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jardin. Ce sont presque toujours les meilleurs instituteurs qui obtiennent ces récompenses et ceux qui ont les élèves les mieux dressés sous tous les rapports.
Nous avons constaté,en outre, avec plaisir, que la plupart de ces instituteurs que nous avons eu l'occasion de primer dans les concours ont été nommés, à la suite de nos visites, inspecteurs cantonaux de l’enseignement primaire dans la province.
L'exemple donné par la Société agricole de Namur mérite d'être signalé.
M. de Gerlache. — Uu simple mot, Messieurs, au nom des amateurs et en l’abscence d’autres que moi qui aiment tout ce qui a rapport à la botanique, aux plantes, à la végétation et qui n’ont pas le bonheur de comprendre très-bien tous les termes de la science.
Ne pourrait-on pas dresser la liste des meilleurs ouvrages à consulter pour les étymologies grecques et latines des mots ? Comme les travaux du Congrès seront consignés dans une brochure qui nous sera distribuée, nous pourrions puiser là de précieux renseignements. Cette liste, pour la facilité de tout le monde, pourrait être publiée en français, ainsi que dans d’autres langues.
M. le Président. — Vos paroles seront inscrites dans le compte-rendu de la séance; le vœu que vous avez formulé sera donc ainsi naturellement exprimé et il n’est pas douteux qu'on y donnera suite.
M. Wittmack. — Il est à regretter que l'Allemagne n'ait pas beaucoup de jardins scolaires et que les jeunes instituteurs n’aiment pas de s'occuper de jardinage.
. Dans notre société d’horticulture de Prusse nous avons tenté très souvent de réagir contre cette tendance et nous avons cherché à intéresser à nos efforts le gouvernement et tous ceux qui ont quelque influence. Mais les jeunes instituteurs sont tellement occupés pendant les 3 années qu’ils passent à l'École normale, qu'ils n’apprennent pas grand'chose relativement au point qui nous occupe. Ils sont bien forcés de suivre les cours de pomologie et d’arboriculture, mais en général ils regardent celà comme une chose inutile.
Nous avons obtenu de meilleurs effets quand nous nous sommes adressés aux instituteurs qui étaient déjà en place. Lorsqu'on encourage les instituteurs des villages et des petites villes à planter des arbres et à créer des jardins, ils ne s’y refusent pas. Ces instituteurs qui vivent à la campagne ont beaucoup plus de goût sous ce rapport que les normalistes, mais il y a encore de grands progrès à réaliser à cet égard.
Notre gouvérnement — comme cela se pratique ici et en France — organise des cours au printemps et à l'automne et les instituteurs viennent y apprendre l’arboriculture, surtout l'élevage, le greffage, la taille des arbres fruitiers.
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En Angleterre et en Hollande on a fait des distributions de plantes aux ouvriers. Je prierai ceux qui connaissent cette question de s'en expliquer devant vous plus en détail. On a voulu essayer également à Berlin de ce système, mais on y a renoncé parce qu'on a remarqué qu'il est très difficile de contrôler ces plantes. ;
On peut facilement donner des boutures pour les plantes en pot, mais il est malaisé de reconnaître si c'est la même plante que l’ouvrier représente en automne et s’il ne l’a pas achetée au marché. Dans les petites villes, la chose peut se pratiquer facilement. Il existe là une Commission de surveillance dont le contrôle peut être sérieux, mais dans les villes comme Berlin, ce contrôle est presque impossible.
M. Baltet. — C’est en Belgique que l’enseignement de l’horticulture a toujours été le plus développé depuis un grand nombre d'années. Si le point de départ de ce mouvement, comme l’a dit M. Rodigas, émane des environs de Namur, nous devons nous rappeler que les présidents de Sociétés, que les Comices agricoles ont trouvé jadis dans Pierre Joigneaux, un des nôtres, un auxiliaire puissant. Il a contribué à la propagation de l’horticulture et de son enseignement. Efforcons-nous, à notre tour de l’imiter, lui et ses successeurs.
En France, nous avons institué les conférences qui sont données par des praticiens, dans les jardins et les vergers et l’enseignement de l’horticulture est inscrit au programme de nos écoles. Ce que devra contribuer beaucoup à propager le goût de l’horticulture dans les campagnes, ce sera l'exemple fourni par les jardins attenant aux maisons d’école; là l'instituteur déjà formé à l’école normale, peut diriger un enseignement pratique des plus efficaces. Le maitre apprendra aux enfants à planter, à
- semer, à faire des pépinières; c’est ainsi que l’on s'attache à la culture et au toit paternel. Il distribuera aux élèves des bons points utiles, se rapportant à l’histoire naturelle ou au jardinage, et même de petits traités élémentaires. Les compositions qui sont faites journellement pourront emprunter leur sujet de rédaction à la botanique ou aux diverses branches de l’économie rurale.
Il est un autre moyen d'instruction : ce sont les promenades, les excursions, les visites aux exploitations, aux expositions horticoles et agricoles avec explications et démonstrations sur le terrain. Les élèves aiment beaucoup ce mode d’enseignement. Aussi disent-ils toujours après ces leçons pratiques : « Nous en avons appris plus dans éette journée d’excursion que pendant plusieurs semaines à l’école. »
Ils ne se doutent pas cependant que c’est parce qu’ils ont appris à l’école les premières notions d'agriculture qu’ils peuvent voir avec fruit les bois, les champs et les jardins et s’y intéresser toujours. Espérons que les excursionnistes et les auditeurs aux Cours et aux Ecoles d’horti-
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culture jouiront de certaines facilités de voyage, couse on le voit en Belgique.
Les encouragements, toutefois, font rarement défaut ici. Les Sociétés et les administrations se montrent disposées à récompenser et les maîtres et les élèves.«En forçant la jeunesse à apprendre à semer, à planter, à greffer, nous aurons contribué beaucoup plus à empêcher l'émigration des campagnes vers les villes, que par tant d’autres moyens qui ont été préconisés. Cultivateurs, propriétaires, citadins, ouvriers trouveront toujours au jardin, satisfaction et profit.
La jeune fille ne doit pas rester étrangère à la culture des légumes et des fleurs, à l'emploi des fruits. Son rôle n’est-il pas d'assurer le bien-être et la joie à la maison ?
Les cours pratiques d’arboriculture fruitière, de culture potagère ou d'entretien des jardins d'ornement sont suivis et goûtés par la population de tout âge et des deux sexes. L'État, les Conseils généraux ou municipaux, les Sociétés horticoles subventionnent les professeurs et publient souvent le résumé des lecons.
L'’horticulture et ses sœurs viticole et sylvicole sont démontrées dans nos écoles supérieures ou moyennes d'agriculture, aussi bien que dans les fermes-écoles. Le personnel enseignant se recrute plus facilement aujourd'hui, grâce à la création de l’École nationale d’horticulture de Versailles si habilement dirigée et installée au milieu d’autres riches collections. Nous avons là une pépinière de professeurs, de chefs de culture, de maïtres jardiniers, destinée à rendre de grands services au pays.
Je n'’insiste pas en présence du personnel enseignant des écoles d’horticulture de Gand, de Vilvorde, de Tournai.
Vous le voyez, Messieurs, nous avons largement emprunté à la nation qui nous offre l'hospitalité en ce moment même. D’autres États ont suivi la même voie.
S'il nous fallait démontrer nos sentiments de reconnaissance, il suffirait de vous rappeler avec quel entrain nous nous associons aux témoignages de sympathie décernés à vos savants et dévoués professeurs.
M. Nierpraschk.—Je ne suis pas tout à fait de l'avis de M.Wittmack.
Dans les pays rhénans, il existe des petits jardins à l’usage des écoles et on encourage les maîtres d'école en leur donnant quelques centaines de sujets à greffer. C’est surtout pour les arbres fruitiers qu’on entretient ces jardinets ; cela se pratique beaucoup dans les environs de Cologne; grâce à ce système les élèves réalisent des progrès très-satisfaisants. C’est un exemple qu'il serait bon d'imiter et dont on recueillerait les plus grands avantages.
M. Fischer de Waldheim. -- A Varsovie, il y a un établissement — c'est le « Jardin pomologique » qui a pour but de propager la culture
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des plantes utiles et surtout de celles qui se rapportent à la pomologie. Le gouvernement accorde une subvention de près de 5000 roubles pour l'entretien de ce jardin. Il y a près de 30 élèves praticiens qui y travaillent et qui y apprennent comment il convient de cultiver, de tailler etc. les arbres fruitiers. On pousse le plus possible à la propagation des espèces utiles et nouvelles. Le but de cette institution est de tâcher de généraliser dans le pays autant que possible la plantation et la culture de ces arbres fruitiers. Chaque maïtre, chaque inspecteur ou directeur d’une école de l’enseignement du degré inférieur a le droit de demander chaque année un certain nombre‘d’arbres fruitiers qui lui sont délivrés gratuitement. Dans ces écoles à études du degré inférieur, il y à des instituteurs qui apprennent à connaître la culture de ces arbres. Vous comprenez, Messieurs, que cette institution peut porter des fruits, puisqu'il a des arbres (Æüilarité). C’est un excellent procédé pour propager l’horticulture et spécialement la pomologie. Cette institution n’était peutêtre pas connue jusqu'ici. C’est pourquoi je me suis permis de la signaler à votre attention.
M. Van Hulle. — Vous avez pu lire dans les rapports préliminaires un résumé de mon travail, je prends la liberté d'en déposer sur le bureau une demi-douzaine d'exemplaires. Ils seront remis aux personnes qui s'intéressent spécialement à cette question.
M. le Président. — Le Congrès vote des remerciments à M. Van Hulle.
M. Magnus. — Chez nous l'administration envoie des professeurs nomades que nous nommons en Allemagne Wanderlehrer.
Ils vont de village en village et enseignent populairement la greffe et tout ce qui se rattache à l’arboriculture.
Ils commandent les espèces et les variétés d'arbres fruitiers d’après le climat et les conditions particulières de chaque endroit.
M. Wittmack. — Les conférences de professeurs existent même au Japon et — chose étrange — les Japonais paraïssent avoir été les premiers qui avaient des instituteurs nomades.
Je n’ai pas encore recu de réponse au sujet des plantes qui sont distribuées aux ouvriers. J'ai lu tous les rapports, mais dites moi donc, Messieurs de la Hollande, vos expositions sont-elles bonnes, utiles ? Et vaut-il la peine d'introduire cette institution en Allemagne ? Faites vous de cela une œuvre de charité, de philanthropie et l’amour des plantes at-il été plus répandu à la suite de vos expositions ?
‘M. Krelage. — Quoique je ne sois pas préparé à discuter cette question, j'en dirai quelques mots en réponse à ce que vient de dire M. Wittmack. Les distributions de plantes aux ouvriers et les expositions de fleurs qui permettent de constater les soins qu’ils leur ont donnés est une
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chose excellente si elle est bien appliquée, mais dans Ie cas contraire, elle peut offrir certains dangers et tourner à la plaisanterie. Il faut qu’on puisse contrôler l'emploi qui est fait des plantes et reconnaître si celle que l’ouvrier présente en automne est bien celle qu’on lui a remise sous forme de très jeune plante au printemps. Il y a un moyen de s’en assurer. Il s’agit de mettre une petite pierre marquée dans le pot de facon à ce que les racines des plantes touchent déjà un peu la pierre. On pourrait recourir à d’autres procédés. On peut par exemple faire des visites d'inspection chez les personnes qui ont recu des plantes.
M. Wittmack a demandé si cette institution offrait de l'utilité pour les grandes villes. Je n’ai pas fait d'expériences à ce sujet.
Dans les grandes villes on devrait procéder par quartiers, faire de petites associations qui auraient le contrôle des plantes.
Le nombre dés plantes distribuées en Hollande, par ville, est environ de 4 à 5 mille. Dans une ville comme Berlin, il en faudrait 50,000. Le champ est bien vaste mais on pourrait diviser la ville ou tout au moins les quartiers habités par les ouvriers, en douze sections ayant chacune une organisation spéciale. Un grard centre comme Berlin doit être néces-. sairement divisé si on veut y faire avec fruit les distributions de plantes.
M. Ch. De Bosschere. — Je me permets de vous demander s’il entre dans vos intentions de déclarer close définitivement la discussion des trois premières questions proposées à l'assemblée générale. Cet après-midi on commencera par la 17° question pour entamer ensuite la Convention phylloxérique. Je sais que plusieurs membres du Congrès désirent prendre la parole sur une des trois premières questions. Ces Messieurs pourront-ils parler alors que les objets à l'ordre du jour sont épuisés ? Je crois qu'il conviendrait qu’il en fût ainsi.
M. le Président. — Aucune objection n'étant faite à cette proposition, je la déclare adopté.
Notre ordre du jour se trouve ainsi entièrement réglé.
La séance est levée à midi et demi.
ET": Assemblée générale du 3 août 1885.
Présidence de M. KRELAGE, délégué du Gouvernement des Pays-Bas.
Sommaire : XVII" question du programme : Quels sont les remèdes employés jusqu'ici contre les ravages des pucerons et quels résultats ont-iis donnés ? MM. Ronicas, DruDE, DE NoBEeLE, NIEPRASCHK, DE SELYS-LONGCHAMPS, HoVELACQUE, WESMAEL, VAN HULLE, CH. DE BOSSCHERE, VAN HEURCK, WITT- MACK. — XX" question du programme : Convention internationale phylloxérique. Proposition d’en unifier et d’en généraliser l’application dans tous les pays. MM. Cornu, VAN HEURCK, WIiTTMACK, RoniGas, CH. DE BosSCHERE, KRELAGE, BALTET.
. La séance est ouverte à 21/2 heures.
Siègent au bureau : MM. KRELAGE, président, CH. DE BossCHERE,
secrétaire-général, MARCHAL et Ropicas, secrétaires.
M. Ch. De Bosschere. — M. Sava Petrovitch, le délégué du gouvernement de la Serbie, vient de faire hommage au Congrès de deux ouvrages de botanique : 1° la flore de Serbie; 2° un fascicule de plantes rares des environs de Belgrade.
Ces deux ouvrages seront soumis à l'examen des membres du Congrès.
M. le Président. — Nous abordons la XVII° question de notre programme : « Quels sont les remèdes employés jusqu'ici contre Les ravages des pucerons et quels résullats ont-ils donnés ? » (1)
M. Rodigas.— La XVIIe question de notre programme a été suffisamment développée par deux de nos confrères de Gand, MM. L. De Nobele
(1) Voir aux « Rapports préliminaires » les mémoires de MM. L. SPAE-VANDER- MEULEN, p. 48-49, AD. VAN DEN HEepe, p. 108-110, L. DE NoBeLE et Ep. PyNAERT-VAN GEERT, p. 259-268,
et
et E. Pynaert-Van Geert, ainsi que par un confrère de Lille. On a indiqué comme un des remèdes actuellement en vigueur, le tabac employé d’une certaine façon. Il s’agit, non plus de fumigations, mais de la vaporisation du tabac. Ce remède, je désire le constater ici, est très-efficace. IL tue directement les insectes sans trop nuire aux plantes. Je vois entrer un de mes honorables confrères de Belgique, M. de Nobele. Je lui cède volontiers la parole.
M. Drude (Saxe). — Nous avons employé au Jardin botanique de Dresde le remède indiqué par M. Rodigas et qui consiste à brûler des extraits de tabac. Nous l'avons notamment utilisé pour la culture de la Victoria Regia. Les insectes ont été tués en peu de jours.
M. De Nobele. — Vous avez pu voir, Messieurs, par le rapport que j'ai soumis au Congrès que je ne conteste nullement l'efficacité du jus de tabac, bien au contraire. Je suis convaincu qu'il constitue un insecticide puissant. À mon avis, en s'adressant au jus de tabac on ne s'adresse pas à la source qui doit fournir un principe actif suffisamment concentré aux conditions les plus économiques. Mes études ont porté sur la recherche de ce principe. Une opinion courante est qu’il réside dans la nicotine. Or, la chimie est là pour démontrer que cette croyance est erronnée. Dans les conditions ordinaires, quand le milieu chauffé n’est pas alcalin, si on chauffe une solution de nicotine, la nicotine, ne se dégage pas.
Il y a donc lieu de rechercher ce qui la remplace. Mon opinion est formelle à ce sujet : ce sont les sels ammoniacaux.
Les composés ammoniacaux agissent d’une facon directe sur les insectes. A la suite de cette 1'° théorie, j'ai fait, dans un sens scientifique, quelques petites expériences dont je vais vous exposer sommairement le résultat. J'ai pris du tabac en nature, je l’ai fait infuser pendant un certain temps dans l’eau. Puis, j'ai dirigé la vapeur des matières ainsi préparées sous des cloches où se trouvaient des insectes. Lorsque je débarrassai ces vapeurs des sels ammoniacaux en les faisant passer sur des substances imprégnées d'acide sulfurique, l’effet était nul. Quand on supprime le tabac et qu'on fait arriver sous des cloches à insectes du carbonate ou du chlorure d’ammoniaque, on constate que l’on a affaire à un insecticide puissañt. J’appelle votre attention sur ce point.
M. Niepraschk. — Je désire vous signaler un autre remède contre les pucerons qu’on emploie beaucoup dans les pays rhénans, on l'appelle Krepin, inventé par M. Bovenschen à Créfeld. C’est un extrait de Pyrethrum, à ce qu’il parait. Il produit des effets merveilleux. Partout où l’on emploie ce remède, les pucerons meurent tout de suite.
Il offre d’autres avantages encore : il ne nuit nullement aux plantes, pas même aux tiges jeunes et délicates.