ENCYCLIQUE DE NOTRE SAINT-PÈRE LE PAPE PIE IX
A tous les Patriarches, Primats, Archevêques, Evoques et autm ordinaires en grâce et communion avec le siège apostolique
Vénérables Frères, salut et bénédiction apostolique.
Les bienfaits de Dieu Nous appellent à célébrer sa bonté en ce moment, où, par une grâce nouvelle, il manifesle sa protection sur Nous et la gloire de sa majesté. Déjà finit de s'écouter la vingt-cinquième année, depuis le jour où, par la disposition divine, Nous avons pris la charge de ootre Apostolat. Vous savez trop bien de quelles épreuves ces années ont été remplies, pour qu'il soit nécessaire de les r^peler plus longiiumeot. Cette série d'événements monUe clairement. Vénérables Frères, que l'Eglise militante poursuit sa course à travers les vicissitudes de fréquentes ba-
tailles et de Yictoires ; que Dieu régit et gouverne véritablement la succession des choses dans l'univers, escabeau de ses pieds, et que souvent il se sert de faibles et vils instruments pour accomplir les desseins de sa sagesse.
Les mérites du Bienheureux Pierre, prince des Apôtres, qui toujours vit et préside sur ce siège de Rome, intercédant pour Nous, Jésus- Christ notre Seigneur, auteur et chef suprême de l'Eglise qu'il a acquise par son sang, a daigné, pendant cette longue durée de notre service apostolique, diriger, secourir notre indigence et notre faiblesse, par sa grâce et par sa vertu pour la plus grande gloire de son nom et le bien de son peuple. Soutenu par son secours divin, ayant constamment recours aux conseils de nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, et plus d'une fois aux vôtres. Vénérables Frères, qui veniez en grand nombre ici à Rome tous ensemble auprès de nous, honorant par l'éclat de votre vertu et l'unanimité de votre amour cette Chaire de vérité, Nous avons pu, dans le cours de ce pontihcat, suivant nos vœux et ceux du monde catholique, proclamer, par une définition dogmatique, rimmaculée Conception de la Vierge Mère de Dieu et décerner les honneurs célestes à de nombreux héros de notre religion; nous ne doutons pas que leur protection, surtout celle de la Mère divine, ne s'étende efficacement, au moment opportun, sur l'Eglise catholique en ces temps qui lui sont si contraires. C'est également par un effet de la puissance divine et pour sa gloire qu'il nous a été donné de porter, par les ouvriers évangéliques, la lumière de la vraie foi jusqu'au sein des régions lointaines et inhospitalières, de constituer en plusieurs contrées Tordre de la hiérarchie ecclésiastique, et de frapper d'une condamnation solennelle les erreurs contraires à la raison humaine et aux bonnes mœurs, à la société chrétienne et à la société civile qui, en ce siècle surtout, se développent avec plus de puissance. C'est encore par le secours de Dieu que Nous avons employé tous nos soins pour rattacher l'une à l'autre, autant que cela nous était possible, par un lien de cou-
corde ferme it solide, la pulssanee ecelésiastiqae et h puisBaooa civile en diverses parties, soit de l'Europe, sott do l'Amérique, et poursubvenir aux nombreuses nécessiUs de l'Eglise orientale qui, depuis les premiers jours de notre ministère apostolique, fut sans cesse l'objet de notre affection paternelle. De même il Nous a été accordé naguère de commencer et de poursuivre l'œuvre du GoDclle œciiméDlque du Vatîoao, dont l'Eglise, qui les a recueillis en partie, attendait de si grands fruits ; cependant, par suite d'événements trop connus, nous avons dû en décréter la suspension.
Par la grâce de Dieu, Vénérables Frères, Nous n'avoni jamais non plus négligé de faire ce que demandait le droit et la charge de notre souveraineté civile. Les félicitations et les applaudissements qui, vous ne l'avez pas oublié, avaient accueilli les oommencements de notre pontificat, su changèrent bientôt en outrages et en attaques, au point de nous conlraiodre à nous exiler de notre bien-aimée ville de Rome) mais depuis que par les efforts communs des peuples et des princes catholiques et l'appui de leurs armes, nous eûmes été rendu à ce Siège pontifical. Nous avons, sans relâche, appliqué notre zèle et toutes nos forces k procurer à nos fidèles sujets et à développer cette prospérité solide et non fallacieuse, que nous regardflmei toujours comme le plus grave devoir de notre pouvoir dvil. Mais l'ambition d'un voisin puissant convoita les contrées soumises k noire domination temporelle ; il s'obslins dans oe dessein malgré nos admonitions et nos plaintes paternelles et reitérées, trouvant plus dignes d'être suivis les conseils des sectes de perdition ; et en dernier lieu, comme vous l'aveE vu, dépassant de bien loin l'impudence de cet enfant prodigue dont parle l'Evangile, il s'empara par la force et i main armée de celte ville qui est à Nous, dont il demandait la possession; maintenant il la relient contre tout droit BOUS sa puissance comme un bien qui lui appa^ tiendrait. Comment ne serions-nous pas profondément ému, Vénérables Frères, de cette usurpation si criminelle
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que Nous subissons? Nous sommes dans l'angoisse parce que )e but d'une pareille iniquité est d'amener par un seul et même travail, si cela pouvait jamais arriver, après Tanéantissement de notre souveraineté temporelle, celui de notre puissance spirituelle et du royame du Christ sur la terre. Nous sommes dans l'angoisse à l'aspect de si grandes calamités, surtout de celles qui mettent en péril le salut étemel de notre peuple, et dans notre affliction rien ne nous est plus douloureux que de Nous voir empêché, par l'oppression qui pèse sur notre liberté, d'apporter à tant de maux les remèdes nécessaires.
A ces causes de notre douleur se joint encore. Vénérables Frères, cette longue et lamentable série de calamités et de malheurs qui ont si longtemps frappé etafQigéU trèsnoble nation française. Ces malheurs se sont accrus dans une mesure immense en ces derniers jours, par les excès tout àfait inouïs d'une troupe d'hommes perdus etbarbares. Ils ont notamment consommé le crime atroce d'un parricide impie par le meurtre de notre vénérable frère Tarcbevêque de Paris. Vous comprenez, Vénérables Frères, de quels sentiments notre cœur a été saisi à la nouvelle de ces forfaits qui ont rempli le monde de crainte et d*horreur»
Nous avons une autre douleur, la plus cruelle de toutes, Vénérables Frères, celle de voir un si grand nombre de fils rebelles dans les liens de tant et de si redoutables cen-t sures, ne tenir aucun compte de notre voix paternelle ni du soin de leur salut, et s'obstiqer, au mépris de la grâce que Dieu leur fait en leur laissant encore un temps pour la pénitence, à braver la colère de la vengeance divine, pu lieu de chercher ici-bas le fruit de la miséricorde.
Après tant de vicissitudes, parla protection du Dieu trèsclément, Nous voyons déjà approcher ce jour anniversaire de Notre promotion, où, successeur du Bienheureux Pierre sur son siège, nous nous trouverons, si loin que nous soyor» de Lui par nos mérites, avoir passé le même nombre d un nées que lui dans le service apostolique. C'est assurénieni une grâce nouvelle, singulière et très-grande, de la muni-
ficeoce divine, et qui, dans une si longue série de nos très-saints prédécesseurs, durant dix-neuf siècles, n'a été, par la disposition de Dieu, accordée qu'à Nous seul. Nous y reconnaissons aussi une preuve encore plus admirable de la divine bonté pour Nous, envoyant que, dans le cours de ce temps.Nous avons été trouvé digne de souffrir persécuUon pour la justice, et quand Nous contemplons cette merveilleuse ardeur de dévotion et d'amour qui sur toute la terre agite puissamment le peuple chrétien et par lequel d'un zèle unanime il se porte vers le Saint Siège- Puisque c'est à Nous, qui les méritions si peu, que de pareilles faveurs ont été accordées, nos rorcesselrouveol impuissantes à y répondre par des actions de grâces dignes de tels bienfaits. C'est pourquoi Nous demandons à la Vierge immaculée. Mère de Dieu, de nous apprendre à rendre gloire au très-haut dans le même esprit qu'elle-même par ces paroles sublimes: fecit mihi magna qui potens est. Nous vous prions aussi. Vénérables Frères, Nous vous prions avec instance de vous unir àNous, avec les troupeaux qui vous sont confiés, pour adresser à Dieu des cantiques, des hymnes de louange et d'actions de grâces.
Glorifiez le Seigneur avec moi, disons-nous avec Léon le Grand, et exaltons son nom à l'envi, afin que toute la raison des grâces et des miséricordes que nous avons reçues soit reportée à la louange de leur auteur. Dites aussi àvos peuples noire ardente charité, nos sentiments de reconnaissance pour les témoignages éclatants de leur piété 61iale envers nous, pour les services qu'ils Nous rendent depuis si longtemps avec tant de persévérance. Pour ce qui Nous regarde spécialement, puisque Nous pouvons à bon droit nous appliquer ces paroles du roi-prophète : Incolatus meus prolongatus est, Nous avons besoin du secours de vos prières pour obtenir la force de remettre en pleine confiance notre âme au Prince des pasteurs, au sein duquel est la consolation des maux de cette vie de troubles et de douleurs et le bienheureux port de la tranquille et éternelle paix.
Pour faire servir à la plus grande gloire de Dieu tout ce que notre pontificat a reçu de bienfaits de sa munificence, ouvrant à cette occasion le trésor des grâces spirituelles, Nous vous accordons, Vénérables Frères, la faculté et le pouvoir de donner, en vertu de notre pouvoir apostolique, chacun dans votre diocèse, le 16 ou le 21 de ce mois, ou tout autre jour à votre choix, la bénédiction papale avec application d'indulgence plénière en la forme ordinaire de l'Eglise. Dans le désir de pourvoir au bien spirituel des fidèles^ Nous concédons dans le Seigneur, par la teneur des présentes, à tous les fidèles du Christ, tant séculiers que réguliers de Tun et de l'autre sexe, en quelque lieu de vos diocèses respectifs qu'ils se trouvent, qui, justifiés par la confession sacramentelle et fortifiés par la sainte communion, auront adressé à Dieu de pieuses prières pour la concorde des princes chrétiens, l'extirpation des hérésies et l'exaltation de la sainte mère Eglise , la faculté de gagner l'indulgence plénière de tous leurs péchés au jour que vous aurez désigné et choisi pour donner en vertu de notre autorité ladite bénédiction et, dans les diocèses dont le siège cathédral est vacant, au jour choisi et désigné de même par les vicaires capitulaires existant pro tempore.
Nous ne doutons pas qu'à cette occasion le peuple chrétien ne se trouve excité plus efficacement à prier, et que par ces prières ainsi multipliées nous ne méritions d'obtenir cette miséricorde que le spectacle de tant de maux ne nous permet pas d'implorer avec tiédeur.
En attendant, Vénérables Frères, Nous demandons pour vous au Dieu tout-puissant la constance, l'espérance céleste, et toute consolation; Nous voulons que vous en ayez pour gage, en môme temps que pour témoignage de notre bienveillance particulière, la bénédiction apostolique que Nous vous donnons de toute la plénitude de notre cœur à vous, au clergé et au peuple confié à chacun devons.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le quatrième jour de
jnin la ttte de la Très-Sainte Trinité, l'an HDCCCLXXI, le vingt-cinquième de noire Pontificat,
PiB IX, Pape.
Le Tingt-cinqniëmp fmqiTeniure da poqtificfl <]B Pie IX BViit fitiri \ nom» une foule de dépntations ctthol1que«> ta première qni obllnl audience fm 11 dfpaiilioB illsminde. La Saint-Pire, à nna uretse qui lui ét»ii Ine pv çeii« d^p^tiOR, r^pondU :
Je me sens vivement ému en voyant devant moi tant de fidèles venus de toutes les contrées de l'Allemagne^ tous enflammés d'une égale fol envers Dien, d'un piéme aptour envers ce Sainl-Slége.
Vos difficultés sont grandes parcQ que vous vivez à pôté d'hommes qui ne professent pas votre foi et qui ne reconnaissent pas le^ autorités ecclésiastiques que vous aimez. Aussi donnez-votis un (rès-noble témoignage de fidélité et de dévotion à l'Eglise-
Que Dieu soit loué d'abord, puis votre épiscopat Illustre ' si uni dans la vraie doctrine, si prodiguedes exemples t]ue vous suivez. En vérité, je le répète, vos difficultés sont grandes- Mais rien n'est au-dessus de vos forces, et votre présence ici, vos paroles, vos dons me l'attestent. Que Dieu soit loué et qu'il vous récompense !
Continuez à combattre vaillamment les combats di] Seigneur. Le sacrement de confirmation que vous avez tous reçu vous a faits soldats du Christ et vous a donné des armes victorieuses.
Obéissez fidèlement auicqulorités civiles en tout ce qui n'est pas contraire à U loi de Dieu, C'est le devoir de tout chrétien. Mais si l'on vous demande de violer les commandements de Dieu et les préceptes de l'Eglise, souvenezvous que Diei) et l'Ëgli^e veulent être servis avant les hommes.
Dieu vous donnera la force, et moi j'invoque sur vous ses bénédictions avec toute l'ardeur cl tout l'amour de mon âme. Qu'il vous confirme dans votre piété; qu'il vous défende dans les périls, qu'il vousassiste, vous et vos familles
— se-
pt vos «mis daos les ohoBes da la via matériella at ipiri^ tuallo» qu'il vous aeoûmpagne en tous vos actes ici^bas et qu'il voua ouvra les portes de rétarnité bienheureuse.
les 4PU*es éiéfnMofm fiir^pt «dmi^e» «ncpessiypmeQl 4 pr^sanUr lenn hommage? ^u S^ipt-Père. fit la Corrç^pondqnce do Pome ^ pQlé toote la suite de cette marche vraiment triomphale dans ui| récit que nous reproduisons :
fie§ rfceptionf w Vatican,
Le 45,TeP8 neuf heures, près de mille Romains delà Société R&ffudne P0ur le^ intérêts catholiques et fiutapt de I\pmain99 ^e |a Pi^uso Uniçn se reqdaient au Vatican. Lf^s longues nies de voitures traversaient le pont Saint-Ange, |e Borgho et la plaee de Saint-Pierre sous le regard cynique et moqueur des sicaires, et des parole {osult^pt^i^ soriaî^qt de certains groupes, surtout de ceux oui stationnaient, mêlés aux agents de la miestuFé et aux gendarmes, en deçà de la porte de hronze du palais apostolique. Des reporters de n^fiuvais Journi^ux in^rivftiept les qpmi des fidèles. Ceux-ci, soit par mépris, soit à c^use du recueillement de lenr pensée, semblaient ne pas voir et ne pas entendre.
A î\% heures, le comité dirigeaqt et (es vingt*neuf Qpn)itéa de la Société romaine, ayant à leur tête leurs préfets et leurs secrétaires, ainsi Se les curés des paroisses, se trouvaient réunis dans la grande salle nsiitorïale et Ht le prince de C^mpagnapooCbigit pr4lidenti prosterné aux pieds du Pape, lisait une Adresse au nom de tous et présentait le dessin d*un magnifique fermai! (razional^ qui sera offert à Sa Sainteté.
Pie IX a daigné répondre par |e discours que voici ;
J'aecueille trôs-volonliers cette expression de vos sentiments d'amour; je sais qu'ils viennent du cœur. J'accepte ce gage de votre affection que vous m'offrez. Le jour où je pourrai en faire usage, il sera sur mon cœur où sont déjà gravés vos noms. Au milieu des douleurs dont le Seigneur afflige son Eglise, c'est une bien grande consolation de recevoir ces marques d'amour qui me viennent de vous et de toutes les parties de la terre. Oui, de toutes les parties où s'étend notre Eglise. Ces témoigoages me sont une force, un puissant secours pour m'aider à porter le poids de nos douleurs, mais ils m'imposent aussi de grands devoirs et augmentent ma responsabilité. La tempête, mes ehersfilSy devient plus violente; notre courage et notre
ferme confiance en Dieu doit croître dans la même mesure.
La tempête devient plus violente, mais les flots qui battent le rocher ne pourront jamais l'ébranler. Ils se briseront contre lui; bien plus, ils le laveront de telle sorte qu'il apparaîtra plus pur à la lumière du soleil. Celte guerre criminelle, ces incessantes calomnies contre nos principes et contre nous ne parviendront jamais à ébranler ni notre Eglise, ni nos âmes. C'est une chose dure que la calomnie ; elles sont anciennes et sacrées ces paroles : Seigneur, délivrez-moi des calomnies des hommes, afin que je fuisse obéir à votre loi. Et ce cri s'échappe spontanément de nos cœurs, en lisant les honteuses accusations et les mensonges dont sont remplis tant d'écrits quotidiens, véritablement sortis de l'enfer.
A ce propos, laissez-moi rapporter un fait que nous ne pouvons peut-être pas imiter, mais que nous devons du moins admirer. Saint François de Sales, ëvêque de Genève (cette ville alors était bonne, puis elle se pervertit ; mais, à présent, elle revient au bien), saint François de Sales avait été l'objet d'une grave accusation, qui blessait profondément la dignité épiscopale. Ses amis l'exhortaient à repousser cette attaque et à monter eu chaire pour défendre sa réputation.«L'honneurdevotrenom, lui disaient-ils, vous est nécessaire pour pouvoir remplir vos devoirs avec fruit.» — h Dieu sait, répondit le saint, quel degré d'estime est nécessaire à un supérieur pour accomplir les devoirs desa charge. Dieu saura donc bien trouver le moyen de me défendre. Ma conduite constante et toujours fidèle sera la meilleure réponse. » Et Une voulut jamais se justifier que par une vie constamment exemplaire, qui lit bientôt tomber tous ces bruits. Courage donc; si les calomnies continuent, ne craignons pas ces voix de l'enfer. Il n'est pas interdit de se défendre, mais il vaut beaucoup mieux confondre la calomnie par de bonnes actions et par la pratique constante de la vertu.
Il est temps, frères, d'agir avec courage. Le mal est grand, Seigneur, ils ont dissipé votre loi : dissipaverunt
legem tuam. Maintenons-nous en parfait accord entre nous; gardons fidèlement l'unité. Soyons tous étroitement unis, formant une armée pacifique mais compacte. Le S.eigneur daignera faire luire le jour de ses miséricordes et nous délivrer des maux qui nous accablent. Ayez-en pour gage celte bénédiction que je vous donne de toute Teffusion de mon cœur» à vous, à vos familles, à vos âmes, à vos corps, à tout ce que vous avez de plus cher; qu'elle vous suive tout le cours de la vie, qu'elle vous assiste surtout au dernier de vos jours, afin que vous puissiez en paix et comme avec vos mains, dirai-je, remettre vos âmes à Dieu. Je vous bénis au nom du Père qui vous a créés, au nom du Fils qui vous a rachetés, au nom du Saint-Esprit qui vous a sanctifiés. BenedicHo Deiy etc.
De longs cris d'enthousiasme et d'amour, ont répondu à ces nobles et grandes paroles. Le Pape apparaissait radieux. Son visage, son regard avaient une lumière céleste. Nous nous sentions tous à Rome et près de notre Père.
Les dames de la Pieuse Union attendaient dans la grande salle ducale très-noblement parée. Pie IX s'y est rendu, et après avoir entendu une adresse lue par madame la marquise Antici Mattei née Altieri, et une poésie redtée par madame Teresa Gualandi, a daigné répondre :
Merci de votre chère visite et de ces paroles qui expriment si bien vos sentiments. Encore que de toute part la tempête grossisse contre TEglise, ce m'est un grand secours de voir TafTection que de toute part aussi les âmes portent si fortement, si généreusement au Saint-Siège. Votre riche offrande et le mode délicat que vous avez . choisi afin de célébrer le privilège que Dieu n'a accordé à aucun de mes prédécesseurs, sont très-opportuns parce que rien n'est plus saint que de secourir les indigents. •• Jusque dans les terres les plus éloignées, les bons catholiques ont voulu fêter ce jour, et il m'arrive deux télégrammes, l'un qui m'informe que les Maltais, désirant donner à ce jour la solennité d'une fête chômée (di precetto), et les évêques de Malte et de Gozzo en ayant référé au gouverneur anglais, celui-ci a ordonné qu'ainsi il soit fait;... l'autre qui me vient de la reine d'Angleterre et me
montre cette souverAioe, doq catholique^ l'ASsooiant aui seotiments des catholiques et m'envoyanl de aordiales .félicitations (lei dei OTM de : Vive la reins d'ADgleterre onl jnferrompu le Papt). Ces signes de la proleolion de Dieu doivent nous encourager à avoir confiance en lui et à re-' courir à sa divine pitié. Que sa Mère soil notre inèret nob-e médiatrice. Elle nous rendra la paix dont nous jouissionh Et nous l'aurons bientât* j'espère. Quant à vous, pieuses et fidèles chrétiennes) vous avei de b-6s-forts exemples do vertu et de courage, non-seulement dans le nouveatii mus aussi dans l'ancien Testament» dans les Debora et los Judith; les Sisara et Olophernes ne manquant pas vrai' meut... De tout cœur, avec la plus grande afTeotîoni j'appelle sur vous, sur vos familles la béoédietion d« Dieu» afin qu'il vous garde dans le temps et que vous le puissiez glorifier dans l'iternité. BmtdvAw Dût etej
Noàa reDODçoQS ft d^péliidre les (ransporU des dames de la Pieuu I/nioff, De douces larmes inondaient leurs visages ei les plus proches du Suai-Përe se jetaient à ses pieds et baisaioni ses vËtements.
Le 18. La Tille semble en filat da aiége. Dèa cinq henres da matiD«
les ironpes ei la garde nationale occupunl des posies assignes par l'auiotH6 militaire. Dea détachements de geiid^rmerid et des escouades d'agenU de ia Qnesiure se tiennent sur Tes places à l'entrée des rues prindfialeii. Ailt abbrds dd ValldSn bttiti on tient la garde batlouale A chef»l{ ia gendarmerie et dea suidais de ligne.
Home paraît morne el désolée. Les liabilanls sont dans uile sorte de tefi'etir. tli i6 diScilt tttle Id «lltiatiod faite au ^dtle éi A èilit-mémed f<li' rilalle D'est pis lenable. Commeni se fait-il que l'arrivâe de 1 ,500 k 2,000 prêtres et laïques étrangers, tous hommes pacïSques, la plupart i^ii, satis atitre àrmè ijtic la prifthé, nSftesstié et déploieiWeill de tattt sdldlteiqne elmenaee la Ville Etemelle de seëues sanglantes? Gependaril comme le cûlé comique ne fait jamais défaut, même au milieu des scènes MU pldt ttistes, dt» ^rdés nationaux oiti adOptS les fblits de la Capitale, de la NutvO Rema, dt> Diavelo color di Rom et croient ii une conjuration cathàligw, k une Saint-Barlh^tetlty, à un massacre des patriotes. Oa les Vùil tt nûite â ïëût (MStd, eb Voittlfc^ lètit- flistl t-ntl^ les jHmbM. Ils ont le regard inquiet de ^eps qui estiment qriO le salut d'eui-mémea passe avant le saint de la pairie. £n vérité, ils ont bien raison.
Vers neuf hfetiféS du ifiïtin, IM atldlébt'es àin cttnlbiébcé dab j ta Mlle du Consistoire. 8* Saisletf a reçu d'abord les hommages da loua les ordres de la Conr et de la famille pontificale, qui lui ont offert un beau réllqoriird 6rdé dé piiÊMi prédeUJes.
ie TOHdraÏB^ • dit la Pq)s ea learmoarouBti voua adref
ser une comparaison que j'ai dans l'esprit. Vous êtes pour moi cette troupe {drappello) d'élite, qui suivit David au mlltéU des persécutions dont il fut l^objet. Seulement David n'avait point dé fidèles hors de Cette poignée d'amis, et tnol, âU Côtttr&ire» j'ai des fidèles dand Tunivers entier^ Cependant j'aime à vous regarder ainsi, et je vous bêtiis d'une maniëi'e pâfticuliêrei ô mon petit bataillon ohoisii bénissant 5 il est vrai^ tous mes défet&seurs et tou^ ceux qui» au dehors» sont aussi restés et restent toujours atta* chès à TEglise.
Après tM paroles, le Fspé s'e^t entféteilti ftimilièfëittcmt. pefidatit quelques iiiatttflts, atee chscuti dés menibfeft dé sa eOiif et aé ^ éhâ-> pelle.
Ptiiê sont tentls lés eamérléf^ sécréta et dlldottètif . bd d'étUfd étlx, Mgr Perioj, a lu l'Adressé j
S. Em. le cardinal Monaco Lavalette a présenté à Sa Sainteté les attachés du secrétariat des mémoriaux, exprimé leurs vœux et remis leurs offrandes.
Les recteurs des collèges et séminaires nationaux^ ayant à leur tête Mgr Jacovacci, de la Propagande, qUi a prononcé l'Adresse ;
La députation des prêtres du ro^ttudlé uhi de la GHitide^Bretilnlë^ chacun portant les Adresses et les offrandes des évéques et des fidèles dèè dlècèsès.
Us diefi^tes étaient rebrésvDtés : Westipinster» par T. ht Mttf Capil, R. i. H. Laing, R. F. M. nyndbam) Beverleyi pari. R. Cban.^rownc^ Bin&inghkm, paf T. tl. Cn. O'ëullivan, II. J. Coûter, R. F. Hôpkins; Hexham et Newcaslle, par R. P. Mathews ; Saldfort, par R. W. tierr3ri Schrewsbnry, par R. F. J. Tynch, R. £. Siaugther.
Ml lé èhanoinè 0*Bttllitàd a lu tine Adresse d*uné latiriité da&siqùe, où« énumérant les actes de Pie IX, le clergé se réjouit du d^n îbooiIijnk raole accoMé aux mérites de Sa Sainteté. Successeur de S. Grégoire^ Pie IX a rétabli en Angletefhe là hiéfarchie qtie S. Orégoli'e Jr aralt fondée.
Le Pape a répondu en latin, disant qu'il remerciât non-seulenent le cier^ dés déné appdrtés, mais encore et siirtout de sa piété envers le Salttt-Slégè et dé sôh ûniôii â l'é()iëcdpat. Il à bédl rAfigléiëfrè, — et toutes les lies de TAngleterre^ — ajoutant d'une voix forte et cothrttê inapirie : Et je désire que ma bé&édktion aux peuples^ aux prêtres et aux évéques d'Angleterre demeure sur eux cette fois jusqu'à la fin*
D'autres réceptions ont eu lieu dans la salle du Consistoire, le Pane actoeilltot âvee tetidi'éasé et boùne grâce les marques de piété filiale de^
Euint passé dans la grande ulle ducale, le Pape y a trouvé réuDis les députés de la jeunesse caiholiqoe d'Angleierre, derrière lesquels s'éudeot placés les prêtres anglais.
Sar les marches et aux cAtéa du trône, on voyait des personnages qne celte fioienaelle réception intéressuL vivement, les carainani de Luca, Capalu, Monaco Lavaletle, des évéques, des princes romains.
Nous savons qne, la veille, les dépotés avaient à l'unanimité prié on illustre prélat rftidsni à Rome de les présider et présenter à Sa Sainteté. Hgr Howard, vicaire de Sainl-Pierre, i la fois si cher à ses compatriotes et aoK Romains, était donc A la tête de la députation. On avait remarqué que la députation anglaise venue à Rome cet hiver se composait de membres de la haute aristocratie et revëtissait un caractère politique. La jeunesse d'Angleterre a voulu donner à sa députation un caractère général, purement religieuï, exempt du concours du clergé. Ce fait témoigne de l'élévation et de l'énergie dn peuple anglais. On sait que la société de la jeunesse catholique a été organisée dans le royanme-nni
iiar l'activité incomparable des trois enfants du comte de Gainsboarough: ady Constance, lady Edith Noël el l'honorable Edward Noël.
L'honorable Edward Noël a lu, en français, une adresse, i l&qnelle Pic IX a répondu des paroles dont voici le sens :
C'est avec plaisir que je vois la jeunesse entourer moD vieil âge.
La jeunesse a eu la douce gloire d'acclamer Noire-Seigneur, la veille de sa Passion.
J'ai dû partager les souffrances de la Passion et peutêtre plaira-t-il à Dieu que j'endure d'autres souffrances ; mais je me souviendrai de la jeunesse qui priera avec moi.
La Passion du Seigneur a été le fondement de l'Eglise. Sachons donc que toutes nos douleurs sont au profit de l'Eglise et demeurons fermement unis.
L'épiscopat de l'Irlande a sauvé l'Eglise dans cette tie parce qu'il est demeuré fidèle à l'union. Il faut à l'Angleterre l'union. Vous connaissez tous ce vieux proverbe : runion fait la force. Que la jeunesse le prenne pour devise.
Il y a parmi la jeunesse de l'Italie, de la France, de la Belgique, delà Hollande, de l'Allemagne, de l'Angleterre, un mouvement extraordinaire de foi, de dévouement au Saint-Siège, et de protestation contre l'iniquité. Il ne faut donc à la jeunesse qu'une union toujours plus forte et une
noble persévérance pour obtenir de Dieu h triomphe de l'Eglise.
Après avoir dit ces paroles, Pie IX a béni avec des accents d*ineffable tendresse la députation prosternée.