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On me répondra que la chose se fait déjà à présent. Mais je voudrais que cette mesure füt régularisée et appliquée d’une facon constante. L'année dernière un importateur avait annoncé une grande vente aux enchères d’une collection d'Orchidées venues des tropiques, mais on ne voulait pas la laisser entrer directement à Hambourg et on était obligé de la faire entrer par la Belgique.
Ce que nous désirons, c'est qu’on n’exige plus une autorisation spéciale pour chaque lot à introduire dans un pays. Je serais heureux que le Congrès émit un vœu dans le sens que je viens d'exposer.
M. Rodigas. — Il est fâcheux de devoir constater, comme vient de le faire M. Wittmack, que les gouvernements se montrent si peu disposés à écouter la voix de la science avant de prendre des mesures d’un ordre supérieur. Je pense que les Congrès, qui ont la mission d'éclairer les gouvernements, doivent élever la voix pour prévenir des mesures désastreuses ou pour y mettre un terme. Notre assemblée, composée des hommes compétents que nous avons l'honneur d’entendre ici, doit faire comprendre qu’on a tort de croire que les véhicules du Phylloxera se trouvent là où ils ne peuvent étre. Il est ridicule de faire croire au public que le Phylloxera se transporte, par exemple sur des bulbes; autant vaudrait lui dire que le Phylloxera peut se propager sur les plantes artificielles de M. Stein, de Breslau. Il importe que notre Congrès montre à tous les gouvernements combien ils nuisent aux intérêts de l’horticulture en laissant se répandre des idées en contradiction avec la science.
Je propose donc qu’on adopte les conclusions qui nous sont soumises. Chaque État conservera le droit d'établir à ses frontières une quarantaine, mais l'essentiel est qu’on accorde une liberté aussi large que possible à tous les produits et objets quelconques qui ne peuvent pas transporter le Phylloxera.
M. Ch. De Bosschere. — Je m'étais fait inscrire pour prendre la parole et pour présenter une proposition analogue à celle de M. Rodigas. Je suis heureux de constater que les conclusions de M. Rodigas se rencontrent avec celles de M. O. Bruneel, le secrétaire de la Chambre Syndicale des horticulteurs belges. M. Bruneel donne la liste des pays. qui ont adhéré à la convention de Berne. Je crois que M. Rodigas a répondu à votre désir à tous en demandant que tous les États soient instruits à fond de la question. Je propose que le comité exécutif du Congrès soit chargé de soumettre à tous les gouvernements le remarquable exposé du représentant de la France, M. Max. Cornu.
En l’absence de MM. O. Bruneel et A. Van Geert, qui ont été empéchés par une circonstance fortuite d'assister à notre séance, je me fais l’interprête des horticulteurs belges et je remercie d’une manière spéciale
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M. Max. Cornu pour les immenses services qu’il a rendus à l’horticulture en défendant d'une manière remarquable ses intérêts à la réunion de Berne. (Applaudissements).
M. Cornu. — Je ne puis laisser passer une occasion comme celle-ci sans proclamer les services considérables rendus à la cause de l’horticulture par M. A. Van Geert. Admis à la conférence de Bérne, M. A. Van Geert nous a signalé des difficultés qui, sans lui, auraient entravé certains arrangements. Je regrette vivement son absence aujourd’hui. Grâce à lui et à M. Delfosse, ministre de Belgique en Suisse, les négociations de la convention de Berne ont été singulièrement facilitées. Si vous me votez des remerciments, je vous prie, Messieurs, d’en reporter la plus grande part sur M. A. Van Geert, président de la Chambre Syndicale des horticulteurs belges. (Applaudissements.)
M. le Président. — Il me sera permis de dire quelques mots sur cette question qui m'intéresse autant que vous et pour la solution de laquelle j'ai fait quelque chose, comme M. Witimack a eu la bonté de le rappeler. La proposition de M. Cornu me paraît du plus haut intérêt. Je suis de l’avis de M. Cornu que les vœux si importants de notre Congrès doivent étre soumis à tous les gouvernements. Aïnsi que j'ai eu l'honneur de le dire dans le petit mémoire que j'ai écrit sur ce sujet, je crois qu’on doit aller plus loin encore. Les propositions que M. Cornu nous à soumises ne sont pas encore suflisantes. M. Witimack a fait observer avec beaucoup de raison que tous les gouvernements ont une tendance à se défier des mesures que l’on propose de prendre en faveur de l’horticulture. Nous n'avons qu’un seul moyen de remédier à cette opposition, c'est que des hommes compétents, des savants, rédigent des mémoires basés sur des expériences, pour prouver que toute contagion par le Phylloxera est impossible hors de la vigne. Si des publications semblables étaient faites en Espagne, en Italie, en Roumanie, par des hommes de ces pays mêmes, elles excerceraient plus d'influence que nos avis et, en tous cas, elles pourraient donner un poids considérable aux conclusions de notre Congrès.
M. Wittmack a parlé de la position favorable de la Hoflande quant à l'introduction de plantes venant de pays qui n’ont pas adhéré à la convention de Berne. La Hollande est tout-à-fait sur la même ligne que la Belgique. Celle-ci nous a donné, dans les divers règlements de la question, un exemple excellent et, sauf de légères différences au point de vue légal, les règlements des deux pays sont les mêmes. Pour moi je considère que la Belgique et la Hollande sont tout-à-fait en règle en soumettant à leurs frontières, à l'inspection d’un expert officiel, les envois des pays qui n’ont pas adhéré à la convention de Berne. Une telle inspection est moins favorable que l'introduction simple par un certificat. Je crois que
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cette thèse peut être fort bien défendue. Les mesures introduites dans les règlements de Belgique et de Hollande sont tout à fait dans le cadre de la convention et répondent ainsi à cette exigence que les pays non contractants ne soient pas traités plus favorablement que les autres. Il est désirable que tous les gouvernements suivent la même marche. On peut admettre des vœux généralisés comme le sont les propositions formulées par MM. Rodigas et De Bosschere ou basées sur les communications de M. Cornu, mais aussitôt qu'il s’agit de règlements spéciaux on doit en laisser la rédaction aux divers gouvernements intéressés. Comment s’assurerait-on que les institutions légales d’un pays s'appliquent aux dispositions arrêtées par un gouvernement voisin. Quant aux questions générales qui sont les mêmes pour tous les pays, je crois qu’il appartient à notre Congrès d'en dire quelque chose, mais les points spéciaux doivent être abandonnés, je le répète, à l’appréciation des divers pays intéressés.
M. Ch. De Bosschere. — Je vous ai prié, Messieurs, de décider que le remarquable exposé de M. Cornu sera imprimé à un nombre considérable d'exemplaires, pour qu’on puisse le distribuer aux principaux intéressés. Mais en même temps je crois qu’il est fort utile que les divers gouvernements sachent ce qui s’est dit aujourd’hui au Congrès international d'Anvers. Pour atteindre ce but, la Commission organisatrice vous propose d'envoyer les actes du Congrès ainsi que les rapports préliminaires à tous les gouvernements qui ont eu ici, non seulement des délégués officiels, mais des représentants officieux. De cette facon les commissions qui s'occupent de la question phylloxérique pourront suivre avec beaucoup de fruit vos discussions, approfondir le rapport de M. Cornu et arriver aux conclusions que nous désirons tous voir adopter.
Voici la conclusion que M. O. Bruneel soumet à l'assemblée; elle est la même, comme j'ai déjà eu l'honneur de le dire, que celle de M. Rodigas.
« Puisse le Congrès accueillir cette proposition : que tous les pays « adhèrent à la Convention phylloxérique du 31 novembre 1883 et « adoptent, en les étendant aussi libéralement que possible, les mesures « de réglementation intérieure et la formule du certificat édictées en « Belgique. »
— Cette conclusion est adoptée.
M. Ch. De Bosschere. — Nous avons en 2° lieu l'exposé de M. Cornu que j'ai proposé d'envoyer à tous les gouvernements étran-
gers. Le Congrès se ralliera sans doute à cette proposition ? (Adhésion unanime).
M. Baltet. — M. Rodigas a demandé que les végétaux fussent soumis à une quarantaine quelconque à la frontière, Il ne faut pas émettre ce