‹ Actes du Congrès international de botanique et d'horticulture d'AnversChapitre 26 sur 53 · ROME · texte numérisé non relu

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Ce mouvement est la continuation de celui qui a été commencé en France il y à plus de 18 ans, sous les auspices d’un homme qui a rendu les plus grands services à l’enseignement : je veux parler de M. Victor Duruy, qui a été Ministre de l'instruction publique sous l’Empire. Il fut un honnête homme dans toute l’acception du mot, il désirait le bien, le progrès et l’accomplissait même avec les ressources les plus restreintes. Ce mouvement se continue d’une façon visible; il nous fait espérer que nous pourrons réaliser le programme que nous avons au fond du cœur.

Il s’est traduit d’une autre facon encore : les licenciés ès-sciences

naturelles ont vu le niveau de leurs examens s'élever dans des proportions notables. Les questions posées aujourd’hui, sont plus étendues que celles qui étaient faites il y a 15 ou 20 ans, la science a marché et les connaissances classiques se sont accrues simultanément. Les épreuves ont été multipliées, c’est-à-dire qu’au lieu d’une épreuve sur une seule des sciences naturelles, on en subit plusieurs qui sont, non seulement théoriques, mais pratiques. Les épreuves pratiques sont relatives soit à la connaissance des plantes, soit à la détermination des fossiles, soit à la préparation d’un objet d'anatomie ou d’organographie; elles ont recu une extension plus grande. Malgré l’augmentation des difficultés le nombre des candidats est plus grand qu’autrefois. + On sait qu’en France l’enseignement supérieur est absolument public et gratuit, cours, laboratoires etc. mais on fait plus encore : pour faciliter aux jeunes gens pauvres l'étude des sciences, on a institué depuis quelques années ce qu’on nomme des Bourses de licence. À la suite d'un examen, certaines jeunes gens reçoivent une subvention pécuniaire de 1200 fr. par an qui leur permet de suivre des cours et de passer leur examen de licence. Beaucoup de ces jeunes gens sont déjà licenciés es-sciences physiques et se préparent à la licence ès-sciences naturelles. Cette bourse peut-être transformée en bowrse d’agrégation ou de Doctorat: par ce moyen les jeunes gens peuvent conquérir le grade de Docteur ou le titre d’agrégé.

Au Muséum d'histoire naturelle une somme annuelle de trente mille francs entretient ainsi vingt boursiers ; à la Faculté des sciences il en est de même aïnsi que dans les établissements de même nature.

On le voit: si on considère l’argent consacré à l’enseignement de la botanique, le programme des examens, le nombre des professeurs, le nombre des chaires, le présent ne ressemble plus au passé. En peu d’années, nous avons réalisé des améliorations considérables.

M. Planchon. — J’ajouterai un mot aux justes observations de MM. Baillon et Cornu. Nous sommes à la veille, en France, de rétablir le baccalauréat ès-sciences physiques tel qu’on l'avait autrefois, en rétablissant l’ancien baccalauréat ès-sciences mathématiques.

Une des causes de l'affaiblissement des sciences d'observation, en France, a été la malheureuse idée de ne conserver qu’un baccalauréat, qu'on appelait complet, parce que les sciences naturelles n’y entraient pas.

Ce fait est monstrueux, mais il a duré plus de 30 ans. J'ai vu les choses commencer lors de la bifurcation. On a supprimé complètement dans le baccalauréat, qui est le 1‘ degré d’études moyennes, d’études secondaires, les sciences naturelles. On les a rétablies depuis lors dans le baccalauréat qu’on appelle restreint. Maïs cela ne suffisait pas. J'attends beaucoup de progrès, pour l'enseignement en général, de la transformation qui se prépare. J'espère que le Conseil supérieur, qui s’inspire aujourd’hui fort heureusement des vues des Facultés (nous sommes a cet égard sous un excellent régime de consultations), rétablira l’ancien baccalauréat ès-sciences physiques. En en faisant l’examen d’entrée des sciences médicales et pharmaceutiques, par exemple, et en réservant une part légitime aux sciences naturelles, on réalisera de très grands progrès. Comme on l’a dit: l’enseignement secondaire est intimement lié à l’enseignement supérieur. Ce sont les professeurs de l’enseignement secondaire qui forment la pépinière des maîtres de l’enseignement supérieur et réciproquement celui-ci réagit sur l’enseignement secondaire. Sous ce rapport nous sommes entrés dans une bonne voie.

M. Cornu. — En parlant des améliorations apportées dans les examens, j'ai omis de signaler ce qu’on appelle l'agrégation des sciences naturelles; elle est destinée à former dans les lycées des professeurs spéciaux de sciences naturelles, lesquels n’avaient pour ainsi dire pas d'existence légale. Ces professeurs étaient choisis parmi les physiciens et les mathématiciens. Actuellement les professeurs de sciences naturelles sont choisis à la suite d’un examen spécial. Je suppose que ce terme d’agrégation vous est suffisamment connu, la fonction d’agrégé de l’université correspond à un examen tout à fait particulier. Il confère non pas un grade mais un litre avec un traitement spécial y attaché et qui s'ajoute au traitement de la fonction.

J'ai exposé en termes sommaires ces choses qui pourraient étre longuement développées et dont l'importance est frappante.

M. Magnus. — Je voudrais attirer l'attention sur l’Institut le plus important peut-être qui ait été créé en ces derniers temps pour les progrès de la botanique. Je veux parler du laboratoire pour des recherches microscopiques et scientifiques de Botanique dans le Jardin botanique de Buitenzorg, à Java, établi et dirigé par M. Treub. Ce jardin et ce laboratoire sont sans doute connus de tous les membres du Congrès. Tous les botanistes sont invités de la facon la plus pressante à le visiter. Ils y trouveront et les places et les moyens pour les recherches ainsi

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qu'ample matière à études. On rencontre là des plantes qui ne se voient pas ailleurs.

Je constate avec satisfaction que plusieurs Allemands ont déjà profité de cette offre bienveillante. L'Institut de Buitenzorg n'est pas seulement destiné aux recherches purement scientifiques. On y a également organisé des cultures merveilleuses de quinquina et récemment de caoutchouc. Je serais heureux qu'on voulüt reconnaître à Anvers la grande libéralité avec laquelle la Hollande a créé le Jardin et le laboratoire de botanique de Buitenzorg, dans l’île de Java. (Applaudissements).

M. le Président. — Vous avez applaudi vivement les paroles de M. Magnus.

Je suis sûr que M. Treub sera touché d’une telle marque de reconnaissance du Congrès.

M. Baïllon. — Je vais plus loin : j'exprime le vœu que les membres du Congrès signent, séance tenante, une lettre qui sera adressée à M. le directeur du Jardin Botanique de Buitenzorg, pour le remercier de sa généreuse et grandiose idée. (Applaudissements).

M. Ch. De Bosschere. — J’attire votre attention sur une demande que je me suis déjà permis de vous faire. Vous me trouverez peut-être exigeant. Je viens à chaque instant prier les membres étrangers du Congrès de bien vouloir nous envoyer le plus d’éclaircissements possibles sur les différents points du programme. Au risque d’abuser de votre obligeance, je réitère ma requête. Le but que la Commission organisatrice du Congrès a poursuivi est de s’instruire par les exemples que donnent les grands et les petits pays de l'Europe. |

Cette 3"° question a pour objectif de nous apprendre ce que vous faites dans vos états respectifs. Nous désirons comparer les progrès que vous avez réalisés dans l'espoir que le Congrès en bénéficiera et que d’autres pays pourront également en retirer des avantages.

Lorsque, sur ma proposition, cette question a été insérée dans notre programme, je me suis demandé par quelle voie nous pourrions le mieux et le plus sûrement arriver au but proposé. Ce n’est que tardivement que nous avons pu adresser le questionnaire que vous connaissez, aux gouvernements étrangers, par l'intermédiaire de notre département des affaires étrangères. Ce questionnaire se trouve à la page 137, 2° fascicule. Trois gouvernements ont répondu à notre appel : nous avons reçu des documents de l’Angleterre, des Pays-Bas et de la Suisse. Ces pièces sont arrivées trop tard pour être insérées dans les rapports préliminaires. Elles trouveront place dans les Actes du Congrès. Permettez-moi d'espérer qu'avant la publication de notre Bulletin, d’autres réponses nous par: viendront des gouvernements étrangers et même de plusieurs d’entre vous.

Nous serons très-heureux de les accueillir et nous en remercions d'avance les auteurs.

La 2e partie de la question se rapporte plutôt à l’horticulture. Nous avons décidé hier de reporter à l’assemblée de l'après-midi les questions d'intérêt commun aux deux sections. Vous voudrez bien me permettre de prendre cet après-midi la parole sur la 2" partie de la question : « quelle a été, dans ces mêmes pays, l'influence des études botaniques sur les progrès de l’horticulture ? »

Je crois que c’est une question à laquelle s’intéresseront à la fois les botanistes et les horticulteurs.

M. le Président. — Je pense que nous pouvons déclarer pour le moment cette discussion close. (Adhésion). Nous passerons à l’examen de la question n° 1 ainsi conçue :

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