ce que je puis dire dans le quart d'heure réglementaire.
M: Max. Cornu. — Je suis chargé par mon ami Paul Sagot, qui s’est occupé de la culture tropicale de présenter ses regrets de ce qu'il n’a pu venir ici prendre la parole sur un sujet qui l’intéresse au plus haut point. Il m'a prié d'annoncer qu’il met la dernière main à un manuel de culture dans les régions tropicales, ce travail rentre absolument dans les questions que le Congres doit étudier. Il contiendra non-seulement des détails sur l’agriculture tropicale au point de vue des plantes, mais encore au point de vue de l'élevage du bétail. M. Paul Sagot, ancien chirurgien à la marine, est demeuré longtemps dans les tropiques. IL a passé sept années à la Guyane, où la France a un pénitencier important. Ses publications ne sont pas inconnues. Elles ont paru dans les bulletins de la Société d’horticulture de France et de la Société botanique ; elles ont été remarquées. Il ya déjà là des détails très-intéressants sur les essais de culture, notamment des plantes alimentaires, des légumes de diverse nature. Il indique les essais qui ont été faits, les résultats obtenus, et les améliorations qui ont été atteintes par des perfectionnements successifs. Il examine les uns après les autres les légumes d'Europe, les variétés des régions tempérées, et celles des pays plus chauds. Il étudie les plantes qui ont réussi en Algérie, en Nouvelle Calédonie et il montre par quels degrés insensibles on peut arriver à transporter des plantes d'une région plus froide dans une région plus chaude.
Les agriculteurs qui voudraient se rendre au Congo feront très bien d'étudier le volume de M. Sagot, qui renfermera des détails très-intéressants, soit d’une*application immédiate, soit d’une généralisation possible pour les cultures du Congo.
M. Wittmack. — J’attire votre attention sur l’œuvre de M. P.-L. Simmonds, Zropical Agriculture. Treatise on the culture, préparation, commerce and consumption of the principal products of the vegetable kingdom. — London et New York, E. and P. Spow. 1877. In 8, 515 pages.
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M. le Président. — Personne ne demandant plus la parole, je ferai une proposition qui pourra servir de conclusion à la question qui vient d'être traitée. Ce n’est pas seulement la Belgique aujourd'hui, c’est l'Europe, c'est le monde civilisé tout entier qui attend de l’État libre du Congo des résultats pratiques et une activité d'ordres divers.
Pour nous restreindre à la botanique, je crois qu'il y aurait lieu d'organiser et de diriger une «exploration dans la région du Congo. Jusqu'ici c’est avec un vif sentiment de regret que je n’ai pas vu d’herbier ni de collection végétale d'aucune sorte rapportés de ces contrées par nos compatriotes si nombreux qui y ont été envoyés.
Il y a à cela diverses raisons. Le but de leur mission n'était pas précisément celui que nous poursuivons. Les temps n'étaient pas propices encore. L’attention de ces premiers missionnaires de la civilisation là-bas n’était pas spécialement dirigée vers les sciences naturelles. Mais aujourd'hui que l'État libre est constitué, qu’il va avoir une sérieuse organisation, je crois que c’est un devoir pour nous en Europe et pour nous autres Belges surtout, qui aimons à nous rapprocher de l’œuvre du Roi, que de chercher à organiser le plus tôt possible une exploration botanique des régions du Congo.
J'aurais voulu voir cette œuvre entreprise en Belgique par l’Académie ou par quelqu’une de nos institutions. Nous ne nous trouvons pas dans des conditions matérielles qui nous permettent d'accomplir seuls cette entreprise; cependant tous nous l’attendons, nous la désirons beaucoup. Nous ne pouvons sans doute pas aller immédiatement et directement étudier la flore du Congo sur les lieux. Il convient d'y envoyer quelques personnes particulièrement aptes et bien préparées. Ne serait-il done pas utile de constituer ici un comité international qui se mettrait à la disposition de l’État libre du Congo pour organiser et pour diriger l'exploration botanique de sa flore ?
Les matériaux qui pourraient étre ainsi recueillis seraient répartis entre les membres de ce comité pour être étudiés par chacun d’eux suivant sa spécialité, suivant ses aptitudes.
Je pense que le dénombrement de la flore du Congo ne saurait être entrepris par un seul botaniste. Il y a là matière à beaucoup de travail et à beaucoup d'activité.
Le Comité se mettrait en rapport avec l'administration de l’État libre du Congo, il étudierait les produits des explorateurs #cientifiques. Il faudrait herboriser, préparer les collections, les envoyer en Europe, à Bruxelles d’où ces matériaux seraient répartis parmi ceux d’entre nous qui en manifesteraient le désir.
Comme l’a dit M. De Bosschere, on pourrait déjà, pour 1887, arriver à un premier résultat.
J'ai pris l'initiative de cette proposition parce que je ne vois pas sortir
a LS
des différentes communications qui ont été faites, une solution pratique, une réponse directe, adéquate à la question qui à été posée.
Si vous jugez la constitution de ce comité possible, nous pourrions procéder à sa formation.
M. Planchon. — Si on fait sappel aux différents gouvernements pour arriver à une mission d'exploration, ce qui est très-désirable, j'admets que ce soit à Bruxelles que se centralisent les envois.
Dans ce cas les gouvernements qui auraient contribué à l'exploration auraient sans doute part aux collections.
M. le Président. — Évidemment.
M. Planchon. — Bruxelles se trouve étre le centre de l’administration politique du Congo. Mais comme il s’agit d'une œuvre à laquelle vous appelleriez les gouvernements à contribuer, il est naturel qu’on leur offre de leur en faire partager les bénéfices. Dans ces conditions je crois que la proposition qui nous est faite doit être accueillie.
L'exploration a déjà commencé dans d’autres parties de l'Afrique. Plusieurs explorateurs récemment et autrefois dans l’ouest, les Portugais dans le sud, d’autres ailleurs, ont déjà réuni un grand nombre de matériaux. Mais pour l'intérieur de l’Afrique, il y a encore beaucoup à faire. On pourrait négocier avec les gouvernements sur la base que M. le Président indiquait tantôt. C’est une œuvre collective qui pourrait aboutir. On devrait y mettre une condition : c'est que Bruxelles serait le centre ou
l’on enverrait le produit des explorations, mais que les collections seraient réparties équitablement entre les divers musées botaniques des pays qui auraient contribué à l’entreprise.
M. Baïllon. — Peut-être que si le Congrès entier se prononçait en faveur de la mesure, afin qu'on put entrer définitivement dans la pratique, cela donnerait de la force à la proposition de l'honorable Président.
M. Max. Cornu. — Je demande la permission de faire remarquer au Congrès qu’il y a eu déjà des missions envoyées par divers gouvernements dans des conditions semblables. Je ne sais si vous avez en mémoire le souvenir des missions qui ont exploré il y a deux ans l'Amérique du sud et notamment la Terre-de-feu. Il y a eu une série de missions qui ont été organisées par la France, l'Angleterre, l'Autriche, ete. et qui ont rapporté les documents les plus intéressants sur ces contrées qui étaient très mal connues, documents particulièrement précieux pour la Météorologie.
Si les gouvernements voulaient s'associer et envoyer, chacun de son côté, des missions vivant et agissant en commun, en bonne intelligence, des missions comme celle de l'Amérique du Sud, dans lesquelles on s’est réciproquement montré d’une extrême courtoisie, il y aurait à cela le plus grand profit pour la science et pour l’œuvre que la Belgique poursuit
— AVS
en ce moment. Ainsi, la proposition que l’on émet a déjà recu exécution dans d’autres pays et elle a produit les plus heureux résulats.
M. Planchon. — Une seule expédition pourrait offrir des difficultés, alors même qu’elle réunirait des personnes de différentes nations. Je me rappelle avec tristesse ce qui s’est passé au siècle dernier lorsque la France et l'Espagne ont envoyé une mission au Pérou, Dombey d’une part, Ruiz et Pavon de l’autre.
J'appuie l’idée qui a été mise en avant de former plusieurs missions, à la condit:on qu'au lieu d’être antagonistes elles s'entendent. Je veux bien que les travaux, les envois, soient concentrés à Bruxelles, mais il faudrait que ces missions, dans leur organisation, ressemblent elles-mêmes à l'État libre du Congo, qu’elles en fussent en quelque sorte l'image.
M. le Président. — On conservera à la mission le caractère neutre et international que le Congo a lui-même et qu’il entend garder.
M. Planchon. — On pourrait se partager le champ à explorer, et, au moyen des diverses délégations gouvernementales on créerait une émulation qui ne pourrait manquer d’être favorable à l’entreprise.
M. Palacky.— I] serait bon de choisir le comité dans toutes les nations représentées ici et de lui donner des pleins pouvoirs pour agir comme bon lui semblerait dans cette question. Pourquoi? Parce qu’il ne dépendra pas du Congrès, il dépendra en premier lieu des gouvernements. Si nous donnons à ce comité une direction trop exclusive, il peut se faire que nous paralysions d'avance tous nos efforts et que nous gâtions notre œuvre d'avance. Si ce comité a le droit d'agir à sa guise, cette marque de confiance universelle que nous lui donnerons sera une recommandation auprès des gouvernements et lui permettra de traiter avec eux sur des bases plus larges. Nous ne pouvons entrer dans des détails. Mieux vaut done accepter purement et simplement la proposition de M. le Président et de recommander au Comité que nous choisirons, tout ce que les honorables préopinants ont dit qui mérite l'attention. Bornons-nous à décider la question de principe : la création d’un comité international en vue de l'étude de la flore du Congo.
M. Lefèvre. — Ayez l'obligeance de faire exprimer un vœu par le Congrès, il aura plus de force qu'aucune commission même choisie d’une facon unanime.
M. Ch. De Bosschere. — Il entre dans les intentions de M. le Président de solliciter un vœu, mais nous ne devons pas se: de vue l’art. 10 du règlement du Congrès qui dit :
« Le bureau du Comité de patronage et celui de la Commission organi- « satrice constitueront le Comité exécutif du Congrès. Ce Comité sera saisi
de toutes les propositions, questions et documents adressés au Congrès.
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« Il pourra s’adjoindre les auxiliaires dont le concours lui paraîtra utile. » AE
Je crois que cet article permet de vous donner pleine et entière satisfaction. Ma proposition serait la suivante: le bureau du Comité de patronage et celui de la Commission organisatrice s’adjoindront des délégués de toutes les nations représentées au Congrès d'Anvers. Ce comité exécutif, avec ces auxiliaires, ferait les travaux préparatoires à l'organisation de cette mission que vous désirez voir entreprendre dans l'Afrique centrale. Si nous avons des auxiliaires dans les différents pays de l’Europe, il nous sera très facile d'arrêter un plan général, définitif, et d'étudier la manière dont on pourrait le mieux, dans l'intérêt de tous, répartir les collections qui nous seront envoyées, arriver à la rédaction d’un questionnaire, etc. Ce serait en quelques sorte un comité d’études qui ferait les travaux préparatoires nécessaires.
Lorsque ie Congrès aura émis le vœu de voir organiser une mission scientifique internationale, nous pourrons demander qu’on nous adjoigne des représentants de toutes les nations indistinctement.
Le Comité de l’Association internationale du Congo se met entierement à notre disposition, comme j'ai déjà eu l'honneur de vous le dire tantôt.
Dans l’intérèét de la science, nous devons profiter des dispositions bienveillantes des personnes qui se trouvent à la tête de l’entreprise du Congo (Marques d'adhésion).
M. le Président. Je mets aux voix la proposition telle qu’elle vient d’étre formulée en excellents termes par M. Ch. De Bosschere. — La proposition est adoptée.
M. le Président. — La proposition est done admise en principe. Il nous reste à désigner par pays, un ou plusieurs membres qui continueront l’étude de la question de la flore du Congo, qui se mettront en rapport avec l'administration de cet État, et qui organiseront directement, si cela est possible, l'exploration botanique de ces contrées.
M. Ch. De Bosschere. — On pourrait, par pays, faire appel à la bonne volonté des membres présents ou à leurs amis.
M. le Président. — La proposition est-elle appuyée? (oui! oui!)
Le vœu est donc émis et la proposition est adoptée à l'unanimité, sans aucune observation.
M. Ch. De Bosschere. — Je vais donner lecture, par ordre alpha- , bétique, des n6ms des représentants des divers pays.
M. Baillon. — Je propose que le Comité organisateur du Congrès fasse lui-même le choix des membres.
M. le Président. — I1 n’y a pas d'opposition ? — Cette proposition est adoptée.