‹ Actes et paroles de Pie IX, captif au VaticanChapitre 13 sur 23 · DE NOTRE SAINT-PÈRE LE PAPE PIE IX · texte numérisé non relu

DE NOTRE SAINT-PÈRE LE PAPE PIE IX

Aa Patrlarehe, ans Archeréq«e« et Érêqves, mu Clergé el aa

pevple ém rite arinéBlen,

EN COMMUNION ET EN GRACB AVEC LB SAlNT-SIÉGE APOSTOLIQUE.

A Nos vénérable frères Antoine- Pierre IX y patriarche de Ciliciej aux archevêques et évêques et à nos chers fils les prêtres et les fidèles du rite arménien, en grâce et en communion avec le siège apostolique.

Vénérables frères et chers fils.

Salut et bénédiction apostolique,

1. — Vingt-quatre ans ont déjà passé depuis qu'à Tépoque où le retour des jours sacrés rappelle Tavénement de Taslre nouveau qui apparut en Orient aux nations qui devaient être illuminées par sa clarté, Nous avons adressé aux Orientaux Notre lettre apostolique (1), par laquelle Nous voulions en même temps affermir les catholiques

(^) Celle lellre apostolique est la lettre /n ««prema datée du 6 janvier 4848.

dans la foi et ramener à l'unique bercail du Christ ceux qui se trouvent malheureusement en dehors de TEglise catholique.

A ce moment luisait pour Nous le joyeux espoir que, par le secours de Dieu et de Notre-Seigneur Jésus-Christ, la pureté de la foi chrétienne se propagerait davantage et que Ton verrait refleurir en Orient le zèle de la discipline chrétienne. A cet effet, Nous promettions d'appliquer Notre autorité à fixer et à ordonner celte discipline selon la règle des saints canons. Combien, depuis lors, Nous avons eu de sollicitude pour les Orientaux, et de quelle charité Notre cœur les a entourés, Dieu le sait. Quant aux mesures que Nous avons prises pour arriver à cette fin, tout le monde les connaît, et plût à Dieu que tout le monde les comprît convenablement! Mais, par un jugement insondable de Dieu, il est arrivé que les choses n'ont aucunement répondu à Notre attente ni à Nos soins. En sorte qu'au lieu de Nous réjouir, Nous avons à Nous plaindre et à gémir, à cause du nouveau fléau dont sont accablées certaines églises d'Orient.

2. — Ce que Jésus-Christ, l'auteur et le consommateur de la foi, avait déjà prévu autrefois pour nous avertir (1), à savoir que beaucoup viendraient, en son nom, qui diraient : « Je suis le Christ > et séduiraient un grand nombre d'hommes, vous avez été contraints de le voir devant vous et d'en faire la douloureuse expérience. Car l'adversaire et l'ennemi de tout le genre humain, après avoir excité, il y a trois ans, un nouveau schisme parmi les arméniens à Constantinople, s'applique de toutes ses forces, au moyen de la sagesse du siècle, de discours hérétiques, de ruses, de subtilité, de fraude ou même, lorsqu'il le peut, par la force, à ruiner la foi, corrompre la vérité et déchirer l'unité. Déplorant et démasquant tout ensemble ces hypocrisies et ces ruses, saint Cyprien disait déjà (2) :

(4) Matlh., XXIV, 5. ^

(%) Lib. de Unit., n<» 3.

« Le diaMe arrache les bomnes de l'Eglise, et « senAlerment approcher éi^ de la liunièie et près <l*é- « chapper à la Duit du siècle, il répand de nouveUes lé- « Bôbiies smr leur ignecaorce, afia que, déclinant des a doclrines et de robaervation de rEvangîle du Ciirîst, Us 4c s'appellent néanmoios des chrétiens, let que, tout en^an* « ehant dans les ténèbres^ ils imaginent qu'ils possèdent la « lumière. Ainsi les flatte et les trompe cet ennemi qui, a seien la parole de l'apôtre, se transfigure en ange de «lumière (II Cm*, h, 14) et envoie ses suppôts craiffle <K des ministres de justice, préchant la nuit au lieu du « jour, la mort au lieu du salut, le désespoir sous (Hfé- « texte d'espéranee, la perfidie sous couleur de la foi, el « l'antéchrist sons le nom de Christ, afin que, mentant « avec les apparenofs de la vérité, ils soustraient par « leurs artifices ceux qui les écoutent, au pouvoir de ia « vérité, »

3* — Or, bien que les commencements de ce nouveau schisme aient été, comme il arrive d'ordinaire, entourés de beaucoup d'obscurités, Nous en avons cependant pressenti la méchanceté et les périls, et Nous Nous y sommes opposé aussitôt par deux lettres apostoliques écrites l'une le 24 février 1870, qui commence par ces mots : N^n sine gravissimo, et l'autre du 20 mai de la même année, qui oommence par ces mots : Quo impeusiore. Mais la chose marcha de telie sorte que les auteurs et les faoteurs de ce schisme ne craignirent pas, au mépris des exhortations» des avis et des censures de ce siège apostolique, d'élke un pseudo-patriarche. Cette élection. Nous l'avons déclfi^ rée absolument nulle et schismatique; quant à l'élu et aux électeurs. Noms les avons chargés des peines cafioniques par Notre lettre du 11 mars 1871, qui commence par oes mots : Ubi prima. Or^ après avoir occupé par la violence lès églises des catholiques, après avoir envoyé en «exil le patriarche légitime, Notre vénérable frère Antoine- Pierre IX, après avoir envahi à main armée le siège pa-

triarcal de Cilicie qui est au Liban, iU se sont empiaréa de la préfecture civile elle-même, se sont imposés à la nation catholique arménienne, et depuis, par tous les moyens, ils s'efforcent de rarrteher comme em à la communion du Saint-Siège apostolique et à TobéÂsBance qui faiî est due. Parmi eux, eelui qui trav^le sustout à ces ûêa^ c'est un des prêtres néoBcfaismatiques, Jean Knpéliai, qui pirecédemnent excitait déjà le peuple et fomentait le sohisiAe dans la ville de Diarbekir ou Amida, et qui, pour ce fait» avait été nommément et publiquement exeommuinÀé et retranché derEglise cAbolique^par sentence de notce vénérable frère Nicolas, archevêque deMardio, délégué apos* tolique en Mésopotomaaie et dânsles autres pays, agisaanft par Notre autorité. Car, après avoir reçu du pseudo» patriarche une eonsécraliou épiscapale sacrilège, ce prêtre infidèle s'est emparé du pouvoir de Tévêque, et, par persuasion ou par menaee publique, il prétend soumettre à sa puissance les catholiques dû rite arménien. Que s'il en était jamais ainsi, les catholiques se verraient ramenés à cette misérable condition où ils étaient léduits il y a quarante-deux ans, lorsqu'ils étaient soumis au pouvoir des vieux scbismatiques de leur rite.

4. — Pour Nous, selon la coutume de Nos prédécesseurs, dont les plus illustres Pères et évoques des Ëgliaes d'Orient ont toujours réclamé, dans des circonstances pareilles, l'autorité, le patronage et l'appui. Nous n'avons rien négligé pour éloigner de vous de si grands maMU^ C'est dans ce but que Nous avons enmyè à Ck>nstafnti^ nople Notre légat exAraordinaire. C'est pour cela em^we, et afin qu'on ne puisse Nous reprocher d'avoir manqué à quoi que ce soit, que Nous avons écrit Nous^môme «ne lettre privée au très-haut emf>ereur ottoman, afi» que les dommages infligés aux Arméniens catholiques fussent réparés selon les lois de la justice, et que le pasteur expulsé fût rendu à son troupeau. Mais il a été fait obstacle à Nos vœux par les artifices de ceux qui oaent se dire catbo-

tiques, qaaod ils sont les eDDemis de la croix de Jésus- Christ.

5. — Aussi les choses en sont maDifestement vairats i ce point qu'il est fort à crùodre que les auteurs da nouveau schisme, en inAme temps qu'ils s'enfonceront dans le mal, n'arrivent à séduire et à entraîner dans la voie de perdition ceux qui sont faibles dans la fol ou qui manquent de prudence, aussi bien parmi Jes arméniens que parmi les catholiques des autres rites. C'est pourquoi, eu raison même de Notre charge apostolique, Nous sommes poussé à vous parler de nouveau et à avertir tout le peuple, en dispersant les ténèbres el les épais nuages qui ont été, Nous le savons, amoncelés autour de la vérité, aBa que Nous affermissions ceux qui sont fermes, que Nous soutenions ceux qui chancellent, et que Noua rameaioos au bien, par le secours de Dieu, ceux qui se sont misérablement éloignés de l'unité catholique et de la vérité, si toutefois ils veulent écouter ce que Nous demandons à Dieu de toute Noire fime.

6. — La plus grande ruse dont on se sert pour couvrir le nouveau schisme, c'est le nom de catholiques que ses auteurs el ses sectateurs ont l'audace d'usurper, malgré les condamnations dont ils ont été frappés par Notre autorité et Noire jugement. En effet, les hérétiques et les schismatiques n'ont jamais manqué de s'appeler ainsi catholiques et de publier les plus belles choses en leur honneur, afin d'attirer à l'erreur les princes et les peuples : c'est ce que signalait entre autres le prêtre saint Jèrâme (1) quand il disait : • Les hérétiques oai coutume de dire i « leur rot ou à Pharaon : Nous sommes les fils des sages « qui nous ont transmis depuis le commencement la doo- « trine apostolique; nous sommes les fils des rois des phi- « losophes, et chez nous la science des Ecritures s'ajoute « i la sagesse du siècle. »

' (4) CommeDl. m Isils, capnt xix, f. », ii.

7. — El pour prouver qu'ils sont calholiques, les néoschismalîques invoquent une certaine déclaration de foi, comme ils disent, produite par eux le 6 février 1870, et qu'ils déclarent ne s'écarter en rien de la foi catholique. Mais quand donc a-t-il été permis à quelqu'un de prouver qu'il est catholique en rédigeant à son choix des formules de foi où l'on a coutume de cacher ce qu'il ne plaît pas de découvrir? Pour être catholique, l'histoire de TEglise tout entière en fait foi, il faut au contraire souscrire absolument tout ce qui est professé par l'Eglise.

8. — Ce qui achève de prouver que la formule de foi ainsi rédigée par eux est captieuse et pleine de fraude, c'est qu'ils ont rejeté la déclaration de profession de foi proposée, selon l'ordinaire, par Notre autorité. A cette profession il leur avait été ordonné de souscrire par Notre vénérable frère Antoine-Joseph, archevêque de Tyane, délégué apostolique à Constantinople, qui les en avertit par une lettre à eux adressée le 29 septembre de la même année. En effet, il est contraire aussi bien à l'institution divine de l'Eglise qu'à sa constante et perpétuelle tradition, d'admettre que quelqu'un puisse justifier de sa foi catholique et se donner vraiment pour catholique s'il ne satisfaisait aux prescriptions du Saint-Siège apostolique, car c'est à ce Siège (1), à cause de sa primauté, que l'Eglise» c'est-à-dire l'universalité des fidèles doit se rattacher : celui donc (2) qui abandonne la chaire de Pierre, sur qui est fondée l'Église, ne saurait, sans mentir, proclamer qu'il est dans l'Eglise, car celui-là est schismatique (3) et pécheur qui élève une autre chaire contre la chaire de saint Pierre, de laquelle (4) émanent les droits qui appartiennent aux membres de celte communauté vénérable.

(4) S. Irénée, lib. III, Cootra haereses, cap. iiu

(2) S. Cyprien, lib. de Unitate, n. 4.

(3) s. Optât, de Miser, de Schism. Donatist.

(4) Concil. Aquilej. et S. Ambros., Ep. XI, ad Imperatores.

9. — C'est ce que comprireat très-bien les jina iHiuIres évtques des Églises orientales. Aussi, dans le Bftnde dt Constantinople, tenu eu l'aonée 6S6, Hemnas, évèifao de celle ville (1), faisait- il publiquement, avec rapfffofaaUoa des Pères, la déclaration suivante : «Pour □oas.'nftnd»- € rite le sait, nous suivons le siège apostoliqae et doos « lui sommes soumis; nous avons dans notre commimîoB « tousceaxquisontdanssaeommunion.ettonsoenxqnll « condamne sont de même condamnés par nous. » Pios abondamment encore et plus vivement, saint Maxime (^), abbé de Scutari et confesseur de la foi, disait, en parlant de Pyrrbus te Monothélite : « SU ne vent ni être « bérélique, ni être appelé de ce nom, qnll ne contente « pas celui-ci ou celui-là. Car de même que tous sont « scandalisés par lui quand un seul est scandalisé, de « même, s'il en contente un seul, tons seront satisfaits. M Qu'il se hâte donc de satisfaire tout le monde en satist faisant le siège de Rome. Car une fois Rome satisfaite, « toulle monde le tiendrapartoul pourun homme pieux el « orthodoxe. Autrement, c'est en vain qu'il puîe, celai < qui s'imagine persuader ou surprendre tous cenx qai « sont pareils à moi et qui ne satisfait pas et ne veut pas « implorer le très-saint Pape de ta très-sainte Église ro- « maine, c'est-à-dire le siège apostolique qui, de parla « vertu de Dieu incarné, de par les saints synodes, les « textes saints et les saints canons, commande par loale « la terre, à toutes les saintes Ëglises de Bien et a sur « elles toute autorité avec le pouvoir de lier et d'absou- « dre. » C'est pourquoi encore Jean, évêque^ Constantinople, faisant pour sa part ce que devait MnatAt I«re Je huilième synode œcuménique tout entier, dëclarait « que ceux qui ont été séparés de la commumon de FE- « glise, c'est-a-dire ceux qui ne sont pas d'accord sur « toutes choses, avec le siège apostolique, leurs Aoms ne

M) Labb. Collect. concil. ediu Venel., i. VU, C. (279.

[i] Ëpisl. adPelrumiUutlrem. Coll. concil., t. VI, col. 16S0.

« doivent pas être prononcés dans la célébration des <c saints mystères (1). » Par où il signifiait clairement qull ne les tenait point pour catholiques. Tout cela est si important et d'un tel poids» que quiconque aura été jugé schismatique par le Pontife romain ne doit pas se permettre d'usurper le nom de catholique, aussi longtemps qu'il n'admettra pas complètement et ne respectera pas le plein pouvoir du souverain Pontife.

10. — Or, comme les néoschismatiques ne sont pas Te moins du monde disposés à cette soumission, ils se sont, imitant en cela les pratiques des récents hérétiques, réfugiés dans un nouveau prétexte en prétendant que la sentence de schisme et d'excommunication portée contre eux par Notre vénérable frère l'archevêque de Tyane, délégué apostolique à Constanlinople, était injuste, et par suite de nulle valeur et de nulle force ; ils ont donc refusé de eTy soumettre en invoquant encore ce motif qu'ils ne le pouvaient faire, de peur que les fidèles, trompés par leur ministère, ne passassent aux hérétiques. Or, ces prétextes sont absolument nouveaux ; les anciens Pères de TÉglise ne les connurent ni ne les admirent jamais. Car « dans « rÉglise entière tout le monde sait que le siège de « saint Pierre, apôtre, a le droit d'absoudre tout ce qui « est lié par les sentences de nimporte quel Pontife, atc tendu qu'il a le droit de juger toutes les Églises, et « qu'il n'est permis à personne de juger contre son juge* « ment (2). » C'est pourquoi lorsque les hérétiques jansénistes osèrent enseigner de semblables doctrines et prétendre que l'excommunication Infligée par le prélat légitime pouvait être méprisée, sous le prétexte qu'elle était injuste, par conséquent quil fallait que chacun, malgré elle, remplît ce qu'il croyait être son devoir, Clément Xl> notre prédécesseur, d'heureuse mémûircj par sa

(1) Libell. Joannis, Episc. Conslantinopolitaris ad L. Hormisda. in Conseil oecum. VIII. Action. 4 .

(2) S. Gelas, ad Episcopos Darnaniae, epist. 26, § 5.

coDstitutioD Unigenitus, rendue contre tes erreurs dr Quesuel, proscrivil et condamna ces proposilioDs comme D'étant pas diiïéreQtes de certains articles de Jean Wicle^ précédemment coadamTiées par le synode de CoiuUQce et par Martin V.

En efret, bien qu'il puisse arriver, par suite de Tinfirœilé humaine, que quelqu'un soit injustement afïïigéde censures par son évéque, il est pourtant nécessaire, comme l'enseigne Noire prédécesseur saint Grégoire le Grand (1), que « celui qui est sous la main du Pasteur «E redoute d'être condamné même injustement, et qu'il «I ne conteste pas témérairement le jugement de son « Pasteur, de peur que, même condamna ipjustemenl, il * ne prenne occasion de se rendre coupable, lui qui ne « l'était pas, par l'orgueil qui le pousse i cette contesla- B lion.)» Que s'il faut redou\er celte rébelUon, même quand on est injustement condamné par son pasteur, que dire de ceux qui sont condamné^ parce que, rebelles i leur pasteur et à ce siège apostolique, ils déchirent et mettent en lambeaux, par un schisme nouveau, \a robe sans couture, c'est-à-dire la sainte Eglise de Jésus- Christ I

U . — Mais la charité, dont les prêtres surtout sont tenus d'entourer les fidèles, il faut, selon l'aver tissera en t de l'Apôlre, qu'elle vienne d'un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une foi qui n'est pas hypocrite (2). Et, faisant l'énumcration des vertus par lesquelles nous devons nous montrer véritablement comme les ministres de Dieu, il ajoutait : Montrez en vous une charité qui ue soit pas hypocrite, c'est-à-dire la parole de vérité (3). Enfin, Jésus-Christ lui-môme, le Dieu qui est charité (4), a dit hautement qu'il faut tenir pour des païens et des publi-

(1) flora., XXVI, in Eypneelia, 7,6.

; (8) l Tim., I, 5.

(3) Il Cor., VI, 6.

(ij 1 Joui, IT, R.

cains ceux qui n'écoutent pas TEglise (1). Du reste, ^ Ëuphenius, évéque de Constantinople, qui opposait de semblables raisons. Notre prédécesseur saint Gélase répondait (2) : « I^e troupeau doit suivre le pasteur qui le « ramène aux salutaires p&turages, et ce n'est pas au « pasteur de suivre son troupeau errant par des chemins a qui le perdent, » car « le peuple doit être enseigné, non suivi, et s'ils refusent de nous entendre quand nous les avertissons de ce qui est permis et de ce qui ne l'est pas, nous ne devons pas nous plier à leur volonté (3). »

12. — Mais les schismatiques nous disent qu'il s'agit non pas du dogme, mais de la discipline, car c'est celle-ci qu'a en vue Notre constitution Reversurus^ publiée le 12 juillet 1867; par suite, on ne peut, disent-ils, leur refuser ni le nom, ni les prérogatives de catholiques* Combien celte échappatoire est futile et vaine. Nous ne mettons pas en doute que vous le sentez parfaitement. Car ceux qui résistent audacieusement aux prélats légitimes, de l'Eglise, et surtout au souverain Pontife, et qui refusent de suivre leurs ordres en méconnaissant même leur dignité, ceux-là, l'Eglise catholique les a toujours tenus pour des schismatiques, et, comme ces actes sont à la charge de la faction arménienne de Coostantinople, il n'est personne qui pui.-se les juger à l'abri de l'accusation de schisme, quand bien même ils n'auraient pas été condamnés de ce chef par l'autorité apostolique. En effet, * l'Eglise, selon que les Pères l'enseignent (4), c'est le. peuple uni au prêtre, et le troupeau adhérant à son pasteur; par suite, l'évêque est dans l'Eglise, et l'Eglise est dans l'évêque, k si quelqu'un n'est pas avec l'évêque, il n'est pas non plus avec l'Eglise. D'ailleurs, comme le remarque Notre prédécesseur Pie VI dans ses lettres apos-

(1) Mail., xvill, 17.

(2) Epist. 3, ad EupheDiam, n. 15.

(3) S. Cœlcstia. PP., ad Episcopos Apul. et Calab., n. 3. (ij S. CypriaD. ép. 66, ad Fiorentiam Pupianum, n. 8.

toliques (1), par lesquelles il condanmait la conslitulioa civile du clergé en FraDce* souvent la disciplina fùl tellement corps avec le dogme, et elle ibflue «•'Vniipnf sur sa conservation dans toute sa pureté, que les ttàata condles n'ont pas hésité, en plusieurs drconstaneei, à séparer de la communion de l'Eglise, par un anathëme, les violateurs de la discipline.

13. — Hais les néoscbismatiques sont allés plus loin* car « il n'est pas de scbisme (9) qui ne se forge quelque •c hérésie afin qu'il paraisse s'être justement éloigné de m l'Eglise.» Ils n'ont donc pas craint de nous accuser. Nous et ce Saint-Siège, comme si, ayant dépassé les limites de Notre pouvoir. Nous avions, en édictant certains règlements de disciplineàobserverdaiu le patriarcat arménien, porté la faux dans la maison d'aulnû. Et, en effet, ils soutiennent que les Eglises orientales ne sont tenues que de conserver la communion et l'umté de foi avec Nous, mais, qu'en ce qui regarde la discipline, elles ne sont aucunement soumises au pouvoir apostolique de sÙQt Pierre. Or, non-seulement cette doctrine est manifestement hérétique depuis la définition et la déclaration du concile du Vatican sur la force et la raison de la puissance pontificale, mais en tout temps l'Eglise catholique a tenu celte doctrine pour hérétique et Ta détestée comme telle. Ainsi les évéques du concile œcuménique de Chalcédoine, proclamant d'une façon éclatante par leurs actes la suprême autorité du Siège apostolique, demandaient humblement à saint Léon, Notre prédécesseur, l'approbation et la confirmation même de leurs décrets concernant la discipline.

1*.— Etenvérité fflesuccesscurde saint Pierre (3) par « cela même qu'il est établi en sa place, possède de droit

0) Quoi aliguantum, in ep. adTlL c. tu, f. 10, 41.

(2) S. HierOQ.inep.adTiL, c. m, t- <0, <*•

(3) Piu VI ia Brer. Super uMUatt^ ii dot. 17*6.

tt divin h. garde de tout le troupeau du Christ, afin que, « de concert avec Tépiscopat, il exerce le pouvou du gou- « vemement universel; mais, pour les autres évéques, la <( garde particulière de leur troupeau leur est donnée, non « de droit divin» mais de droit ecclésiastique, non par la « bouche de Jésus-Christ, mais par la disposition hiérar- « chique, afin qu'ils puissent étendre sur le troupeau le « pouvoir ordinaire du gouvernement, n Que si le droit de faire cette désignation était méconnu à saint Pierre et à ses successeurs, les fondements mêmes et les prérogatives des plus anciennes Eglises seraient ébranlés; « car si « Jésus-Christ (1) a voulu que Pierre eût quelque chose « de commun avec les autres princes, jamais il n*a donné « que par lui ce qu'il n'a pas refusé aux autres. » Et, par le fait, a c'est lui (3) qui honora le siège d'Alexandrie où « il envoya le disciple évangèliste ; c'est lui qui confirma a le siège d'Ântioche, où il resta sept ans, bien qu'il dût le « quitter. » Et à propos des décrets qui, dans le concile de Chalcédoine, furent rendus au sujet du siège de Constantinople, nous avons le témoignage de l'empereur Marcien (3) et de Tévéque de Constantinople lui-même, Anatole (4), qui confessaient qu'à ces décrets l'approbation etlaconfinnation du Siège apostolique étaient absolument nécessaires*

16. — Ainsi, à moins qu'on ne s'écarte de la tradition constante et perpétuelle de l'Eglise, abondamment confirmée par les témoignages des Pères, les néoschismatiques, encore qu'ils se proclament catholiques, ne pourront en aucune sorte se persuader qu'ils méritent ce nom. Et si l'adresse astucieuse des fourberies hérétiques n'était suffisamment éclatante et connue, l'on ne pourrait comprendre comment le gouvernement ottoman peut tenir pour

(1) s. Léo, serm. 3, in anniv. Assump. sus.

(S) s. Gregorins M., lib. Vll, ep. 40, ad Ealog. Ep. Alexandrin.

(3) Marcian.ap. S. Leonem, epîst 400.

(4) AnatoUas ad S Leonem, epîst. 432, n. 4.

catholiques ceux qu'il sait avoir été séparés, de FEglise catholique par Noire jugemeot et Notre autorité. Eit^et, pour que, sous la domÎDatioD oltoi&ane, lareligîoit'eadioiique puisse se pratiquer librement et en sécàilté; t/àan qu'il y est pourvu par les décrets du Irés-haut Ëtnpénnr, il faut de toute nécessité qu'on admette ce qui appartient à l'essence même de celte religion, comme par exemple la primauté de juridiction du Pontife romain, et il faut qu'on laisse & son jugement comme au chef et au Pasteur universel et suprême te soin de décider qui est calholiqQe ou non. C'est U un principe reçu par toutes les nations, et l'on ne penserait pas autrement s^il s'agissait d'une société humaine et privée.

1?. — Hais ces néoschismaliques attestent qu'ils ne combattent aucunement les inslitulions de l'Eglise catholique. A les entendre, ils ne veulent qu'une chose, et c'est de défendre les droits de leurs églises, de leur nation, ceux même de Sa Haulesse impériale, qu'ils Nous accusent d'avoir violés. En sorte que tout le trouble actuel, ils ne craignent pas d'en rejeter la cause sur nous et sur ce Sainl-Siége, comme faisaient autrefois les sehismatiques acaniens (1) pour iSolre prédécesseur saint Gelase, et avant eux les ariens pour Noire prédécesseur Libère, qu'ils accusaient auprès de l'empereur Constance parce qu'il refusait de condamner saint Athanase, évêque d'Alexandrie, etde recevoir ces hérétiques dans sa communion{2}. De quoi l'on peut s'atirister, mais non pas être surpris, car selon que le très-saint PonlifeGélase l'écrivait à l'empereur Anastase: «C'est souvent une disposition des malades V d'accuser les médecitisqui veulent les ramener àlasanté « par des remèdes convenables plutôt que d'abandonner « ou de répudier les appétils qui leur sont nuisibles. » Puis donc que tels paraissent êlre les chefs principaux, au

(1) S. Gdas. épis:, t j, ad ADasUsimns .Augaslious, n. 1. (S) S. Aihanasc, in biu. Ar anu^ aJ tnoDach., n. 35.

moyen desquels les néoschismatiques et se concilient la faveur et obtiennent le patronage des puissants pour leur détestable cause, il est nécessaire, pour que les fidèles ne soient pas induits en erreur, d'en traiter plus longuement que s'il s'agissait seulement de réfuter ces calomnies.

18. — Nous ne voulons certes pas rappeler ici où en était venue la situation des Eglises catholiques établies en Orient après que le schisme eut prévalu et que, Dieu vengeant sur l'empire des Grecs la division opérée dans l'unité de l'Eglise, cet empire fut renversé. Il n'est pas non plus dans Notre dessein de rappeler combien ont travaillé nos prédécesseurs, aussitôt que cela leur fut possible, afin de ramener les brebis égarées au seul et vrai troupeau de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cependant, et bien que les fruits n'aient pas abondamment correspondu au labeur, plusieurs Eglises et diverses rites revinrent, par la misériricorde de Dieu, à la vérité et à l'unité catholique. Ce sont ces Eglises que le Saint-Siège apostolique, prenant dans ses bras comme des enfants nouveau-nés, s'occupa de protéger tout particulièrement, afin de les affermir dans la foi catholique et de les sauvegarder de toute tache d'hérésie.

19. — Aussi, sur le rapport qu'on voyait se répandre en Orient les dogmes impies d'une secte déjà repoussée par le Siège apostolique et tendant surtout à rabaisser la primauté de la juridiction pontificale : le Pape Pie VII, d'heureuse mémoire, vivement ému de la gravité du péril, jug^a bon d'y pourvoir aussitôt, de peur que, dans ces luttes elles vaines équivoques accumulées autour de ces questions, le vrai sens des mois transmis par les ancêtres ne s'effaçât peu à peu de l'esprit des chrétiens fidèles. A cet effets il fil adresser aux patriarches et aux évéques orientaux le vieux formulaire de Notre prédécesseur .^aint Ilorsmisdas, et en même temps , il leur ordonna (1) qu'aussi loin que

(«) EqcvcI. s. C. de Propag. Fide, « jalii 1803.

s'éteadtait la juridiction de chacun d'eux, ils prescrivissent à tous les évêquesy à tous les prétces du clergé régulier et séculier ayant diarge d'âmes de: souscrire, slls ne Tavaient déjà fait, à la profession de foi exigée par Urbain VU. La même chose devait être exigée de ceux qui, dans l'avenir, devaient être admis aux ordres ecclésiastiques ou promus i qudque ministère sacré.

SO. — Or, à quelque temps de là, e*estrà-dire en Fannée 1806^ a» monastère de Glorciplias, situé dans le diocèse de Beyrouth, il se tint ua synode appelé synode d^Ântioche. Les actes de ce sjmode étaient empruntés secrètement et frauduleusement au synode de Pistoie, déjà condamné, et renfermaient, partie textuellement, partie dans une rédactioa équivoque^ quelques-unes des propositions de ce synode de Pistoie, ^à condamné par le Saint-Si^e de Rome ; d'autres propositions sentaient le baîanisme et le jansénisme, étaient opposées au pouvoir ecdésiastique, ébranlaient la constitution de l'Egtise et s'élevaient contre la saine doctrine et la discipline approuvée par l'Eglise. Tous ces décrets du synode de Carcaphas furent donc, à l'insu du siège apostolique, imprimés en arabe l'année 1810, et ils avaient soulevé de nombreuses querelles entre les évêques, lorsque enfin le synode fut désapprouvé et condamné par notre prédécesseur Grégoire XYI, d'heureuse mémoire (1). En même temps le Pape ordonnait aux évêques d'emprunter les règles du gouvernement et de la doctrine à d'autres synodes anciens depuis longtemps approuvés par le Saint-Siège. Plût à Dieu que, le synode ayant été condamné, les erreurs dont fl fourmillait eussent pris fin, car ces doctrines perverses ne cessaient de se répandre sourdement en Orient, cherchant l'occasion opportune où elles pourraient se produire aux yeux de tous. Vainement essayée, il y a environ vingt

(<} Grég. XVI, apost. lUt. melchitatam catholicorum, 16 septembris 1835.

ans, cette rébeilion^ les néoschismatiques oat osé naguère Vaccomplir.

21. — Or, la discipline étant le lien de la foi, il était nécessaire que, selon son droit et son devoir, le Siège apostolique s'appliquât à la défendre. A ce devoir trèsgrave, Rome n'a jamais manqué, bien que, par le malheur des temps et des circonstances, elle ait pu tenir compte parfois des nécessités présentes, tout en attendant des temps meilleurs que la miséricorde de Dieu nous obtint à la fin pour un temps. En effet, sur les instances de Nos prédécesseurs Léon XII et Pie VIII, aidés des souverains catholiques d'Autriche et de France, le très-haut empereur ottoman, ayttnt reconnu la séparation qui est entre catholiques et hérétiques, arracha ceux-là au pouvoir civil de ceux-ci, et il leur permit de se donner, selon la coutume civile du pays, un chef ou préfet. A celte époque, pour la première fois, il fut permis d'établir en toute sécurité à Gonstantinople des évéques du rite arménien jouissant de Fautorité ordinaire; il fut permis d'élever des églises catholiques du même rite, de professer et d'exercer publiquement le culte catholique : aussi. Notre prédécesseur Pie VIII, dlieureuse mémoire, érigea-t-il aussitôt Gonstantinople (1) en siège primatial et archiépiscopal des Arméniens ; sa sollicitude l'y poussait afin que la discipline catholique y pût opportunément et convenablement refleurir.

22. — Quelques années plus tard, dès que cela Nous parut opportun , Nous érigeâmes (2) des sièges épiscopaux suffiragants du siège primatial à Gonstantinople, et alors fut établie la méthode à observer pour l'élection des évéques* Ensuite il fut pourvu, par l'autorité du sultan lui-même, à ce que le pouvoir du préfet dvil, comme ils

(4) Apostolicîs liltcrîs qnod JamdÎTi, 6 jnlfi 4830.

4P) ApastoUât littem UaiTerai Domini Gregia die, 30 aprilis 4850 .

disent, n'empiétât pas sur les choses sacrées, ce qui est complètement opposé aux lois de l'Eglise catholique. C'est ce que décide le diplôme impérial du 7 avril 1857, donné à Notre vénérable frère Antoine Hassoun, alors primat de ce siège. Enfin lorsque, sur la demande des Arméniens eux-mêmes, Nous eûmes, par la lettre apostolique Rêversurusj réuni au siège patriarcal de Cilicie rEglide primatiale de Gonstantinople eu abrogeant ce titre, il sembla opportun et même nécessaire de sanctionner les principaux chefs de cette discipline par Tautorilé de cette même constitution. À cet effet, on réunit le synode patriarcal que, par Notre lettre apostolique Commissumf datée dû 12 juillet 1867, Nous ordonnions de célébrer le plus promptement possible, afin de travailler avec soin à ce qu'il fQt établi un ordre parfait de discipline dans tout le patrlar* cat arménien.

23. — Mais Thomme ennemi s'occupa bientôt de semer la zizanie dans l'Eglise arménienne de Gonstantinople ; quelques-uns ayant soulevé la question de la préfecture civile qu'ils accusaient le nouveau patriarche d'avoir accaparée. De celle controverse il naquit bientôt un grand trouble, et le même patriarche fut accusé d'avoir trahi les droits de la nation, parce qu'il avait reçu, selon son devoir d'évêque catholique. Notre constitution. Dès lors, c'est contre cette constitution que se tournèrent tous les conseils, toutes les machinations et tous les sarcasmes des dissidents.

24. — On reprochait surtout deux choses dans cette conslitution : ce qui concerne l'élection des évôqUes, et ce qu'elle avait décidé louchant l'administralion des biens ecclésiastiques. Car les dissidents accusaient calomnieusement ces disîposilions d'être attentatoires aux droits de la nalion et même à ceux de sa Hautesse Impériale. Or, bien que Ton doive parfaitement connaître ce que Nous avons défini en ce double sujets il Nous plaît cependant de

le redire, car ils furent toujours nombreux et i\^ le sont toujours ceux qui (1) parlent dans la vanité de leur sentiment à cause de Tignorance qui est en eux; et il en est d*autres (2) qui, pareils aux devins et aux augures parlent constamment de ce qu'ils ignorent*

25. — Nous avons ordonné que le patriarche fût élu par le synode des évêques, à l'exclusion des électeurs laïques, et même de tous les clercs qui ne seraient pas revêtus du caractère épiscopal. Nous avons défendu en outre que Télu prît l'exercice de son pouvoir, en d'autres termes fût intronisé avant d'avoir reçu du siège apostolique les lettres qui le confirment dans sa charge. Pour les évêques^ Nous avons ordonné qu'ils fussent élus de cette sorte: tous les évêques de la province assemblés en synode proposeront au siège apostolique trois candidats, choisis parmi les ecclésiastiques recommandables. S'il est impossible à tous les évêques de venir au synode, la proposition devra être faite par au moins trois évêques diocésains réunis en synode avec le patriarche* Quant aux évêques absents, ils enverront par écrit cette triple désignation. Gela fait, le Pontife romain choisira un des candidats, qu'il mettra à la tête de l'Eglise vacante. Du reste^ Nous avons dit que Nous ne doutions pas que les évêques s'appliqueraient à proposer toujours des sujets dignes et convenables afin que Nous ou Nos successeurs ne fussions jamais contraints par le devoir de Notre charge apostolique d'élire de Nousmême un candidat non proposé, afin de le mettre à la tête de l'Eglise vacante*

26. — Ces dispositions, si l'on voulait les examiner d'un esprit étranger aux passions des partis, on verrait qu'elles sont toutes conformes aux saints canons et à la foi catholique. Pour ce qui regarde l'exclusion des laïques dans l'élection des évêques, il faut, afin de ne rien soutenir qui

(4) Ephes., i, 17-18.

(2) Prov., as, 7.

soit contraire à la foi catholique, soigneusement distmguer entre le droit d'élire des évoques et la faculté de rendre témoignagOi en ce qui regarde la vie et les mœurs des candidats à élire. La première prétention devrait être rapportée aux fausses maximes de Luther et de Calvin, qui allaient] usqu*à dire qu'il était de droit divin que les évéques fussent élus par le peuple. Or tout le monde sait que cette fausse maxime a été et est réprouvée par l'Eglise catholique. Car jamais, ni de droit divin ni de droit ecclésiastique, le peuple n'eut le pouvoir d'élire les évêques ou les autres ministres des sacrements.

27. — Quant au témoignage du peuple, en ce qui regarde la vie et les mœurs de ceux qui doivent être promus à répiscopat, « depuis (1) que les évêqaes catholiques (c commencèrent à être chetssés de leurs sièges par la « violence des ariens, queftvorlsait l'empereur Constance « et qui y faisaient mooter leurs sectateurs, comme saint « Athanase {Hist. Arian ad Mon., n* 4) le déplore, la « nécessité des fejnp^ contraignit d'appeler le peuple aux « élections à^évèqvit^k, afln qu'il fût excité à maintenir et (c protéger snr son siège Tévêque qu'il savait avoir été élu « en sa pr^^ûce. » Et il est vrai que cette coutume se pratiqua» î«®Jq^e temps dans l'Eglise. Mais, comme il en sorlal* ^^ continuelles discordes, des tumultes et d'autres abfl^# ^^ ^^^^^ éloigner le peuple des élections et se passer je5on témoignage ou de son désir au sujet de la personne à élire; car, ainsi que le remarque saint Jérôme (2): « Souvent le jugement du peuple et de la foule se trompe; « quand il s'agit d'appuyer un prêtre, chacun cherche à € favoriser ses propres mœurs, de sorte qu'on poursuit la « nomination, non pas tant d'un bon candidat que d'un < candidat qui vous ressemble. »

(\) Pius VI, Aposl. litt. Contr. civilem cleri ConslituUonem, 40 mars I) Lib. I, adv. jovinian, n. 34,

28. — Néanmoins, dans la méttiode à obsenrcnr pour rëlection. Nous avons voulu laisser au synode des évèques pleine liberté de s'enquérir de la façon qui leur conviendrait le mieux des qualités du candidat, sans exclure même le témoignage du peuple, si cela leur convenait ainsi. El par le fait, les actes transmis au Saint-Siège attestent que, même après que Notre constitution eut été rendue publi* que, ce mode fut employé par les évoques arméniens lorsqu'il s'agit d'élire, il y a trois ans, un évêque pour les pays de Sebasle et de Tokat. Mais Nous n'avons pas cm et Nous ne croyons pas encore devoir en agir de même au sujet de Félection du patriarche, et cela, tant à cause de son éminente dignité que parce qu'il est préposé à la tête de tous les évèques de sa contrée, et que, enfin, il appert, des actes transmis à ce Saint-Siège, que toujours les élections des patriarches de n'importe quel rite oriental ont été faites par les seuls évèques, si ce n'est quand le contraire était exigé par des circonstances impérieuses et extraordinaires, comme, par exemple, quand c'était le moyen pour les catholiques de se protéger contre le pouvoir et la violence des schismatiques auxquels ils étaient soumis; car alors, en se choississant eux-mêmes un auti'e patriarche, ils manifestaient clairement par cela même leur séparation d'avec les schismatiques, et confirmaient leur véritable et sincère conversion à la foi catholique; c'est ce qui eut lieu pour rélection d'Abraham Pierre I**.

29. — Mais ce que plusieurs supportent plus impatiemment, et ce dont ils se plaignent, c'est, d'une part, que Nous ayons réservé à ce Saint-Siège apostolique le droit et le pouvoir de choisir l'évêque sur là liste des trois ou en dehors, et, d'autre part, que nous ayons fait défense à l'évêque élu d'être intronisé avant que son élection n'ait été confirmée par le Pontife romain. Sur ces deux points, ils Nous opposent les coutumes de leurs Eglises et les •canons, comme si Nous Nous étions écarté de la pratique des saints canons. À quoi Ton pourrait répondre avec

Notre prédécesseur saint Gélase (1), qui était eu butte, de la part des schismatiques acacieus, à la même calomnie : <c Ils nous opposent les canons, disait-il, mais ils ne « savent pas ce qu'ils disent, puisque ce sont eux qui les <i violent en refusant d'obéir au premier siège de TEglise, « qui leur conseille des choses sages et justes. » Et, en effet, ce sont les canons eux-mêmes qui reconnsdssent l'universelle autorité divine de saint Pierre sur toute TEglise; et ce sont eux qui proclament, comme il a été dit, au synode d'Ephèse (2), que jusqu'à présent et toujours saint Pierre vit dans ses successeurs pour exercer ce jugement et cette autorité : aussi, à ceux gui croyaient que, par l'intervention du Pontife romain, on diminuait quelque chose des privilèges des Eglises de la royale ville de Constanlinople, l'évêque de Larisse, Etienne pouvait répondre en toute confiance et avec raison : « L'autorité « du siège apostolique gw' * ^'^ donnée au Prince des « apôtres par Dieu, notre Sauveur, l'emporte sur tous les « privilèges des saifl'^ Eglises, et c'est ce que confessent, « d'un même eiccordf toutes les Eglises du monde (3). »

30. — - D'aiile^^ si vous rappelez à votre esprit l'histoire de vos contrée' vous y trouverez les exemples de pontifes romains ^^^ ^^ ^^ pouvoir, lorsqu'ils ont jugé que rexerd'^ en était nécessaire pour la sauvegarde des ^a]\se0^^^^^^^' Ainsi le pontife romain Agapel déposa, par ^ si^loritè propre, l'évêque d'Anlhius du siège de Q^jjitfintinople. De même, Notre prédécesseur Martin I" ^a ses pouvoirs, pour l'Orient, à Jean, évêque de Phijulelphie (4), et, en vertu, disait-il, de ïautorité apostolique fin' Nous a été donnée de Dieu par saint Pierre, le prince des

(4) In Commonit. ad Faustum, n. 5.

(2) QEcumen. syn. Epbesin., act. 3.

(3) Sieph. Lariss. Episcopus in Libelî. oblai. Bonif. II, el Rom. syn., in 831. ^ '

(i) Episl. ad Joan. Philadelph. Labbe collect. Concil. Ed. Venet.. t. VII, col. %%.

apôtres, il prescrivit au susdit évéque de constituer des évéques, des prêtres et des diacres dans toutes les villes des provinces qui étaient alors soumises, soit au siège de Jérusalem, soit au siège d'Antioche. Que si Ton se reporte à des époques plus récentes, vous verrez que Tévêque de Mardin des Arméniens a été élu et consacré par l'autorité de ce siège apostolique. EnGn, ce soin des Eglises, Nos prédécesseurs l'ont confié aux patriarches de Cilicie, et c'est par le bon plaisir du Saint-Siège que l'administration du pays de Mésopotamie leur a été attribuée. Tout cela est parfaitement conforme au pouvoir de ce siège suprême de Rome que l'Eglise des arméniens, si l'on en excepte les temps lamentables du schisme, a toujours reconnu, proclamé et respecté. Et l'on ne doit pas en être . surpris quand on voit se maintenir en pleine vigueur, même chez ceux d'entre vous qui sont encore éloignés de la foi catholique, l'antique tradition que ce grand évêque et martyr Grégoire, dont vous vous glorifiez avec raison, comme ayant été l'Illuminateur de votre nation, lui que Chrysoslome ( 1 ) appelle le soleil se levant sur les contrées de l'Orient, et dont les rayons éclatants ont porté la lumière jusque chez les Grecs, quand on voit, disons nous, se maintenir la tradition qu'il avait reçu son autorité du Siège apostolique auprès duquel, malgré les fatigues d'un long et pénible voyage, il n'hésita pas à se rendre publiquement.

31. — Or, après avoir longtemps réfléchi sur les choses anciennes et les faits récents. Nous avons été poussé, par des motifs très-graves et mûrement pesés, à prendre enfin celte décision, et cela non par aucune suggestion d'autrui, mais par Notre propre mouvement et de science certaine. En effet, chacun comprend aisément que de la régulière élection des évêques, dépend le bonheur éternel et souvent aussi la félicité temporelle des peuples. Or, en

(4) Encom. S. Greg. Armenor. lllumin. ex homiliar. Armen. in oper. S. Jo. Chrysost. Parisiis, 4864, t.XlI, col. 943.

considérant les circonstances de temps et de lieu, il îm* portait de veiller à ce que rautorilé d*instituer de saints évêques fut ramenée tout entière au Siège apostolique, d*où elle procède. Cependant il Nous a semblé bon de tempérer celte autorité de telle sorte qu'au synode des évêques fût conservé le pouvoir d'élire le patriarche, et qu'il appartînt en même temps à ce synode de proposer à Notre choix trois candidats convenables pour les sièges vacanls. C'est ce qui a été établi par la constitution que Nous avons rappelée plus haut,

32. — De plus , afin, en cette question, d'exciter les nonchalants et d'ajouter un stimulant pour ceux qui sont déjà pleins de zèle, Nous avons déclaré que Nous espérions qu'il Nous serait toujours proposé des sujets convenables et dignes d'un si grand honneur, de façon que Nous ne fussions jamais contraint de préposer au siège vacant une autre personne que l'un des trois candidats. Ce point, du reste, avait été déjà l'objet des mêmes précautions et du même conseil dans la méthode (1) établie par Nous en 1833. Or, Nous avons appiis que de ces paroles, dViUeurs si modestes, il en est qui avaient pris sujet de soupçonner que la proposition des éveq\ics par le synode pût être de nulle valeur auprès de Nous et complètement illusoire. D'autres sont allés plus loin et ont pensé que ces paroles cachaient le dessein de confier à des évêques latins le gouvernement des Arméniens. A la vérité, des accusations si ineptes ne méritent aucune réponse : car ceux-là seulement ont pu se permellrc de les produire qui se sont perdus en leurs imaginations, et qui ont tremblé de peur, là où il n y avait nul sujet de crainte. Au sujet de Notre droit d'élire un sujet en dehors de la liste ternaire. Nous n'avons pas cru devoir le passer sous silence, afin que dans l'avenir on ne fût jamais amené à en rendre Texercice nécessaire pour le Siège apostolique. Mais ce droit et ce

(I) Inslrucl Licct 2^, Angusl. 1853.

devoir, même si nous n'en avions rien dit, seraient restés dans rintégrité : car les droits et privilèges qui ont été donnés à ce Sainl-Siége par Jésus -Christ lui-même peuvent bien être attaqués, mais non pas renversés, et il n'est pas au pouvoir de Thomme de renoncer au droit divin qu'il serait souvent obligé d'exercer par la volonté de Dieu lui-même.

33. — Au reste, bien que les choses aient été établies de la sorte pour les Arméniens, il y a plus de vingt ans, et qu'il ail été plusieurs fois question, depuis, d'élire des évêques, jamais il n'est arrivé jusqu'ici que Nous ayons eu à user de ce pouvoir ni que, même plus récemment^ après La publication de la consti tution Reversurus^ Nous ayons reçu une liste de trois noms dans laquelle Nous n'ayons pu choisir un évoque. Quant à ce que Nous avons dit que Nous ferions de nouveau, pour que le synode des évêques, en se conformant aux lois prescrites par Nous, Nous mît à même de ne point élire un sujet qui n*aurait point été proposé, le nouveau schisme qui déchire TEglise arménienne a été l'obstacle qui Nous a empêché de le faire. Mais Nous avons confiance que les temps ne seront jamais assez calamiteux pour que les Pontifes romains soient contraints de préposer aux évêchés des candidats qui n'auraient point été proposés par le synode des évêques.

31. — Nous voulons encore ajouter quelque chose au sujet de la défense par laquelle les patriarches ne peuvent être intronisés avant leur confirmation par ce Saint-Siège apostolique. Et d'abord tous les anciens monuments attestent que jamais rélccliou des patriarches n'a été tenue pour faite et accomplie sans le consentement et la conûrmaUon du Pontife romain ; ensuite, il est prouvé par la demande qu'en faisaient les empereurs eux-mêmes, que cette confirmation était toujours sollicitée par les patriarches eux-mêmes. Ainsi, pour ne citer que quelques exem-

pies dans une question aussi Claire» Anatole, évéque de Gonstantinople, qui certainement n'avait pas bien mérité du Siège apostolique, que dis-je, Photius lui-même, te premier auteur du schisme grec, sollicitèrent du Pontife j romain la confirmation de leur élection et usèrent pour ' cela de Tintervention des empereurs Théodose, Michel et Basile. De même pour Maxime, évêque d*Antioche, les Pères de Chalcédoine (1), bien qu'ils eussent déclaré nuls tous les actes du concile ou plutôt du brigandage d'Ephèse, qui avait substitué cet évêque à Domnus, les Pères, dis-je, le voulurent placer sur son siège par ce motif que * le saint et très-saint Pape qui a confirmé Té- « piscopat du saint et vénérable Maxime, évéque d'An- « tioche, a montré par son juste jugement qu'il approu- « vait son mérite. »

35. — Que s'il s'agit des patriarches de ces Églises qui, ayant abjuré le schisme, sont rentrés, à des époques plus récentes, dans l'unité catholique, vous n'en trouverez aucun qui n'ait pas demandé la confirmation du Pontife romain. Et les Pontifes romains, par leurs lettres, les ont tous confirmés, de telle sorte que, par le même acte, ils les instituaient et les plaçaient directement à la tête de leurs Églises. Or, il arriva que le Saint-Siège le tolérant en raison de l'éloignement de ces contrées, des périls de la route, et des dangers que leur faisait souvent courir la tyrannie des schismatiques du môme rite, les patriarches éhis exerçaient leur pouvoir avant leur confirmation par le Souverain Pontife, la même concession ayant été faite également par dispense en Occident, à cause de l'utilité et de la nécessité des Eglises, pour ceux qui étaient très éloignés (2). Mais il est juste de remarquer que ces causes aujourd'hui ont cessé ; car les voyages n'offrent plus les difficultés d'autrefois, et les catholiques, par la bien-

(4) Concil. Chalced. Act. X.

&} Concil, Laler. IV. Can. 26.

veillance de Sa Hautesse Tempereur ottoman, ont été soustraits au pouvoir civil des schismatiques* Or, il n'est personne qui ne voie qu'on peut ainsi plus sûrement pourvoir à la conservation de la foi qu'aux temps où un élu indigne d'une si grande charge pouvait monter sur le siège patriarcal et troubler à son gré l'Eglise avant d'avoir reçu la confirmation apostolique; et certainement on prévoit ainsi les causes de troubles qui pourraient s'élever, s'il ar^ rivait que le patriarche élu, étant rejeté par le Saint-Siège apostolique, dût abandonner son siège.

35. — Ainsi, pour peu qu'on examine attentivement les choses en elles-mêmes» tout ce qui a été établi par Notre constitution Ta été pour la conservation et Taccroissement de la foi aussi bien que pour la vraie liberté de PEglise et pour assurer Tautorité des ëvêques dont les droits et privilèges fondés, appuyés et fortifiés sur la fermeté du siège apostolique, ont toujours été, à la prière des évéques, de quelque dignité qu'ils fussent, vigoureusement défendus par les souverains Pontifes contre les hérétiques et les ambitieux.

36. — Quant aux droits nationaux, comme ils disent, Nous n'avons pas besoin de nous étendre longuement pour répondre à ce sujet. Car, s'il s'agit seulement des droits civils, ces droits se rattachent au pouvoir du souverain à qui il appartient d'en décider selon le mode qu'il aura jugé le plus convenable pour l'utilité de ses sujets. Mais, si la chose doit être entendue dans le sens des droits ecclésiastiques, personne ne peut ignorer que jamais les catholiques n'ont connu dans l'Église, dans sa hiérarchie et dans ses règlements, aucun de ces droits nationaux ou droits des peuples. En effet, bien que de toutes parts les nations et les peuples se soient rassemblés dans l'Église, Dieu sous la conduite du prince des Apôtres, saint Pierre, le suprême pasteur qu'il a mis à la tète de tous, les a si bien réunis dans l'unité de son nom, que

désormais î) n'y a plus, comme disait PÂpôtre/ni gentil, ni juif, ni scythe, ni barbare, ni homme libre, ni eselâre^ mais que Jésms-Chriât est tout en tout (1). D^oii îl suit que le corps tout entier de TÉglise étant compact et offrant un admirable enchaînement^ grâce au parfÀt a^ semblage des membres inférieurs, chaque membre q«i grandit selon la grâce, fait grandir le coTps pour rédifier dans la charité (2), car le Seigneur, non-seuIemeaC n'a donné aux nations et aux peuples aucun pouvoir sur TËglise, mais, par le commandement qu'il leur a fait de croire, il a donné les nations aux apôtres, pour qu'elles fussent enseignées (3). C'est pourquoi, en présence des apôtres et des anciens rassemblés, saint Pierre déclarait publiquement que Dieu Tavait élu, afin que, par sa bouche, les nations reçussent l'enseignement de l'Evangile, qu'elles devaient croire.

87. — On dit aussi que les droits de Sa Hautesse impériale ont été violés par nous. C'est là une calomnie banale dont les hérétiques ont depuis longtemps abusé. Inventée d'abord par les Juifs contre le Christ-Dîeu, elle a été très-souvent employée par les païens auprès des empereurs romains, puis par les hérétiques auprès des princes catholiques eux-mêmes, et plût à Dieu qu'elle ne fût pas encore employée par eux en cette circonstance. C'est pourquoi saint Jérôme (4) a écrit que « les hérétiques adulent le pouvoir royal, et en usent « ainsi pour imputer aux rois leur orgueil et pour que « le roi paraisse faire ce qu'ils font eux-mêmes : ils <c accusent auprès de lui les soldats et les prédicateurs de « la foi, et ordonnent aux docteurs de ne point prêcher « en Israël pour ne pas aller contre la volonté du « prince, parce que c'est Bélhel, c'est-à-dire la, Maison

(4) Coloss.. iH, 44.

(2) Ephes., IV, 46.

(3) Matlh., xxvill, 19.

(4j Comment, in Amos. cap. vu, t. 10, 44.

«L de Z>îeti, et ils font en sorte que la fausse Eglise soit « réputée comme la maison du royaume et la sanctifica- « tion du roi. x»

Ces impudentes calomnies, il suffirait de les anéan- . tir par le mépris et le silence, tant elles sont éloignées des doctrines de la foi catholique, de nos mœurs et de nos institutions. Mais il faut avoir égard aux simples et aux ignorants afin qu'ils n'aient pas le malheur de penser mal et méchamment de Nous et du siège apostolique, à cause des calomnies des méchants, « qui, des accusations « dont ils chargent les autres^ cherchent à se faire une «( ressource pour leurs vices. » (1).

38. — La doctrine de l'Église catholique , reçue de Dieu même et transmise par les saints apôlres, est qu'il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ; c'est pourquoi Nos prédécesseurs n'ont jamais négligé, quand il en a été besoin, d'inculquer la fidélité et l'obéissance dues aux princes. Par là, de même que l'administration des choses civiles appartient en propre aux empereurs, ainsi les affaires religieuses concernent uniquement les prôlres. A ces affaires il faut rattacher tout ce qui est nécessaire à l'établissement et au maintien de la discipline extérieure de l'Eglise ; car ce serait une hérésies comme Ta enseigné Notre prédécesseur Pie VI, de vénérable mémoire, de prétendre que l'usage de ce pouvoir reçu de Dieu constitue un abus de l'autorité ecclésiastique (2). Le Siège apostolique a toujours fermement travaillé à maintenir tout à fait intacte cette distinction des pouvoirs, et tous les saints Pontifes ont ouvertement blâmé l'immixtion des princes séculiers dans les choses ecclésiastiqueSi immixtion que saint Athanase appelle un spectacle nouveau et une invention de Thérésie arienne (3); il suffit

(1) Greg. Nazianz. oral, 43, in laud. S. Basil. 4, 68. (î) Conbl. Auctorem fidci, propos. 4.

(3J Bist. Arianor. ad Mouach., n. 52. ,

de citer parmi eux : Basile de Césarée, Grégoire le Théologien , Jean Chrysostome , et Jean Damascène. Celui-ci déclarait hautement « que personne ne lui per- « suaderait que l'Église doit être administrée par les édits « des empereurs ; mais qu'au contraire elle est régie par « les décrets des Pérès, qu'ils soient civils ou non (1). »

C'est pourquoi les Pérès du concile œcuménique de Macédoine (2) dans la cause de Photius, évéque de Tyr, proclamaient aussi hautement, de l'assentiment des ministres de l'empereur eux-mêmes : a Contre les règles auii cune pragmatique (c'est-à-dire aucun édit impérial) ne a prévaudra ; que les canons des Pères aient toute autoce rite.»

Et sur la demande de ces mêmes ministres: « Si le saint m concile portait ce décret sur toutes les pragmatiques « faites au détriment des canons, » tous les évêques répondirent : « Toutes les pragmatiques cesseront : les canons « subsisteront, et que cela soit fait par vous. >

39. — Il y a deux points dans lesquels on prétend que les droits impériaux ont été violés par Nous, savoir: De ce que Nous avons réglé le mode d'élection et d'institution des saints évoques et défendu au patriarche d'aliéner, sans le conseil du siège apostolique , les biens ecclésiastiques.

40. — Mais qu'y a-t-il qui rentre plus dans l'ordre des choses ecclésiastiques que les élections des évêques? Nous ne lisons nulle part, dans les saintes lettres, qu'elles aient été remises à l'arbitraire du prince ou du peuple, tandis que les Pères de l'Eglise , les conciles œcuméniques, les constitutions apostoliques ont toujours reconnu et décidé qu'elles appartenaient à la puissance ecclésiastique. Si donc, quand il s'agit de l'institution d'un pasteur ecclésiastique, le Siège apostolique règle le mode d'élec-

(1) Orat. 2. De sacr. imaginib., n. 46, W Concil. Chalced., acu IV.

tion, comment peut-on dire que les droits de Sa Rautesse impériale ont été violés^ puisqu'il exerce les droits, non d'un autre, mais de sa propre puissance? L'autorité des saints évêques sur le peuple qui leur a été confiée est éminente et vénérable ; mais il n'y a rien en elle que doive craindre le pouvoir civil, parce qu'il aura toujours dans les évêques, non un ennemi, mais un soutien des droits légitimes du prince. Que si, à cause de la faibles- 15e humaine, il en était autrement, le Siège apostolique lui-même ne négligerait rien pour reprendre un évêque qui se soustrairait vraiment à la fidélité et à la soumission dues au prince légitime. Et il n'y a plus à craindre qu'un ennemi du prince légitime puisse se glisser à l'épiscopat, car, d'après la loi de l'Eglise, une longue information a lieu préalablement sur ceux qui doivent être promus, afin qu'ils soient reconnus doués des vertus que TApôtre re* quiert en eux. Celui-là ne les aurait point qui né serait pas trouvé un observateur du précepte du bienheureux Pierre, prince des apôtres (1) : a Soyez soumis à toute créature humaine à cause de Dieu: soit au roi, comme ayant tout le pouvoir ; soit aux supérieurs comme délégués par lui pour le châtiment des méchants et la perfection des bons; parce que telle est la volonté de Dieu, qui, en faisant le bien pour imposer silence à l'ignorance des téméraires ; comme des hommes vraiment libres, et non des hypocrites qui se font de la liberté un masque d'iniquité, mais comme des serviteurs de Dieu. »

41. — Mais si, comme il a paru utile au souverain ottoman, à Constantinople, et à ses successeurs, on trouve bon de confier aussi aux évêques et aux autres membres du clergé des fonctions civiles et un droit d'administration, il ne faut pas pour cela que la pleine et entière puis* sance de l'Eglise dans leur élection puisse être amoindrie. Car il serait absurde que les choses du Ciel fussent subor-

(4) s. Peir., Il, 4 3.

données et assujetties aux. choses de la terre» et les spirituelles aux temporelles. Du reste, il serait toujours loisible à Sa Haulesse Impériale de confier à un autre la fonction et la puissance civile» s'il le jugeait utile» sous la réserve pour les évéques catholiques du plein et libre exercice de la puissance ecclésiastique. On sait assez que cela a eu lieu dans d'autres circonstances, et notamment par un firman spécial du très-haut empereur des Turcs en

42. — Comme toutes ces choses ont déjà été signliGées ofGcieusement en Notre nom et commandement à la Sublime-Porte par Notre vénérable frère Tarchevôque de Thessalonique^ Notre légat extraordinaire à Constantinople, il est évident qu'il faut s'abstenir de ressasser ces calomnies et ces accusations banales, à moins de vouloir parler pour les adversaires déclarés et plus soucieux d'un parti que de la vérité.

43. — Mais Nous avons été grandement surpris d'apprendre, à Toccasion de la loi établie et confirmée par Nous au sujet de la vente des biens ecclésiastiques , que non-seulement Nous voulions usurper les droits impériaux, mais même revendiquer pour Nous les biens des Eglises arméniennes. Les biens ecclésiastiques appartiennent aussi certainement aux Eglises que les biens civils aux citoyens, et ce sont moins les canons que le droit naturel lui-même qui ont fait voir à tout le monde qu'ils étaient en leur propriété. L'administration de ces biens, qui était laissée, dans les premiers siècles de l'Eglise, à la discrétion et la conscience des évéques, les décrets des conciles postérieurs ne manquèrent pas de la régler par des lois déterminant le mode de gestion et les causes d'aliénation légitime; en cela l'ancien pouvoir des évoques a été circonscrit et remis au prudent jugement du concile, ou même des évoques supérieurs. Mais, comme il ne semblait pas qu'il eût été suffisamment pourvu

à la sécurité des biens ecclésiastique, soit h cause de la tenue assez rare des conciles, soit pour tout autre motif» Tautorilé du siège apostolique a dû intervenir, et par elfe il fut établi que les biens de l'Eglise ne pourront-étre vendus sans Tassentiment du souverain Pontife.

44. — Cette disposition parut si grave et si nécessaire pour leur intérêt, qu'il fut statué dès longtemps que les élus aux églises cathédrales, métropolitaines et même patriarcales devaient s'obliger, sous la religion du serment, à l'observance de celle règle. Que ce serment ait été prêté quant aux biens de leur mense par les patriarches du rite oriental eux-mêmes, dès que leurs Eglises revinrent à la vérité et à l'unité catholique, les actes conservés dans Nos archives apostoliques l'attestent; et il n'en est pas un seul d'entre eux qui if ail promis par serment d'observer la susdite loi. Cela a été fait et se fait encore chaque jour par les évoques du rile latin de tous pays, royaume ou république, sans que les puissances civiles se soient jamais plaintes que leurs droits fussent violés par cette pratique. Et en effet, par ces lois, le souverain Pontife n'usurpe rien, ne s'arroge rien; il s'en tient uniquement ou à décider après information elcu égard à Tavantagiî des Eglises, ce que Tévôque doit faire dans tel cas particulier, ou à donner à Tévêque lui-même le pouvoir de décider; comme un père de famille en userait avec ses enfants. Mais que Nous ayons étendu dans Notre Constitution , aux autres fièrcs ecclésiastiques, la règle déjà imposée aux patriarches pour le bien de leur mense de ne la point subir sans l'assentiment du siège apostolique, aucun de ceux qui veulent juger sainement ne pourra Nous soupçonner d'avoir agi sans les plus graves raisons, dont Nous savons que nous aurons à rendre compte à Dieu. Qu'il suffise de savoir, ce que tout homme sage comprendra sans peine, qu'il a été pourvu ainsi plus sûrement et plus efficacement à la sécurité des Eglises et à la conservation des biens ecclésiastiques, sans qu'il fût porté de préjudice

: droits légitime* de chacun par Noire susdite Coo- ■fstituUon.

45. — Comment les droUs de Sa Haatessa ImpMile ^,iml-ils été violés, ainsi qu'on le prétend, par Nos décréta, j.Nou9 avouons fraocbement ne pas le comprendre datent; -< ■ tant il s'en faut que Nous l'ayons voulu ou que Nous ayons ' i^ cru que cela pût arriver. Car, si l'on ne peut dire quelâ -pnissance dont les patriarches et les évèques jouissent ■■ '- dans l'empire turc lai-même, relativement k l'administr»*; tion des biens ecclésiastiques, est contraire k ces droit». . on se peut pas le dire davantage de celle que le Siège apostolique exerce selon soq devoir et son droit en 4éterminaot, avec son autorité, la manière dont les Poji- -tifes sacrés doivent en user pour l'édification, et non la : destruction. — Il est manifeste que nous avons ûnsi pour- ; vu à la conservation de ces hiens, et que cette disposition /sera très utile dans les Eglises établies en Orient: lorsque les passions se seront calmées, tout le monde le reeoniiaîlra,- et M posl^té, si ces lois sont religieusement observées, en éprouvera les avantages. Mais comme le sultan a affirmé par ses décrets leur liberté, et Nous a signiâé qu'il exerçait très bénignement sur eux son patronage. Nous ne doutons pas qu'après un examen sérieux des faits et le rejet des calomnies entassées par des adversaires, il ne doive se réjouir plutôt que de se plaindre des mesures qui doivent tourner à leur utilité mani- .

. 46. — Elle n'est pas moins calomnieuse celte objection imaginée récemment et acceptée malicieusement par les Orientaux dissidents qui n'ont pas songé de traiter le Pontife romain, vicaire de Jésus-Christ, comme une, puissance externe qui s'insinue dans les affaires extérieures des Etats et le gouvernement des peuples, ce qu'il faut absolument empêcher, disent-ils, afin que les droits de Sa Hautesse impériale demeurent & l'abri de tout envahis-

sèment, et que toute issue soit fermée, de manière que les autres princes ne soient pas encouragés à se permettre de semblables empiétements.

47. — Mais il est facile de comprendre combien ces suppositions sont fausses et contraires au bon sens et à la divine économie de TEglise catholique. Il est faux d'abord que les Pontifes romains se soient écartés des limites de leur puissance, et immiscés dans Tadministralion civile des Etats, et qu'ils aient usurpé les droit des princes. Si les Pontifes romains sont en butte à cette calomnie, parce qu'ils statuent sur les élections des évoques et des ministrès saints de l'Eglise, sur les causes ou autres affaires qui concernent la discipline ecclésiastique, dite extérieure, de deux choses l'une : ou on ignore, ou on repousse la divine et immuable organisation de l'Eglise catholique, celle-ci est toujours restée et restera toujours sta- ' ble ; et il ne peut être aucunement exigé qu'elle soit assujettie à des changements, surtout dans les pays où la liberté propre et la sécurité de l'Eglise catholique ont été assurées par les décrets du chef de l'Etat. En effet, comme il est de dogme, dans la foi catholique, que l'Eglise est une et que le Pontife romain est son chef et le père et le docteur de tous les chrétiens, celui-ci ne peut être dit étranger pour aucun des chrétiens, ni pour aucune des Eglises particulières des chrétiens, à moins qu'on ne prétende que le chef est étranger aux membres, le père au fils, le maître aux disciples, le pasteur au troupeau.

48. Du reste, ceux qui ne craignent pas d'appeler> le Siège apostolique une fuissance étrangère déchirent l'unité de l'Eglise, par cette manière de parler, ou fournissent prétexte de schisme, puisqu'ils dénient par cela même au successeur du bienheureux Pierre le titre et les droits de pasteur universel, et par conséquent, défaillent de la foi due à l'Eglise catholique s'ils sont au nombre de ses fils, ou portent atteinte à la liberté qui lui est due s'ils

JÊ

ne lui apparlienneat pas. Car Notre-Seigneur Jésus-Christ a fait manifeslemeat un devoir aux brebis de eonnaî^tre et d'entendre la voix du pasteur et de le suivre, et, au contraire de fuir Véh-anger^ parce qu^elles ne connaissent pas la voix des étrangers (1). Si donc le souverain Ponlife est réputé externe, c'est-à-dire étranger pour quelques églises particulières, celle-ci aussi sera étrangère au siège apostolique, et par conséquent à TEglise catholique, qui seule a été fondée par la parole du Seigneur sur Pierre. Ceux qui se séparent de ce fondement ne conservent plus la divine et catholique Eglise, mais s'efforcent de faire une Eglise humaine (2), laquelle, unie par les seuls liens humains delà nationalité, comme on dit,ne serait plus reliée par le moyen de ses prêtres fermement attachés à Ja chaire de Pierre, et ne participerait pas de sa solidité, et ne serait plus dans l'unité universellement formée et indissoluble de l'Eglise catholique.

49. — Toutes ces choses, Vénérables frères et chers fils, Nous avons jugé à propos, dans la situation critique du moment, de vous les écrire, à vous qui avez reçu en partage la môme foi que nous dans la justice de notre Dieu et sauveur Jésus-Christ, afin de fortifier au milieu de ce trouble votre droiture d'esprit. Car vous voyez s'accomplir chez vous ce que les saints apôtres de Dieu nous ont prédit depuis longtemps , savoir qu'il viendrait dans les derniers jours des hommes de fraude et de mensonge marchant selon leurs propres concupiscences. Veillez donc, afin de n'ôtre pas transportés dans un autre évangile que celui qui vous a appelés à la grâce du Christ, et cet autre évangile, ce sont les factieux qui vous troublent et veulent changer l'évangile du Christ, Car ils veulent vraiment changer l'évangile du Christ, ceux qui s'efforcent d'ébranler le fondement sur lequel Jésus-Christ a bâti son Eglise, et nient ou rendent vaine la charge uni-

(1) Joan., 10, 5.

(2) s. Cyprian. Lib, de Unil. EccL, n, 40.

verselle de pattre les brebis et les agneaux confiés au bienheureux Pierre danà rËvangiie. A la vérité. « Dieu permet et tolère que ces choses arrivent, le libre arbitre personnel restant toujours, afin que, lorsque le péril de la vérité éprouve vos cœurs et vos esprits, la foi intacte des éprouvés brille d^une lumière resplendissante » (1). Mais vous devez, suivant le précepte de l'apôtre, éviter ceux qui s'avancent chaque jour dans le mal et n'admettre par aucun subterfuge en votre société aucun de ceux qui communiquent avec de tels hommes, ainsi que vous avez noblement et courageusement fait jusqu'ici, afin de conserver immaculée dans vos cœurs la foi catholique.

50. — Mais que personne n'essaye de vous circonvenir, comme cela a été pratiqué par les anciens schismatiques, prétendant qu'il ne s^agtksait pas de religion mais de mo^ ' rakj ou que le Siège apostolique ne traitait pas la cause de la communion et de la foi catholique, mais se plaignait dii tort particulier d'avoir paru méprisé par eux; car ceux qui sont dans l'erreur ne cessent de répandre de tels propos et autres semblables atin de tromper les simples, d Car il est déjà manifeste, par leurs déclarations et leurs écrits répandus dans le public, que c'est la primauté de juridiction attachée à ce Siège apostolique dans la personne du bienheureux Pierre par Noire-Seigneur Jésus-Christ qui est ouvertement attaquée, lorsque le droit de Texercer sur les Eglises du rite oriental est attaqué. Notre susdite constitution a pu être l'occasion ou le prétexte pour les turbulents ou les ignorants de propager l'erreur, mais non !a cause. « Or le Siège apostolique (2), en ime si grave a aff^aire, ne s'attriste pas de l'injure, mais il défend la <c foi et la communion sincère , afin que ceux qui ont 4c paru se jeter avec mépris contre lui, aujourd'hui s'ils re-

(1) s. Gclasîns, qucst. 48, ad Epist. Dardan., d. 6. (3) S. Gelas, loc. cit.

<c viennent dans un yéritable esprit de pénitence à Tinté- « grité de la foi et de la communion catholiques, il les re* « çoivC) après qu'ils auront accompli de tout cœur les a règles paternelles usitées en tels cas, dans la plénitude m de sa charité. >

Et, afin que le Dieu très-miséricordieux daigne nous accorder cette grâce que nous lui demandons humblement depuis si longtemps dans Thumilité de notre cœur, Nous désirons et Nous voulons que vous le priiez de même à cet effet.

51. — Du reste, Vénérables frères et chers fils, fortifiezvous dans le Seigneur et dans la puissance de sa vertu; recevez Tarmure de Dieu afin que vous puissiez rester debout dans les jours mauvais, en opposant à toutes les adversités le bouclier de la foi ; et tf ayez pas voire vie pour plus précieuse que vous-mêmes. Souvenez-vous de vos ancêtres qui n'ont pas hésité à subir l'exil, la prison et la mort môme afin de garder pour eux et pour vous ce don admirable de la vraie foi catholique : car ils savaient bien que ceux-là ne sont pas à craindre qui tuent le corps, mais celui-là qui peut nous jeter en enfer corps et âme. Remettez donc aux pieds de Dieu toute votre sollicitude; car il a soin de vous et il ne souffrira pas que vous soyez tentés au delà de vos forces ; mais avec la tentation il vous enverra le secours, afin que vous puissiez résister. Alors vous vous réjouirez en lui, s'il faut maintenant que vous soyez un peu tristes à cause des tentations diverses qui vous assaillent. Mais c'est ainsi que se fera Tépreuve de votre foi, bien plus précieuse que l'or qui est éprouvé par le feu, et elle vous sera comptée pour la louange, l'honneur et la gloire au jour de la révélation de Jésus-Christ. Au nom de ce même Dieu, notre Sauveur, Nous vous supplions de faire que vos actes soient uns, que vous soyez parfaits dans le môme cœur et dans le même esprit, étant soucieux avant tout de garder l'unité de la foi dans le lien de la paix. Que cette paix de Dieu, qui surpasse toute

expression» garde vos intelligences et vos cœurs en Jésus- Christ notre Seigneur. C'est en son nom et par son autorité que Nous vous dennons du fond de Notre cœur, à vous vénérables frères et chers fils qui persévérez dans la communion et l'obéissance à ce Saint-Siège, Notre bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 6 janvier de Tannée 1873, et de Notre Pontifical la vingt -septième.

PIE IX, PAPE

Le 20 février^ le Saint-Père a reçu dans la salle du trône une députalion composée des curés des 54 paroisses de Rome et des ecclésiastiques qui prêcheront durant le prochain carême. Sa Sainteté, après avoir agréé Thommage d*amour filial de ces vénérables ecclésiastiques, leur a adressé ce discours ;

La divine miséricorde, remplie de sollicitude pour le bien de la famille humaine, lorsqu'elle reconnut que celleci était réduite au comble du désordre, descendit sur la terre, se revêtit de la nature humaine et vécut parmi les hommes pour les ramener sur la voie de la vérité et de la justice. Jésus-Christ vint sur la terre, mais mundus eum non cognovit. Il y a pis : ceux-là mêmes au milieu desquels il choisit de passer sa vie, se refusèrent à le reconnaître: Nolumus hune regnare super nos.

Il me semble qu'on peut dire la même chose des temps où nous vivons. Jésus-Christ ne cesse pas (ainsi qu'il advient toujours) de nous faire entendre sa voix : il le fait de plusieurs manières, soit par les châtiments de sa justice^ soit par la voie de sa miséricorde : cependant mundus non cognosdt. Mais il y a quelque chose de plus horrible encore : non-seulement on ne le reconnaît point, on blasphème ccmtre son saint nom et vous tous pouvez avoir lu ou du moins entendu parler des blasphèmes que certaine presse a répandus, redits, répétés ces derniers jours contre le divin Rédempteur. Ces publications prouvent qu'il est un nombre de personnes qui disent : Nolumus hune

regnare super nos.

Dans cet état de choses, quel est notre deToir? Notre devoir est de nous opposer avec toutes nos forées contre le débordement d'iniquité. Quotquol autern reeeperunt eum^ dédit eis potestalem filiùs Dti fieri^ poursuit Tévangéliste saint Jean. Donc, tous ceux qui ont reçu Jésus-Christ (et ce bonheur nous est commun à tous ici présents) doivent s'employer à ce que les égarés retournent au chef de famille, redeviennent fils de Dieu. Je sais que le travail est long et pénible et que les difficultés sont nombreuses; mais entrons dans le temple. Oui, entrons dans le temple; c'est là que nous nous présentons tous les jours aux pieds de l'Éternel pour sacrifier la victime, c'est-à-dire pour lui offrir le sang précieux de Jésus-Christ ; eh bien ! c'est là que nous devons puiser notre force. C'est là qu'est la source de vie qui doit nous enivrer, c'est elle qui étanchera notre soif et celle de toute la famille humaine.

Voyez Jésus-Christ, dont toute la vie est pour nous un objet d'exemples; voyez où il se manifeste: c'est dans le temple qu'il se fait connaître pour la première fois. Là Jésus se montra en présence des prêtres, des scribes et des pharisiens. Ces derniers, remarquant la belle physionomie du jeune homme qui était au milieu d'eux, Tinterrogèrent, et ses réponses furent telles qu'elles excitèrent leur étonnement et l'admiration de tous ceux qui l'environnaient : stupebanl super responsis ejus. Et lorsque la très-sainte Marie lui fit doucement le reproche d'avoir ainsi quitté ses parents, bien que pour peu de temps: «Eh! ne savez-vous pas, répondit-il, que je dois toujours, toujours me trouver là où se trouvent les choses qui regardent le Père ? »

Voilà, chers fils et frères en Jésus-Christ, voilà ce que nous devons faire nous-mêmes; partout où il s'agit des intérêts de notre Père éternel, partout où il s'agit des intérêts de Dieu violés parles hommes, c'est là, laque nous devons nous trouver comme des athlètes, comme des soldats qui combattent sur les champs de bataille pour soutenir sa gloire, pour ramener les âmes à lui, en un mot

pour sauver le plus possible de ces égarés qui covrenl après les clameurs et les séductions du monde.

Je le répèle, je sais qu'il y a beaucoup d'embûches et que la raillerie, l'insulte et la menace nous environnent toujours. Mais est-ce que Jésus<-Christ lui-même n'a- pas été très-souvent exposé à ces misères pendant qu'il était sur la terre? Si me persecuti sunt^ e( vas persequeniun Jésus-Christ a même voulu faire un acte qui m'étonne certes comme il vous surprend tous, c'est-à-dire permettre au démon de le tenter. Le démon le tenta par la vanité* par l'appétit, par l'orgueil ; Hœc omnia tihi dahoy si eaékns adoraveris me. Je sais bien, et tout le monde sait, que- Jésus-Christ était le maître de tout, le maître des provin-* ces, des royaumes et des empires mêmes ; néanmoins il permit au démon de le tenter, fait extraordinaire et qui doit contenir un grand enseignement.

Et à ce propos voici une interrogation : Ne pourraiton pas dire, après ce fait, que pour s'asseoir sur un trône usurpé, pour pouvoir le garder d'une façon quelconque mais à coup sûr durant peu de temps , pour prendre ce qui ne vous appartient pas, il faille se mettre à genoux de^ vaut le démon? Si cadens adoraveris me. On peut bien arriver à s'asseoir sur les trônes... mais; enfin cela suffit.

Donc, Jésus-Christ, après avoir souffert que le démon le tentât, lui dit : Vade^ Satana. Et alors, qu'arriva-t- il ? Les anges descendirent du ciel, et minisirabant eî, ils le consolaient et le secouraient, parce que, s'étant associé la nature humaine, il avait besoin d'être secouru, d'être soulagé.

Et pourquoi ne devons-nous pas espérer nous-mêmes? Je ne dis pas que les anges viendront nous secourir ; mais pourquoi ne pouvons-nous pas nous-mêmes élever notre esprit vers Dieu ; nous soulager et puiser en lui ce courage qui est un gage de paix et de tranquillité, même au milieu de la plus horrible tempête? Mais oui, mes ehers fils, nous devons espérer ! t;ent(e ad me amnes qui la^

boratis et onerati estis^ et ego reficiam vos. Voilà Tange consolateur» voilà la voix de Jésus-Christ qui doit résonner à notre oreille. Venez et ne douiez pas. Saint Grégoire dit : Prœcedit tentatio ut sequatur Victoria; Angeli assistunt tU viçtoris dignitas comprobelur.

Il est vrai que» par nous-mêmes» nous ne pouvons pas nous juger dignes d'un si grand bien, mais nous puisons un grand sentiment de confiance dans le nombre si considérable des bons» dans l'esprit général qui règne dans une grande partie de l'Eglise catholique et qui distingue tant d'évéques, lesquels» dans certaines parties de l'Europe» donnent au clergé et au peuple un si noble exemple d'intrépidité et de courage pour soutenir les droits de Dieu. Ce sont là des faits qui doivent inspirer à nous-mêmes le courage nécessaire pour pouvoir combattre les ennemis de la vérité et de la justice.

Courage donc, combattons avec une sainte vaillance et n'ayons aucune crainte» car Dieu sera avec nous ; il sera notre compagnon et notre soutien. Afin de vous armer pour la bonne bataille je dis donc» par exemple» aux prédicateurs qui vont parler aux religieuses, aujourd'hui sujettes à tant de vexations : Recommandez-leur d'élever leur esprit vers Dieu. Je viens de réciter l'office de sainte Martine (qui est transféré du 30 janvier à ce jour) (Calendrier du Vatican). Dites-leur que cette sainte était une dame romaine, laquelle employa ses biens en faveur de tous les pauvres» mais qui n'eut pas peur de l'arrogance des tyrans ni de la cruauté des bourreaux» qui n'eut peur de rien et consacra sa vie à Dieu. Je ne dis pas que les religieuses doivent aller au-devant du martyre ; mais il est bon de ne pas négliger certains exemples qui peuvent servir à donner du courage, et c'est à vous, chers fils, de les suggérer.

Je dis ensuite aux prédicateurs du peuple : Vous aussi efforcez-vous toujours d'inspirer au peuple le respect de la loi sainte de Dieu; encouragez-le et félicitez -le de ce qu'ici même à Rome il y a encore tant de personnes qui

s'emploient au bien des âmes, au soulagement du pauvre et qui s'efforcent d'essuyer les larmes de la veuve ; inspirez-leur le courage et dites que Dieu les regarde du haut du ciel, et qu'il enverra les anges gardiens pour les conserver dans cet esprit de vertu, de résignation et de courage chrétien.

Je dis encore aux curés qu'ils aient de la patience envers leurs paroissiens, et c'est ici le cas de dire : Argue, obsecra^ increpa in omni patten/ia; parce que, chers fils» c'est là le point important; si vous avez toujours eu besoin de patience, maintenant il vous en faut plus que jamais. Mais enfin, que chacun de vous fasse son devoir, et en exerçant la patience, n'oubliez pas de la conseiller aux autres, car tous en ont besoin selon les circonstances et les temps. Espérons, espérons ! si les anges, je le répète, ne viennent pas nous aider, le bon Dieu se rappellera sa tendresse infinie, et nous bénira afin que, grâce à sa bénédiction, nous puissions bientôt voir les effets de sa divine miséricorde.

Je vous bénis, chers fils ; je vous bénis dans l'organe de la parole, afin que vous puissiez annoncer avec force et liberté la parole de Dieu; mais je vous bénis plus spécialement dans votre esprit et votre cœur, afin que vousmêmes vous mettiez en pratique ce que vous prêchez et que vous puissiez aussi sanctifier les peuples par votre exemple. Que cette bénédiction vous accompagne tous les jours. Transmettez-la aux religieux, aux religieuses, et partout où vous vous trouverez, dites que le Pape bénit tout le monde, prie pour tous ; comme homme privé, il * n'est pas digne, mais c'est comme Vicaire de Jésus-Christ qu'il élève la voix au ciel, et à ce titre, le Seigneur daigne quelquefois l'écouter : voilà pourquoi dites à tous que mes prières ne feront jamais défaut pour soutenir les faibles et obtenir la guérison des hommes corrompus. Dites que cette bénédiction doit les encourager eux-mêmes aussi bien que vous. Que Dieu me bénisse aussi, qu'il bénisse la ville de Rome et la préserve de maux terribles qui

la meDaoeQl; espérons, oui, espérons que] Dieu, lea préservera.

J^enedidia Deif etc.

Le 23 février, vers mîdî, le Saînt-Pêre a reçiï une dépvtatioQ de 700 dames, désireuses de protester ed présence du Vicaire de Jésua^Glirist contre les scènes ignobles du carnaval. Ces dames, appartenaml à. on cercle cailiolique qui a pour but de maintenir la pratique de la relirion pami les femmes du peuple, représentaient les quatre paroisses de Scn Giov:anni de Fioreniini, Santa L.ueia del GoQzafone>. San Celso^ San Salyatore in Lauro, et étaient présidées par les curés ide ces paroisses ainsi qne par M. le marquis Cavaleui, président do cerde, et par Mme Stampa, vice-présidente. A une irès-belie adresse lue par M. le curé de San Celso, le Saint-Père répondit par un discours dont le Journal de Florence publie ce résumé :

Qa ne peul le nier, a dit Sa Sainteté, les fenuxies peuvent travailler grandement au. bien, de la société par leur bonne conduile» car une femme pieuse et sage vaut un trésor. Au contraire, une feoMoe animée de mauvais sentiments peut faire un grand mal à la société.

Pour vous, vous vous êtes engagées dans la bonne voie, et voilà pourquoi vous venez visiter le vicaire de lôsos- Çhrist, aûû de recevoir sa bénédiction. Vous ressemblez à ces pieuses femmes dont nous paHe TÉvangUe^ qui accompagûèrent le Cbrist au Calvaire et voulurent partager ses douleurs.

La femme selon Dieu se distingae surtout par un cœur compatissant; et à ce propos, je vous raconterai pour votre consolation deux, faits,, dont Tun m*est arrivé à M.oi personnellement. Il y a quarante-deux ans, une révolution éclata. J'étais alors évoque, et. comme les révolutionnaires prennent toujours pour point de mire les hommes appartenant à VÉglise, je me décidai à m'éloigner de mon siég^. J'avais parcouru une dizaine de milles a^h milieu des bois, lorsqu'enûn, me sentant fatigué^ j'entrai dans une, chaumière pour m'y reposer. Là je trouvai d^eux, sœurs, pauvres femmes, occupées au travail, et qui, ^la vue de leur évéque réduit en cet état, raccueUlirQnt par des larmes de compassion.

Elles m'offrirent un peu àe pain et m'invitèrent à boire, pour restaurer mes forces. Croyez-ie bien, cette attention me toucha efrje sus gré à ces femmes de leur bonne ro^ lonté.

L'autre fait arriva m 18)9 à une personne attachée i mon service, et qui dut aussi s'enfuir à cette époqne, parce qu'on voulait l'emprisonner, à cause de son attachement au Pape.

Deux femmes réduites à la pauvreté et qui habitaient la ville où il se trouvait, l'accueillirent et le tinrent caché pendant deux mois, c'est-à-dire jusqu'au moment où les Autrichiens vinrent délivrer la ville de ces mécréants. Je continue même par esprit de reconnaissance à faire une petite charité à ces femmes.

Vous aussi, faites tout le bien que vous pourrez : vous attirerez ainsi sur vos enfants la bénédiction du Ciel et vous les préserverez des dangers actuels. Je vous recommande aussi de prier et d'implorer miséricorde, comme le faisait l'aveugle de Jéricho au moment où Jésus passait près de lui. Jésus^Ghrist, ainsi que le raconte l'Évangile, allait à Jéricho, en compagnie de ses apôtres; lorsqu'il arriva près de Jéricho, un aveugle se mit à crier : « Jesu fili Davidy miserere mei. » Ceux qui accompagnaient Jésus essayaient de lui imposer silence; mais il criait de plus en plus fort. Alors Jésus-Christ l'appela et lui dit : « Que veux-tu? » Il répondit : « Domine^ ut videam. » Jésus reprit : « Fides tua te salvum fecit. > Remarquez ce miracle qui s*opère instantanément, et voyez si ce n'est pas une preuve de la divinité de Jésus-Christ. Respice; et l'aveugle recouvre la vue et suit Jésus, en le louant et en le remerciant.

Vous aussi criez : « Jesu fili David^ miserere mei. » Répétez ces paroles quand vous prierez dans les églises. Je sais que plusieurs vous railleront pour vous éloigner de la prière. On vous présentera aussi de mauvais exemples pour tâcher de vous attirer dans la voie du mal; tantôt des mascarades indignes^ tantôt des bals qui sont de vraks

orgies infernales. C'est par ces moyens qu'on tâche de corronopre cette ville chérie, qui n'en est pas moins la capitale du monde catholique.

Mes filles» fermez les yeux à ces scélératesses qui corrompent les mœurs et troublent le bon ordre. Fsdtes tout votre possible pour que personne de votre entourage ne participe à ces actes diaboliques» et répétez avec Taveugie de Jéricho : <c Jesu^ fili Davidy miserere nostri. y^ Jésus, ayez pitié de nous, voyez notre patrie devenue un objet de mépris» depuis qu'elle fait la guerre à l'Église, aux prêtres et aux Vierges du Seigneur.

En vous donnant ma bénédiction» j'invoque sur vous la bénédiction du Père Éternel. En ma qualité de Vicaire de Jésus-Christ» j'ai le droit de me servir de ses mêmes paroles : Quo8 dedisti mtAi» Pater, non perdam ex eis quemquam. Faites que je puisse conduire à vos pieds toutes ces âmes que vous m'avez confiées» afin qu'elles aient le bonheur d'entendre ces consolantes paroles : Venez» âmes bénies, au paradis.

Gardez avec soin et constance le trésor de la foi. Je vous bénis» vous, vos maris et vos familles. Que Dieu les préserve de tout mal : Pater mi, serva eas. « Délivrez-les des perfides insinuations des impies. » En attendant, espérez que Dieu se souviendra très-prochainement de ses miséricordes. Mais ce qu'il y a de certain» c'est que si vous méritez d'être un jour reçues dans le sein de Dieu» vous pourrez le louer durant les siècles des siècles.

Dans les derniers jours de février, le Saiot-Père recevait, dans la salle dite de la comtesse Mathilde, une dépu talion choisie d* Américains. A Tadresse que M. Glover, illustre avocat de New-York, a lue au nom de r assistance, Sa Sainteté a répondu en français par le discours suivant :

Les belles et tendres expressions de dévouement et de fidélité que je viens d'entendre ont apporté à mon cœur une consolation d'autant plus grande qu'elles n'expriment pas seulement les sentiments de ce petit cercle de personnes ici présentes, mais aussi ceux de tous les catbo-

liques d'Amérique. En vérité, ces protestations si sincères et énergiques me rendent grandement obligé envers la nation qui me les offre.

Oui» je sens Tobligation de lui en être très-reconnaissant, et en même temps de prier pour un pays si particulièrement béni de Dieu, soit dans la fertilité du sol, soit dans la prospérité industrielle. Croyez-bien que je prie Dieu qu'il augmente tous ces biens et les féconde de plus en plus» mais sans laisser, bien entendu, d'avertir tout le moude que ces biens ne doivent pas être l'unique amour de ceux qui les possèdent. L'Amérique du Nord est incomparablement plus riche que toute autre contrée, mais ses richesses ne doivent pas former son unique trésor.

Dans l'Evangile que j'ai lu à la messe de ce matin, Jésus-Christ dit: Ubi est thésaurus tuus^ ibi est et cor tuum. Or, l'Amérique est une nation consacrée à un grand commerce et à des trafics de tous genres : cela est bien, car enfin il faut que tous se pourvoient de ce qui est nécessaire aux besoins de la vie; le trafic honnête de ce que la Providence nous a donné est permis à tous, et il est juste que les pères de famille particulièrement songent à élever et maintenir leurs enfants selon les exigences de leur propre état. Il n'y a pas le moindre mal à penser à tout cela, mais il ne faut pas porter un amour excessif aux richesses, il ne faut pas trop s'y attacher, il ne faut pas trop enchaîner le cœur aux trésors de la terre. Ce culte fatal de la prospérité exclusivement matérielle est condamné par Jésus-Christ.

Jésus-Christ aussi avait sa petite bourse, il avait même un administrateur, qui fut Judas; mais vous savez où celui-ci alla finir par suite de son attachement immodéré à l'argent. Que l'on possède donc de l'argent, que Ton cherche honnêtement même à augmenter son avoir afin de pouvoir améliorer le sort de sa famille, rien n'est plus juste et plus naturel, mais c'est à une condition et c'est de ne pas attacher ^le cœur à ces biens de Ja terre, de ne pad en faire une sorte de culte.

C'est TuDique réflexion que je voulais faire avant de vous quitter; du reste, je vous engage à prier Dieu. Prions-le tous qu'il nous protège toujours et qu'il nous donne force et courage au milieu des tribulations et des dangers qui se déchaînent contre l'Eglise. Ici nous sommes comme sur un volcan, et pour comble de malheur le gouvernement semble se plaire à ouvrir le cratère de œ volcan. Mais Dieu nous sauvera.

Et maintenant je vous donne ma bénédictimi, afin que la foi vive qui vous anime et vous condint ie» s'aeeroisse toujours davantage en vos âmes pour votre bonheur* et s'étende de plus en plus en Amérique, et lAn que oeux qui viennent à Rome de cette contrée soient rendus meilleurs s'ils sont déjà bons ; sinon (car tous ne sont pas réellement bons) qu'ils s'en retownent éclairés et convertis. Recevez donc la bénédiction que je vous donne de tout mon cœur. Recevez-la pour vous, pour vos familles, pour vos œuvres, pour toutes vos affaires, et surtout recevez-la pour le terme de voire vie, afin que vom puissiez obtenir ce qui constitue notre véritable fin, c'est-à-dire la possession du ciel, afin qu'il vous soit donné d'y aller, d'exprimer votre amour à Jésus-Christ, en le louant et le bénissant pendant toute l'éternité.^

Benedictio Deiy etc.

La dépntation des catholiques de tous les pays du monde, réunis à Home pour protester une fois de plus contre la sacrilège inmsion du domaine de l'Egliso, a été reçue en audience le 7 mars. La dépiiUliûii s'est présentée au Vatican vers midi.

Cent quarante-sept personnages appartenant ft la plus hante oobFesse de ces pays, à la science, aux anciennes illustrations politîqaes, a«& arts, étaient réunis dans la salle du Consistoire. A eux s'étaient joints le duc Salviati, qui les introduisait, et onze membres de la Soeiété des Intérêts catholiques, aiosi que beaucoup d'hofnmes des diverses eoloolas étrangères, résidents à Rome. C*éuient les Amériques, rAutriche, la Belgicrue, la France, rAlïemagne, la Grande-Bretagne, rilaîie, l'Espagne, la Pologne, la Suisse, qui se trouvaient ainsi représeolées.^

vers onze heures et demie, le Saint-Père est entré dans la salle, accompagné de sa cour, où Ton remarquait LL. Em. Sacconî, Barnabo, de Lucca, Pitra, Monaco, et MN. SS. Uowan, Lenti, Pacea^ de Bftécode, Ricci^ etc. Pie IX a d'abord béni cette foule illustre agenouillée ; ptiis, S. A. le prince de Tichienstein a lu, en fran^is, une Adresse, l'ime des

plus belles, desplas énereques qui aient été prononcées an Vatican. Le

Prince, accentuant son discours d'une voix terme, mais aussi ayec une

ordres religieux, et contre lalftcheté des gouyernements laissant s*accomplir cet acte de barbarie.

Voici la réponse du Saint-Père :

Les^ seatiments exprimés dans TAdresse que je viens d'entendre excitent ma reconnaissance. Quant aux vérités que contient cette Adresse, elles sont en partie très-dures, maïs ce sont des vérités.

Pour y répondre, je prendrai les paroles du premier vicaire de Jésus-Christ, je prendrai les paroles de saint Pierre.

S'adressant à diverses villes et nations, le prince des apôtres écrivait aux fidèles du Pont, à ceux de Galatie, à ceux de Bilhynie, à ceux d'Asie, et il n'écrivait à tous ensemble qu'une seule lettre.

En cette circonstance, vous représentez devant moi, sous d'autres nationalités et avec d'autres langues, les fidèles auxquels s'adressait saint Pierre. Aussi j'accueille vos vœux et comme Fapôtre je vous dis: Gratia vobis et paœ miUtiplicetw. Que les grâces de Dieu embellissent toujours vos âmes et que la paix de Jésus-Christ soit le trésor de vos cœurs. Gruêia ^paxmuUipUcetur.

Je sais bien, ajoutait l'apôtre, que cette paix ne peut être durable, que la paix sera toujours accompagnée de luttes et de guerres, comme Ta été le divin Maître dont il est écrit : PropheUiverunt prophetœ passiones ChrisH et gUn rias posteriares.

En sorte que, nous aussi, nous devons espérer qu'après avoir souffert les tribulations et les peines, moi avec vous, et vous, et tous ceux que vous représentez, avec mol, notts pourrons chaoter les miséricordes de Dieu et les Hosannas et les gloires de l'Eglise de Jésus-Christ.

S. Pierre me l'enseigne avee une foi entière, et la foi de* Pierre, vous le savez, est le plus beau irait de son caraelère. GTest la foi qui lui a fait dire à Jésus-Christ qui

demandait ce que pensaient les hommes : Tu es Chrisius filius Dei vivi; et qui lui mérita ce titre de Bienheureux: Beatus es Simon Barjona quia caro et sanguis non revelavii tibi : Tu es bien heure ux, parce que ce ne sont ni la chair ni le sang qui ont mis dans ta bouche la déclaration de ma Divinité, mais parce que mon Père qui est aux Cieux te Ta révélée : non quia caro et sanguis revelavit tibi^ sed Pater meus qui in cœlis est.

Et de là vient Tordre qu'a reçu saint Pierre d'être le fondement de TEglise. Sans doute, il est très vrai que Jésus- Christ lui-même est le fondement de l'Eglise» qu'il est la pierre angulaire sur laquelle s'élève ce temple magnifique; mais Jésus-Christ a voulu associer son Vicaire à lui-même, et dans le contact des deux pierres» Pierre Tapôtre a obtenu une part des grandeurs de Jésus-Christ, et a été orné des vertus de Jésus-Christ : Quœ mihi sunt potestale propria ^ hœc tibi sint partidpatione communia.

Sur cette pierre est donc fondée l'Eglise de Jésus-Christ, et celte Eglise s'élève, et, dans sa majesté, traversant les nuées, touche au ciel, où elle entend les voix qui répèlent sans cesse : Quodcumque solveris super ierram erit solutum et in cœlis, et quodcumque ligaveris super terram erit ligatum et in cœlis.

Voilà les paroles qui ont mis en fureur l'enfer, qui ont suscité les entreprises perfides et ingrates des fils de l'enfer. Les fils de l'enfer, parcourant les voies de la terre, n'onl pu entendre sans frémir ce pouvoir souverain donné par Dieu à son vicaire. Et qu'est-il advenu? Il est advenu qu'ils se sont rués contre les fondements de l'Eglise.

Les tyrans ont attaqué l'Eglise avec la hache et la roue, les hérétiques avec le mensonge et les fausses doctrines, les incrédules avec l'impiété, les sectes avec tous les moyens à la fois. Quelquefois, hélas ! l'Eglise est aussi attaquée par certains catholiques qui croient tout arranger des deux côtés, qui croient qu'en cédant quelque droit, les égarés viendraient à nous, et ainsi ils oublient

la sentence de Jésus-Christ : Nemo potest duohus dominis servire.

. (Le Saint-Père 'prononce ces mots avec force et Vauditoire ne peut réprimer son assentiment et son émotion.)

En somme, voilà la fin que se proposent certains maîtres de la société. Ils voudraient que le clergé fût élevé à leur façon ; ils voudraient que le clergé fût séparé des évoques; ils voudraient que les évéques fussent séparés du Pape» ils voudraient enfin que tous les gouvernements ressuscitassent un certain papisme et césarisme bysantin. Et cela ne pourra jamais être effectué. Parce que, de même que le césarisme byzantin tomba d'abord dans le ridicule, et, puisque Dieu le voulut détruire par une main infidèle, de même peut-être...

(Ici le Pape n^a pas achevé sa phrase^ qui demeure, avec cette suspension, comme une menace aux ennemis de TEglise.)

Quels sont les conseils de Dieu, je l'ignore. Mais l'expérience du passé me fortifie et me remplit d'espoir pour l'avenir.

En attendant, que ferons-nous ? Nous ferons ce que vous faites. Je suis édifié par votre conduite et par votre courage : vous prenez votre courage de moi, et moi, je l'avoue candidement (candidamente), je le prends de vous.

Allons donc et combattons. Et surtout que, parmi les directeurs et les pasteurs des âroes^ il n'y en ait pas un seul qui, tandis que Judas s*agite et court de tous côtés pour combattre Jésus-Christ et son Eglise — puisse mériter le reproche du divin Maître : Nonpotuistis unahora vigilare mecum.

Ah ! que tous soient donc vigilants comme le sont admirablement la plus grande partie. Qu'ils soient vigilants comme les sentinelles du haut des tours pour connaître les mouvements de l'ennemi, afin de l'éloigner, de le combattre et de le vaincre.

C'est là le désir de mon cœur et la grâce que je demande à Dieu tout-puissant.

Pasteur éternel des âmes, faites que ceux [qui vous re-

présenleat sur la terre soient toujours animés du souffle de vos inspirations. Tenons-nous tous unis dans la ba* taille. C'est l'union, oui, l'union qui surmontera tous les obstacles et toutes les oppositions. Pastor œteme non de$^ ras gregem luum ; sed per BeatosApostoloB iuos continua protectione custodias. Protégez, ô Jésus, par les successeuiB de vos apôtres, par le clergé, protégez ce troupeau, le troupeau que Dieu a confié à Vous et à moi, afin que nous puissions, à l'aide de celte protection, repousser les assauts de nos ennemis et remporter la victoire.

Espérons et que cette union entre les fidèles et le clergé, entre le clergé et les évéques, entre les évéques et le souverain Pontife, forme une phalange serrée qui ne craigne point et dompte les fureurs adverses.

Mon Dieu, bénissez nos intentions; bénissez ces chers fils, qui me font une telle couronne d'honneur; bénissez leurs familles; que, revenant dans leur foyer et dans leur patrie, ils portent des bénédictions qui retrempent leurs cœurs contre les attaques de l'enfer. Bénissez-les dans le cours si rapide de la vie, et qu'ils se souviennent de ce jour et de ce moment. Bénissez-les à l'heure de la mort, afin que, remettant leur âme dans vos mains, vous les trouviez dignes de vous bénir pendant les siècles des siècles.

Bencdiclio Dei^ etc.

Dans la matinée du 8 mars, le Saînt-Pôre a reçu, dans la salle dite de la comtesse Mathilde, la commission spéciale charg(^e par VUnion catholiqtie italienne, de Florence, d'organiser un pèlerinage au sanctuaire d'Assises .

La commission a soumis son projet à Tapprobaiion de Sa Sainteté par une Adresse à laquelle le Saint-Père a répondu :

Voici une nouvelle manifestation que vous venez ajouter à celle que vous avez faite en vous unissant à ces courageux et excellents catholiques qui sont venus en ma présence rendre témoignage de la foi de tant de nations. A cette première manifestation, dis-je, vous venez en ajouter une autre, par laquelle vous entendez faire connaître de

pias en plus aux ennemis de Dieu et de l'Eglise que vous ne rougissez aucunement du nom de chrétiens, que vous voulez être vrais chrétiens, et^ pour cela, marcher sur la voie que nous a tracée Jésus-Christ lui-même.

Quelle a été la conduite de Jésus-Christ, lorsqu'il s*est agi de confesser sa divinité à la face de ses ennemis? Il n'a pas hésité un instant. On lui demande : Si tu es filius Dei vwi? il répond avec fermeté : Ego sum. Jésus-Christ savait ce que cette confession lui devait coûter : il savait qu'elle allait le charger de la croix et l'acheminer vers le Calvaire, et cependant il répond egosum, il n'hésite pas un instant, il se manifeste tel qu'il est. II le fit pour nous enseigner que le courage est la première vertu du chrétien en semblable circonstance, et pour nous rappeler que les hommes peuvent bien tuer le corps, mais qu'ils n'ont aucune action sur Vâme; ils peuvent bien nous ravir l'existence temporelle, mais ils ne peuvent en aucune façon compromettre notre salut éternel.

Bien certainement, ainsi que vous le pensez, il est dans mon intention d'approuver le nouveau témoignage que vous voulez donner au monde de votre foi et de votre courage, et de bénir l'excellente idée qui vous est venue du pèlerinage à Assises. Vous savez qu'il y a eu dans l'ancien temps des pèlerins qui ont fait le lourde la ville de Jéricho, l'arche sacrée sur les épaules et les Irompelles à la bouche; vous savez que ces pèlerins ont fini par obtenir de Dieu le miracle de voir tomber en même temps ces murailles et les forces des ennemis qui étaient derrière elles. Eh bien! je vous souhaite, mes enfants, le même triomphe. Puissiez-vous, en accomplissant votre pèlerinage, armés des trompettes de la prière et portant l'arche de la charité, puissiez-vous, dis-je, avoir la consolation de mettre en déroute l'armée de l'enfer et de délivrer la forteresse de la chrétienté, cette forteresse dont je vous parlais hier, dont il est écrit : poriœ inferi non prœvalebunL

Les mêmes vcrax elles mêmes bénédictions d'hier je les

rcQouvelle aujourd'hui en exprimaol de plus eo plus Pea- 1 poir que ces vœux seront exaucés. Oui, oui, croyez-le, ce n'est pas sans un molif digne de sa haute providence que Dieu opère des prodiges de grâce, même au milieu de l'impiété et de la perversité qui, de nos jours, domifleot partout. Tout sert à ses hauts desseins, même l'impie, même le criminel, car il l'a dit lui-même : il est nécessaire qu'il y ail des scandales. Le caractère spécial de ce temps est néanmoins qu'il y a peu de conversions, ce qui doit renfermer uu mystère profond de la sagesse divine, ce mystère même qui fil que le mauvais larron, même en mourant à c6lé de Jésus-Christ, ne se senlit pas toudié et mourut impénitent.

Allez donc, mes enfants, et que Dieu soit avec vous dans ce saint pèlerinage ; qu'il vous donne le même pouvoir qu'il donna jadis aux pèlerins deJèricbo et que vos pas puissent amener la chute des murailles que l'enfer nous a élevées tout autour.

Benedictio Dei, etc.

Le Cercle catholique de Sainl-Ambroîse, à Hilan, qui réonît loole 11

Ï' innesse chrêLienne de celte ville, ayant envojË une Adresse aa Sainlëre, en reçut dans les premiers jours de mars un bref, lequel porlsal

Gondainnaiioii sévère des catholiques Ubërauz,'ent dans le monde UD grand retentissement.

A nos chers fils le président et les associés du cercle Saint-Ambroist, à Milan.

Pie IX, Papb.

Chers fils, salut et bénédiction apostolique.

Au milieu de ces temps si douloureux pour TEglise, c'est assurément un grand adoucissement è Notre douleur que le zélé de ces catholiques qui, voyant les persécutions auxquelles leur religion est en batte et le péril de leur prochain, sont poussés à professer plus ouvertement leur foi, s'appliquent avec plus d'ardeur à retirer leurs frères du danger, se dévouent avec plus de zèle aux œuvres de mi-

sëricorde et mettent leur gloire principale à se montrer plus étroitement rattachés à Nous et plus humblement soumis aux enseignements de cette chaire de vérité et de ce centre d'unité.

Cette attitude, en effet, est le signe auquel on reconnaît d*une façon indubitable les vrais enfants de l'Eglise. C'est elle qui constitue cette force inexpugnable de l'unité qui seule peut s'opposer victorieusement à la fureur, aux ruses et à l'audace de ses ennemis. Et c'est juste. Car, à quiconque considère le caractère de la guerre soulevée contre l'Eglise, il apparaîtra que toutes les machinations de l'ennemi visent à détruire la constitution de l'Eglise et à briser les liens qui unissent les peuples aux évéques et les évoques au Vicaire de Jésus-Christ. Quant au Pape, ils l'ont dépouillé de son domaine temporel afin que, le soumettant à une puissance étrangère, il fût privé de la liberté qui lui est nécessaire pour gouverner la famille catholique. Et c'est pour cela qu'ils s'attaquent surtout à lui afin que, le Pasteur étant frappé, les brebis soient dispersées.

Cependant, et bien que les fils du siècle soient plus habiles que les fils de la lumière, leurs ruses et leurs violences auraient sans doute moins de succès si un grand nombre, parmi ceux qui portent le nom de catholiques,ne leur tendaient une main amie. Oui, hélas! ils ne manquent pas ceux qui, comme pour marcher d'accord avec nos ennemis, s'efforcent d'établir une alliance entre la lumière et les ténèbres, un accord entre la justice et l'iniquité au moyen de ces doctrines qu'on appelle catholiques libérales^ lesquelles, s'appuyant sur de pernicieux principes, approuvent le pouvoir laïque, quand il envahit les choses spirituelles, et poussent les esprits au respect, ou tout au moins à la tolérance des lois les plus iniques, absolument comme sll n'était pas écrit que personne ne peut servir deux maU ires.

Or, ceux-ci sont plus dangereux et plus funestes que les ennemis déclarés, à la fois parce qu'ils secondent leurs efforts sans être remarqués ou même sans donner leurs

avis et parce que, se tenaot pour ainsi dire sur la liante îles opiniaus condamnées, ils se domieQt l'appareocâ d'une véri table probité el d'uoe doctrine sans tache, qtù allAdie les imprudcnls amateurs de conciliation el qui troK^les gens boonèLes, lesquels sauraient sans cela s'opposer fermement à une erreur déclarée. De la sorte, ils divisent les esprits, déchirent l'unité el aiïaiblissenl les forces qu'il faudrait, réunir pour les tourner toutes ensemble eonire l'enDemi.

Toutefois, vous pourrez facilement éviter leurs embûches, sivousavez devant les yeux cet avis divin : C'est par leurs fruits que vous les connaîtrez : si vous observez qu'ils affichent leur dépit contre tout ce qui marque une obéissance prompte, entière, absolue aux décxels et aux averlîssemenls de ce Saint-Siège; i^u'Msa'en patient que dé^ daigneusemenl en l'appelant curie romaàae ; qu'ils accusent tous ses actes d'être imprudents ou inopportuns; qu'ils affectent d'appliquer le nom d'ullrainonlains el de jésuites aui fils de l'Eglise les plus aéiés el les plud oIm^Ïssanls ; cnlin que, pétris d'orgueil, ils s'es^mcot plus sages que l'Eglise, à qui a été faite la promesse d'un sgcmfs divin spécial el étemel.

Pour vous, cliers fils, souvenez-vous qu'au souverain PonJife, qui eil k vicaire de Dieu sur terie, il apparlient de décider ce qui regarde la foi, les mœurs et le gouvernemient de l'Eglise, selon ce que Jésus-Christ a dit de hiimême: Celui-là disperse quinerecueille pas avecmm. Faites donc consislOT votre sagesse dans u&e obéissaDce absoJac et dans une libre et coinstante adhésion à celle «faairâ à» Pierre. Car, aaimés ainsi du aaème eapcit, voua serez pai^ faite- dans le même sentiment et la même pefleèe» et vous afSriuerez cette unité qu'il faut opposer aux «wttflûs de r££lise. Pac là, vous readrez très-agréables à Dieu et très-utiles au prochain les œuvres de charité que vmo avez entreprises, et vous apporterez une véritahle conolalion à Notre âme, douloureusement affligée des maux qu accablent l'Eglise.

 celte fia. Nous vous souhaitons le secours céleste et l'â^adaDce des dons de la grâce d'en haut. Et comme présage de ces grâces et comme gage de notre bienvei^ lance pateraelle. Nous vous accordons, chers fils, du fond du cœur, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 6 mars de Tasmée 187^ la viogl-septième de Notre Pontificat.

PIE IX, PAPE

Le 10 février, le Saint-Père adressait à rAssociation des catholiques allemands, dite de Mayence, le bref suivant, qui ne fut connu, par Ta Correspondance de Genève^ que dans le courant de mars:

PlB IX, PiJ>Ê.

Très chers fils, salut et bénédiction apostolique.

Au moment où Nous voyons avec une extrême doulenr s élever presque partout la persécution contre l'Eglise, Nous ressentons une grande joie de voir que vous, Nos fils bien- aimés, loin d'être abattus et découragés, récoaibrtés plutôt par les assauts de Tennemi, sans considérer les obstacles qui se dressent de toutes parts, et bien que Tun de ceux qui auraient dû aider votre entreprise vous ait refusé son appui, vous avez créé une Association catholique qui, s*étendant sur rAUemagae entière, est appelée à opposer toutes vos forces réunies à l'attaque de l'ennemi.

Votre association ne saurait en ce moment atteindre son but, qui est de protéger l'enseignement de TËgUse, aussi bien que le droit et la libre pratique delareligioA dai^ le domaine de la vie publique, si vous ne franchissiez pas les limites restreintes de la piété privée et ne fusios apposition, avec tous les moyens que vous fournit la Constitution, à Tarbitraire illimité et à cette foule de lois ior justes que l'on dirige contre l'Eglise.

£n effet, si tous les droits de Tautorité ecclésiastique sont violés, si la liberté de Tadministration du «ulte divin

est supprimée, si l'on ferme la bonche au sacerdoce, le peuple catholique doit, fort de son droit sacré, ae lever tout enUer pour proléger sa religion, marcher avec énergie, sur le terrain de la légalité, contre ses adverstires et résister à l'arbitraire.

Celte situation par trop lamentable, à elle seule devrait suffire pour faire évanouir ce rêve détestable, si souvent réprouvé, d'après lequel le pouvoir civil serait la source de tout droit, et suivant lequel l'Eglise même est soumise à l'omnipotence de l'Etat. Sachent donc tous les chrétiens que Jésus-Christ, à qui tout pouvoir au ciel et sur la terre a été conûé, l'a transmis à son Eglise, qu'il lui a ordonné d'enseigner tous les peuples sur l'immense surface du globe, sans l'autorisation e( même malgré la défense des princes, et qu'il a condamné, sans en excepter les rois, tous ceux qui refusent d'écouler l'Eglise et de lui obéir. C'est donc avec une profonde douleur que Nous avons appris que cette erreur pernicieuse est non-seulement détendue par les hommes étrangers à l'Eglise, mais même acceptée et reçue par quelques catholiques.

C'est pourquoi vous qui, du milieu de si grandes perturbations, avez été appelés par la Providence divine à la défense de l'Eglise et de la religion catholique et à venir ea aide au clergé supprimé, vous n'avez nullement outrepassé votre mission en combattant sous sa direction dans les premiers rangs de la bataille. Au contraire, vous ne faites que rendre, en vérité, au clergé captif, un service qui est un devoir Qlial.

Mais dans ce combat vous n'entrez pas en lice seulement pour votre liberté religieuse et pour le droit de l'Eglise, mais aussi pour votre pairie et la société humaine, qui forcément marchent à la dissolution et à ta ruine si ou leur retire le fondement de l'autorité divine et de la religion.

En remerciant de tout cela Dieu, qui donne à l'Eglise, son épouse si cruellement éprouvée et assaillie de toutes parts, assistance pour vous el les autres fidèles de l'uni-

vers, Nous prions de tout notre cœur pour votre Association et Nous lui promettons la puissante protection céleste et les dons précieux de la grâce, pour qu'elle ne s'écarte pas de la bonne voie, qu'elle ne refuse pas à Tautorité ecclésiastique Tobéissance qui lui est due^ et qu'elle ne faiblisse pas dans cette lutte pénible et prolongée. En attendant, Nous vous accordons comme gage de la grâce divine et comme preuve de notre bienveillance paternelle, à vous tous et à votre œuvre, avec la plus grande affection. Notre bénédiction apostolique.

Donné à Rome près Saint-Pierre, le 10 février 1878, dans la vingt-septième année de notre pontificat.

PIB IX, PAPE.

Le 47 mars, dit le Journal de Florence^ un touchant spectacle avait lieu au Vatican : c'étaient Leurs Grandeurs les évêqnes des diocèses qui font couronne à la Ville étemelle, qui se nrésentaient au Saint-Pèro. A une Adresse lue par Mgr Gigll, le Saint-Pere a répondu :

Voici, autour du Vicaire de Jésus Christ, les évéques des diocèses qui entourent de plus près la ville éternelle, les voici venant lui apporter les consolations les plus douces: celle de leur fermeté, de leur constance inébranlable, de leur foi; même en ces jours douloureux Dieu nous accorde bien des grâces I Ne cessons jamais de bénir son saint nom : vous avez pu voir, par le séjour que vous avez fait en celte ville^ combien est grande encore la foi de ses habitants, combien se multiplient ses actes religieux, combien est Yif et profond dans le cœur du peuple romain Tamour de Dieu et de son Eglise» Bénissons le Seigneur.

Bénissons-le, pour ce qu'il fait à Rome et pour ce qull fait ailleurs, en Italie, en France, partout. Partout il y a un grand réveil des âmes et c'est à Rome, où Dieu a mis le flambeau de sa foi, c'est de Rome, dis-je, malgré les tristes conditions où cette ville est réduite, que partent encore les rayons qui vont éclairer le monde entier. J'ai dit flambeau, je pouvais dire feu aussi, car c'est le feu de la charité qui embrase les âmes de tant de fidèles. Et vous

mèmea ne UL'avasHvotts pas importé le témoignage de ia foi ^\Â 9ttrvU dans vos 4*ocè6i» i Uat 4e «empAes, ne mlavei^vMs |ia6 réjoui le conir en >ine parlaot deHa ké^ quentatioti des sacretteDts> deiraaiidalté aux égUaes» des (XNivres de okarîté qoi disUngiient ks ouaifles qm veus sont confiées ?

Outi le Seigneur sotl toujours ^béaii Qu'il soit Ijéai paiee qu'il nous fait lajgt&oe de eréer eette grande UMon deS'CKBursiet des esprits en toute TEgUse : vous q ni m'entourezyvous représentez la mêmeitte^le même esprit^ le même dévouement de tous vos aîUtrea frères des ooBtrées les plus éloignées. Tous sont unis de cœur à moi» unis de cœur entre eux, tous sont remplis de sainte énergie pour le bien, lien est, ainsi que tous lavez dit, qui ont cru devoir exposer aux hommes qui nous gouvernent toute I^ustîce de la loi que Ton (médite contrôles ordres xeUgli^yx; ih ont bien fait^ car tt est bon de plaider temjoors la cause dé la justice; mais je ne puis pas non plus vous i^ocher de ne Tsivarr pas fait, pour les|. raisons que v^us venea^ fdeme dire et pour 'Celle-ci encore ; Noneffunda^ tfiÊrmonem nAi non tsi audiius. Il me semble que les termps sont veans^ où les puissants de la terre n'ont plus d'oreilles pouf la voix de la justioe : nçm eslaudiius. Ils ne l'avouieui paa; ils se professent au conUaire scrupuleux observateurs de la justice, ils se disent modérés» mais leurs oroUes soDt fermées à tontes remontrances, à toute réclamation -qui leur est faite au nom du droit, de la vérité» de laiiustice. Ils ne comprennent plus absolument rien à ce langage : non est audilus.

AAtfBtea**

Le 23 mars au matin, 4ans la vaste salle ducale, les dames du cercle SUMie-MafrAte ^(aietit ri^nites {Jour présenter au Samt-Pére Tliotinnage 4« Igur dévoùmoni. Elles étaient au nombre 4e six cants, dUi la ¥oei àella Vérità^ et appartenaient à toutes les conditions» mais le plus grand tioiribfe étaient da 'pefiiple, et tontes ensemble elles représentaient les patoi^esHie S. Pietro iaVatioano,^. Spirito «in $9^\h, S. Maria dalla transponlina^ S. Maria délie Fornaci fuori délie mura.

V^rs midi le SaiMrPère apparut, accettipagné de plusieurs cardinaux et ppéMIs de SA «dur; Aecueilii;par4es applanctit^etnents rde r^aasiiianoe^

il monta sur son trône et entendit me Adresse que lisait, au nom da Cercle Sainie-Marlhe, le comte Ignace de Witten. Le Saint-Père se montra

singulièrement ému à Tendroit où FÂdresse dit que les dames font tons les huit jours une prière en commun pour le triomphe de la religion, de l'Eglise et de son chef véné~*~'' rk.— ji-. r . /. • ...

pondit par un discours que

TEglise et de son chef vénérable. Quand la lecture fut finie, le Pape rfr* 1 discours que nous traduisons de la Voce délia Verità.:

C'est dans un senlhnent de grande consolation que j*a(>cepte votre proposition de vous rassembler dans laretrailie à certains jours, soit afin de prier pour le Saint Siège, soit afin de mieux réfléchir aux intérêts de vos âmes et de vous unir plus étroileraent à Dieu pour obtenir ïa force dte résister à tous les maux qui nous assaillent de toutes parts.

Cependant je dirai quelques mots arvant de vous donner la béoédiclion, et je commencerai, selon la coutume, en faisant, comme les curés ici présents, rexplicatîon de l'Évangile, dont vous avez été privées en venant au Vatican. •

D'abord je dirai comment les apôtres, s'ètant beaucotip fatrgués et ayant à peine eu le temps de se reposer pour ëonner au saint des âmes et à la prédication de TEvan^fe^ vimrent à Jésus-CImst , qui désirait qu'ils se reposas^ sent un moment dans nn endroit solitaire. C'est ce qui arrive aujourd'hui encore, quan*d les évêques et les missionnaires viennent à Rome, des divers points du monde catliolique, pour rendre compte de leurs missions au Vîcaire actuel et très-indigne de Jésus-Christ. Dans le petit endroit d>u Vatican, eux aussi trocrvent quelque repos à leurs fatigues.

Oui, iis trouvent le repos, le conseil et la force, mais 3s n'eotpas été témoins de ces festins abominables et de ces àmsts échevelées el autres feits du même genre, dont j'aî vu le récit ces jours-ci (fans certains journnux que l'on xlît officieuxy mais qui sont le plus souvent comme un marché de mensonges et de mééisances.

Cependant il fut impossible à Jésus-Ckrist de se retirer avec ses Apôliei^, cmt les foules, toajours empressées à le suivre, oubliaient la nourriture et ledrs «paires pour

écouter sa parole et s'instruire toujours davantage à l'audition de ses saintes doctrines.

C'est pourquoi il advint que, le jour étant avancé et le soleil se couchant sur les montagnes, Jésus-Christ, après avoir prononcé les paroles de la vie éternelle, eut pitié de ce peuple qui avait un grand chemin à faire pour retourner, d'autant plus qu'il y avait des femmes et de tous petits enfants. C'est alors qu'il opéra cet étonnant miracle de la multiplication des pains et poissons. Et c'est ce prodige qui, par les mains de Jésus-Christ et par les mains des apôtres en qui opérait sa grâce, réussit à rassasier un peuple entier, si bien que des restes de ce repas on put remplir douze corbeilles.

Assurément la sollicitude et l'affection des nouveaux maîtres du peuple de Rome sont loin d'égaler la sollicitude et Talfection du divin Rédempteur. Lui, compatissant aux besogneux, les nourrissait et les rassasiait, mais eux se comportent bien autrement. Oh ! si le Psalmiste eût été à ma place, avec quelle raison il pourrait dire de ces soidisant maîtres : Ils dévorent mon peuple comme du pain. Au lieu de nourrir le peuple, ils le dévorent. Ils le dévorent par les surcharges d'impôts^ par la cherté des vivres, par les immenses difficultés du loyer et par cent autres moyens.

C'est là un grand mal, mais il y a pire encore; on voudrait aussi dévorer l'âme du peuple en lui ôtant le précieux trésor de la foi. De fait, à quel autre but tend la multiplication des maisons de péché au moyen desquelles le fruit d'iniquité entre dans certaines maisons que tout le monde sait? À quel autre but tend une presse mensongère et blasphématrice, qui ne respecte pas même le divin fondateur de notre très-sainte religion et sa très-sainte mère? À quel autre but tendent ces outrages et ces tumultes dans l'enceinte même des églises et à l'heure des fonctions sacrées ? Quel au,tre but peuvent avoir ces injures Incessantes et grossières dont on assaille des personnes innocentes et respectables, uniquement parce qu'elles portent l'habit ecclésiastique?

Pourquoi, je le demandei pourquoi, dans cette capitale du catholicisme a-ton voulu transformer les jours de pénitence? Et de ces jours favorables, disait l'apôtre, de ces jours de salut spirituel, de ces jours de prières entre le vestibule et Tautel, pourquoi a-t-on voulu faire des jours de bacchanale, des jours de danse scandaleuse, en criant avec le poète païen : Cest maintenant qu'il faut boire, c'est maintenant que (fun pied léger il faut battre la terre ?

Toutes ces embûches de Tenfer, tolérées ou permises, dira-t-on qu'elles ne tendent pas à attaquer la foi catho* lique, à l'arracher des cœurs et à transformer un peuple catholique (oui, éminemment catholique) en un peuple de libres penseurs? Mais, vive Dieu, cela n'arrivera pas ! A ce fougueux torrent d'iniquités, opposez la prière, le courage et une confiance en Dieu toujours plus éclatante; une confiance qui nous mérite d'obtenir la fin de si grands maux. Par-dessus tout, redoublez de vigilance en vos familles afin que le poison n'y vienne pas chercher le cœur de vos enfants. En somme, agir et souffrir , c'est cf un Romain, et je dirai mieux : agir ei souffrir , c'est (f un cArëtien. Vous devez donc faire le possible pour vous maintenir fidèles à Dieu, prêts à tous les tourments et à toutes les croix.

Et ici laissez-moi vous faire une remarque, qui n'est pas inutile. Quand le divin Sauveur gravissait le chemin du Golgotha, les bourreaux et les pontifes craignirent qull ne succombât en chemin, tant ses épaules sillonnées parla flagellation, sa tête couronnée d'épines, la sueur et le sang qui ruisselaient de son corps l'avaient affaibli. Ses ennemis craignaient donc de ne le point voir arriver vivant sur le haut de la montagne, chargé comme il fêtait du bois pesant de la croix. Ils chargèrent donc un étranger qui d'aventure passait par le chemin, et le contraignirent d'aider le divin Sauveur à porter la croix.

Or, mes chères filles, il est certain, établi et ordonné par Dieu, que tout chrétien qui veut suivre Jésus- Christ doit porter la croix. Qui vult venire post me, tollat crucem.

Aernarquei dose coammA, ^a â^:a«UF ne p«rn»t pw-qn MdBitJML!-fi4fanaB!>4lÉiUI jitetniiMOius. Cette ottàêmtiaA H^ir*r9omiii^tibéà jieniate daBfrceUe HptobttîMQftBamiifùmilÊevti^tmé^ ao»yeu; H dlepat^ e>oore, o'-art^oDrwtmiiÉÉMlMKitapfée A rMoaaiK Se l'argeat, <<«, 4aia ht ^N^hbI <d» an ««nobrea, elle tel cwmhi» yawr iomenUr te» menmmga

Ba7Mà de kûUei pohbqun, dans Ift pinpiil im ftays Idtîiiiopa. JésHB-Ctuàat y«Kliit iriatèt AtM aBefomiiiif m {Mïeo, âuHkut'WMi'iaepranM-â* «ei|iié.mA étéd^à jirédîU èuvoirQiift d?>nteea,»>toi>MnBMrnilMtf ariWftato 4i.lftnatàoft4â|H«v6&4«8 Héècew» p» *iwinmÉ>re et www Jésw-Cbiist. Et cgone ane ooaiUHMlDdîipaaBable pour «hteair eclte faveur de BWTra W,dWft >SÛnear était j« itma, c'est UB piâeoi, kCyréatea, çpâUtpwVB, «gaifiant :4HBSL la MBWEaion des gentils. . ;. . i .

- fimbraMOBB d«ae cette caoa. ijiÀ est, anttgnnJbale de )>âBUe&ce, nais qui «st attwi le «yjdMki ida tHOii>he, qw iwtts espérMis loHBUBeat d'dbtefiiryai; ie MfiMiTS divbk. LussoQS.doo« lesaveuglesetieft OMduetoars Aee ATeogles-qui «-ieat folkcieKlqa'Ufnt.iBaageT 4(1 train, qui profanent le carême, qui scandalisent les Jb«Mb qni tournent en moquerie dob MleoBtté8«!qiu.>d6truiB«iMt les oauvents reddgieux,qui«bafiBent ho»dt«l«ftre'telii'in0e6 épeuses de iésus-Chfùt «t ^ui iiwdteAl wut. iiD«éte6 .{resB. Ils répÈteni : Hangeonê «( ituroiM i^lbàa ItijoiT tftc»idraoùJâsufr^hristàsaB touf i^tcsa odttfliwniU tarittle, qu'il proBMiçait auLreEoû s«r ie> «IHTHS AC^e :

iPour voua, ayei eoafiance et oonsidûez idef yeuL d« U foi le bras de Diea ^ vous bâait. Csneapondm «k ^gràcM qu'il toms fait, portez k.bôaédieti«*att«e>iLde vas familles, cette bénédktian qui. mm danoeu l!eifén»oe de voir le triti^e de 1« véiM et dftU; : -MmâdieUo £fei,iic.

Le soir de rÀnnonciaiion, dit lé Journal de Plorencôy une dépotation de la paroisse de Samt&-Marie-M ajenre a été admise ft Taudience privée da Saint-Père, dans la salie da Consisloire. Les membres de la d^^utelion, an nombre d'environ cent cinquante, étaient présidés par le rêvérendissîme cvré de h, pireisse, etuvamiïl offrir au Saint-Père une etip^ dePimMe miraculeuse de Marie que Ton vénère dans la basilique libè^ Tienne. Cette copie, œuvre de Tillustre peintre François de Rhoden, premier élève 4o célèbre Of erbeék, a été présentée au Saint-Père danors un éini doublé de velours* À la noble Adresse qi» le curé de Saiit&Marîe^ Majeure a lue au nom de Tassisiance, Sa Sainteté a répondu par un bref dkeotrs qui s'a pas éléTecuâlH par la sténc^nipfaie. En voici la substance:

Vous savez tous queïïe est Torigine de cette ÉgRse, qui brille entre toutes celles de Rome tanqnam sfella matutina: Tendroit où elle a été édifiée a été désigné par la sainte Vierge elle-même, par une tombée de neige dans tmé nuit d'août. €elte église a été délimitée par cette neige, admirable symbole de la pureté de la Mèr<e de Dieu. Vous connaissez les autres prodiges par lesquels la volonté du Ciel s'est manifestée en cette ouconstance, et vous n'ignorez pas non plus que les frais de l'érection du temple ont été supportés au quatrième siècle par une famille d^anciens patriciens de Rome.

Par la suite, cette église s^est enrichie de dons magnifiques : Papes, cardinaux, patriciens rivalisaient de zèle à l'orner; ce fut une pieuse émfilation, qui dura à travers les siècles et tnomphtde toutes les vieîsniiides du temps; mais au Jour d'aupurd'huit les nouveaux venus <int Apporté à Rome d'autres dentiBients ; j'ai o«ï iixe qvTûs son^ gent à peroer je ne sais qutUe me en proximité de c&Ue église, mais ce n'est pas pour en faciliter i'acoès et pour pouvoir s'y rendive pla&.aiséneat,y déposer le témoigMige de leur r^entir aux piieds 4e k sûnte Vierge^; Mtes ! ce sont d'autres peasées, d'autres intentions qw tes animent: plaise à Dieu qu'ils n'ei|»Meat .pas ee temple À k rujae «ft portant d'une main fiévreuse et avide de des4ructîaii .lenr sape sur ses foAdeioeDlsJ

Mais les miracles dont )e parlais tout à l'heure et ^ulont iaît surgir cet édîficô d'une façon lout À faît iai prévue sont encore dans les mains du Soigncwr» (4 Uktxi$HmA»

Marie peut encore en disposer. L'iniquilé nous inonde, mais Marie est toujours l'arche du salut, et tous ceux qui ont le bonheur de s'y trouver n'ont rien à craindre du déluge. L'église de Sainte-Marie ad nives pourra très-bien résister aux attaques de Tenfer et de la sape, si Dieu le veut; mais il est un autre édifice, bâti sur un autre genre de prodiges et dont il suffit d'avoir un peu de bon sens pour prévoir la ruine. Les prodiges qu'il a eus pour lui ne venaient pas du ciel ; on le voit, du reste, à la manière dont il s'est fait et dont il se soutient : l'usurpation, les blasphèmes des petits tolérés par les grands, le matérialisme triomphant dans les lois, dans l'enseignement, l'hor* reur de la vérité et de tout ce qui parle à l'esprit, qui élève rame vers Dieu, en sont le caractère distioctif. Comment douter que cet édifice ne tombe?

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