‹ Actes du Congrès international de botanique et d'horticulture d'AnversChapitre 27 sur 53 · I. Le rôle et l'organisation des laboratoires de botanique · texte numérisé non relu

I. Le rôle et l'organisation des laboratoires de botanique

M. Magnus. — Mon collègue, M. Wittmack a loué avec beaucoup de raison le Musée et le Jardin botanique de Berlin. Je regrette qu’on n'ait pas réuni à Berlin le laboratoire au Jardin botanique même. Il est curieux qu’à Berlin on n’étudie le développement des plantes qu’en ville, tandis que les plantes elles-mêmes croissent hors de la ville.

J'ai déjà dit qu’il est très désirable qu’on annexe à chaque Jardin botanique un laboratoire pour les recherches sur le développement des plantes cryptogamiques, sur le développement des fleurs, sur la biologie etc. Cet usage est suivi dans les petites Universités de l’Allemagne. À Strasbourg, on peut étudier beaucoup mieux le développement des champignons, de la biologie, qu’il n’est possible de le faire à Berlin où nous sommes très malheureux que les deux établissements soient situés si loin, l’un de l’autre. Il importe qu’on puisse étudier le développement des plantes sur les lieux mêmes où elles croissent et où l’on trouve les écoles d’horticulture ainsi que les jardiniers.

Je voudrais que le Congrès exprimât le vœu qu’on réunit à tous les Jardins botaniques un laboratoire de botanique.

M. Lefèvre. — Selon moi, les installations les plus complètes sous ce rapport, existent au Jardin botanique d'Edimbourg dont je n'ai pas encore entendu citer le nom. Si l’on voulait étudier l’organisation de ce jardin, qui est très considérable, comme vous savez, on pourrait, je pense, dans cet ordre d'idées, trouver une solution à la question. Je me reconnais incompétent pour la traiter. Aussi je me borne à vous la signaler.

M. Baïillon. — Je crois qu’il y a beaucoup plus de jardins qu’on ne

(1) Voir aux « Rapports préliminaires » les mémoires de MM. LÉO ERRERA, p. 17-29, A. FiscHER DE WALDHEIM, p. 60-64, et É. LAURENT, p. 80-82.

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pere

semble le croire où les deux choses sont réunies. Je pense même que tel est le cas pour le plus grand nombre en Europe. Il est fâcheux, sans doute, que dans une grande ville comme Berlin, le laboratoire ne soit pas joint au Jardin botanique; mais il n’est pas toujours aisé de remplir ce desideratum. À Kew, le laboratoire, dit de Jodell, est très petit; mais tenu à la disposition de tous les savants, il n’est pas moins fort utile; il a été fondé aussi aux frais d’un particulier, grâce à un legs. Il ne faudrait donc pas placer Kew dans la même catégorie que Berlin.

J'appuie également le vœu que les laboratoires soient placés autant que possible dans les Jardins botaniques.

M. Cornu. — La l'° question porte : « Le rôle et l’organisation des laboratoires de botanique. Tout d’abord qu'entend-on par laboratoires de botanique ? C’est un mot moins précis qu’on ne le pense.

Je considère comme extrêmement distincts les uns des autres les laboratoires de recherche et les laboratoires d'enseignement. Chez nous, par le mot de laboratoire de botanique, on a eu surtout en vue le local dans lequel l’enseignement pratique de la botanique se fait et se poursuit. Aussi voyons-nous un très grand nombre de ces locaux, souvent très spacieux, très bien aménagés, très bien disposés, qui ont coûté des sommes considérables, enclavés au milieu d’autres constructions, situés à un étage élevé, être somme toute assez médiocres au point de vue du travail de recherche.

J’estime que celui qui veut se livrer à des travaux scientifiques sera plus à son aise, sera mieux placé pour ses recherches dans un local très petit, souvent insuffisant comme dimensions, mais à la condition que ce local soit à portée des serres et des cultures dans lesquelles prospèrent les plantes vivantes.

Au Congrès de 1878, j'ai insisté sur la nécessité d’avoir une communication directe entre le laboratoire de recherche et l'enceinte dans laquelle les plantes peuvent vivre et végéter, en bonne santé. Malheureusement ce desideratum n'est pas toujours réalisé. Je crois que dans beaucoup de cas on pourrait l’atteindre, si on voulait se contenter d’une installation très modeste. On doit laisser de côté les grandes et coûteuses appropriations, les beaux meubles, les riches vitrines, toutes choses excellentes en elles-mêmes, souvent nécessaires pour l'instruction et le travail des élèves, mais que les professeurs, les savants, n’ont pas toujours besoin d’avoir immédiatement sous la main. Dans un laboratoire réduit, sorte de petite chambre à modeste installation, mais en contact immédiat avec les végétaux indispensables, on serait dans d'excellentes conditions. On s’efforcerait de rester à l'abri des visites importunes, on ne serait pas géné par le passage d'un grand nombre de personnes, par les poussières quelles soulèvent et les germes de toute nature apportés involontairement.

Le mot de laboratoire de botanique a donc un double sens: Dans plusieurs des communications précédentes on a confondu les deux choses, me semble-t-il. Le laboratoire de recherche est une chose relativement simple matériellement, quand on à la liberté de s'installer où l’on veut et comme on le veut.

Mais le laboratoire d'enseignement est généralement une installation plus compliquée. Il est sans doute le plus important et le plus nécessaire pour la vulgarisation de la science et l'étude de la botanique. Maïs en ce qui regarde les recherches de biologie notamment (je ne parle pas de la physiologie proprement dite) qui exige des appareils de physique ou de chimie, des fournaux, des étuves, etc., des locaux très modestes suffisent largement; dans ces conditions, si réduits qu'ils soient, on peut en tirer un excellent profit.

M. Baillon. — Malgré le sentiment que j'ai exprimé, on est obligé quelquefois de parler de ce qui se fait dans son propre pays. En ce qui me concerne, je suis du même avis que M. Cornu; à la Faculté de médecine de Paris, nous avons annexé au jardin un petit laboratoire pour les botanistes. Nous serons très-heureux d'y recevoir votre visite. Ce laboratoire est peu considérable; il ne coûte pas cher; il n’est pas richement doté; mais on y travaille bien. Le laboratoire d'enseignement à l'usage des élèves qui débutent dans l’étude de la médecine, occupe un local spécial. Il s'agissait de loger à certains jours jusqu’à 400 élèves dans le même laboratoire. La municipalité parisienne nous a accordé un vieil édifice hors d’usage, le Collège Rollin. La botanique a été installée dans les dortoirs qui occupent cinq immenses galeries, dans chacune desquelles on peut loger environ 120 élèves. Là, avec des ressources assez restreintes, — car le budget n’est pas riche pour ces choses-là — on à placé devant les fenêtres une série de planches qui servent de tables pour les observations. Avantage plus précieux encore pour nous et que nous avons pu nous assurer au bout de quelques années, grâce à des sommes légères qui nous ont été accordées, chaque élève est aujourd’hui pourvu d’un microscope simple et d'un microscope composé. Sous la direction d’un chef de travaux, aidé de cinq jeunes gens, appelés aidespréparateurs, nous pouvons donner l'instruction élémentaire de la botanique au grand nombre d’étudiants dont je viens de parler.

Il en résulte un autre bien encore : dans le laboratoire plus sérieux de recherches, qui existe au Jardin botanique, nous sommes débarrassés des jeunes débutants qui sont quelquefois un peu turbulents et qu’il serait impossible de loger dans un très-petit laboratoire. Il s’est présenté un inconvénient : c’est que les débutants n’avaient pas de jardin à leur disposition sur le lieu même du laboratoire, J'ajoute que nous avons organisé un semblant de jardin autour du laboratoire de botanique. Il y avait là un petit terrain qui a été aménagé et cultivé de facon à fournir,

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en quantité, aux étudiants de 1'° année de médecine, les plantes qui ne se trouvent pas en abondance dans la campagne. Je citerai comme exemples la Belladone et l’Aconit.

Pour les plantes communes, nous avons un approvisionneur qui en apporte chaque jour des cargaisons énormes. Je signale ce fait, non pour prétendre que nous soyons arrivés à la perfection, mais pour montrer que nous marchons dans une voie excellente.

On construit à Paris un nouveau laboratoire, dans les futurs bâtiments de la Faculté, pour les études pratiques d'histoire naturelle et de botanique. Or, ilest arrivé que le laboratoire informe, établi pour les débutants dans les vastes dortoirs du collège Rollin, a été strictement copié par l’architecte pour la construction des laboratoires nouveaux qui seront annexés au bâtiment neuf de la Faculté de médecine. On a jugé ce plan le plus utile, le plus convenable et le plus commode. Ce sera le même plan qui aura été trouvé si bon dans sa simplicité que l’on a adopté avec enthousiasme. Nous avons la promesse que les cours assez nombreuses de cet établissement nous seront livrées pour la culture de plantes analogues à celles auxquelles je faisais allusion tout-à-l'heure. Nous aurons ainsi le même jardin que celui que nous possédons actuellement aux portes du laboratoire d'instruction de nos élèves, mais il nous sera livré dans des conditions bien plus avantageuses encore.

M. Fischer de Waldheim. -- L'idée émise par M. Cornu est trèspratique. Elle se trouve réalisée à Varsovie. Nous avons là un petit laboratoire de recherches, composé d’une chambre avec quelques instruments nécessaires.

Nous avons aussi un laboratoire d'enseignement : c’est celui de l’Université, qui est plus vaste. Il donne place à 30 ou 40 personnes. Des installations semblables devraient être adoptées partout où l’on ne dispose pas de grands moyens. Les grands laboratoires installés dans les Jardins botaniques entrainent des dépenses que les gouvernements ne sont pas toujours disposés à supporter.

Je propose donc au Congrès de bien vouloir appuyer l’idée de M. Cornu, à savoir : qu'il est bon d'établir les laboratoires de recherches dans les Jardins botaniques mêmes où il n’en existe pas encore et de créer des laboratoires d'enseignement dans les Universités.

M. le Président. — Nous sommes en présence de deux propositions : M. Magnus demande que le Congrès émette le vœu que les laboratoires soient le plus possible en relation avec les jardins botaniques.

M. Magnus. — Je propose que les laboratoires d'enseignement soient établis dans les villes et qu’on annexe un laboratoire de recherches à . chaque Jardin botanique.

M. Cornu. — Il y a lieu, je pense, de scinder la proposition. Nous dirons d’abord : Il y a deux sortes de laboratoires avec des besoins variés et des installations différentes : les laboratoires d'enseignement et les laboratoires de recherches. M. Magnus dit que les premiers doivent surtout se trouver en relation directe avec les Universités et les seconds avec les Jardins botaniques et les cultures de plantes. De la sorte les propositions sont interverties; la première devient la seconde et réciproquement.

M. Planchon. — Nous avons à la Faculté des sciences de Montpellier un double laboratoire; l’un se trouve à la Faculté à proximité du jardin, l’autre se trouve au jardin même, et il est placé sous la direction du même professeur. Dans l’un, on donne l’enseignement pratique pour les licenciés; dans l’autre, le professeur qui a son laboratoire particulier

peut, en traversant un simple vestibule, rejoindre les jeunes gens qui :

préparent leurs thèses de Doctorat ès-sciences. Maïs ce sont Ilà des

circonstances locales qu’on ne retrouve pas partout. Il n’y a pas grand,

inconvénient à ce que le laboratoire d'enseignement pur, destiné à ce

que nous appelons la licence, se trouve à une certaine distance du .

jardin. Mais j'affirme qu’il y a nécessité d’avoir un laboratoire de recherches annexé au jardin même.

J'ajoute qu'on ne doit pas se limiter au laboratoire particulier du professeur. IL faut que les jeunes gens qui préparent leur doctorat ès-sciences aient un laboratoire où ils soient séparés de leurs condisciples de la licence. Les derniers suivent une marche réglée d'avance, ils obéissent à un mot d'ordre. Les premiers doivent avoir une grande liberté. Chacun est isolé à côté de son voisin. On devrait scinder les deux choses et demander que le laboratoire de recherches soit annexé au Jardin botanique tandis que celui d'enseignement pourrait rester dans la Faculté. Cette connexion est naturelle et forcée. Je crois que M. Baillion n'’insistera pas pour qu’on dise que le laboratoire d’enseignement doit être annexé au jardin. Il y a des endroits où les conditions locales ne permettraient pas de le faire.

M. Baïllon. — C'est exiger beaucoup que de vouloir que tout laboratoire ait son jardin. Ce peut-être là un vœu platonique. En effet, ces installations entraïîneraient à des dépenses si considérables que bien peu d'États consentiraïient à les faire, J'admets parfaitement que nous devions tendre vers cet idéal. Il est une question qui n’est pas indiquée dans le programme du Congrès et à laquelle la force des choses nous conduit. Beaucoup de nos collègues d'Allemagne abonderont, je pense, dans ce sens. La création d’un centre botanique unique s'impose. ‘Peu importe qu’on l'appelle Institut botanique ou de tout autre nom. ‘Ces

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centres botaniques existent déjà dans certaines villes. Tout ce qui concerne l’enseignement de la botanique s’y trouve réuni. Avec le grand morcellement qui existe dans certains pays, comme le nôtre, on fait des dépenses tres considérables pour arriver à des résultats relativement médiocres. En concentrant, au contraire, dans un seul centre tout ce qui est relatif à la botanique, il est évident qu'avec des frais moins élevés, on obtiendra des avantages plus grands. J'appelle donc la création dans mon pays de ce que l’on appelle ailleurs ies Instituts botaniques. Toute difficulté disparait dans cette hypothèse. L'Institut botanique est pourvu d'un très vaste jardin, renfermant tout ce qui peut être utile à la botanique. Dès lors il n’y a plus grande difficulté à créer, dans l’intérieur même de ces jardins, un certain nombre de laboratoires des deux ordres auxquels il a été fait allusion tout à l'heure avec raison. Il serait, je pense, parfaitement accepté dans notre pays que les laboratoires de recherches et les laboratoires d'enseignement pour les débutants fussent compris dans le même Institut botanique et logés, par conséquent, aux extrémités d’un seul et même jardin. On trouverait là grande économie et sensible avantage. Ce n'est pas à moi à faire ressortir l'utilité des Instituts botaniques. J'espère que quelques uns de nos collègues d'Allemagne nous en parleront. Beaucoup d’entre nous sont allés visiter un Institut botanique de nouvelle création; celui de Liège. J'ai appris, ces jours derniers, que le modèle de l’Institut de Liège va être transporté jusqu’au fond de la Roumanie. Ce sont là de très bons exemples à suivre dans un pays comme le nôtre et dans d’autres aussi. Pour moi, l'idéal c’est l'Institut botanique, comme l’est l’Institut zoologique, l’Institut chimique, etc., dans un autre ordre d'idées,

M. Planchon. — M. le professeur Baïllon sait bien qu’à Paris il y à des enseignements botaniques qui sont forcément distincts. L’enseignement de la Faculté de médecine ne peut pas être conforme à celui de la Faculté des sciences. Le Muséum a un enseignement libre, absolument à part. Il y a des difficultés en France à réunir dans les Jardins botaniques, par exemple, des corps spéciaux. Je citerai un exemple. À l'école de pharmacie de Montpellier j'ai un petit jardin réduit à un certain nombre de plantes utiles. Les élèves les ont constamment sous les yeux parce qu'elles se trouvent à côté de la cour où ils s’assemblent en attendant les lecons. Si ces mêmes élèves devaient aller à l’école de médecine ils seraient privés de cet avantage. Par conséquent, tout en désirant la centralisation, il est certain que l’on peut avoir dans la même ville plusieurs établissements d'enseignement sur des points distincts. À Montpellier on a créé un Institut chimique et physique qui est admirablement installé, pourvu de tous les instruments du progrès moderne; il a coùté une somme considérable. Cet Institut ne sert que pour la médecine. Les professeurs de chimie des autres Facultés ont chacun leur laboratoire. On ne doit

pas subordonner l'enseignement d’un professeur à celui d’un autre. Je ne fais pas d’objection absolue à la création d’Instituts botaniques dans des villes qui ne sont pas dotés d'enseignements spéciaux. A Liège où existe une Université complète, l'Institut botanique peut servir aux médecins à condition qu'on leur attribue une division spéciale pour les plantes médicinales. Il ne faut pas oublier que les médecins ne sont pas appelés à être des botanistes purs; ils leur suffit de connaître les plantes usuelles et les principes de la physiologie et de la biologie; ils n’ont pas à recevoir un enseignement botanique complet. Je vois donc des difficultés sérieuses à fonder partout, au moins en France, des Instituts botaniques.

En Allemagne, où la situation n’est pas la même, il est possible qu’on puisse le faire avec avantage. Mais je laisse à de plus compétents que moi le soin de se prononcer sur ce point.

M, Gravis. — Messieurs, M" le professeur Ed. Morren espérait pouvoir vous entretenir de l’Institut botanique dont il est le Directeur. Il a même préparé, sur ce sujet, une notice destinée aux Actes du Congrès. Forcé malheureusement de quitter Anvers ce matin pour cause d’indisposition M. Morren m'a chargé de prendre la parole à sa place. Je vais donc résumer la notice qu’il m'a confiée (1) en m'attachant, surtout à ce qui se rapporte plus spécialement à l’enseignement.

L'Institut botanique de Liége constitue un établissement d’enseignement supérieur, créé sous les auspices du gouvernement et de la ville, dans l'intérêt de l’enseignement universitaire. Il a été décidé en 1336 et 1837 et commencé en 1840, grâce à l'initiative et à l’activité de Charles Morren. {

Il est resté longtemps incomplet, inachevé, malgré nos démarches les plus réitérées : sans ressources et presqu’abandonné, il rendait peu de services à la science, son existence fut même un instant menacée et cela alors que les Chambres législatives venaient de mettre à la disposition du gouvernement l'argent nécessaire pour le compléter et le mettre au niveau des exigences actuelles. Cette crise fut heureusement conjurée, grâce au concours de la population liégeoise et à la sollicitude du Conseil communal. On remit la main à l’œuvre en 1881, sur des bases nouvelles et l'inauguration put se faire le 22 novembre 1883, en présence des autorités communales, législatives, universitaires et administratives.

(1) Cette notice a été publiée in extenso avec de nombreuses gravures et"photolithographies, dans /4 Belgique horticole, Janvier 1885, p. 31 à 56.

L'Institut botanique comprend trois divisions principales : le jardin, les serres, et les constructions.

Les bâtiments de l’Institut botanique sont disposés en deux groupes attachés à droite et à gauche des serres hautes. Cette séparation était en quelque sorte imposée par les conditions topographiques et surtout par les circonstances locales. Elle est, du reste, sans inconvénient pour le service, l'aile droite étant affectée à l’enseignement quotidien, tandis que l'aile gauche est réservée aux collections et à certaines études spéciales. Ils sont peu élevés, construits en pierres et de style grec.

Aile droite. — Enseignement.

L’aile droite comprend les installations nécessaires pour l’enseignement de la botanique.

Un large vestibule sert de vestiaire et peut abriter les étudiants pendant les intempéries.

L’Auditoire est une vaste salle en hémicycle, de neuf mètres de rayon et très élevée. Il compte 8 rangées de bancs concentriques, comprenant 220 places numérotées. La chaire, élevée sur une estrade de deux marches, occupe le centre de la partie droite de la salle. Auprès d’elle se trouvent un tableau noir et mobile, des piédestaux, des tables, des bijoutières pour les plantes et les objets de démonstration et enfin des chevalets fixés au mur sur lesquels on dispose des tableaux graphiques se rapportant au sujet des lecons.

Le laboratoire de démonstration est attenant à l'auditoire. On y expose pendant un certain temps, à la disposition des élèves, les objets de démonstration qui ont servi aux leçons : on y fait les démonstrations et les exercices pratiques élémentaires; on y expose les tableaux et les cartes utiles à l'instruction. Ce laboratoire est éclairé par cinq grandes fenêtres exposées au Nord et à l'Ouest et devant lesquelles sont de solides tables d'étude : contre les trumaux sont des armoires vitrées renfermant les microscopes les plus usuels. Les murs de ce laboratoire et en général de toutes les salles sont garnis de dessins ou d'objets botaniques les plus propres à éveiller l'attention et à exciter l'intérêt.

Le Zaboratoire de recherches est une vaste salle bien éclairée par 6 fenêtres, dont 3 au Nord et 3 au Sud. Devant chaque fenêtre se trouve une table, à laquelle deux travailleurs peuvent prendre place. La partie centrale est occupée par une longue table pour la lecture, le dessin, etc. De petites armoires vitrées sont attachées au mur entre les fenêtres et au niveau des tables; les étudiants y rangent leurs instruments et leurs notes après chaque séance,

Deux armoires plus grandes contiennent divers objets d’un usage journalier, ainsi qu’une bibliothèque classique comprenant un petit nombre d'ouvrages les plus utiles, tels que les meilleurs traités généraux, des

manuels techniques, des flores et des ouvrages pour la détermination des cryptogames. Cette bibliothèque est continuellement à la portée des élèves qui travaillent dans ce laboratoire.

Une collection de matériaux d’étude, conservés à l'alcool, occupe une autre armoire : 600 flacons et 2000 tubes de trois grandeurs trouvent place dans ce meuble, grâce à une disposition intérieure spéciale.

Ce laboratoire est en communication directe avec les serres où se font . certaines expériences et des cultures déterminées. Ainsi, par exemple, on à installé dans une serre voisine, une armoire vitrée pour la culture de divers cryptogames, surtout de mycètes ou champignons, et pour des expériences de physiologie.

La salle du malériel communique avec les laboratoires dont elle constitue une dépendance. On y a placé une cage à évaporation, un lavabo, des produits chimiques, de la verrerie et divers ustensiles. Elle sert aussi de remise aux collections classiques, c'est-à-dire à tout ce qui doit le plus spécialement servir chaque année à la démonstration de l'enseignement.

Ces collections comprennent :

1° Un herbier de démonstration, composé d'un grand nombre de types bien choisis, tant au point de vue scientifique pur qu’au point de vue des applications de la Botanique. Les neuf classes du règne végétal sont représentées dans cet herbier qui contient aussi, non seulement des phanérogames et des cryptogames supérieurs, mais encore les types les moins élévés en organisation, parmi les algues et les champignons. Ces derniers, naturellement, sont montrés sous le microscope.

Pour les rendre d’un maniement plus facile, les échantillons ont été collés sur des feuilles de carton mince. Celles-ci sont classées et conservées dans des boîtes en bois.

2° Une collection de préparations microscopiques relatives à l’anatomie et à la cryptogamie. Jusqu'ici cette collection était surtout composée de séries achetées à des préparateurs de profession, tels que MM. Amadio, Boecker, Bourgogne, Delogne, Duncker, Hoppe, Müller, Vize, Zimmerman, etc... Ce fond primitif est peu à peu renouvelé par des préparations plus fraiches et plus en rapport avec les besoins actuels de l'enseignement. Ces préparations nouvelles sont exécutées au laboratoire même par le personnel de l’Institut. Les meilleurs élèves concourent aussi à enrichir journellement cette collection.

3° 400 tableaux de démonstration collés sur carton. Ces tableaux, dont le format moyen et de 090 de hauteur sur 070 de largeur, comprennent les belles séries de planches murales publiées par MM. Abhles, Dodel-Pont, Giwotowsky, Henslow, Kny, Lubarsch, Poulsen, Schnizlein et tant d’autres auteurs.

D’autres tableaux ont été exécutés à l’Institut botarique par le

préparateur et par un artiste dessinateur attaché momentanément à l'établissement. Ils reproduisent, en les amplifiant beaucoup, les figures publiées par les meilleurs auteurs sur la morphologie générale, l'anatomie, la cryptogamie, la physiologie, la géographie botanique, etc. Quelques-uns, enfin, ont été dessinés d’après des préparations originales faites au laboratoire.

4° Une collection de bois, fruits et graines. Cette collection n’est formée que des types vraiment classiques. Ceux-ci ont été choisis parmi les échantillons les plus grands et les plus démonstratifs qui composent la collection générale. Les fruits typiques communs sont recueillis chaque année en abondance afin qu’ils puissent être distribués aux élèves pendant les exercices pratiques.

0° Des modèles en carton pierre, de grandes dimensions, représentant les divers états de développement des principales espèces de champignons polymorphes.

6° Des modèles en cire représentant des ovules, des graines, des embryons, l’organogénie de la fleur, etc.

Le cabinet du directeur est au centre de toutes ces installations et a vue, par deux fenêtres, sur l’ensemble du Jardin botanique. Il renferme une bibliothèque choisie, formée d'ouvrages utiles, souvent de grande valeur; on y conserve aussi les microscopes et autres appareils les plus précieux. Il est orné de bustes et de tableaux se rapportant principalement à l’histoire de la botanique à Liège.

Les salles des Herbiers sont situées au premier étage et comprennent un herbier général, un herbier belge et un herbier cryptogamique. Les deux premiers, fusionnés pour le moment, sont formés d’une soixantaine d’'herbiers particuliers, dont la plupart ont été recueillis par des botanistes voyageurs dans les diverses régions du globe. (La liste de ses herbiers sera publiée.)

Les armoires, d’un modèle nouveau, simples et commodes forment, 400 casiers dans lesquels les fascicules sont déposés sans carton ni courroie. On peut ainsi parcourir l’herbier avec la plus grande facilité. La fermeture hermétique des armoires rend d’ailleurs inutiles les divers systèmes de boîtes, cartons, etc.

L’herbier cryptogamique, relativement considérable, a été formé de l'herbier de M. le professeur Morren, auquel de nombreux exsiccatas ont été fusionnés. Parmi ces derniers on peut citer les plantes de Bellynck, Delogne, Desmazières, Gravet, Husnot, Libert, Mongeot, Nordstedt, Olivier, Oudemans, Piré, Rabenhorst, Roumeguère, Thümen, Westendorp, Winter et Wittrock.

Dans les trois salles des herbiers, de grandes tables sont disposées le long des fenêtres et mises à la disposition des étudiants et d’autres personnes qui veulent étudier les plantes sèches.

La préparation des herbiers se fait dans une salle des greniers. Ceux-ci servent aussi de magasin pour les cristaux, les papiers, les cartons, certains produits chimiques ou autres.

Les alcools, les acides et d’autres produits semblables, sont conservés dans les caves avec lesquelles on communique aisément. Le calorifère de l’auditoire est aussi établi dans le sous-sol. Enfin l’eau, le gaz et les sonneries électriques sont installés partout. Dans l’auditoire et plusieurs autres salles, des volets à fermeture hermétique permettent d'obtenir l'obscurité nécessaire, soit pour certaines expériences, soit pour des projections à la lumière solaire ou artificielle.

Il serait nor moins aisé de pratiquer la photographie dans les laboratoires.

Enseignement.

I. Le cours de botanique est annuel et comprend une centaine de lecons. Il est suivi par les étudiants de la candidature en sciences naturelles(1) ainsi que par ceux de la candidature en pharmacie. Pendant les dernières années, leur nombre fut, en moyenne, de deux cent cinquante.

Le cours est divisé en deux parties :

lo La botanique générale qui se résume en l'étude morphologique et biologique de la cellule. Cette partie, à laquelle sont rattachées l’anatomie et la physiologie générales des plantes, est traitée en une trentaine de lecons.

20 La botanique spéciale qui comprend les principes généraux de la Taxinomie, l'étude des caractères généraux des neuf classes et la description des principales familles du règne végétal. Pour chacune de ces familles, les principaux genres et les espèces les plus importantes sont cités à titre d'exemples. Ces types sont choisis tant au point de vue scientifique pur qu’à celui des applications à la médecine, à l’industrie, aux arts, ete... Cette seconde partie est synthétisée par le Tableau du règne végétal disposé suivant l’ordre de l'évolution, par M. le professeur Ed. Morren.

Un cours de Géographie botanique est fait aux élèves du doctorat en sciences naturelles et des lecons approfondies sont données à ceux d’entre eux qui spécialisent la botanique.

II. Démonstrations hebdomadaires. — Chaque semaine l'assistant fait aux étudiants une démonstration relative aux questions exposées au cours. Les collections du laboratoire servent à ces démonstrations. Les étudiants peuvent, pendant ces séances, consulter à leur aise les herbiers, les livres et atlas de la bibliothèque, revoir les planches murales,

(1) En Belgique les élèves qui se destinent à la médecine doivent d’abord suivre, pendant deux ans, les cours de la Faculté des sciences et y ci le diplôme de candidat en sciences naturelles.

étudier des préparations mises au point sous des microscopes, demander des explications, en un mot, répéter les lecons du professeur en ayant sous les yeux toutes les pièces à conviction.

III. Des exercices pratiques élémentaires ont été institués en faveur des élèves de la candidature en sciences et de ceux de la candidature en pharmacie. Ces exercices sont facultatifs et comprennent de douze à quinze séances de travail chaque semestre. Ils ont été fréquentés, pendant l’année académique 1884-85, par une cinquantaine d'élèves, qui furent divisés en quatre séries. Chaque série a travaillé au laboratoire une fois par semaine, pendant trois heures au moins.

Le but des exercices pratiques élémentaires est de faciliter l’étude de la botanique en développant chez les élèves l'esprit d'initiative et d'observation.

Au début de chaque séance, l’assistant rappelle en quelques mots les enseignements théoriques relatifs aux exercices à faire; il indique la manière d'opérer, les procédés à employer les réactifs dont il faut faire usage, etc. Les élèves se livrent ensuite à un éravail personnel : ils font eux-mêmes les préparations, les observent, prennent des notes et des croquis.

Chaque élève dispose d’un microscope Vérick, modèle moyen, avec les objectifs n° 0, 2, 6; d’une série de réactifs ordinaires; d’une boîte contenant les instruments indispensables tels que scalpel, rasoir, aiguille, pince, lames, lamelles, etc.

Voici maintenant le programme des exercices pratiques élémentaires :

1° semestre :

a) Maniement du microscope et confection des préparations.

b) Étude générale de la cellule et des tissus.

2° semestre :

a) Morphologie de quelques types de cryptogames cellulaires et vasculaires ;

b) Étude spéciale des principales familles de plantes phanérogames (1).

Pendant l'été les élèves étudient les familles naturelles, principalement les phanérogames en analysant les fleurs mises à leur disposition. Plusieurs herborisations sont organisées sous la direction du professeur ou de l’assistant.

IV. Travaux des élèves du Doctorat en sciences naturelles. — Les élèves du Doctorat, qui approfondissent la Botanique, fréquentent journellement le laboratoire. Ils s’y livrent à des études de perfectionnement et à des recherches originales. Le programme de ces travaux ne peut être, on le conçoit, uniforme et constant.

(1) On peut voir à l'Exposition d'Anvers une collection de 200 préparations environ, choisies parmi les meilleures de celles exécutées par les élèves qui ont pris part aux exercices pratiques élémentaires pendant l’année 1884-1885.

Aile gauche. — Collections.

L’aile gauche, attaché à la rotonde du même côté, est exactement symétrique à l'aile droite, au moins du côté de la facade, tandis que par derrière les bâtiments de la botanique ont été, de côté, écourtés par ceux de la pharmacie. Cette aile gauche est actuellement réservée aux collections botaniques.

Un corridor transversal, accessible du côté du jardin, conduit aux principales salles.

Un laboratoire de physiologie est attenant à la rotonde tropicale : c’est une assez grande chambre rectangulaire éclairée par 6 fenêtres. On y a installé actuellement l’herbier des Broméliacées, renfermé dans de bonnes armoires en bois.

Une Bibliothèque occupe une chambre voisine, très profonde, et peu éclairée par deux fenêtres seulement. Elle peut servir de lieu de réunion.

Le Musée de botanique termine les bâtiments du côté gauche, comme l’auditoire les termine du côté droit. Il est haut de 11®, large de 15 et a la forme d’un hémicycle éclairé par deux rangs de sept fenêtres. Une large galerie en fer, supportée par des colonnes ornées et accessible par deux escaliers tournants, court le long des parois semi-circulaires, Les mycètes et les végétaux cellulaires sont installés dans cette galerie, tandis que les produits des Gymnospermes et des Dycotylées occupent le rez-de-chaussée. Ces collections se composent de bois, de fibres, de fruits, de graines et des produits les plus divers du règne végétal. Ils sont classés dans de grandes armoires vitrées de la manière la plus pittoresque et la plus instructive, tant pour les hommes de science que pour le public. Les spécimens les plus considérables ou les plus précieux sont conservés dans certaines vitrines particulières et appropriées. Au centre du Musée on a installé une forte colonne portant 24 grands panneaux suspendus sur des gonds mobiles, destinés à recevoir les principaux spécimens de la flore de Belgique et à,servir ainsi d’herbier public. Enfin, contre le mur droit du fond de la salle, on doit arranger une sorte de trophée de grandes tiges et de produits extraordinaires. Des bustes et des tableaux doivent compléter l’ameublement de cette salle de collection.

La Salle des Monocotylées, située en arrière, continue et complète le musée principal.

A l'étage quelques grandes salles et des greniers servent de remise pour les produits végétaux qui attendent le classement.

D'autres salles, accessibles par un escalier dérobé, servent à la préparation et à la conservation de graines.

Diverses caves s'étendent sous la plus grande partie des bâtiments : on y conserve les pots, les terres, les bois, les charbons et, en général, une grande partie du matériel d'exploitation.

La cour de derrière est indispensable pour la préparation des terreau x.

Quelques petites chambres, ménagées derrière les serres centrales, servent de remise aux outils, de cantine pour les ouvriers, d'atelier et enfin de logement pour le concierge.

Un joli cottage, bâti à l'angle nord-est du jardin, entre les rues Louvrex et Fusch, sert d'habitation au jardinier en chef et à sa famille. On lui a réservé un petit jardin particulier.

Le Personnel.

Le personnel de l’Institut botanique de Liège est actuellement formée de la manière suivante :

Le directeur de l’Institut, professeur à l'Université.

Un assistant du cours de botanique, M. Auguste Gravis, docteur en sciences naturelles, chargé des démonstrations et de la surveillance des travaux pratiques faits par les élèves.

Un élève assistant, M. Émile Bernimolin, docteur en sciences naturelles, actuellement occupé à la détermination des plantes cultivées, au classement des herbiers et à la mise en ordre du Musée botanique.

Un conservateur des collections, M. Pierlot, a spécialement dans ses attributions la tenue des registres d'entrée et des inventaires, la correspondance et les écritures. Un concierge est chargé du service des locaux et un garcon de salle est en même temps commissionnaire.

Un jardinier en chef, M. Maréchal, veille à tout ce qui concerne la culture, l'entretien du jardin, l’étiquetage des plantes, la récolte des graines, etc. et il a, à cette fin, sous ses ordres un personnel de 9 ou 10 jardiniers journaliers et de 4 apprentis, savoir :

Un jardinier pour les grandes serres chaudes avec un apprenti.

Un jardinier avec un apprenti, pour les grandes serres tempérées, le service des étiquettes, les graines, etc.

Deux jardiniers, avec deux apprentis pour les serres basses, l’aquarium et le service de la cour.

Un jardinier de plein air spécialement chargé de la conduite des arbres et des arbustes.

Deux autres jardiniers pour la culture des écoles.

Un jardinier pour l'entretien des pelouses et des eaux.

Un journalier pour le service des fourneaux et le gros œuvre.

Enfin un journalier pour les services techniques.

Le service de la police est fait par un agent préposé de l'Administration communale.

Les installations de l’Institut botanique de Liége et son organisation ont été inspirées par la volonté de le faire servir tout entier à l’enseignement; d'abord et avant tout à l’enseignement universitaire et aux progrès des hautes études, mais aussi à l’enseignement public en général,

à toutes les écoles qui veulent le visiter et y trouver des objets d’observations, aux visiteurs qui viennent s’y promener et même s’y reposer. Tout ce qui le compose : jardin, serres, laboratoires, herbiers, bibliothèque et collections est au service de la science et accessible à tous. Il est l'expression de l’union intime de la culture et du laboratoire qui, à Liége, s’entr'aident pour se fortifier mutuellement.

L'Institut botanique de Liège est en relations scientifiques avec tous les Jardins botaniques du globe, avec lesquels il échange des plantes et surtout des graines.

Il publie chaque année le catalogue des pee récoltées et il l'adresse à la plupart des établissements similaires du monde.

Ces vastes relations ont donné lieu à la Correspondance botanique dont la publication est appréciée avec beaucoup de faveur.

En terminant, permettez-moi, Messieurs, de rendre hommage au savant éminent, à l’illustre professeur, qui a doté la Belgique d’un établissement scientifique comparable à ceux dont se glorifient, à juste titre, les pays voisins. C’est aux efforts persévérants de M. Éd. Morren que nous devons l'Institut botanique de Liége que tant de botanistes étrangers sont déjà venus admirer. Puisse son œuvre grandir encore et porter, dans l'avenir, les fruits heureux que nous entrevoyons dès maintenant. (Applaudissements prolongés.)

M. Planchon. — Je ne veux pas laisser place à une fausse interprétation de ce que j'ai dit au sujet des Instituts botaniques. Je n’ai certainement aucune objection à élever contre un Institut tel que celui que mon ami, M. Morren, vient d'établir. C’est une grande gloire pour lui et la Belgique d’en avoir donné le modèle. Des circonstances particulières ont permis de réunir tout l’enseignement de la botanique dans le même local. Mais ailleurs, les jardins et laboratoires spéciaux ont leur avantage. Je désire que mes paroles soient consignées au procès-verbal parce que je ne voudrais pour rien au monde laisser croire que je n'ai pas l'admiration voulue pour un Institut comme celui de Liége.

M. le Président. — Nous tiendrons note de la déclaration de M. le professeur Planchon.

M. Cornu. — La question qui vient d’être soulevée par MM. Baillon et Planchon touche d’une manière directe la méthode d'enseignement de notre pays.

On peut constituer les Établissements en partant de deux points de vue:

le Les constituer en vue d’un but déterminé : produire des médecins, ou des pharmaciens, etc. avec des chaires multiples appropriées à ce but spécial dans chaque cas.

2° Grouper ces chaires multiples en Établissements séparés où ne s'enseignera qu’une science, mais avec toutes les ressources qu’elle peut

offrir; par exemple : la botanique avec un jardin, des herbiers, etc. En un mot rencontrer sur un point tous les éléments disséminés.

On peut choisir entre les deux méthodes; dans certains cas il y à avantage, dans d’autres, il y a des inconvénients à l’un ou à l’autre des systèmes.

Lorsque des programmes, parfaitement définis, conduisent à une carrière déterminée et que le nombre des étudiants est assez considérable, il y a intérêt à séparer l’enseignement qui prépare à cet examen; cela facilite aux étudiants l'acquisition des connaissances exigées; on leur évite les tâtonnements, les pertes de temps, les études inutiles à l'obtention du diplôme. Le diplôme est le but: les chaires sont faites uniquement en vue d'y préparer des élèves.

Si la botanique n’était enseignée que dans un seul Établissement on y verrait nécessairement se rendre les étudiants en médecine, les étudiants en pharmacie, les élèves qui se préparent à la licence ou au doctorat ès-sciences naturelles; il faudrait trois écoles de botanique ou au moins deux. On devrait sans doute adjoindre les cours de botanique qui sont faits chez nous dans une école spécialement consacrée à l’horticulture, il faudrait alors une école avec les types des plantes d'ornement: on juxtaposerait ainsi des cours qui n’ont guère d’autres rapports entre eux que le nom et des professeurs d’aptitudes très-différentes.

En France, il y a un nombre de diplômes assez grand et les programmes étant très-variés, il faut une préparation spéciale dans chaque cas : le diplôme indique la nature des études faites par l'étudiant.

L'organisation de l’enseignement est d’ailleurs, en France, très differente de ce qu’elle est en Allemagne. On assimile à tort nos Facultés des sciences aux Universités Allemandes ; il y a une foule de jeunes gens qui n’ont jamais à utiliser l’enseignement de la Faculté des sciences.

Les jeunes gens peuvent suivre des carrières tres différentes, acquérir une instruction très solide, très profonde, sans jamais avoir paru à la Faculté, Les écoles du gouvernement retiennent chaque année une grande partie de l'élite des jeunes gens de notre pays. Ceux-ci se sont préparés aux difficiles examens d'entrée, soit dans les Lycées de l'État, soit dans des pensions; ils entrent à l’École normale, à l’École polytechnique, à l'École centrale, à l'École forestière, à l'École d'enseignement spécial, ete., etc. Ils achèvent leurs études et sortent désormais affranchis d'examen, avec le diplôme qu'ils ont conquis. Ils n’ont plus rien à demander aux Facultés.

Dans ces écoles constituées en vue d'obtenir un résultat déterminé, on écarte tout ce qui est inutile : on se trouve ainsi dans la nécessité de séparer les divers enseignements relatifs à la botanique. À Paris, par exemple, il y a une chaire de botanique médicale à la Faculté de médecine, avec son jardin réserve aux étudiants en médecine ; à l'École supérieure

de pharmacie, un autre cours distinct fait au point de vue restreint des drogues, avec un jardin réservé aux élèves en pharmacie; l'École normale qui forme des professeurs a ses divers cours avec son jardin.

M. Baillon. — Il y en a partout.

M. Cornu. — Le Museum, au contraire, où la botanique s’enseigne dans le sens le plus large, a cinq chaires très-générales et au Jardin botanique tres étendu, des collections variées de plantes vivantes. Les établissements spéciaux, autrefois réserves en un seul, seront successivement séparés pour pouvoir satisfaire à des besoins précis et nécessités par leur rôle; c’est un bien pour l’enseignement.

M. Baillon. — Je me résume; il y a deux manières d'organiser l’enseignement, soit en le groupant par rapport aux différentes espèces de sciences enseignées, soit en vue du diplôme à obtenir : chez nous c’est cette dernière méthode qui a prévalu.

Pour le moment et pour notre pays il semble difficile de rien changer à cette ligne de conduite.

Je ne veux pas éterniser un débat de cette nature. Il exigerait un examen très approfondi de la question. Toutefois je citerai deux ou trois faits topiques à l'appui de mon opinion.

Je ne conteste pas le tassement de nos élèves. Est-ce que, dans un établissement tel que l’Institut botanique, il ne peut pas y avoir des types divers ? Est-ce que la variété ne peut pas exister dans l'unité ? Est-ce qu'il n’y a pas des avantages de toutes sortes à concentrer les forces et à diminuer les dépenses ?

Je vais vous citer un exemple des inconvénients que présente le morcellement. Il y a des années où l’on n’enseigne pas à Paris la botanique phanérogamique, ou la physiologie, la cryptogamie, etc. J'ai besoin de ces parties de la science pour devenir botaniste, médecin, pharmacien, etc. L'enseignement supérieur compte à Paris six cours de botanique. Eh bien! il y a des années — je défie qu’on conteste le fait — où telle partie de la botanique, la plus importante, comme celle de la physiologie végétale, ne sera pas enseignée dans tout Paris. Le cas se présente. Pourquoi? Parce que ces forces immenses, représentées par une demidouzaine de professeurs, sans lien, sans entente, ne sont ni réglées ni équilibrées. Si les maîtres étaient réunis dans le même centre, ils pourraient s'entendre, avoir un programme commun, de façon qu’un tel traîtât la physiologie végétale pendant ur ou deux ans, tandis que tel autre s’occuperait d'autre chose. Les cours spéciaux existeraient toujours. Quel avantage ne trouverait-on pas à disposer de beaux et riches jardins, qui profiteraient à tout le monde, aux étudiants en pharmacie, en médecine, comme aux autres, au lieu de n'avoir que ces pauvres et misérables jardins multiples, mal tenus, qui existent dans certaines Facultés de province.

M. Planchon a dit que les élèves de Montpellier trouvent tout bénéfice à se promener à côté des jardins en attendant l'heure des classes. A ce compte, si on donnait le cours là où est le jardin, l’enseignement s'en trouverait encore mieux. C'est un idéal. Je soutiens qu'il n’y a rien de meilleur que les Instituts botaniques tels qu'ils existent en Allemagne et en d’autres pays, au double point de vue de l’économie dans les dépenses et du développement dans la science.

Si on pouvait avoir des doutes à ce sujet, ce qui vient d’être dit de l'Institut botanique de Liége suffirait certainement pour les lever.

M. Planchon. — Là on a taillé en plein drap, on a fondé de toutes pièces. Certes, il peut y avoir avantage à suivre ce système là où il n'y a qu’un professeur, mais dans beaucoup de villes universitaires existent des établissements considérables qu’on ne peut pas déplacer, qu'on ne peut pas fondre ensemble parce qu’on ne les transporte pas à la main et que des enseignements spéciaux y sont attachés. Il faut bien reconnaître la spécialité de l'enseignement. Les Facultés des sciences et les Lycées ne peuvent avoir le même enseignement que la médecine et la pharmacie.

En France, cette division des moyens matériels d'étude s’imposera longtemps encore. Créer une Université modèle, puis grouper tous les enseignements dans des palais spéciaux, c'est une œuvre que Paris pourrait réaliser. Mais je ne crois pas qu'il soit avantageux de faire vivre sous le même toit des professeurs d'enseignements différents. Il est bon, non pas d'isoler les élèves les uns des autres, mais d'améliorer les divers moyens d'instruction que possède une Université. Ainsi nos élèves en pharmacie vont dans le jardin commun aux Facultés de médecine et des sciences, mais dans ce jardin, une part est réservée à la botanique médicale; réciproquement les élèves en médecine peuvent aller au jardin de l'Ecole de pharmacie.

Il sera difficile, pour longtemps encore en France, de créer un Institut idéal comme celui que rève M. Baillon. Somme toute, la réunion des cours de botanique dans un même local n’est pas près de se faire: la question est à étudier peut-être, mais en se gardant de sacrifier la spécialité des divers enseignements.

M. Cornu. — M. Baïllon vient de dire qu'il y a eu des années à Paris où la physiologie n'était pas enseignée. Il a ajouté que si les professeurs étaient groupés en un Institut, ils pourraient s'entendre pour prévenir un cas semblable(l). L'argument de M. Baillon, bien qu'il paraisse très-

(1) 11 est bon de dire que l’époque dont parle M. Baillon est déjà ancienne. Sous l'Empire, on avait supprimé deux (sur quatre) des chaires consacrées à la botanique pure. Le professeur de la Faculté des sciences a toujours traité la physiologie une année sur deux; au Muséum elle a toujours été enseignée au moins partiellement; aujourd’hui nous avons cinq professeurs qui peuvent, chacun à leur point de vue, traiter la physiologie végétale suivant le titre et les ressources de leur chaire.

puissant, ne me semble pourtant que spécieux. En effet, pour qu’un cours puisse en complèter un autre, il faut qu’il fasse partie du même ensemble de cours, ainsi que cela a lieu dans des établissements où l'enseignement est donné en vue du même objet, ainsi que cela existe actuellement chez nous.

Il faut pour qu’un cours en complète un autre, que les différentes parties soient bien équivalentes et bien adaptées; or cela n’a pas lieu lorsque l’un des professeurs prépare les élèves en vue d’un examen, et un autre professeur en vue d’un autre examen.

Le professeur qui s'adresse aux futurs médecins puise dans le fond scientifique commun d’autres préceptes que celui qui s'adresse aux élèves agronomes. Il serait déraisonnable de prendre moitié du cours chez l’un, moitié du cours chez l’autre, à ces deux enseignements ne se correspondant pas : ils sont distincts; l’un des cours ne peut suppléer à l’autre.

Ajoutons en outre que plus l’enseignement est élevé, plus les questions sont approfondies et plus le nombre des lecons est considérable, la durée du cours, s’allonge : il faut plusieurs années pour traiter un sujet; celui qui désire le connaître à fond doit s'attacher au professeur et suivre la série entière de ses lecons, le développement intégral de son programme; dans ce cas, bien moins encore que dans le cas précédent, ce professeur ne pourra être remplacé par un autre.

De même que nous rencontrons, en histoire naturelle, la spécialisation des organes chez les êtres organisés, qui donne des résultats plus précis que dans l’industrie, la spécialisation des parties conduit à des améliorations incontestables ; de même dans la science nous trouvons la spécialisation des enseignements qui permet de réunir d’une facon plus claire, plus exacte, de professer d'une manière plus abrégée, d'acquérir plus rapidement les connaissances exigées pour un but nettement défini sans perte de temps, sans tâätonnements.

Un groupement des chaires différent (plus économique peut-être) qui constituerait sans doute un progrès réel pour des centres moins importants qu'unecapitale, serait probablement pour nous, à Paris, un pas en arrière.

M. le Président. — Cette question est si intéressante, si vaste, que je crains que nous ne finissions jamais de la discuter. On voit que beaucoup de chemins mènent à Rome. Il ne sera pas possible d'organiser partout l’enseignement de la botanique de la même manière. Mais je crois que nous serons unanimes à nous rallier au vœu émis par M. Magnus, savoir : que chaque Jardin botanique soit pourvu d’un laboratoire de recherches. (Adhésion).

Ce vœu est donc adopté.

M. Ch. De Bosschere. — Je crois que M. le Président oublie un des vœux proposés, M, Cornu demande qu’on dise en premier lieu qu’il y

aura deux espèces de laboratoires; les uns de recherches et les autres d'enseignement.

2me vœu : « Le laboratoire de recherches a le besoin le plus impérieux d'être établi au Jardin botanique. » M. Magnus propose de dire que chaque Jardin botanique sera pourvu d’un laboratoire de recherches.

M. Baïllon.— Je vous prierai d'ajouter mon vœu personnel, qui est que chaque laboratoire soit accompagné, autant que possible, d’un Jardin ou d’une portion de Jardin. Il n’est pas certain que ce vœu se réalisera, bien qu’il soit désirable, selon moi, qu’on le mette à exécution.

M. Planchon. — Nous ne sommes pas opposés à ce vœu

M. Baiïllon. — Pourquoi y seriez-vous opposés ? Quel inconvénient peut-il vous présenter ?

M. Planchon. — Au contraire. Formulé de cette facon le vœu a une autre apparence que celui par lequel on réclame les groupements dans un institut unique.

M. Ch. De Bosschere. — Est-ce que M. Baillon insiste pour que le Congrès émette le vœu qu'il y ait des Instituts botaniques dans les différents pays ?

M. Baïllon. — J'ai dit que, suivant moi, la multiplication de ces Instituts était désirable.

M. E. Laurent. — Est-ce qu'il existe réellement quelque part des laboratoires en dehors des Jardins botaniques ?

M. Lefèvre. — Certainement.

M. Baïllon.— A la Faculté des sciences de Paris il y a un laboratoire mais pas de Jardin.

M. E. Laurent. — Il est inutile d'adopter la rédaction de M. Baïllon. Les laboratoires hors des Jardins botaniques constituent l'exception. Il est à souhaiter que l’on ne fasse jamais de laboratoire loin des Jardins botaniques Ce sont les laboratoires qui complètent les Jardins botaniques et non ceux-ci qui complètent les laboratoires.

M. Baïllon. — Nous sommes d’accord. Puisqu’on dit qu’il y a des laboratoires qui n’ont pas de Jardin botanique, il est naturel que nous demandions qu’il y ait des Jardins botaniques près des laboratoires.

M. Magnus. — Je veux que chaque Jardin botanique ait son laboratoire. Ce que je désire surtout c’est que chaque Jardin botanique ait son Institut où l’on puisse faire les recherches nécessaires à l’étude. Il est malheureux que dans certaines capitales, comme à Berlin, on ne puisse avoir un Jardin botanique pourvu d’un laboratoire, même d'enseignement,

M. Laurent. — Je soumets à la section la rédaction suivante :

Le Congrès émet le vœu :

« 1° Qu'il soit créé un laboratoire de recherches dans chaque Jardin « botanique;

« 2° Qu'il soit établi un laboratoire d'enseignement dans chaque « Établissement où l’on enseigne la botanique, Universités, Écoles de « médecine vétérinaire, d'agriculture et d'horticulture.

M. Ch. De Bosschere. — Il faut absolument que nous puissions nous mettre d'accord. M. Laurent vient de nous donner lecture de sa proposition. Trois vœux nous sont ainsi soumis. Le 1®% est celui de M. Cornu :

il faudrait deux espèces de laboratoires; les uns de recherches et les autres d'enseignement.

M. Cornu. — Le Congrès s’associe-t-il à cette distinction qui me paraît fondamentale ? (Adhésion).

M. Ch. De Bosschere.— Ce vœu est donc adopté. Le Congrès souhaite que chaque Jardin botanique soit pourvu d’un laboratoire de recherches. C'est la rédaction de M. Magnus qui a été adoptée et qui est en somme la même que celle que nous propose M. Laurent,

8° vœu : « le laboratoire de recherches a le besoin le plus impérieux d’être établi au Jardin botanique. »

M. Cornu. — C’est le même vœu.

M. Ch. De Bosschere. — M. Baillon désire que chaque laboratoire soit pourvu d’un jardin.

M. Cornu. Les laboratoires de quelque nature qu'ils soient. M. le Président. — Nous pouvons adhérer à ce vœu. M. Laurent. — On pourrait l'émettre à titre de remarque. M. Cornu. — Il peut très bien être présenté de la sorte. : M. Ch. De Bosschera. -— Vient enfin la proposition de M. Laurent.

M. A. Gravis. — Aux trois vœux qui viennent d'être formulés, l'assemblée jugera peut-être convenable d’en ajouter un quatrième qui me semble être le complément des précédents. En voici l'énoncé : « Lorsque les circonstances le permettront, les laboratoires de recherches, les laboratoires de démonstration et le Jardin botanique, seront groupés en un seul Institut. »

M. Cornu. — Je crois que dans certaines circonstances les Instituts sont la meilleure forme de groupement des établissements de botanique. Mais il y a des cas où ce groupement serait une gêne pour l’enseignement.

M. Gravis. — C'est pourquoi je dis : « Lorsque les circonstances le permettront... »

M. le Président. — L'assemblée adopte-t-elle le vœu de M. Gravis ? (Adhésion).

M. Cornu. — Je demande à dire un dernier mot pour essayer de démontrer que, dans certains cas, le groupement de tout ce qui se rapporte à la botanique, par exemple, dans un seul Institut constituerait un recul sur ce qui existe. Je prendrai comme exemple la ville de Montpellier. Il y a dans cette ville une Faculté de sciences qui donne l'enseignement supérieur, un Lycée qui donne l’enseignement secondaire, je passe l’enseignement primaire, la Faculté de médecine qui donne un enseignement appliqué aux futurs médecins, l'École de pharmacie qui donne l’enseignement de la botanique approprié à la pharmacie, l’École d'agriculture qui fait également de la botanique et enfin, une Station agronomique.

Voilà six établissements dans lesquels la botanique se trouve représentée à des degrés divers et avec des buts différents. Il est impossible que les mêmes professeurs se chargent de tous ces cours. L’enseignement est distinct, il doit être donné à des endroits différents pour des élèves différents, aucun cours ne peut en remplacer un autre. Les élèves de 5e et de 6° ne recoivent pas le même enseignement que les élèves de l'École d'agriculture malgré la similitude des programmes. Dans chacun de ces établissements il y a plusieurs cours. Si ces cours sont séparés, c’est qu’il y a utilité de les maintenir séparés ; en réalité ils le sont comme fond, ils le sont comme forme; ille sont et doivent l'être comme conclusion, comme application, comme portée scientifique. Ce serait une lourde faute de grouper toutes ces personnes dans un méme établissement. Ils n'auraient pour bien unique que cette chose virtuelle : le nom abstrait de la botanique. En réalité ils sont distincts sous tous les rapports; ils sont différents comme but, comme aspirations, comme méthode d'enseignement, comme tendance. Ils se sont groupés de la facon la plus naturelle suivant l'intérêt précis des élèves, suivant l'ensemble des connaissances dont ils ont besoin. En réunissant tous ces cours dans un seul Institut botanique on grouperait des enseignements qui n’ont entr'eux qu’un lien absolument théorique. On sacrifierait une unité réelle en faveur d'une abstraction.

M. Lefévre. — Je propose de mettre aux voix les propositions et les contre-propositions. On verra si le Congrès les adopte ou les rejette.

M. le Président. — La section les a déjà adoptées.

M. Lefèvre. — Elle ne s’est pas encore prononcée sur le 4 vœu qui émane de M. Gravis.

M. Ch. De Bosschere. — Il est bon de rappeler le texte de ce vœu « quand les circonstances le permettront, les laboratoires de recherches, les laboratoires de démonstration et les Jardins botaniques seront groupés dans un seul Institut. »

M. Lefévre, — Sous cette rédaction, nous adoptons le vœu.

M. le Président. — A propos de cette appellation d’Institut botanique, permettez-moi une observation. Ce terme peut donner lieu ici à des erreurs. En Allemagne, on entend par « Institut botanique » un Institut de l’Université où l’on apprend la botanique pure, non appliquée. Il y a d’autres installations pour l’enseignement technique ou appliqué. Dans le plus grand nombre de cas, ces Instituts botaniques ne sont même que des établissements où l’on enseigne l'anatomie, la physiologie et la morphologie. Il y en a d’autres qui enseignent la systématique. À Berlin, par exemple, il y a deux Instituts botaniques et une troisième installation où est enseignée la botanique systématique. Tout n’est pas accumulé dans un seul et même établissement.

La section se rallie-t-elle au vœu exprimé par M. Gravis? (Adhésion).

M. Ch. De Bosschere. — Il est entendu que cette après-midi les sections de botanique et d’horticulture se réuniront pour discuter les questions d'intérêt commun. Cette assemblée générale commencera à 3 heures. Elle aura lieu dans la salle du rez-de-chaussée, parce que M. le D' Van Heurck a besoin de notre salle l’après-midi pour préparer la séance de micrographie de ce soir.

M. Planchon. Je demande qu'on soumette à l'assemblée générale la question des étiquettes. Il n’y a pas seulement ici une question matérielle en jeu. Je voudrais parier de l'étiquetage des plantes au point de vue de la valeur des noms (Adhésion).

— La séance est levée à 12 !/, heures.

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