‹ Actes du Congrès international de botanique et d'horticulture d'AnversChapitre 33 sur 53 · ART TT SE · texte numérisé non relu

ART TT SE

M. Baltet. — M. Bernard se proposait de traiter la question de l'opportunité de la création de Sociétés horticoles de prévoyance mutuelle.

Jusqu'ici, il n'y a pas beaucoup de ces sociétés, elles seraient cependant très-utiles. On pourrait en examiner le fonctionnement et le régler d’après ce qui se passe dans les sociétés ouvrières. Il y à beaucoup de sociétés de secours mutuels qui embrassent toutes les classes de travailleurs. Il y a les caisses d'épargne, puis les corporations de métiers, de professions. Nous avons des corporations de jardiniers, de vignerons, de laboureurs. Elles ont différents titres : St-Fiacre, St-Vincent, S'-Éloi, etc. Souvent ces corporations n'ont qu’un but, célébrer la fête annuelle, puis assister aux enterrements d’un des affiliés ou d’un membre de sa famille. l

J'avais eu le projet d'organiser une société entre les jardiniers de mon pays, mais les entraves administratives d'alors m'ont arrêté, Je n’ai pas besoin de dire que ces associations doivent être distinctes en tous points des sociétés et comices agricoles ou horticoles. Le but n’est plus le même et la caisse d'épargne et de prévoyance ne doit pas être soupconnée de pouvoir servir à un autre usage.

Dans l'industrie, il y a beaucoup de risques, la vie est moins longue, les besoins y sont grands et les accidents de travail assez fréquents. La culture offre plus de sécurité. Les jardiniers vivent plus longtemps et sont moins souvent malades. A vec une cotisation relativement faible, on pourrait intéresser et le chef de famille et les autres membres (femmes, vieillards, orphelins) suivant les statuts qui seraient adoptés.

D'après l’organisation actuelle de certaines sociétés, le médecin est appelé gratuitement au chevet du malade, et les médicaments, les fournitures de pharmacien, sont distribués soit gratuitement, soit moyennant une faible rétribution si la dépense dépasse les limites habituelles; ces conditions sont acceptables,

Il y aurait encore quelque chose à prendre dans nos corporations de vignerons, ce sont les journées de travail en cas de maladie, pratiquées par les sociétaires. Lorsqu'un jardinier tomberait malade, ses voisins, ses confrères, pourraient venir faire sa besogne suivant leur temps et suivant leur nombre. Ce serait là une coopération humanitaire qu’il importerait beaucoup d'établir.

La somme versée par chacun constituerait un petit capital qui, à un certain âge, pourrait servir, soit à doter la fille à son mariage, soit à aider le garcon à faire son service militaire ou à créer un établissement de jardinage. Habituellement, quand les jardiniers placent leurs enfants, ils leur achètent un terrain, les fournissent de matériel. Le versement mensuel formerait, par conséquent, un petit capital au bout de quelques années, 20 ans par exemple, ce qui ne serait pas à dédaigner.

La pension de retraite a été introduite dans nos sociétés des sapeurs-

pompiers, dans les sociétés de secours mutuels. La retraite est basée sur l’âge du sociétaire et sur la durée de son sociétariat. Le règlement des sociétés industrielles attribue volontiers un franc par jour. La quotité a son importance, alors que le sociétaire arrive à l’âge où l’on est fatigué, rompu par le travail et qu'on n’a plus la force de se créer des moyens d’existence.

Voilà quelques données générales sur l’organisation des sociétés de prévoyance. Tout se perfectionnerait. Au bout de quelques années on verrait s’il n’y a pas lieu de modifier les statuts.

Il conviendrait donc d'émettre un vœu au point de vue de l'utilité matérielle, morale et philanthropique qu’il y aurait d'organiser des caisses de prévoyance en faveur des travailleurs de la terre, en y intéressant d’une facon toute spéciale les vieillards, les veuves et les orphelins.

XXIe Question. — Tarification el condilions des envois horticoles par chemin de fer().

M. le Président. — Cette question a été traitée dans un Congrès, à Paris, au mois de mai.

M. Baltet. — Nous demandons toujours que les végétaux, les produits vivants voyagent rapidement. Je ne dirai pas par les trains express, mais il y a des vitesses moyennes, c'est la petite vitesse hâtée ou la grande vitesse un peu ralentie. Ici, on dit Tarif n° 1, Tarif n° 2. Les plantes devraient voyager comme les animaux, car ils ont l’un et l’autre besoin d’arriver en hâte à leur point de destination.

Demander que les prix ne soient pas élevés, c’est la condition réclamée par tout le monde; mais il s’agit surtout d'éviter des lenteurs dans les points de bifurcation, dans les transits. Il faudrait que les wagons complets jouissent d’une réduction du prix de transport. On taxe les arbres en l'e catégorie, et la moitié en plus; cette majoration est onéreuse. Un chargement complet est réduit à la 3° ou à la 4° catégorie ; mais le propriétaire, qui n’a qu'un petit lot d'arbres, ne peut envoyer un wagon complet. Quant à songer au groupement de lots de ce genre, il faut y renoncer.

La Belgique a obtenu beaucoup de satisfaction sous ce rapport. Pour les expositions elle fait voyager ses produits en grande vitesse et ne paie que pour la petite vitesse. Nous voulons les mêmes avantages. On a dit avec raison qu'il est à désirer que les autres puissances imitent la Belgique pour les facilités de transport,

En France, depuis la guerre de 1870, quand nous expédions des végétaux en Allemagne, nous sommes obligés de payer d'avance, le

(1) Voir aux « Rapports préliminaires » les mémoires de MM. À. AMELIN, P. 132-134, et An, D'HAENE, p. 348-392.

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