‹ Actes et paroles de Pie IX, captif au VaticanChapitre 9 sur 23 · DE NOTRE THÈS-SAIST-PÈRE LE PAPE PIE IX · texte numérisé non relu

DE NOTRE THÈS-SAIST-PÈRE LE PAPE PIE IX

Adressée le â7 octobre 1871, aux cardinaux de lasainte Eglise romaine, dans le palais du Vatican,

Contraint d'omettre la solennité des rites accoutumés. Nous avons convoqué ici votre ordre très-il lustre. Vénérables Frères, pour vous communiquer, en raison de la gravité des circonstances, ce que nous avons résolu de

foire, aGa de pourvoir aux. nécessités spirituelles du peuple chrétien eo Italie.

Il n'est pas nécessaire, Vénérables Frères, d'énumérer devant vous les attentats que Nous avons plusieurs fois déplorés dans Nos allocutions et dans Nos lettres encycliques adressées aux évéques du mondeentter. Car les graves injustices et les acles odieux d'hoslililé commis saas relâche depuis si longtemps dans cette malheureuse Italie contre l'Eglise catholique et contre le Sié<,'e apostolique sont connus de tous, et si éclalants qu'il est également impossible de les nier sans impudence ou d'invoquer une seule excuse pour en atténuer l'odieux. Depuis que cette ville a été occupée par ta force, ces persécutions, que Nous avona été forcé, avec vous, de voir et de subir, sont arrivées à ce point que Nous pouvons, avec raison, répéter ces paroles du Roi-Prophète : « J'ai vu riniquité et la contradiction dans ta ville; jour et nuit l'iniquité l'entourera jusque par desstu les murailles : la souffrance et finjustice habitent en elle. « En vérité, Nous sommes presque accablé par le flot montant de ces maux, et pourtant, avec l'aide de Dieu qui fortifie Notre faiblesse, Nous ne refusons pas de souffrir plus cruellcmentencorepourla justice. Bien plus, Nous sommes prêt à subir de Irès-grand cœur la mort môme, s'il plaisait au Dieu des miséricordes d'agréer, pour la paix et la liberté de l'Eglise, l'humililé do Notre sacrilice.

Mais, parmi tant de sujets de douleur, celui qui Nous cause la tristesse la plus vive, c'est le veuvage des nombreuses Eglises qui, dans cette malheureuse Italie, sout privées depuis longtemps du secours de leurs pasteurs ; de cette situation il est sorti un besoin pressant de secours spirituels qui oppresse tous les jours davantage les peuples fidèles, dans l'état calamileux des choses et des temps. Cette nécessité est devenue telle que la charité de Jésus- Christ Nous presse d'y pourvoir. C'est pourquoi, considérant le grand nombre de sièges vacants, considérant que des provinces d'Italie très-vasles et très-peuplées comptent à peine deux évéques, considérant la violence d'une longue

persécution contre l'Eplise et les efforts des impies pour enlever des cœurs la foi catholique en Italie; enfin, considérant le péril de persécutions plus grandes qui menacenl la société civile elle-même. Nous avons jugé qu'il ne fallait point larder davantage à secourir, autant qu'il est en Nous, Nos chers (ils, les fidèles d'Italie, qui Nous ont souvent fait entendre leurs plaintes au sujet de leur délaissemenl.

En conséquence, au nom de Jésus-Christ fils de Dieu, Nous assignons aujourd'hui des cvéques à une partie des Eglises veuves d'Italie et Nous nommerons les autres lu plus tôt qu'il sera possible, avec la confiance que, dans son infinie miséricorde. Celui qui Nous a conféré l'autorité cl Nous a constitué dans Notre charge, bénira et favorisera les risoIutioQS que Nous prenons et qui sont unlquemeot pour le salut des âmes, en éloignant tous les obstacles qu'on voudrait opposer à cette fonetion de Notre ministère. En même temps, Nous protestons devant l'Eglise universelle et Nous déclarons ouvertement, comme Nous l'avons déjà fait clairement dans Notre lettre encyclique du ia mai de cette année, que Nous repoussons entièrement les cautions appelées garanties, et qu'en accomplissant présentement ce grave devoir de Notre apostolat. Nous Nous servons uniquement du pouvoir qui nous a été conféré par Celui qui est le prince des Apôlres etévéque de nos âmes, c'est-à-dire du pouvoir qui Nous a été donné par Jésus- Christ Noire-Seigneur dans la personne de saint Pierre, dufiuel, selon la parole de saint Innocent, notre prédécesseur, a dérivé l'èpiscopat même et toute ratitorité de ce titre.

Et il ce sujet Nous ne pouvons passer sous siieace la témérité cl la perversité impies de qurlques hommes qui, dans une autre contrée de l'Europe, s'éloignent misérablement de la discipline et de la communion de l'Eglise catholique et qui, soit dans des libelles remplis de toutes sortes d'erreurs et de mensonges, soit dans des réunions sacrilèges tenues entre eux, attaquent ouvertement l'autorité du saint concile du Vatican, ies vérités de foi solennellement déclarées et définies par lui et surtout l'entier et

suprême pouvoir de juridiction que le Pontife romain succesBeur de saint Pierre possède par la disposition divine Hur l'Eglise univorselie, ain.si que la préro^alivc. du magistère infaillililp, dont il joiiil quand il exerce sa charge de suprême Pasteur et [lecteur des fidèles, en définissant les doctrines qui ont pour objet la Tni et les mœurs.

En outre, afin d'exciter la persécution des puissances du siècle contre l'Eglise catholique, ces fils de perdition essayent frauduleusement île leur persuader que, par les décrets du concile du Vatican, l'aui^ieiine doctrine de l'Eglise a été chanjïée, el qu'il en est résulté un grave péril pour les gouvernements et pour la société civile. Peut-on, Vénérables Frères, imaginer et forger rien de plus injuste et en même temps de plus absurde que ces calomnies? Cependant Nous avons à déplorer qu'en certains endroits lesgouvernauts se soient laissé prendre à ces insinuations t perfides, et que, sans tenir aucun compte du scandale du \ peuple fidèle, ils n'aient pas hésité à patronner ouvertement ces nouveaux sectaires et à les confirmer par des faveurs dans leur rébellion. Kn même temps que Nous exposons ainsi brièvement devantvous Notre douleur, Nous voulons donner le grand éloge qu'ils méritent, aux illustres cvêques de ce pays (et, parmi eux. Nous voulons honorer d'une mention spéciale Noire Vénérable Frèrrî rarchevêquo de Munich) qui, par leur étroite union, leur zèle pastoral, leur courage admirable el leurs savants écrits, défendent avec éclats contre ces attaques la cause de ta vérité. Nous adressons aussi une part de ces félicitations à la piété et ti la fidélité du clergé et du peuple qui, par la protection de Dieu, répondent courageuse ment à la sollicitude de leurs pasteurs.

Pour Nous, Vénérables Frères, tournons nos yeux et nos cœurs vers la source d'où peut nous venir le secours qui nous est nécessaire. Ne cessons donc, ni la nuit, ni le jour, de crier vers le Dieu très-clément afin que, par les mérites de Jésus-Christ son fds, il envoie sa lumière dans les esprits quis'égarent, et que, voyant l'abîme où ils sont,

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ils se hâtent de pourvoir au salut de leur âme; afin que, dans un si grand combat, Il continue à donner abondamment à son Eglise l'esprit de force et de zèle; afin qu'il daigne hâter, par roblalioa des saintes œuvres, par les dignes fruits de foi et par les sacrifices de justice, l'avénement des jours désirés de propilialiou où les erreurs et les adversités seront détruites, où le règne de la justice et de la paix sera rétabli, où 11 offrira à la majesté divine les sacriQces de louange et d'actions de grâce qui luisontdus.

Le correspondant romïin.dcrUntrcrs, Ini i5crivail le S8 octobre:

En recevant les nouveaux éveques italiens. Pie IX ne leur a point caché I& diiQcuUé de la niis^ion qu'il leur conliait et a rappela denx décooverles Iritrûvanienti) de ce siûclc, celle de &iiut François d'Assises en 18m el celle, récente, des restes <lc saint Ambroise, disant qu'il engageait les prélats k chercher les modèles de leur conduite en ces deux saints : l'humiliié, la pauvreté et la charité dans saini François; le courage, la force el l'accom plissement du devoir pastoral en saint Ambroise.

Je pourrais vous répéter, a dit Pie IX, les paroles de Jésus-Christ : Ecce mitto vos sîcut oves intcr lupos, cela ne veut pas dire que vous ne trouviez que des loups; mais le monde est mauvais, et vous allez sans savoir comment vous serez reçus et traités. Il est pourtant bien vrai qtie les fils soumis de l'Église vous entoureront de leur vénération et que vous pouvez attendre d'eux de grands soulagements. Je vous offre, d'ailleurs, ici une image de ce qui vous attend. Je suis accablé de tribulations et entouré d'ennemis, dépouillé de tout, et cependant il me vient des fidèles de toutes les parties du monde d'ineffables consolations et d'abondantes aumônes. .4yez donc le courage de l'apostolat. Je vous envoie comme les apôtres que le Christ envoya au monde aux premiers temps de l'Eglise.

Le même jour 28 octobre, environ 80 personnes, parmi lesquelles plusieurs familles françaises, onl été admises en présence de Sa Sainteté. Pie tX a eu pour phacune d'elles des paroles bienveillantes. Ijoe jeau

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dame romaine 1 qui il demandait soo nom, lui a répooda : Trét Sainl- Père, je suis la fille d'un proresseor de l'Université. Les révolntionnaires en 1 Sis l'ont jclé en prison A caasc de son attachement à la personne de Votre Sainlplé. Toute notre famille est animée des mêmes sentiments ; elle est prête & souffrir la mort plutôt que de séparer sa canse de celle du Vicaire de Jésus-Christ.

« — Ces sentiments tous honorent, mon enfant, a repris le Sainl- Pêrc; jeme souviens en effet de votre père; c'était un ferrent chrétien. Imitez tous sa verta, et Dieu tous bénira.

La GazclU du Midi, qui rapporte ces détails, ajoute que l'un desassislants ayant demandé josques à quand durerait le triomphe des impies et l'oppression de l'Église par ses ennemis, le Saint-PËre a répondu:

Nous avons tous péché, et ce qui dous arrive aujourd'hui n'est qu'un châtiment de nos Tautes. Nous devons donc nous résigner à la volonté du Très-Haut, avec la persuasion que Dieu se laissera enfin toucher par les prières de son peuple. Prions donc sans cesse ; le Père des miséricordes aura pitié de nous et délivrera bientôt la ville sainte de ses oppresseurs. Prions pour les bons, afin qu'ils persévèrentdanslavoie dubien ; prionspour les méchants, afîQ qu'ils reconnaissent leurs égarements et reviennent au bercail du Bon Pasteur. Ce n'est pas seulement pour la ville de Rome qu'il faut prier, mais pour le monde entier, car partout le mal fait d'effrayants progrès.

En France, l'impiété, un instant comprimée, cherche à relever la tète. En Allemagne, l'hérésie fait plus d'efforts que jamais pour opprimer la religion chrétienne et s'agrandir sur ses ruines. Mais, ce qui est encore plus malheureux, c'est que les gouvernements favorisent ce mouvement impie. En Russie, en Espagne, en Suisse, partout, en un mot. la révolution cherche à triompher et à entraîner la société dans un abîme de maux. Que deviendrons-nous donc si Dieu nous abandonne? Ah ! mes enfants, adressoDsnous à lui, pour qu'il nous sauve et convertisse les âmes égarées qui courent à leur perdition éternelle. Je vous bénis vous et vos familles. Puisse celte bénédiction vous encourager dans le bien et attirer sur vous et sur vos enfants les faveurs célestes.

Les catholiques allem&ndB rénnis en assemblée générale i Hayence avaicDl envové une adresse de devoùmeni au Saioi-Ptre. Pie IX leur répondii parle bref suivant :

A nos 6ieii-ai»tes ^U F. Baudin, Louis, comte éCArco Zinne~ berg ; François, baron de Wambold von Umsiadt, et aux autres membres de r Association catholique réunie à Mayence.

BicD-aimés Fils, salut et bÉnédictioD apostolique, Au milieu des amères douleurs dont Nous sommes accablé, Nous avons été consolé par voire lettre dans laquelle vous exprimez le» senliments qui vous animent, vous et les autres membres de l'Association catholique de l'Allemagne, dont le zélé et le bon esprit onl provoqué la nombreuse réunion tenue à Mayence le mois dernier.

Dans les temps malheureux où nous vivons, rien n'est plus désirable et ne saurait être plus utile que de voir tous les catholiques unir leurs eiïorts et leur courage pour défendre la religion et développer la piété. De même, rien n'est plus propre à féconder ces œuvres et à les rendre fructueuses, que l'esprit d'ardent amour pour l'Église de Dieu, la soumission complète à ce Siège apostolique et l'entier attachement à la foi catlioliquc.

Nous savons que ces sentiments sont les vôtres el ceux de tous les autres membres de l'Association catholique de l'Allemagne. Aussi Nous vous en félicitons avec une tendresse toute palornellc, et Nous vous exhorlonsà maintenir vos louables efforts et a redoubler de zèle alin que tes excellentes résolutions qui llcurissefit dans vos âmes portent également leurs fruits chez les autres. Dans ce but, en môme temps ([ue Nous accueillons avec amour les vœux et les espérances que vous formez, Nous demandons au Dieu des miséricordes iiu'il se tienne à vos côtés, qu'il vous prête son secours toul-puissant et qu'il vous donne sa force dans ce combat qui doit exciter la courage des vrais lils de l'Ëgtise. Eulin, comme gage de notre bienveillance et comme présage de toutes les grâces divines, Nous

vous accordons, biea-aimés fils, à tous et à vos associés, du fond du cœur, Notre bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Sainl-Pierre, le 28 octobre 1871, dans la vingt-sixième année de Notre pontilicat.

Pie IX, Pape.

Noos avons publia plus haui ud réiinmé des paroles admsées par le Sainl-P6re anx nonTeuux évoques italiens. Quelques-uns d'eulrc eux, les évéqacs de Crciiia, Osimo et Cingoti. Celle, C.Mt di Castollo. Possino et Lodi, ayant éli iniroduits un i un, le Saint-Pâre leur imposa le rocbei, puis il leur adressa ce nouveau discours :

11 ne saurait y avoir de mission plus sainte que celle que Dieu vous a donnée de paître son troupeau et de le conduire dans les voies de la charité, de la justice et de la reli/^ioD, en le gardant des maux qui sont plus qu'en aucun autre temps répandus sur la surface de la terre- Je désire que vous ayez toutes sortes de consolations. Si la rapacité fie certains hommes devait, comme cela est possible, vous enlever les moyens de maintenir avec honneur voire dignité, j'ai la confiance que la miséricorde du Seigneur ne manquera pas de venir à votre secours.

Allez maintenant dans vos diocèses. Vous raurez exercer voire saint ministère avec celte énergie j laquelle les démons eux-miîmes obcisscnl. Vous fortifierez les bons, vous ramènerez les méchants, vous enseignerez aux pénitents à laver leurs fautes dans les larmes de la pénitence. Ayez confiance dans le Seigneur, qui vous a choisis pour cette charge, et qui vous donnera le pouvoir d'opérer des prodiges plus grands que de ressusciter un mort, c'est-àdire de convertir les mauvais au bien.

Et maintenant j'invoque sur vous la bénédiction du Seigneur, afin que l'archange saint Raphai^l vous accompagne et vous protège dans le voyage que v^ius allez faire pour gagner vos diocèses. Cette bénédiction, vous la porterez aux fidèles de votre troupeau, afin qu'elle demeure sur eux pendant la vie, qu'elle les fortifie à l'heure de la

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mort, et qu'elle les fasse dignes de célébrer dans le del le nom de Dieu.

Bmediclio Dti omnipotentis, etc.

Le i décembre, les tidëies des paroisses de Saint-Panl-hors-Ies-Hurs. Sttinie-Haric in Cosmedia, de Saiot-Barihélemy ait. holat et de Sainl- Nicolas (Il Carcere se présentaient en audience au Saim-Père, et exprimaient leurs senlimenia de tidélilé et de dévoùment dans une Adresse lue par le comte Benvenuii, camérier d'honneur de Sa Sainteté. Pie IX a répondu :

« Ecce quam bonum et quam jueundum habitare fratres in ' uniim! Cette uoioa de seotiments, ce parfait accord de fidèle attachement que me montrent successivement tous les quartiers de Rome, ne peuvent qu'être d'une grande consolation pour mon cœur, et me donnent en même temps la douce espérance de cet avenir moins troublé que nous avons la confiance d'obtenir de Dieu.

tt Nous lisons ce matin dans l'Évangile l'annonce des événements qui précéderontle jugement universel. Quelquesunes de ces effrayantes paroles peuvent s'appliquer aux événements de nos jours. On y annonce que le soleil ne donnera plus sa lumière, que la lune s'obscurcira, que les étoiles tomberont du ciel. Cet obscurcissement du soleil, ces ténèbres qui se répandront sur la terre, ne soDt-ils pas une image de ce qu'on voudrait infliger à cette Ville choisie, en lui enlevant la première des lumières, qui est celle de la foi? A Rome, non-seulement on essaye de répandre largement l'impiété, mais on ose même enseigner l'hérésie, et il y a des hommes qui ne dédaignent pas de ramasser les petits mendiants dans les rues, afin de les traîner pour de l'argent à leurs écoles et de les gagner ainsi à l'erreur.

« Rome, qui a toujours été catholique, Rome, qui a toujours été la tête, le centre et la chaire de la vérité, devrat-elle donc le devenir maintenant de l'hérésie?

« Et, quant aux étoiles, n'y en a-t-ll pas un trop grand nombre qui sont tombées du ciel, et, pour parler sans fi-

gure, D'y a-t-il pas un grand nombre dliommes qui brillaient autrefois noblement, et qui se sont égarés, qui, pour me servir d'une expression qui est familière, ont trébuché (riballato)l C'étaient des étoiles lumineuses, et maintenant qu'ils ont quitté la voie de la véiité et de la justice, ils ne donnent plus de lumière.

« La lune qui s'obscurcit me rappelle aussi Celle qui la tient sous ses pieds el qui obtint toujours dans cette ville, comme un glorieux piédestal, un culte fervent, auquel on veut faire aujourd'hui la guerre.

« Mais vous, mes Très-Cbers Fils, vous résisterez à ces cH'orls. vous serez constants, vous serez unis entre vous, ei cette uaité vous rendra victorieux des perturbateurs et des usurpateurs.

« Ab! si Moïse, dont ta glorieuse image se trouve à Saint-Pierre-ès-Liens, descendait de nouveau de la montagne, il n'aurait que trop sujet de briser encore une fois les Tables et de foudroyer de ses châtiments ceux qui sont venus souiller notre ville. £ux aussi adorent le veau d'or, c'esl-à-dire, pour parler sans figure, qu'ils sont venus pour faire de l'argent. {Exclamation générale. — C'est vra\\ c'est vraV.) Et Moïse vous crierait : Popule meus, qui te beatutn dicunt, ipsi te decipiunt. Oui, mes Chers Fils, ils vous trompent, ceux qui vous disent qu'ils sont venus à Rome pour y apporter la paix et la félicité 1

« Non, vous ne vous laisserez pas séduire par ces paroles, et, par voire exemple, par votre concorde, vous saurez vous fortifier et vous soutenir les uns les autres. Dieu vous consolera, parce que Dieu sera avec vous. Et si Dieu est avec nous, qui est contre nous?

4t J'appelle sur vous sa bénédiction, afin qu'elle vous soit un appui el un soutien dans tous les jours de votre vie. Elle sera aussi votre consolation et votre défense à votre heure dernière, el vous rendra tous participants de l'éteraelle félicité. Benedictio Dd omnipotentis, etc. »

Le 8 décembre, le Saint-Père a reça, dans la uUe eoDsiatoriale, lei membres irës-nombrcux de k Irts-céltbrc archiconfrérie de la Trinité des l'èterim, h laqui>IIe apprirlicnnunt les homtncs des classes les plus élevées et les plus humbles de Borne. Ugr Theodoli, primicier, a lu une Adresse cl préscnlé une olfrande, et Sa SaioLctâ a répondu par un long discours approprié à la circonstaDCC.

En substance, Pic IX a dit d'abord qu'il conTenall sunoulanjoDrd'hni de lever les regards vers le dcl, où siège la drandc médiatrice à laquelle Dieu ne refuse aucuuu grflce, Uarie étaut vériUblemenl le temple que la Sai;eSRe dÎTine avait bdli pour s'abriier elle-même en prenant l'humaDité. La Sagesse avait établi ce temple sur sept colonnes symboliques, qui sont les (rois vertus théologales et les quatre vertus cardinales, souiiena de touie justice et de saiuieié. Parmi ces vertus, In première est la foi et les autres s'y ajipuienl.

Jamais peul-âtre la foi n'a élé plus nécessaire qu'eti ces jours oit elle est plus vigoureusement attaquée par les ennemis du Seigneur. Mais l'espéraDce doit nous conforter au milieu des tribulations auxquelles Dieu, dans sa bonté, saura mettre un terme, cl la charité doit nous enflammer tant envers nos frères pour opérer le bien, qu'envers nos ennemis eux-mêmes, pour que Dieu les châtie ou les convertisse.

Je voudrais vous dire beaucoup d'autres choses, mais je me contenterai d'en indiquer une seule, dont parlait tout à l'heure Monseigneur (MgrThéodoli), c'est que je suis un de vos confrères. Dès 1827, en effet, le jour même où je reçus le sacre épiscopal, je m'inscrivis parmi vous, et il m'est doux de m'en souvenir. Notre règle veut que nous recevions les pèlerins et que nous n'oubliions pas d'être nous-mêmes pèlerins sur cette terre, laquelle n'est qu'un chemin qui conduit à notre patrie véritable. Comme le cœur des deux disciples, allant à Emniaus avec le Clirist, s'enflammait à ses discours, ainsi je voudrais que vos cœurs reçussent les paroles de celui ijui indignement le représente ici-bas; je voudrais que ces paroles eussent le pouvoir de vous exciter à toutes les vertus, à toutes les bonnes œuvres, et de vous mériter cnlin la bénédiction de Dieu, que j'invoque sur vous, sur vos familles, sur vos fils. Sencdiclio Dei, etc.

Le 1K décembre, le Saint-Père recevant en audience toas les collèges «ïlrangers qai éiaicat vetina au Taiican, présidés par leurs recteurs, & entendu la leclnre d'une Adresse faite par le R. P. Semencnko, recteur du collège polonais, qui iaisail allusion aui persécution présentes. Le Saint- PÈre a répondu :

L*£glise a été persécutée depuis sa naissance. Elle avait trouvé la société incrédule, ignorante, remplie de vices, et elle la ramenait sur le chemin de la justice, de la vérité et de la sainteté. Mais cela ne pouvait se faire sans résistance, et c'est pourquoi, dès lors, commencèrent les persécutions. Il y a peu de temps, en lisant l'ouvrage d'un savant, qui n'est pas italien, je me suis convaincu que la persécution présente est de beaucoup la plus terrible de celles que l'Eglise a subies par le passé. Voulez- vous en connaître la raison? Filîoli mei, levate oculos vestros in circuitu. Levez les yeux, mes chers enfants, et regardez tout autour de vous. Regardez la société, voyez ce qu'elle est, et vous trouverez qu'elle est, non pas aveugle^ comme la société ancienne, mais apostate. Et c'est pourquoi il lui est bien plus difficile de prêter l'oreille à la voix de Dieu et de l'Eglise, parce que de tous les pécheurs, l'apostat est le plus réprouvé aux yeux de Dieu. Que s'il en est ainsi, si ceux qui gouvernent la société sont dans la main de Satan, s'ils sont animés de haine contre Jésus-CIirist même, voyez quelle force, quelle vlj'ueur, quel zèle, quelle vie exemplaire et quelle solidité de doctrine il est nécessaire de montrer pour convertir ceux qui se laissent tromper aux illusions perfides que produit un te! état de la société.

Et c'est pourquoi, mes chers enfants, je vous exhorte à vous montrer des ecclésiastiques de plus en plus fervents et chaque jour meilleurs, afin de confondre nos ennemis par la sainteté de notre vie, afin qu'Us se voient contraints de respecter cette vertu dans les prêtres, bien qu'Us en soii'nl les ennemis. Persévérez donc dans h chanté et dans le zèle, et préparez-vous à combattre les erreurs. Le bon Dieu mettra lui-même les idées dans votre esprit, les paroles sur vos lèvres, la force dans votre cœur, pour dé-

fendre les droits de Dieu et de l'Eglise si iodignemeot outragés. C'est la méditation que je vous donoe pour ce matin, et que Dieu, je l'espère, imprimera fortement dans vos âmes, afin qu'il fasse de vous des dignes prêtres de sa sainte Eglise.

Pour vous obtenir ces grâces, que Dieu fasse descendre sur vous ces bénédictions qui illuminent l'esprit, excitent le courage et affermissent de plus en plus dans la prière, si nécessaire en toutes circonstances, mais surtout dans le temps présent.

Que Dieu le Père vous bénisse avec sa toute-puissance, le Sauveur Jésus-Clirist avec sa sagesse, et l'Esprit-Saint avec sa grâce, atin que vous puissiez remplir dignement les devoirs de votre saint ministère. Benediclio Dei, etc.

Le 40 décembre, environ 1200 femmes de )a cild Léonine ont été admises en audience publjqne, dans la grande salle du Consistoire. Lorsque l'j Saini-Pôre s'est assis sur le trôae qui lui avait été préparé, Mme la comtesse de Marciano a lu, au nom de toutes les assistantes, une Adresse,

à laquelle le Sainl-Pôre a répondu :

Je suis on ne peut plus heureux de me voir entouré de tant d'honorables femmes romaines. Vous vous pl^gnez à juste litre de la situation présente; mais il faut respecter les jugements de Dieu et se résigner à sa sainte volonté. Nous lisons dans l'Evangile d'aujourd'hui que saint Jean- Baptiste, jeté en prison par Hérode, parce qu'il lui reprochait ses crimes, y reçut la visite de ses disciples. C'était une vaste prison dans laquelle ils pouvaient le visiter et écouter ses enseignements. Sous ce rapport, elle ressemblait au Vatican, où l'on peut venir me voir, mais d'où il m'est impossible de sortir, sous peine d'exposer à des outrages ma dignité de vicaire de Jésus-Christ et de manquer aux devoirs qu'elle m'impose. Je suis loin de pouvoir et de vouloir me comparer au grand prophète eovoyé pour préparer la voie au Seigneur; mais je puis, jusqu'à un certain point, appliquer à notre temps les paroles que Jésus-Christ dit un jour aux disciples de Jean. Malgré

ras5uraiiGe qae lenr en doonait le précurseur, ils doutaieat encore que Jésus fùl véritablemeot le Messie. Jean les envoya alors au divin Sauveur lui-même : « Es-lu le Messie, lui demandèrent-ils, ou devoDS-nous en attendre un aulre?» Jésus-Christ leur répondit par le langage éloquent des faits : << Les aveugles voient, tes sourds entendent, les estropiés marchent, tes morls ressuscitent. Juyez vous-mêmes par là si le règne de Dieu est venu ou non. »

Il est vrai que ces miracles sensibles ne se voient pas aujourd'hui ; mais Dieu ne vous a point pour cela oubliées, et il continue à protéger d'une manière spéciale notre Itume,capitaledu monde catholique. D'autres miraclesd'uu ordre supérieur s'accomplissent sous nos yeux. Malgré les triomphes de l'impiété dominante. Nous voyons nos sujets de toutes les classes marcher avec une Terveur toujours croissante daos la voie du bien. Les sacrements sont de plus en plus Tréquentés : tes nombreuses communions fuites dans toutes les églises, le jour de l'Immaculée Conception, en sont une preuve. Chaque jour se forment de nouvelles associations ayant pour objet de se consacrer aux bonnes œuvres; de toutes parts s'ouvrent des écoles dans le but de s'opposer à la propagation des erreurs de l'impiété, et de sauver de la contagion du mal les ùmes de vos enfants dont vous me parliez tout à l'heure. (A cet endroit de sou discours, le Saint-Pére fut interrompu par les sanglots.)

Oui, cet accord généreux et unanime des bons pour résister aux efforts de l'impiété, est un don de Dieu, un grand prodige que le Seigneur opère en votre faveur.

Vous me demandez quand viendra l'heure de notre délivrance?

Il n'appartient pas à nous, mes filles, mais à Dieu seul, de la déterminer. Ce que nous savons, c'est que la prière hâtera la venue du jour où nous serons de nouveau libres, parce que la prière trouve toujours accès auprès de Dieu. Priez donc, mes Qlles, afin que Dieu abrège le temps de

DOS tribulations : le seigneur saura bieo y mettre un terme, lorsque l'heure marquée par sa miséricorJieuse providence aura sonné. En attendant, je vous bénis de tout mon cœur; je bénis vos corps, aH» que le Seigneur leur conserve la . force et la santé ; je bénis vos âmes, pour que Dieu les remplisse de sa RFiice el de ses dons surnaturels ; je bénis vos affaires et voire commerce, afin que le Seigneur les fasse prospérer; je bénis vos enfanls et vos familles, afin que vous ne trouviez dans votre intérieur que des sujets de consolation. Que cette bénédiction vous accompagne durant votre vie et vous ouvre, après votre mort, les portes du Ciel. Bmediclio Dei, etc. »

A ces paroles, toute l'cssistancc tomba à çcnom ; el il faut renoncer t dépeindre la seban âmouvaule qui se produi»ii alors. Toutes ces piuuâus femmes versaient ries larmesd'atlcmJri^semoiit

■ Seigneur, disait l'nne, délivrez voire saint l'oiilifi; des mains doses eonemiB, et rcadcz-nous noire bient'ailcur. «

■ Les infâmes, disait une autre, l'enfer les a voiiiîs, et ils sont vcuus martyriser celui qui toute sa vie n'a l'ail que du liicii. »

Lorsque le Souverain l'outife s'est relire, un cri s'est élevé de taules les poitrines :

• Saint-Père, nous sommes à vous, nous et nos familles, et noua vous resterons toujours tidèles! >

Dans l'une des réceptions qui ont eu lieu au Vatican, ft l'occasion des féiesdeNoél de l'année tB7l, le marquis Cavaleiti, sénateur de Rome, a lu au nom de la noblesse, tout entière re|irésentée, des nombriiuscs suciélfs romaines et des cmplovés tîdÈles, une très-lielle Adresse, où il exprimait les sentiments et les vœux du peuple romain- En même temps, il présenuit au Saint-I'ère une géniïreuse offrande en argent. Pic L\ a répondu à peu prCs eu ces termes :

Les félicitalions que M. le marquis Cavaletli, sénateur de Rome, vient de m'offrir au nom des vrais citoyens romains sont pleines d'espérances, A ces espérances sont si vives, à leur tour, que j'y vois une marque qu'elles seront exaucées, parce que l'espérance fondée en Dieu ne peut être confondue. Dieu se souviendra, un jour ou l'autre, de «es miséricordes.

Happelez-vous ce qui est écrit dans l'Ëvangile sur le temps et les circonstances dans lesquels s'accomplit le grand

(jystère que nous célébrerons demain. Le monde et l'emire romain étaienl plongés (3ans le plus sombre abinic e l'erreur et Je l'impiété. Tous les peuples se trouvaient ri proie à la corruption, cl les hommes hoiinî'les el pieux, pars dans l'empire, soupi'aient nprés la fin de tant de laux et, confiants dans la i)n)mcs3e divine du futur tédempteur, disaient dans leur cœur : fiorale cœli desuper t nubes pluantju.'.ium. Or, ce fut en ce lemps qu'Auguste, pris d'orgueil, ordonna h: recensL-menl de l'empire, el uc, pendant un biver rigoureux, le patriarche saint Joeph avec sa très-chasie épouse la vierge Marie, uxore prtp- »ian(e, partit de Nazareth pour se faire inscrireàJérusaleni elon l'ordre de l'empereur, lequel ordre témoigna une )is de plus que la parole de Dieu ne passe pas, car il rriva que le Christ naquit dans l'Iuiniblo ville de Bethléem.

Et notre ville de Rome, siège delà religion, de la vérité, e la justice et de la sainteté, est aussi venue aujourd'hui u comble des malheurs. Dans les écoles publiques, on nseigne l'incrédulilé et l'impiélé ; des hommes pervers bercheni à répandre le protestantisme, et de toute part e commettent des abominations qu'il est inutile de signa- ;r. Aujourd'hui même, ils veulent faire le recensement de 1 population, comuie autrefois Auguste, qui, certes, lie upposait pas que dans les sujets de l'empire allait appaaître leRédemptcurdu monde.

Il y a ressemblance de circonstances et de temps, mais our nous l'espérance doit élre plus grande. Aux jours 'Auguste, tes bons étaient peu nombreux pour prier, mais ujourd'hui, vous tous élevez vos cœurs vers Dieu, et ce 'est pas seulement à Rome : il faut compter tous les fiéles de l'Italie, de l'Europe, du monde entier.

Ainsi, ce désirjuste et saint de voir changer rapidement horrible aspect du monde nous donne un certain espoir, uisqu'il coïncide avec le recensement.

Oui, ayons confiance dans la foi des peuples, dans anioo des catholiques, et Dieu nous eiaucera 1

Il y a plusieurs siècles qu'un homme plein de courage

et d'énergie descendit des montagne» des Asiurïes» et cnmmaDdant un peuple animé d'une foi active et de zèle pour la religion, sut délivrer TEspagne du cimeterre, chasser les Musulmans et rendre son pays à la catholicité. GomploDs donc sur la religion des peuples pour obtenir de nouveau ce prodige.

Je ne cesse de prier ; vous, priez avec moi afin que aous allirions les miséricordes de Dieu. J'élève mes mains au ciel et je dis : Seigneur, cette vigoe vous appartient, vous l'avez plantée el arrosée du sang des apôtres et des martyrs ; vous l'avez cultivée par la pureté des doctrines el par la sainteté des exemples de tant d'hommes que vous lui avez envoyés. Mon Dieu ! un regard de miséricorde surnous ! que votre droite bénisse ce peuple qui attend tout (levons! Bénissez-le dans ses familles, et que celte béaédiclion y porte la paix des liommes de bonue volonté, la paix qu'ont chantée les anges. Réunissez ces catholiques qui m'entourent et tous ceux qui s'emploient pour amener la fm de dos maux. I)énissez-lés en ce moment, pendaol leur vie et à l'heure de la mort, afin qu'ils soient dignes de vous bénir durant l'éternité.

Itenediclio Dei, etc.

Le jour de sainl Jean, apOirc, fêle oiiomasliquc de PJe IX, le Saînil'Ërcn re(u daas la salle du Consiïloirc l'hommage de ses troupes fidèles. qu'élail venu lui préseniei- le gOnéral di' Kaozler. Le Saiiit-Père lilaU eolouré de quatorze cardinaux, de beaucoup de pn^lats, des prloces romains cl des citoyens de la ville en gnnd nombre. Dans rnssislaocc, on remarquait, en o'uirc, vingt-cinq jeunes inatelois de la marine franç-aise, qui reçoivCDl leur instruction à bord de VOrénoque.

En voyant ce pclit groupe repri^scnlant la puissante marine d'aae grande nation, le Saim-Pèrc a |mru profondément ému, el il l'a l>éni avec amoar. Le général Kaozler avait A ses cAtés le général marquis Zappi, venu tout exprès de Florence, elle général de Courlen, vena de

Derrière ec tenaient les soldats de la réserve, composée, on le sait, de SSi) ofliciers, des Qls de famille romains, glorieux débris de l'héroïque armée, qui a inscrit dans ses fastes les noms à jamais mémorables de Casteltidardo, Bagnoréa, Monte-Libreiti, Mcntana et Rome.

Uuand le Saint-Pcre parui, vers midi el demi, tous ces braves officiers ne l'acclamèrent pas, mais, silencieusement, ils mirent le genou en terre. Le Saint-Père, les ayant bénis une première fois, s'assit sur son irAoe, puis le géiiéral Kanzicr, ministre des armes, s'approcha en mettanl de

noaveaa le genou en terre, il lut ensuite d'une voix haute et claire, que rémotioD, en plus d*un endroit^ fit trembler, rAdrcssc suivante :

Très-Saint-Père,

Bien que privés de nos armes que nous avons déposées, le combat à peine ouvert, non sans douleur, mais avec une prompte et entière soumission aux ordres vénérés de Votre Sainteté, nous nous sentons honorés et joyeux de pouvoir nous grouper en ce jour solennel autour de votre trène pour déposer à vos pieds nos vœux, nos actions de grâces et nos protestations.

Nous protestons de notre attachement inaltérable et de notre inébranlable 6délité, dont tous les soldats ici présents et Timmense majorité de Tannée ont donné des preuves éclatantes dans les derniers combats.

Nous vous rendons grâce pour celte générosité, unique dans Phistoire, avec laquelle Votre Sainteté a voulu pourvoir au soutien de ses troupes dissoutes^ alléger leurs nécessités et les misères que beaucoup auraient eu à sobir, leors familles étant privées de toute autre ressource.

Enfin nous faisons des vœux ardents pour la longue conservation de la prédease vie de Votre Sainteté, afin que ce grand courage et cette fermeté que nous ne cessons d'admirer soient couronnés par le triomphe final qui peut tarder, mais qui ne manquera pas.

Le corps des volontaires de la résen'e, composé de la fleur de la noblesse et de la bourgeoisie de Rome, s'unit à l'expression de ces vœux. Toujours il est resté en union étroite avec Tarmée^avec laquelle il a constamment rivalisé. J*y associe également tous nos frères d'armes dispersés aujourd'hui dans les pays lointains, et dont un grand nombre, dans la guerre gigantesque qui vient de finir, ont tenu si haut l'honneur de leur drapeau, qu'ils ont obligé leurs ennemis d'avouer qu'être soldats de Pie IX, c'était ne le céder à personne pour la bravoure, pour la discipline et pour l'esprit d'abnégation.

Daignez, Très-Saint-Père, accueillir favorablement ces manifestations respectueuses de nos cœurs, et bénir les présents etles absents, afin que, forts de cette bénédiction, nous maintenions toujours intact le sentiment du devoir et de l'honneur.

Le Saint-Père a répondu par une allocution dont la Voce délia Verità s'excuse de ne donner qu'un pâle résumé, car, dit-elle, la parole du Saint-Père, toujours facile et prompte, était encore plus rapide, plus mimée et plus émue que de coutume. Voici à peu près ses paroles :

Je reçois avec une joie très-vive l'expression des sentiments que vient de me manifester en votre nom, à tous, le général Kanzler, ministre des armes. Ses paroles sont vraiment la digne expression des sentiments d'honneur et de fidélité qui vous animent. Et, songeant à y répondre, il me vient à Tesprit le souvenir de deux événements glo-

rîeux. Ils appartiennentàrhistoire profane, mais ils peuvent utilement s'appliquer à vous. Le premier est la fameuse retraite de dix mille Grecs, contraints d'abandonner la lutte, et qui durent à leur fidélité et à leur coDStancc, de pouvoir, à travers de longues et pénibles souffrauces, être ramenés par leur général dans la patrie où ils rendirent de nouveaux services. L'autre fait est lire de l'histoire romaine : C'est quand un glorieux capitaine, qui avait fermement soutenu la mauvaise fortune, obtint du sénat cette louange célèbre qu'il n'avait pas désespéré de la patrie. Le premier exemple nous donne la mesure de la fermeté de votre conscience, et dans le second vous pouvez puiser un grand motif de consolation.

Vous avez refusé de vous unir h un ennemi avec lequel vous ne pouviez rien avoir de commun, car il combat cea sentiments de fidélité aux principes de l'éternelle justice, dont vous avez voulu rester etdontvous resterez loujoura, je l'espère, les constants défenseurs. Ces sentiments, les ennemis du Saint-Siège f t de la religion les redoutent. Ils redoutent les prêtres, ils redoutent les bons oatboliques, ils redoutent la prédication de ta parole de Dieu, et ils ne craignent pas les sectes qui corrompent les entrailles de la société, minent les trônes et ébranlent tout ordre social.

ADn que, dans ce grand combat du mal contre le bien, le Seigneur puisse vous garder toujours fidèles aux sentiments dont vous êtes animés, et dont vous avez donné de si nobles preuves, j'invoque sur vous de tout mon cœur la bénédiction de Dieu. Qu'elle descende sur vous, afin de vous maintenir toujours égaux à vous-mêmes, et sur vos familles, afin qu'elles soient comblées de tous biens, A elles comme i vous, je continuerai les secours que pourri me permettre ma pauvreté, et jVspère qu'ils ne vous manqueront jamais. Avec toute l'eflusion de mon âme, je vous donne la Bénédiction apostolique, et je prie le Seigneur de la rendre efficace pour le temps et pour l'éternité. Benedictio Dei, etc. »

t La poignée de vaillanU qui étaient là était profondément émue. Tous g se jctèreat de nouveau à genoux. Puis le général ministre des armes s'approcha du Saint-Père et baisa sa main. Ainsi firenl les autres généa raux et orilciers. Après quoi je Sainl-Père se relira dans ses appartements, |. suivi par les acclamations de Tassistance.

Le 28 décembre, le Saint- Père a reçu les hommages et les vœux des re collèges de la prélalure. Vers les onze heures et demie, ils se trouvaient y réunis dans la salle du consistoire. Le Saint-Père y est entré, suivi de LL. Em. les cardinaux Sacconi, préfet de la signature, Mertel, président L du conseil d'Etat, Capalti, préfet de la congrégation des études. Le 8ou- : verain Pontife, s'étant assis sur son trône, le cardinal Sacconi lui a adressé *j un discours que nous résumons :

« Si le suprême et céleste Pasteur, descendu sur la terre de la droite de son Père pour racheter et sauver le genre humain, a voulu se soumettre aux souffrances et aux douleurs, on ne peut s'étonner, quelle que soit notre affliction, de voir Votre Sainteté, digne vicaire de Jésus-Christ, soumise au même sort par Tœuvre de ceux à qui elle a prodigué ses bienfaits et de qui elle devait attendre toute autre chose. Votre cœur de souverain et de pasteur, après avoir eu la douleur d'entendre son gouvernement paternel dénigré de la manière la plus cruelle, a subi Taction de la force et de la violence, qui Tout dépouillé de son royaume et de la capitale du monde catholique, et comme si cela ne sutûsait pas, nous sommes réduits à voir s'accomplir incessamment sous nos yeux des actes par lesquels on foule aux pieds les principes les plys saints de la religion et les droits de PEglise et du Saint-Siège.

Impuissants  empêcher tant d'outrages, nous nous serrons pleins de douleur autour du trône de Votre Sainteté, et notre présence est une protestation permanente contre tout ce qu'on lui fait souffrir et une preuve d'affection filiale et d'attachement à votre personne sacrée. Ne pouvant alléger vos peines, ne pouvant les faire cesser en les prenant pour nous seuls, nous voulons du moins, à l'occasion de cette solennité de Noël, déposer à vos pieds nos vœux pour votre conservation et pour le triomphe de la sainte Eglise. De même qu'autrefois, lorsque saint Pierre était en pHson, la prière montait vers Dieu pour lui, sans interruption, de toute l'Eglise : Oratio fi^bat sine intermUsione ab Ecclesia ad Deum pro eo^ de même nous tous, unis aux fidèles du monde entier, nous ne cesserons de prier ardemment pour que le divin Rédempteur abrège le temps de la tribulation et fasse succéder au deuil l'allégresse, aux jours de douleur des jours de joie et de paix.

Mais nous ne pouvons nous éloigner de votre trône sans avoir demandé votre bénédiction apostolique, qui nous inspirera un courage toujours plus grand et nous assurera l'abondance des grâces célestes.

Le Saint-Pôrc a répondu :

Tout ce que vient de dire le cardinal sur la situation pré-

sente de Rome et sur les maux qui l'aniigent, est très-vrù; 'y joÏDdraî quelques mots sur le fait auquel se rapporte la fête de ce jour. Elle nous rappelle comment le Rédempteur du monde, pour sauver sa vie, s'échappa des mains des hommes cruels. Nous voyous dans l'Aacien Testament que lorsque Elie fut recherché par un rui juirqui voulait le prendre et lui faire le plus de mal possible, il éleva sa prière vers le Ciel, d'où descendirent des flammes qui réduisirent en cendres la cohorte de satellites envoyés pour le saisir. Le Nouveau Testament nous dit qu'un autre : roi juif envoya ses sbires pour s'emparer de l'Enfanl-Jésus, qui s'enfuit en Egypte pour sauver sa vie. Elie se défendit j par le feu, Jésus se sauva par la fuite : il y a là un grand ^ mystère. (

Le roi barbare fît répandre le sang innocent des eofaoti j: a bimatu el infra. Oh ! quelle douleur des pauvres mères! Rachel plorans filios sws. Infortunées ! quelle dût être leur désolation I

Aujourd'hui encore, que de mères répandent des larmes amëres et gémissent dans l'angoisse sur leurs 11 Is exposés à la perversion des erreurs el de l'impiété, enseignés qu'ils sont par ceux, qui emploient pour maîtres des hommes véritablement animés de l'esprit de l'enfer. Elles déplorent, inconsolables, l'affreux malheur d'envoyer à ces écoles infernales leurs fils bien-aimés, qui en sortiront pervertis et dégradés.

A vous il appartient de pourvoir à un si grand besoin, autant que cela vous sera possible et par votre action et par vos secours.

Je ne sais si l'audileiir de rote pour la France se trouve parmi vous; s'il y est, je voudrais voir avec lui tous les evêques de France pour leur faire entendre ma parole. Que eur pensée el leurs soins se portent vers deux œuvres saintes : secourir les orphelins qu'a faits la dernière guerre et sauver la jeunesse du torrent des erreurs abominables qu'enseignent les ennemis de Dieu. Ou raconte que les Renan et autres hommes semblables recommencent à obte-

lir de la contidéralioi). Ce serut le plus grand des mal- ' tenrs si la jeunesse venait à être pervertie parleurs écoles ofâmes-

Or donc, CD ce momeni où les flots soulevés par la ^nde tempête semblent s'apaiser un ioslant, que les ivéques de France, ces doctes, pieux, zélés et fidèles seriteurs de Dieu et de l'Eglise, secourent les pauvres orpbe- Ids, mais qu'ils s'appliquent aussi de tout leur pouvoir à auvcr les jeunes gens de l'inondation des erreurs pestientielles, en leur procurant le moyen d'apprendre les 'raies et saines doctrines ! Que pour l'une et l'autre œuvre la unissent leurs efforts, afin que, collalis consiliis, ils luisscntplus sûrement atteindre ce grand but.

El vous qui m'entourez, travaillez aussi à consoler tant le malbeureuses mères en sauvant leurs fils d'un si épouvantable péril. Efforcez-vous de le faire en fournissant tes subsides que vos ressources vous permettent de consacrer i celle œuvre. Efforcez-vous de le faire en agissant vousmêmes, cbacun suivant sa condition et ses aptitudes. Vous 3evez tous en être convaincus, il importe par-dessus toui 3e sauver la jeunesse des enseignements des hommes perl'ers qui propagent la perversion (pervertiti e pervertilorit.

A cette sainte intention, adressez h. Dieu vos prièie*. iximme je lui adresse les miennes. Priez non-seulemeni pour cela, mais encore pour tout ce qui peut contribuer u réparer les maux si grands qui affligent le monde et aux - (uels, espérons-le, le Seigneur daignera bientôt mettre u» ;enne.

Répondant à vos supplications. Dieu, dans sa misériîorde, vous bénira, il vous bénira vous et vos familles, l'Os désirs el vos œuvres, comme je vous bénis au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Benediclio Dei, etc.

Le jeodi 4 janvier TSTS, M. le curé des Sainls-Apôlres S lu, devant le >aÎDl-Përe, an nom dos cur^s de Kome, une irès-bclle Adresse, pour extrimer leur dévoùmeni inaliérabic aux doctrines et t la csnse de l'Eglise

et de ta Papaoté. Le Saîat-PËre a répondo par un discours ^momsnl, donl nons donnons, d'après la Veice âetla Yerità, ce résumé :

J'ai enteDdu avec un grand plaisir les belles paroles que M. le curé des SaÏQts-Apôtres, en son nom et au nom des curés ses collègues, vient de réciter. Comme il l'a dit, les pasteurs furent sollicités par la voix de l'ange d'aller à Bethléem et de voir ce qui y était arrivé. Ils trouvèrent l'EaraDt-Iésus et sa mère et Joseph dans un grand dénûment et dans une grande pauvreté.

Kt vous aussi, mes fils, vous êtes venus me trouver en cesbeauxjours. Véritablement, quant à la grotte, au dénû- j ment et à la pauvreté extérieure de rEnfanl-Dieu. je ne puis J guère lui être comparé : car, encore que je sois ici enfermé, j'y suis avec quelque commodité; mais vous Ctes venus vénérer dans ma personne l'Enfant-Jésus, dont je suis le Vicaire. Voyez comme Dieu, dans sa Providence, sait bien arranger la vie de ceux qu'il aime, ainsi qu'il l'a fait pour Marie et saint Joseph. Ni toujours dans la joie, ni toujours dans la tristesse. Un jour, un moment de consolation, el puis un autre momenl, un aulrc jour de tribulation.

Et c'est pourquoi Nous prenons patience dans l'adversité des jours présents, à cette époque où, comme vous le disiez, vous marchez en semaul les œuvres de votre ministère dans les larmes, jusqu'à ce qu'arrive le jour, qui échappe à notre connaissance, pauvres mortels, où Dieu usera de miséricorde. Ayez donc patience, mes chers liU, dans les labeurs de votre ministère. Et je sais que de U patience il en faut beaucoup. Insistez sur l'enseignemcDl de la doctrine chrétienne. Les écoles que vous ouvrez sont une grande el belle chose; et j'en suis très-content à cause du fruit quelles proiluiiont, car les enfanls y pourront apprendre les maximes de la religion et des bonnes mœurs-

Et maintenant, jo vous bénis de tout cœur, je vous bénis, vous et tous vos bons paroissiens, je bénis vos fatigues et votre zèle, ahn que vous continuiez à faire les bonnes œuvres pour l'accomplissement de votre sainl ministère. Danedictio Dei.

Le S2 décembre, après la proTisign des novrea» érCqnea, le Saiai- Père lyanl réani ceux qui se irvuvaii'iii i, Rome. Irnr adressa one allocntion, dont Toki la iradaeiîoit. Taile snr le texte du Divin Saitaton :

Oui, espérons un joyeux avenir, espérons que le Seigneur voudra user de miséricorde envers celle pauvre Italie. Quand Dieu %*eut cliàlier un peuple, il le prive de ses pasteurs et des grâces surabondantes qui doivent le guider dans les seutiers diriiciles de la vie pour alleindre l'Eteroité. Ainsi en a-t-il été pour la pauvre Italie, depuis plusieurs années. Au contraire, quand il veut user de miséricorde envers un peuple, le Seigneur le pourvoit de tous les secours spirituels et temporels qui facilitent son salut, et, avant toutes choses, il le pour\'oit de pasteurs selon son cœur, qui soient ses lumières et ses guides.

Aujourd'hui, ce Fait que, par la permission de Dieu, nous envoyons des évèques aux églises veuves, esl sans doute une marque de miséricorde et de bien actuel, maia c'est surtout l'annonce d'un avenir meilleur que Dieu nous réserve après ces moments de pénible épreuve. Les nouveaux pasteurs, en allant vers leurs peuples, y trouveront deux sortes de personnes auxquelles ils doivent particulièremenl appliquer leurs soins. Les premières sonl les personnes incrédules (mais elles sont plus nombreuses), déjà comme possédées du démon, comme sonl certains syndics d'Italie, qui écrivent certaines lettres (1)

Les autres classes de personnes, au fond, ne sont pas mauvaises, mais elles sont d'esprit indécis, mou, et, disons le mot, absolument vil; elles veulent concilier le bien et le mal, la vérité et le mensonge. Dieu et Bélial. Or. ces choses ne se peuvent concilier. Pour les premiers, il est nécessaire de prier, afin que le Seigneur les touche. Quant aux seconds, ils ont besoin d'être enseignés et excités. Vous vous occuperez des uns et des autres, et par là, avec

(I) Allusion 3U synitic d'une ville d'Italie qui, répondant à ane lettre d'un des nouveaux évoques, avait déclaré qu'il ne voulait connaître d'au* citue afïaire louctianl à la religion, attendu qu'il était partisan de la séparalloQ de l'Ëglise et de l'f.ut-

l'aide de Dieu, vous opérerez le salut de vos peuples, au moyeu de toutes les vertus pastorales.

C'est pourquoi je vous béois, et avec vous je bénis tous vos peuples, au temporel et au spirituel, dans te temps et pour l'éternité.

Bmedictio Dei, etc.

Le 7 janvier, 600 femmes IraDslévérines se soni préseolées II l'aDdieDce du Pape et loi ont témoieoé, dans une magnifique Adresse, leur inaltérable déTOâmenl. Le Sainl-Père a répondu :

J'accueille avec un vif plaisir ces marques d'arfeclion du Translévère envers le Saint-Siège. Je vous rappellerai un fait qui a vingt-quatre ans de date. J'étais uu Quirinal, lorsque le quartier du Translévère, composé d'excellents et fidèles Romains, vint m'offrir un grand bouquet de fleurs, que deux bommes pouvaient à peine porter. Aujourd'bui, vous n'éles pas venues m'apporter des fleurs, mais, ce qui m'est bien plus précieux, l'expression de vos cœurs. Les bons Translévérins montèrent dans le palais; tes Transtévérines restèrent sur la place, en sorte que, pour les bénir, je m'avançai sur cette loge, aujourd'hui profa>Ke par d'autres femmes (1).

Dés lors je connus les sentiments des habitants du Translévère envers le Vicaire de Jésus-Christ, et quel lien indissoluble d'affection les unit à ce Saint-Siège. Aujourd'hui, le prince qui était à la tête de ces hommes est mort, son fils et son neveu (2) sont morts, le colonel qui les accompagnait est mort, le curé de votre église est mort aussi, et certainement beaucoup d'entre les habitants de ce temps-là ne sont plus. Et cela nous avertit combien notre cœur doit se détacher de celte terre, qu'il faut un jour ou l'autre laisser. Notre demeure permanente n'est pas ici-bas : ce n'est qu'un lieu de passage et d'épreuve...

(1) Eolre antres, Uargueriie, temme du prince llumben. (S) L« prince Corsini.

Vous demaDdez au Pape quand finiront les maux qui nous assiègent. Méditez les vérités que l'Eglise nous rappelle eo ces jours , et votre cœur vous donnera une réponse.

Jésus-Gbrist, dans son humble crèche, recevait les offrandes des pauvres pasteurs et des rois opulents, et en même temps la cruelle jalousie d'un souverain menaçait sa vie; mais le dessein de l'iniquité ne put triompher, parce que le sacrifice devait s'accomplir plus tard sur leGolgotha. Et voilà que l'ange du Seigneur avertit Joseph de se sauver en Egypte. Trois ans s'écoulent, et l'ange reparaît et ordonne à Joseph de retourner avec l'enfant en Palestine, parce que ceux qui en voulaient à sa vie étaient tous morts, defuncli sunt enim qui quœrebanl animam pueri. Le tyran était mort, et la sainte Famille puL retourner sauve dans sa patrie.

Le monde, mes chères filles, a toujours éléhostile à Jésus- Christ et à son Eglise et les a toujours combattus. Mais la persécution a toujours passé, et l'Eglise immortelle a toujours triomphé. Les barbares empereurs qui teignirent de tant de sang les arènes sont passés, et l'Eglise immortelle a triomphé. Les incrédules et les impies l'ont dépouillée, insultée, maltraitée en mille manières, ils sont passés aussi, de/tincft sunf, et l'Eglise demeure et demeurera toujours, parce qu'il n'y a ni force ni sagesse au-dessus du Seigneur.

Que telle soit la réponse à votre demande : « Quand cela fioira-t-ll? » Ce quand, nous ne le savons pas, mais nous gavons que nous le hâterons par nos prières et par une plus scrupuleuse observation de laloi de Dieu.

Mères, ayez soin avant tout de vos enfants. Que la sœur aînée s'occupe de la sœur plus jeune, le frère du frèr<^, le père et la mère de tous.

Recourez aux pieuses dames qui s'emploient avec tant de zèle au bien de la jeunesse ; recourez k vos guides spirituels, à vos curés. Uuissez-vous toutes aux pieds de Jésus-Christ, et, avec une constante et ferme confiance en

lui, attendez le moment de la divine miséricorde. La Providence vous assistera.

Fasse le Seigneur que ce dur état de choses cesse eofio, pour que vous puissiez me revoir dans vos rues sans que ce que l'on voit et ce que l'on entend à cette heure afflige mon cœur.

Que la bénédictioQ du Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, descende sur vous et demeure comme imprimée en vos cœurs.

Benedklio Vei, etc.

Le 91 janvier, des dïlégui^a de cointléa catholiques d'Allemaf^e,

d'Autriche, de Belgique, d'Espagne, de Fnuce, de Ir Grand e-Bretagoc, des Pays-Das et de la Suisse, devaient prjsenier iSa Sainteté une Adresse commune poar protester conire l'invasion du lerritoire poaiifical. C>M U. de Hcmpline, l'un des représentants des catholiques, qui a donna lecture de I adresse que voici :

Trè8-S»int-Pèr8, Depuis le jour oil le roi de Sardaigne a commencé la criminelle série de ses alienlats contre l'Eglise, conlrc voire personne sacrée et contre les droits impérissables des peu|iles ctiréliens, les catholiques du monde enlii;r ii'onl jamais cessé de prolester; Voire Sainlelé a reçu des Ifmoignagcs d'amour et de tidolilé si nombreux ei si souvent répétés, que son cœur de père y a puiaé Qon-seulemenl des consolalions précieuses pendant son lou^ martyre, mais encore la ccriitudc que l'immense majorité de ses fils refuse de s'associer à la houleuse complicité de leurs gouver-

Ccite complicité irop évidente était, jusqu'à présent, restée passive ; par un reste de pudeur ou peut-être de crainte, li^s diplomaties modernes, tout en laissant un libre cours, d'abord aux menées secrètes, el plus lard aux violences sacrilèges des envahisseurs de Is Cité sainte, avaient refusé de s'associer trop ouvertement aux spoliations dont Votre Sainteté, doni l'Eglise tout entière est la victime.

I.e gouvernement qui, après avoir dépouillé l'Italie de sa gloire et de ses richesses, voudrait lui enlever jusqu'i son nom, el qui s'intitule insolemmenilc gouvernement italien, croyait tui-m<^mc nécessaire de garder quelques mesures. Il ne voulait s'emparer, disait-il, que du patrimoine de l'Eglise, mais il laisserait intact son domaine spirituel.

Ces promesses mensongères ne diminuaient pas son erimo, mats elles étaient comme un dernier voile d'hypocrisie que la conduite des envahisseurs a déchiré depuis le jour où, nouveaux barbares, ils se sonl établis en vainqueurs sur le sol arrosé du sang des premiers martyrs chrélicns.

L'erreur n'est plus possibW; les plus avetigles sont contraints d'avouer

qoe c'est bien an Christel ï son Eglise qne la guerre esi déclarée; et c'est après ce dernier avea, c'est A l'heure où les cceurs de tous les fidèles sont oppreués de la plus poignante angoisse, que les gouveracmeots europiîens ont fail, eux aussi, un dernier pas : ils ont envoyé leurs reprfseniants ici, à Rome, pour s'associer, auiaol qu'il èLail en eux, au sacrilège d'uD roi excommunié!

Nous Tenons, Très-Sain l-Père, an nom des comilés catholiques de l'Angleterre, de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Belgique, de TEspugne, de la France, des Pays-Das cl de k Suisse, pour faire amende honorable de ce dernier el suprême aitenlal. Les gouvernemenls modernes ont consommé leur apostasie ; il n'est pas vrai qu'ils représentent ni l'esprit, ni les cœurs, ni les volontés des peuples catholiques.

Ceux d'entre nous qui sont soumis à des gouvernements proleslanU, déclarent qu'en dehors même de la foi catholique, le simple respect da droit el de la toi morale elirétienne aurait dû suffire pour rendre odieuse celle panieipaiion à un crime qui viole à la fois tontes les lois divines el humaines ; ils prolcstenl, en outre, qu'en opprimant l'Eglise et le Vicaire de Jésus-Christ, on les opprime eux-métncs et on méconnaît leurs droits les plus sacrés.

Il n'y en a pas parmi nous dont les gouTeroemenis puissent encore s'appeler caihotiqucs, mais ceux qui appartiennent JLdcs contrées où les populations sont tout entières ou en grande majorité restées catholiques, déclarenl qu'ils rerusent de s'associer à l'apostasie de ceux qui les goa-

NouG croyons tous que la loi relif;ieuse et la loi morale s'imposent aux nations comme aux individus; soumis i. renseignement de votre chaire sacrée, Trés-Saint-Përr, nous détestons et nous maudissons la dociriaa monstrueuse qui prétend justifier tous les attentats par le succès; nous dr-clarons que la présence h Rome des diplomates a:crédités auprès du roi de Sardaigne, est une insulte aux sentiments de tons les catholiques, cl nous supplions Votre Sainteté de ne pas conrotidrc ses fils fidèles et opprimés avec lea gouvernements indignes qui seuls ont commis lo

Le Saint-Père a répondu :

Sans aucun doute, je ne coofondrai pas les attentats très-injustes dont vous venez de parleravecces tendres et fréquentes manifestations d'amour que je reçois de tous tes points du monde et que je suis heureux d'accueillir de vous aujourd'hui. Ces manifestations me sont Irôs-prùcieuïîes : elles me donnent la force, servent d'exemples au inonde et constituent un grand acte que l'histoire conservera avec un soin jaloux pour l'instruction et l'édiScaiion de la postérité.

Malheureusement une partie des chrétiens est pervertie

et la plupart des gonveroaDts, oublieux de leurs devoirs, les UDS par méchanceté, les autres par faiblesse, se sont jetés sur cette mer orageuse qui c'a point de rivages. C'est pdur eux et pour les peuples un immense mdheur, auquel le Seigneur seul pourra mettre un terme.

Depuis environ quarante ans, le Saint-Siège a été invité à élargir ses institutions et à les conformer aux prétendues aspirations populaires. Ces invitations pressantes et répétées étant dévoilées publiquement, augmentaient d'une part l'audace des ennemis du Saint-Siège et de l'autre les difficultés dugouvemementen l'affaiblissant.

Vous savez aujourd'hui comment ceux qui se faisaient mes conseillers gisent par terre, semblables à des troncs inutiles, incapables de lever un seul bras contre la révolution.

La société a été enfermée comme dans un labyrinthe, d'où elle ne saurait sortir sans la main de Dieu. Puisse-t-il, ce Dieu Seigneur suprême du monde et qui réprouve les conseils des princes (1), ramener celte société dans son étal normal et lui rendre la paix et la tranquillité. Quoi qu'il en soit, nous savons qu'il saura protéger son Eglise.

L'Eglise, à la vérité, est militante: elle doit combattre et elle combattra; bien plus, je répéterai en un sens bien plus juste ces paroles autrefois prononcées follement à propos d'autre chose: «L'Eglise fera par elle-même (£o Chiesa farà da se). » El l'Eglise le pourra faire: et l'Eglise le fera.

Cependant, cela ne diminue en rien la faute de ceux qui devraient protéger l'Eglise et ne le font pas. Beaucoup de révolutionnaires n'ont peur aujourd'hui que du pire, parce que, au-dessus d'eux et derrière eux se trouvent d'autres révolutionnaires plus perûdes, qui ne connaissent aucun principe de charité ou de justice, et qui préparent à l'humanité des jours terribles...

Que ferons-nous donc en des temps si tristes?

(1) Dominai diBsipit consîlia gcDtium; rcprot>al antem cogitationes popsloniin et reprobat consilis principnm. Ps. XXXII, 10.

Parmi les souvenirs qui mo vienneat à la pensée^ il en est uo qui remonte à bien des siècles.

Je me souviens d*Esau, quand, pris de fureur, il marchait contre sou frère Jacob. Jacob, voyant le péril, se mil en position pour l'altendre. Il plaça en première ligne ses serviteurs, puis ses enfants, puis l'innocenle Rachel. Nous imiteroDS Jacob. Nous avons uo Esaii qui nous persécute durement et cruellement; et en première ligne, nous pla^ ceroos le clergé avec ses paroles et ses exemples; puis, vous tous, prompts à le soutenir et à l'imiter. Mais notre Rachel est dans les cieux, et c'est la Mëve de Dieu, notre mère, l'aide des Chrétiens, le refuge des pécheurs, la destniclion de toutes les hérésies, de toutes les erreurs. Qu'elle soit notre protectrice!

Et mainleuanl, je me bornerai à vous répéter les seutimeuts de joie que je ressens pour les paroles affectueuses que vous m'avez adressées. Je vous bénis, je bénis vos intentions, vos démarches. Dieu fasse de vous les insirumeols de. sa gloire, afin que par le noble exemple de votre vie, par vos prières et celles de tous les fidèles, ce pauvre Jacob puisse vaincre le féroce Esaii et le désarmer par la charilél Puisse Dieu rappeler dufoud de l'impiété la partie corrompue des peuples, et guérir de leur faiblesse les souverains. Benedktio Dei, etc.

Le Pape a reçu, le 2R janvier, une députalion de quatre cents Roinaiiig, la plupart pères de Tamille et appartenant â la paroisse SS. -Via cent- et- Anastase. Le curé et le duc de Sara éiaJenl â leur tSic, et un des garder nobles de Sa Saiiueii^, le comit; Adolphe PiuDuiani, ayant lu une belle Adresse, Pie IX a ri^poadu par une allocution dont la Voce délia Yerilit doune le râsumé suivant :

Les nouvelles marques de fidélité, d'amour et de soumission que je reçois chaque jour sont une preuve solennelle de la protection de Dieu sur celte ville et sur ses habitants, lesquels n'ont pas oublié la lumière qui s'est faite dans leur Âme dés la plus tendre enfance.

Dans son Evangile de ce matin. Dieu a voulu nous

parler selon le mode qui lui était si familier, la parabole. Le maître de la vigne envoie les ouvriers qui doivent y travailler et leur promet une récompense : qtiodjmtum est dabo vobis. Vous savez que le maître de la vigne est Jésus- Christ, que la vigne est l'Eglise, que les ouvriers sont moi, vous et tous ceux qui, avec nous, travaillent pour la cause du Seigneur. Dieu nous envoie tous, afin que nous produisions en diverses manières des^itsde bénédiction. Le prêtre produit par ses paroles et son exemple, le père de famille par la bonne direction qu'il donne à ses fils, les sujets par l'obéissance, les supérieurs par la justice des commandements. Tous sont appelés au travail et tous seront appelés à la récompense. Certes, le travail n'est pas facile aujourd'hui. Il est des temps où tout nous donne de la vigueur et nous pousse à l'œuvre, et d'autres où les bras retombent et sont comme affaiblis. Et tels sont les temps actuels. Nous avons des églises profanées, des spectacles de corruption, des livres et journaux pleins d'immoralité et de turpitude, des chaires d'erreur et de blasphème contre Jésus-Christ. Mais l'ouvrier doit-il se décourager et abandonner le travail ? Non, tout au contraire, ii doit redoubler de zèle.

D'ailleurs il n'y a pas de couronne sans combat : I^'on coronabilur nisx qui legilime- certaverit. Plus ta couronne de l'immortalité aura été conquise chèrement, plus elle sera grande, précieuse et belle- Courage, Irès-chers enfants! Allons tous au travail de cette vigne de l'Eglise de Dieu, plantée par lui, arrosée du sang de son Fils unique et sans cesse protégée par sa main. Non, il ne sera jamais possible que l'impiété, qui triomphe aujourd'hui dans les rues de Rome, reste victorieuse. Ce rocher inébranlable sur lequel Dieu a voulu bâtir son Eglise sera débarrassé, lavé, mais nous avons confiance que Dieu nous donnera le triomphe. En vérité, si l'on regarde autour de soi en ce moment, on n'aperçoit aucun secours humain. Mais, que dis-je? il en est un très-précieux : c'est le réveil presque universel des hommes qui aspirent à se replacer sur le

chemin du bien. Ils éprouvent le besoin de la paix, le besoÎD de sortir du tourbillon révolutiouDaire, le besoin d'être libres de remplir leurs devoirs sacrés. Ce besoin se répand de plus en plus, nt nous espérons qu'il ramènera bientôt te jour où sa fera un grand calme : Fada ul tranquiUitat magna.

J*aurais à vous dire d'autres choses si malëçère indlsposilion ne me doQnail pas encore quelque embarras. Je finis en vous bénissant, vous et vos familles, avec toute la tendresse de mon cœur. Je prie Dieu de soutenir les bras que je lève vers lui pour vous bénir. (Ici le Saint-Pére a paru en proie à une vive émotion et ses yeux se sont remplis de larmes.) Ces bras affaiblis par le grand âge ont besoin d'élre soutenus comme ceux de Moïse. Puisie ma bénédiclioii descendre dans vos cœurs el y accroître la ferme confiance en Dieu, se reposer sur vos fits el les garder fidèles à leurs devoirs, sur vos familles et leur porter la paix. Qu'elle soit votre force dans les épreuves de la vie et à l'heure dv ta mort, afin que vous tous puissiez louer et bénir le Seigneur durant rétcrnllé. Benedictio Deiy etc.

Le dimanche i février, plus de <,000 Romains, apiiancnant i la parobse Sa'iDl-.^ugustin, ooi été ri'i,'u$ en audieucu par le Saini-l'Ërc, ilaiia la salle itu Consiïlaire. Pic 1\ esl tniri.' ilatis la salle vcr.s onir heures, i.'l auisilAl les applaudinsemeniâ et tea cris éelattrenl ; Viiv notre Saintfère! vive notre fonlift cl Hoi! Sout minnhs riHrfs, Tr^tSainl-l'i're, rwut te «crons toujoura! Le l'apc sVunt cusuiie aah >ur son Irûiir, le curé de Sa in 1- Augustin doona lecture, au nom de ]'ati<iitanr«, d'une mngnifiqne Adresse, qui fut suivie de gracieuses piècas de vers rdoitén pir une ilamc et uue peiiic fille.

Le SalDl-Cèrc a répondu par une allocuiioii éoergiqus, que aouB traduisoDs de la Voce delta Verilà :

J*ai entendu avec une vive satisfaction les paroles qui viennent de m'étre adressées au nom de la paroisse Saint- Augustin tout entière, je dis (oui entière, parce que, s'il y avait des exceptions, elles ne feraient point partie <lc la paroisse. Vous avez eu raison de dire que l'Eglise soutient un rude combat, et que qui la renie dans les circonstances présentes, ne mérite plus d'être appelé son fils. Cependant

vous désirez maioleDaDt entendre aussi mes paroles, les parolesdu Vicaire de Jésus-Christ, et je vous les adi'esserai. La parole de Dieu se répaud pour l'utilité de tous, et pourtant tous D'en profitent pas. Comme l'enseigae la parabole de ce jour, c'est une setnence qui est jetée dans toutes les classes de chréliens, parmi les bons et parmi les mécliaols, parmi les médiocres et parmi les pires, et à tous le Seigoeur crie par sa parole son éternel non licet. Non, il n'est pas permis d'enlever à autrui ce qui lui appartient. Non, il n'est pas permis d'offenser le Seigneur, son Eglise, ses ministres. Non, il n'est pas permis de violer la loi de Dieu.

Cela est dit à tous. Mais trop souvent le grain tombe sur la place publique, c'est-à dire qu'il tombe dans l'esprit de ceux qui méprisent Dieu et celui qui parle en son nom, et ceux-là sont les ennemis déclarés et décidés de la foi. Ils sont, comme Judas, possédés par le diable. Pour eux la parole divine reste vraiment inulile, et ainsi pourrait-on dire : Non effundas sermonen ubi non est auditus (l). Ce que nous pouvons seulement faire pour ces malheureux, c'est de demander au Seigneur qu'il les lire de leur sommeil mortel.

Pour d'autres, ce divin non licet tombe au milieu des épines, et ce sont tous ceux qui se sont emparés des biens d'autrui, tous ceux qui ont arraché à l'Eglise ses possessions, tous ceux qui écrasent les peuples d'impôts intolérables pour en faire leur profit. Nous en voyons de ces hommes, et plus d'un, qui étaient naguère dans la plus profonde misère et qui aujourd'hui se font voir dans des chars splendides et vivent au milieu des richesses. A ceuxci encore la parole de Dieu profilera bien peu, car elle est étouffée par les injustices et parles crimes. Un païen luimême l'a dit : Quid non mortalia pectora cogît auri saera famés?

Une troisième classe, c'est celle des gens pour lesquels

(1) Ne parlez pas à qui ne veut pas eatendre.

la semeoce tombe dans une terre bonne, mais peu profonde, eo sorte qu'elle prend un peu de racine et pousse hd peu sa lige; mais elle ne produit pas de fruit, parce qu'elle manque de nourriture. Ce sont ceux dont on a écrit : Video meliora proboque, détériora sequor. Aujourd'hui, ils se donneront tout à Dieu ; mais demain, leurs bonnes pensées seront remplacées par d'autres, qui les entraîneront de nouveau par en bas. Toujours ondoyants et incer' lains, ils n'ont pas le courage d'abandonner leur troupeau et de retourner à leur père, qui les attend. Avec ceux-ci cependant, les paroles sont utiles, et vous devez vous occuper assiduement de les ramener au bien en leur rappelant les devoirs qui les rattachent à Dieu.

Enfln, il y a une partie de la semence qui tombe en un bon terrain, et ce sont lous les gens de bien, si nombreux à Rome, qui donnent leurs soins à se Manctifier et à sanctifier les autres, surtout par ces pieuses associations qui honorentgrandement notre ville.En dehors même de Rome, et surtout dans notre Italie, il y a aussi des hommes excellents qui répudient absolument le présent ordre de choses. « Nous sommes trop conservateurs, disent-ils, pour nous associer àun tel gouvernement; nous sommes trop catholiques pour pouvoir maintenant porter nos pas sur la voie de Rome(l). n Gela s'appelle parler clair et écraser le respect humain.

Suivez ces nobles exemples, vous qui représentez ici le bon terrain. Conservez avec un soin jaloux ces conseils dans votre cœur, et prions lous ensemble le Seigneur d'éloigner de cette ville ces maîtres prolestants venus pour la pervertir, et tant d'autres maîtres d'erreurs et d'iniquité qui souillent la capitale du catholicisme.

Et maintenant, je vous donnerai de boa cœur ma bénédiction. Qu'elle descende sur vous lous, sur vos fils, sur

(1) Rapi^elODS, à rbonoeur de la tribuoe française, que les paroles citées ici par le SaiDl-PËrc avaienl été prouoncécs, quelques jours aupanivanl, par te noble marquis Costa de Bcauregard, qoi marquait ainsi !« devoir de tous les catholiques.

T&9 fomilles. Qu'elle conserre loii]ours vivante dans vos cœurs la parole du Seigneur, et qu'elle tous garde des offenses à sa sainte loi. Qu'elle vous soutienne durant loulD votre vie, mais surtout à cette heure où vous devrez remettre vos Aiues dans la maiu de Dieu, afin qu'alors vou? poissiez répéter tranquillement : M manus tvas, Domine, commendo spiritum meum. Que cette bénédiction vous serve i louer et A bénir Dieu pour toujours, afin que moi, qufr vous, que Rome tout entière et que tous les booa chr^ tiens, nous puissions redire ses louanges pendant toute tl bienheureuse éternité.

Benedictio Dei omnipoimlia, etc.

Le Sainl-Père, recevanl en audience les curés de Rome et prédietlenrsducarâine pour l'année l373,lear g tenu un itiscaunobilmarqull les devoîrH de leur charge. Nous traduisons ce discours, ici que nom II irouvous dans le résume qu'en a donné le Slanlardo catlolico de Gènes :

PersoDue mieux que vous ne peut connaître l'état vraiment malheureux où cette ville a été réduite depuis l'iavasioD du 30 septembre 1870. Ce n'est pas que moi aussi je ne sache tous les maux dont elle est affligée, car si m« yeux ne voient rien, j'entends le récit de tout ce qui se fait.

n n'est donc pas nécessaire de décrire ce que Rome est devenue. Et c'est asses de dire qu'elle est entièrement changée et qu'elle a perdu sa physionomie naturelle. Mntattu est œloroptimut.C'esl ici que vous voyes ofMr à l'avarice des sacrifices de toute sorte : des usurpations, des injustices, des oppressions, des tyrannies et des profanations. C'est ici que vous voyoE offrir à la débauche des sacrifices de scandales, d'abominations, d'Impuretés et de hontes. En sorte que l'on peut dire encore '. Filii Sim ampUxttii sunt stercora.

Et cela ne doit pas surprendre. Car Dieu, qui destinait Rome à être le centre de la religion, a permis plus d'uat fois qu'elle fût envahie avec. l'Italie, parce qu'elle n'Moil

plus capable de remisier au mal et de conserver lutact le dépôt de la foi. Les Goths sont venus et les Oslrogolhs et les Huns et les Lombards et d'autres barbares ; mais, au lieu de faire ici des victimes, la plupart y trouvèrent leur conversion.

Il me souvient d'avoir lu ce fait : l'abbé saint Golomban, apprenant que les barbares s'approchaient de sou monastère, appela ses religieux, leur fit porter tout autour des murs toutes les reliques qui se trouvaient dans le monastère, puis il leur recommanda de se mettre en observa* tion. Et ils virent que les barbares, à peine eurent-ils aperçu le saint appareil, restèrent confondus et reculèrent.

Je sais bien qu'aujourd'hui le temps n'est pas favorable pour exposer ainsi les reliques des saints; cependant il faut que nous résistions aussi à l'invasion et que, ne pouvant empêcher le mal, nous cherchions au moins à le diminuer.

Pour cela, je m'adresserai d'abord aux curés. Vous qui approchez les jeunes gens, faites tomber goutte à goutte la vraie doctrine dans leurs jeunes âmes, confirmez-les dans la foi. Faites comme faisait le cardinal Reginald Bono. Ne pouvant autrement s'opposer au mal qui, de son temps aussi, pervertissait la ville de Rome, il réunissait dans une maison le plus de jeunes gens qu'il pouvait, et il cherchait à les éclairer en les instruisant des choses de la foi et des pratiques de la vertu.

En parlaiit au peuple, criez de toutes vos forces : Non licet! non licet! Non, il n'est pas permis d'aller à certaines représentations où sont tournés en ridicule les prêtres et les choses les plus saintes de la religion. Non, il n'est pas permis d'envoyer ses enfants à certaines écoles dont les maîtres, s'ils ne sont pas athées et matérialistes, sont quelque chose de pire. Non, il n'est pas permis délire certaines feuillesquisonlrempliesdepoisonetquicorrompentlecœur. Non, il n'est pas permis de s'arrêter à contempler certaines images qui respirent la malice, etc. Non, il n'est pas per-

rois d'aller entendre certaines leçoos évangéliques qui seraient mieux appelées des leçons diaboliques. Non licet. £o un mot, retirez le peuple du mal, atlirez-le au biea» surtout en lui recommandant les associations catholiques qui ont été établies en cette ville pour un si grand avantage des âmes.

Pour vous, 0 prédicateurs, je me bornerai à vous dire : Prêchez ce que vous avez dans le cœur. Vous avez dans le cœur Jésus-Christ, qui est la voie, la vérité et la vie. Dites aux fidèles que si Jésus-Christ est la voie, c'est Lui seul qu'ils doivent suivre ; que s'il est la vérité, c'est Lui seul qu'ils doivent écouter; que s'il est la vie, c'est de Lui seul qu'ils doivent espérer le vrai bonheur. C'est une pensée de saint Jean Chrysostonie, que quand la tribulation est plus grande, plus vif doit être le sentiment de la récompense promise. Or, voici que les tribulations et les périls nous entourent de toutes parts. Nous trouvons des périls de la part des faux Trères, in falsis fralribus, de. Diles donc aux fidèles qui vous écoulent et qui sont persécutés et exposés à tant de périls, dites-leur qu'ils considèrent les promesses que Jésus-Christ leur fait, cl qu'ils sentiront croître avec l'espérance, le désir de le suivre dans la souffrance.

Pour finir, je vous montrerai à tous le Divin crucifié luimême, et pour vous tous je ferai cette prière.

Deus qui nos in tanlis periculis constitulos pro humana scis fragililate non posse subsislere : da nobis salulem mentis et corporis, ut ea quœ pro peccatis nostris patimur, le adjuvante vincamus (I).

Benedictio, etc.

(f) Mon Dieu qui savez que, placés au milieu de si grands périls, dods De pouvons y résister à cause de la fragililé liumaine, doonez-noo» la santâ de l'ame et du corps, afin que nous Iriompliions, par voo^i secours, des adversités que nous souffrons pour nos péchés.

Le dimanche de QniBquacésiine, le $aiol-P^re a dat^é accorder ludieace «a habitants An paroisîCS ite Sainis-Celse-et-Jarien ot du Sainl- Ssnveur in Lauro. Avec eux se trouvaient les élèivs de l'Académie d« masit^e diri^fe par les Frères des Ecoles chrélienaos. académie fondée ]»r Pie IX, atia de former pour loî basiliques et enlises des chanircs habiles ei dignes de cODlini:er les iraditionsdu chani ecclésiastique, comme aussi de fournir les voix blanches que réclament les partitions des (jrdnds maîtres du moven l'ijie. Avant d*entrer dans la salle ducale. Fie I\ a béni les enfants des écoles no: turnes. puis les religieuses da Précieux-Sang, qni élivent dq millier de jeunes iil'.es romaines.

Les habitants des paroisses désignées plus liant étaient an nombre d'environ l,ÎOO, hoinm.'s, femmes, enfjnls. qui ont accueilli le vr.ii Koi de Rome par des accl.iiiul'oiis i-n thon si a s tes.

Les élèves de musique ont li'abord salué le Pape par un hymne do circonstance, admirsbiL'ment chmié. Ci-s voix fraîches et pures ont pam émouvoir le cceur de Pie iX, qui a dit :

Depuis le 20 septembre, je n'avais pas entendu de musique, et je n'étais pas en disposition de désirer en enteodre. Mais ces voix délicieuses m'émeuvent. Peut-être sont-elles d'un bon augure.

Puis l'archiprétrc de Saint-Ceisc a In une belle Adresse, à laquelle le Souverain -Pontife a répondu, apr^s avoir entendu une poésie ravissante et d'autres chants.

Voici le sens de sa réponse :

Les sentiments que votre curé m'a exprimés en voire nom, me sont très-chers parce que je les sais trés-sincêres. Je les accepte donc avec grand plaisir, et comme une consolation au milieu des amertumes que me cause la guerre toujours plus acharnée des ennemis de Dieu. Ils m'aident à supporter plus courageusement l'horrible situation qui nous est faite.

Cependant nous pouvons tirer linéique espoii; de l'évangile d'aujourd'hui. Jésus-Christ au moment de montera Jérusalem exposait à ses disciples comment il y rencontrerait la trahison, les insultes, la llagellation, la condamnation et la croix. Mais il ajoutait pour les consoler : tertia die resurgam. Le troisième jour je ressusciterai et je vous ouvrirai les portes du ciel, à vous tous.

Nous aussi nous espérons dans la lin prochaine de nos douleurs. Nous avons confiance que la divine providence voudra nous délivrer.

Celte musique que nous entendions tout à l'heure coD&rmait mon espoir, car après la catastrophe à laquelle il a plu à Dieu de nous soumettre, je m'étais dit : suspendimus orqana nostra. Le Seigneur e& a voulu autrement, et qu'il nous soit permis d'y voir un présage de l'approche de sa bonté- Le Seigneur est trop miséricordieux pour prolonger longuement nos afflictions. N'a-l-il pas écrit ces douces paroles : Dabo vobis lacnjmas cum ntensura. Oui, le Seigneur nous donne les larmes, mais avec mesure, et, semblable à un bon père, il ne sait pas voir ses ûls pleurer longtemps.

Jésus-Christ nous ofTre un autre enseignement dans ce même évangile. Tandis qu'il était sur le chemia de Jéricho, un aveugle, entendant le bruit de la Toule et sachant que le Christ se trouvait avec elle, se mit à crier : FiU David, misère mei\ El plus on lui disait de se taire, plus fort il criait : FUi David, misère mei. Il fut exaucé et recouvra la vue.

El vous aussi vous avez crié souvent : Fils de Dieu, ayez pitié de nous ! Vous l'avez dit dans vos oraisons, vous l'avez réilélé à haute voix dans les églises, lesquelles, hélas! n'ont pas été respectées. Vous avez invoqué, et vous invoquez l'aide de Dieu par les œuvres saintes que vous opposez aux œuvres d'iniquité de ses ennemis; parles bonnes écoles et par l'enseignement chrétien que vous opposez à leurs écoles qu'ils disent évangéllques; parla piété et la ferveur que vous opposez aux Iculatives de i'eufer.

Oui, les oraisons, les bonnes ceuvres feront violence au Seigneur, et bien que l'heure de sa honlé nous soit cachée, espérons qu'elle est proche. Que la bénédiction que je vais vous donner puisse en être le gage !

Ah! Seigneur, bénissez ce peuple, bénissez tous ceus que vous m'avez coiiliés, afin qu'aucun ne se perde. Puissé-je moi-niÙNic rcpélcr avec le divin maître : De tous ceux que vous m'avez conliés. Seigneur, aucun n'a péri, hormis l'homme de la perdiLion.

Il c'y aura que trop d'exceptions, héUs ! parce qna Ton voit des hommes sourds à la voix de Dieu, sourds aux remords, soiu-ds à la terreur des vengeances célestes, sourds à rhonoételé vulgaire elle-même.

(Ici le Pape s'est arrêté un instant comme oppressé par Vémotion, puis reprenant- :

Je béuis de cœur les présenis et les absents et cette chère ville de Rome sur laquelle j'invoque avec ferveur la grâce du Seigneur. Quelle vous fasse résister aux mauvais exemples et qu'elle donne à vos actions la victoire sur riniquilé.

Que la bénédiction de Dieu vous aide à combattre, à vaincre, à triompher, atin que tous vos vœux soient réalisés dans l'éternité. Benedictio Dei, etc.

Le 18 février, a midi, le Sainl-Ptre recevait en anilience solennelle, dans la salle ducale, plus de l,:>00 personnes apimrtenain aui paroii$es df Santa iîaria in \'ia taCa, de Santa Maria in Yia el de Saint-Marcel, bans Tassistaoce, on remartinait cinq cardinaux, deux princes njmaina et d'auirej personnages de distinclion. Quand le Saiui-E*èrc parut, il fui accueilli par les anlenies acclamations de reite Taule dévouée; pois Sa Sainteté B élADt assise sur son irône, S. E. don llario Chigi, prince de r.urnpagnano, lit lecture d'une admirable Adresse ciprimani tes scDlimenls de véni^raiion cl d'iimuur des personnes présentes. Le S.iinl-P6re a répondu par une allocution que nous iradui^ons d'après VOtservatore romano. UiilscoinmeuL rendre, dit ce journal, la vi>' el la force que donaail i ce discours la voix forle et sympailiiiiuc de l'auguste vieillard.

Voici les paroles du Sainl-Père :

Le peuple romain ne dénient pas son caractère, fondé sur la foi catholique, sur le respect pour l'autorité et sur son amour pour le Sainl-Siége. Je m'en réjouis de nouveau, et je prie Dieu de tout mon coeur qu'il confirme ce qu'il a opéré d'en haul. Confirmel hoc Deus quod operatus est m nobis. Oui, qu'il conlirme tout le peuple romain dans ces sentiments de foi el d'amour afin qu'il persévère jusqu'au bout à les (irofcsser sans respect humain.

Je vous dirai quelques paroles sur l'Ëvangile de ce jour, et ainsi nous puurruu&faire quelques réQexions appropriées aux circonstances du temps présent. Le Dieu sauveur,

après s'être ÏDcarné et avoir pris notre nature humaioe, a voulu encore se soumettre aux plus grandes humiliatioDs, et 11 -permit, lui qui ne pouvait pécher d'aucune manière, Il permit que le commun tentateur s'approchât pour le tenter aussi. Elles sont au nombre de trois, les tentations par lesquelles, en se présentant à Jésus, le diable voulait, avec une imprudente scélératesse, digne de... Mais laissons-le parler.

Tout d'abord il présente une pierre à Jésus et lui dit : Toi qui peux tout et qui as fait tant de miracles, ordoQDC que ces pierres se changent en pain... Ah ! combien y eu a-t-il de nos jours qui de la pierre veulent faire du pain I Hais pour faire du pain avec des pierres, ils commettent mille injustices. Je ne parlerai pas des brigands, ni des vols qui se commettent sur les places publiques et dans les maisons, mais je parlerai des hommes de qualité et de ceux qui se montrent bien vêtus dans le gouvernement et dans la société, et dont on ne sait que dire, sinon qu'ils se sont enrichis en se partageant les dépouilles d'autrui. Et tous ceux-là veulent faire du pain avec des pierres, mais injustement. Or, Jésus-Christ répondit au démon : Oui, il est nécessaire que les hommes aient du pain, mais apprends que les hommes ne doivent pas vivre seulement de pain. Non m solo pane vivit homo, sed in omni verbo quod procedit deore Deî.. Le pain ne doit pas Cire l'unique nourrilure. Il faut encore se nourrire de la parole de Dieu. Les brigands, les fourbes, tous ceux qui s'en vont dépouiller le prochain et qui s'enfuient après, ceux-là n'écoulent pas la parole de Dieu et ils n'y prennent pas garde. Que ceci donc ■ nous soit un enseignement. Certainement nous avons besoin de pain pour soutenir notre corps ; mais n'oublions pas le pain de la parole divine, qui nous soutiendra toujours davantage au milieu des périls qui nous entourent.

La seconde tentation fut que le démon, emportant Jésus- Christ sur le sommet d'un temple, l'engagea à se jeter en bas, parce que les anges l'auraient soutenu, et Jésus- Christ répondit qu'on ne devait pas tenter Dieu, comme

font tant et tant qui vivent dans l'oubli de Dieu, accumuleutpéchés sur péchés, tentant ainsi sa divine miséricorde, qu'ils invoquent sans se soucier des rigueurs de sa justice. Et notez que le démon, en citant le psaume et les versets du psaume, en falsifie les paroles, comme font encore ces évangéliques et ces scliismatiques qui falsifient certains passages et qui donnent à entendre aux ignorants ce qui n'est pas (l).Jésus-Glirist, qui n'était pas sujet à se tromper ni à être trompé, s'en aperçut bien, et prévint encore les mensonges, la fausse interprétation et les corruplions du texte scriptural qu'invoquait le démon. Ceux-là donc qui imitent le démon ont été de même confondus, mais ils n'abandonnent pourtant pas leur opinion, car ils sont abandonnés de Dieu.

La troisième tentation fut que Jésus-Christ consentit à être insulté par le démon en se laissant transporter par lui — chose étonnante et qui fait frémir — sur une haute montagne, et là, jetant les regards tout autour, le diable lui dit : « Vois ces provinces, ces royaumes et ces empires, je te les donnerai si, te prosternant devant moi, tu m'adores humblement. » Mais la réponse fut décisive : Vade rétro, Salatias, scriptum est enita, etc. Alors les anges s'approchèrent pour servir Jésus-Christ.

Tout cela, messieurs, s'est passé et se passe de nos jours. Le démon s'est présenté devant la RévoIuUon et il lui a dit : « Si tu te prosternes à mes pieds, je te donnerai ces royaumes, ces empires, ces provinces. « Et ce n'est pas à rilalie seulement que le démon s'est ainsi présenté, mais encore à d'autres pays, et à d'autres endroits que l'on conoait fort bien. Le démon est venu, il a proposé un pacte sacrilège, et le pacte a été accepté. Il ne l'a été que trop.

Le pacte, c'était de devenir les souverains de celle péninsule, à condition de persécuter l'Eglise, à condition de la

(1] Allusion à la célèbre dispute qui venait d'avoir lien entre les mi- DJsUes proieslanls cl les ;i réires caiholiqucs sur le point de savoir si saint Pierre était vraiment venu i. Komc. On sait que, de l'aven même des impies, l'avantage dans cette dispute resU tout entier aux catholiques.

ircr, à condition de persécuter ses ministres et de répandre partout te blasphème, à condition de répandre rimmoralité â pleines mains, en tous lieux. Et ils l'ont adoré ; mais cette adoratioD du dialile qu'iU oat faite, oh I ■ quelles fatales conséquenoes elledoit avoir! C'est vrai que , telle est la conaéquence de cette brèche Tuneste. Ab I ti j'avais eu alors la mlssioa de Léon le Grand, de ce f^and pontife qui se présenta au-devant d'Attila, si alors j'avda eu cette mission, je me serais présenté devant la Révolutioii et les révolutionnaires, et je leur aurûs dit : Attendei, avant de mettre les pieds dana les murs de la saint* Cité. Réfléchissez un moment avec moi aux conaéqueucBi mémorables de cette occupation sacrilège, et après voua monterez au Gapitole; après, vous entrerez dans les antna liaux de cette ville; après, Dieu le permettant, voua entrerex et vous monterez ; mais cependant aurez-voua par là ffagné quelque chose? Vous entrerez et vous aurez le pouvoir de détruire, mais non pas d'édifier; vousenlrerei pour répandre dana ces eainles murailles toutes sortes d'iniquités; vous entrerez pour préparer la voie aux fléaux les plus funestes qui tomberont sur vous, car vous serei victimes de votre ambition.

. Dieu saint ! je ne parle ni par haine ni par envie, car je proteste devant vous tous qui priez avec moi pour la conversion de oe peuple, que j'ai toujours devant les yeux ce divin précepte : Diligite tntmtcos vestros; bene facile his qui oderunt vos. Donc, prions ensemble pour leur conversioD, prions pour ceux qui s'endurcissent sous le marteau de l'iniquité. Prions pour ceux qui commencent à voir qu'ils s'étaient trompés en croyant vivre à la lumière et qui confessent aujourd'hui qu'ils marchent dans les ténèbres. Prions afin que Dieu suspende la rigueur des châtiments et qu'il épargne à ce cher peuple les effets de ses saintes vengeances attirées par le péché.

Et maintenant je vous invite à prier le plus tôt possible avec moi pour quatre fias : d'abord pour ce dont je viens de parler. Oui, prions pour la conversion des pécheurs, et

pour qoe Dieu nous conserve dans ces senlioienls et dans cette foi, el avec dous tous les Romains. En second lieu, il faut prier, et avec iaslance, pour ua autre objet.

Dans quelques jours, l'Assemblée nationale d'un grand pays doit s'occuper des faits qui nous regardent, et quelqu'un dans celte Assemblée doit élever la voix pour nous. Prions donc pour cette Assemblée, afin que les résolutions qu'elle prendra soient pour la gloire de Dieu el de la nation qui les prendra en même temps que pour l'avantage de ce Sainl-Siége. Prions encore pour que ces mesurçs qui seront prises tournent à l'avantage de cette nation elle-même, el qu'elle se souvienne que sans Dieu il u'est pas possible de gouverner.

En troisième lien, priez pour les catholiques d'Allemagne qui di'meurent fidèles et constants dans leurs devoirs, en face de la violente opposition qu'ils souffrent. EnSu, priez pour la diffusion de l'Ëgtise par toute la terre.

Et maintenant, avant de vous abandonner, avant de vous quitter. Je veux vous donner h bénédiction apostolique. Seigneur, du haut du ciel, vous voyez celle ville, ce peuple el enlte nation. Vous savez quels sont mes désirs pour leur sanctification. Je vous rends grâces, à mon Dieu, de l'espiit que vous donnez au peuple romain; je vous rends grâces de toutes les faveurs que vous m'accordez chaque jour; je vous rends grâces de la foi qui s'augmente, se fortifie et devient plus féconde d'un côté, pendant qu'on la détruit de l'autre. 0 mon Dieu! que votre bénédiction donne la force aux faibles et les prépare à soutenir les plus rudes combats ; que celle bénédiction porte la paix dans chacune de ces familles et la concorde entre elles, afin que toutes iravaillcnl au même but, c'est-à-dire à la sanctification de leurs âmes et la défense de la vérité el de la justice. Que cette bénédiction, en les accompagnant dans tout le cours de leur vie, les fortifie et les aide dans le moment suprême de la mort, afin que, rendus dignes de remettre leurs âmes dans vos mains, ils puissent

Toas bénir et vous louer dans loute l'éteraité- Bmediakf Dei, etc.

En lerminaat, dît YQuerviOùre, le SaîQt-PAre £lait extnordioaïreiMiir ému, ei des larmes coulaient de ses yeax. Quaad il parlil, UnU TasBi»* tanee éclala en cris d'amonr el de dévoAmeai, el les vivat les plu embODsiasies suivirent le Saiat-Père dans les salles de ses appart»?

Le £5 février, dans !a salle ducale, le Saint-Père donnait audienee i Bne nouvelle et nombreuse dépntalion [2,K00 personnes) des paroisMC romaines de Sainl-Euslache, Sainte-Harie-Madeleinc e[ Santa-Maria- Sopra-Minerva. Les curés de ces paroisses étaient à la léte de celte dépotatiOD, ain« que le marqnîs François PalrizKi. Après que les acclamaUoos qui avaient aceaeilli le Saint-Père eurent pris nn, le marquis Patrizai fit leciare, an nom de tous, d'une trës-bclle Adresse exprimant l'amonr et le dévoùment sans borne de l'assisUnœ et du peuple de Rome tout entier.

Le SaintPère a rfpondn :

Parmi les trois paroisses qui me font aujourd'hui uoe si belle et radieuse couronae, il eu est une dont j'ai été moimême paroissien en un temps où j'habitais, près du curé, un modeste logement dans un couvent, La chose est ancienne et remonte au delà d'un demi-siècle, car je me rappelle qu'il y a bien cinquante-six ans de cela. Hmsje m'en souvieos avec plûsir, et c'est une heureuse coïncidence

- -qne cette paroisse soit venue, avec les deux autres qui l'accompagnent, en un jour que l'Eglise consacre aux

' pensées de la joie et du bonheur, puisqu'elle le consacre i la méditation du paradis. En eiïet, l'Evangile nous rappelant aujourd'hui latranflguration de Noire-Seigneur Jésus- Christ, les auteurs sacrés en ont pris généralement l'occasion de parler du paradis. Aujourd'hui, c'est un thème difficile, car nous sommes plus disposés à parler des maux et des douleurs que des joies et des allégresses.

Le docteur des Gentils, qui fut un seul instant avec son corps ou sans son corps et avec son âme seule, dans cette région magnifique, disait, lorsqu'il en fut revenu, qu'il «s^X vu des choses que la langue humaine ne pouvait exprimer, et que l'œil mondain, avec toute l'audace de son

imagiDalioD, D'aurait pu concevoir. Ne suftit-il pas de savoir que le paradis, c'est le lieu où il n'y aura plus ni plainte, ni douleur, dî îocerlitude, et où nous %'ivroDS éternellenient dans une paix admirable, occupés de louer Dieu pendant toute l'élernitO? Mais, pour acquérir cette gloire, il est hors de doute qu'il faut la mériler dans ce monde, car nous ne pourrons poser sur notre front la couronne de ilmmortalilé bienheureuse, si nous n'avons pas combattu sur celte terre avec une grande générosité. -Von coronabilur nisi qui légitime certaverit-

Et, grâces à Dieu, nous pouvons dire qu'aujourd'hui les molî^ de combattre sont tellement multipliés qu'il semble que Dieu ait voulu rendre plus court le chemin qui conduit au paradis. Il n'est pas un jour, pas une heure, je dirais presque pas un moment, où il ne soit nécessaire de combattre pour soutenir les droits de la justice et delà vérité. Il n'est pas un moment où les principaux ennemis de la famille humaine ne soient en face de nous, ardents à soutenir leurs faux droits et en poursuivant le triomphe par la violence, par la fraude et par la ruse. Ces ennemis principaux, vous le savez, ce sont : le Démon, le Monde et la Chair. LaChair, qui putréfie tant de lieux en ce monde, parses vices, par ses concupiscences, se déverse commeua égout empoisonné, de telle sorte que nous devons redouter d'entendre de nouveau ces paroles de Dieu : Mon esprit ne demeurera plus avec l'homme (1), ou du moins, dirai-je, en beaucoup cChommes, parce quils sont la proie de la chair.

A la Chair s'ajoute le Monde, qui n'est pas encore satisfait de tout ce que nos yeux peuvent voir, ni de tout ce que font ceux qui ont le pouvoir défaire les œuvres diaboliques, et qui leur crie d'aller plus avant. Oui, tout ce qui a été fait ne lui suffit pas. 11 faut marcher encore dans la voie de l'impiété. Il faut attaquer les principes les plus saints : attaquer la foi, attaquer les anciens principes de la religion et de la piélé, et se servir pour cela de tous les

(I } Son permanebil ipirilut meut in komine (Gen., ti, 3).

moyens, soit en jetanl le ridicule sur les choses saintes. soit en ouvrant des écoles d'instruction dans le dessein de corrompre la jeunesse, ëd un mot, ils s'excitent à s'enfoncer plus encore dans l'iniquité, comme si, à cette heure, ils n'en avaient déjà trop fait!

Enfin, il semble qu'aujourd'hui le Démon excite encore plus et la Chair et le Monde. Il me semble voir se renouveler de nos jours ce qui advint, il y a tant de siècles, au solitaire de Hus, le patient homme Job. C'est un des points les plus ardus de la Saintc-Ëcriture et qui montrent le mieux à notre esprit la nécessité de se prosterner humblement par terre, que le dialogue que tint alors le bon Dieu avec le démon. A ce moment, le démon tournait et passait librement sur toute la superficie de la terre. Interrogé par Dieu sur ce qu'il avait fait et d'où il venait, il répondit : Cirouivi terram et perambulavi eam. Et Dieu (quel dialogue incompréhensible!), et Dieu ajoute : u As-tu vu Job, l'homme juste, et combien il est attaché à ses devoirs, combien rempli de respect pour Dieu, combien soucieux d'rlever saintement sa famille?» Elle démon, avec son infernalG effronterie, de répondre : Apparemment, l'amour de Job pour son Dieu est désintéressé ! Ne l'as-tu pas comblé des biens de la terre? Ne l'as-tu pas comblé dans ses troupeaux et sa famille? Ote-lui tout cela, et tu verras ce que deviendra l'amour de son Dieu.

Et Dieu donna cette liberté à l'ennemi du genre humain, à son ennemi, de pouvoir s'appesantir sur celle âme bénie et de lui enlever tous les biens qu'il avait. Et voici qu*ua tourbillon jette à bas sa maison, laquelle dans sa chute écrase ses fils. Et voici que les voleurs se jettent sur ses troupeaux, si bien que Job fut entièrement ruiné et qu'il devint pauvre et misérable, de riche et puissant qu'il était.

Le dialogue recommence. Comme Job, devenu misérable, était toujours fidèle, le démon s'élant présenté une autre fois. Dieu lui dit ; « Ce que tu as voulu, lu l'as fait. Et pourtant Job est toujours le juste. Il continue de me serviri » « Peau pour peau,» répond le diable. El Dieu lui

doDDC encore celle permission. La tin do Hiistoire. vpus la savez ; vous savez commenl. assis par lerri*. sur un fumier, couvert de plaies. Job conltiiuait de louor Dieu.

Ou je me trompe, mes chers petits enfants, ou le démon a aujourd'hui cette m^me liberté de courir le monde et d'atlnquer toutîs les âmes. A ces pai oies, l'assistance manifeste sa vive émotion. Il est possible que Dieu ait Jil au démon : D'où viens-tu? et où vas-tu? — Et le démon répond ; Ptrambu'..!vi krrtivt el arcuiii eam. Il est possible que Dieu lui ait déjà dît : Mais tu as vu taut de bons cercles caltioliques, lu as vu tant de bons Romains, tu &■« vu taQt d'àmes choisies qui aiment la vertu, la justice, ta foi el la relifrion, et cela par toute la terre, eu Italie, en Europe et ailleurs? Et si tu les as vus, tu sais qu'opprimés comme ils le sont, avilis, écrasés, ces catiioliiiucs fervents continueni de me craindre etdem'aimer, qu'ils continuent de fréquenter les églises cl de me supplier devant les autels, afin que je lève ta main et que je vienne à leur secours, afin de pouvoir finaleineul respirer l'air pur de ta tranquillité et de la paix.

Eh bien ! puisqu'aprés tant de misères, Dieu se ressouvint de Job et c[u'il lui rendit tout ce qu'il avait perdu et plus encore; puisque Job rentra dans ses anciennes possessions, et devint ensuilc le chef d'une plus grande el belle famille, puisqu'il mourut, tranquille et content, chargé de bénédictions, oh ! fasse le Seigneur qu'en nous tous se vérifie également celte fin de nos maux, el que la justice divine apaisée tourne toutes choses à la paix et à la tranquillité, de sorte que dans tes rues de la capitale du calholieisme, le prêtre, l'homme de Dieu el l'hoiiune d'ordre, puisse passer sans crainte d'insulte et sans menace de mort. Tel est mou désir.

Quoi qu'il en soit. Nous savons que le Seigneur, qui a voulu s'éprouver lui-même par une vie si exlraordinaire, a dit qu'il lient en main le vau qui sépare la paille du (jraiD el ainsi l'on verra le jour où les impies qui se glorifient de leur impiété, seront mêlés avec la paille, non

pour être consumés par le feu, mais pour brûler durant toute rélernité. Oui, le jour viendra où Dieu alors appel-., lera les âmes élues, parmi lesquelles je souhaite que vous soyez tous, afin de les mettre dans ses greniers, c'est-à-dire pour nous placer dans le Ciel et le bénir dans toute l'éternité.

Je désire le premier triompbe, mais je désire encore \ plus le second, parce qu'il est plus certain, plus beau, ■■ plus étemel, et parce qu'il donnera le droit de louer Dieu pour toujours.

Oui, mon Dieu ! telle est la prière que vous fût voire ' indigne vicaire. Tournez vos regards vers ce pauvre peuple. C'est vous qui avez planté cette vigne, et vous l'avei arrosée de voire précieux sang. Vous avez envoyé à Rome votre premier vicaire, saint Pierre et c'est ici, à Rome* que saint Pierre a consommé son martyre pour affirmer la fol qu'il avait préchée- Mon Dieu! visitez donc votre vigne; regardez-la, regardez ses misères, et levez le bras pour la bénir.

Bénissez les jeunes gens afin qu'ils soient préservés de la corruption. Bénissez les pères afin qu'ils s'occupent avec zèle de donner une sainte éducation à leurs enfants. Bénissez les mères et consolez-ies dans leurs afflictions. Bénissez ce peuple tout entier, les présents et les absents, et rendez-les tous dignes de pouvoir cbanter un jour vos bénédictions pendant tous les siècles dans le bienheurenx royaume du paradis. Benedictio Dei, etc.

Toate r&gsisUDce se jela t genoux pour recevoir la bénédiction, poia elle se releva en poussant des vivat cl des cris d'enthousiume, qni teeompagoèreol longtemps le Saint-Père rentrant dans ses appanemenli.

Le troisième dimanche de Carême, le Saint-Père a reça les deox paroisses : Sainl-Àndré délie Fratli el Saint-Bernard alli Termini.

La foule #tail aussi coDsidérable que les dimanches précëdeols. et qnand Pic IX a paru, accompagné de LL. Em. Asquini, Baraabo, Bktam, Borromeo, Ferrieri et Guidi, des applaudissements et des cris de : Yiva ilnostro lovrano! viva tlvicario dt ChrUto-Relviva U tantoPio! ont éclaté et se sont prolongés très-longtemps, malgré les signes des prélats et de Pie IX pour obtenir 1e silence.

ïs avoir entenda une Adresse lue par le R. P. Maselli, curé de indré, et des poésies récitées par une enfant et par une jeune fille, ï talent poétique est très-apprécié à Rome (Mlle Gnoli), Sa Sainteté lé adresser à Tassistance le discours que voici :

US aussi, vous êtes venus augmenter les consois de votre souverain et du Vicaire de Jésus-Christ, aussi, vous avez entendu la voix plaintive de l'Eglise, voyant les maux se multiplier, et cela par l'œuvre de iDs de ses fils dénaturés, s'écrie (et vous vous unissez clamation de cette mère accablée de douleur) : Filios ivi et exaltaviy ipsi autem spreverunt me. Ces hommes e disent catholiques, et qui, en effet, ont reçu dans le Sme le noble caractère de chrétiens, en d'autres 3S, de membres du peuple de Jésus - Christ ; ces nés, qui portent aussi gravé dans leur âme, par la •malion, la caractère de soldats de l'Eglise, mainit parjures et rebelles, tournent contre l'Eglise les 5 mêmes qu'elle leur a données, ries, il est douloureux de voir un si grand nombre 3S qui ont reçu tant de biens de Dieu, de l'Eglise et autre aussi {Da qualciin aliro ancora) (Sensation pro- ) dans l'assistance), répondre de la sorte aux bienfaits ieu et de l'Eglise.

is je remarque que tel fut toujours le moyen employé i démon, et que Dieu a permis, dans un dessein plein stice, devant lequel nous devons humblement courai tête.

us avez entendu Texplication de TEvangile de ce vous y avez vu quels miracles opérait Jésus-Christ, imment il rendait la vue aux aveugles, l'ouïe aux Is. Eh bien, après de tels prodiges et de tels miracles, iiple criait : Celui-ci est vraiment le fils de David, le lérateur et l'ami de l'humanité. Mais ceux qui avaient large de diriger le peuple, criaient, au contraire, st par le démon qu'il opère des prodiges ; il est ligué Belzébut! »

s chers enfants ! n'est-ce pas là ce qui arrive aujour-

— ue —

d'hai? Ce contraste, celle contradtclioD n'est-ellâ pas ; constamment sous nos yeux! Vous veces honorer la i vicaire de Jésus-Christ, d'aulres se font une gloire de le j déshonorer, de le mépriser, de l'avilir. Vous fréquentex 1 les églises, et prosternés devant les autels, vous élevez les mains el plus que les mains, les cœurs, demandant à Dieu pitié, miséricorde, pardon; vous demandez que lant de I maux aient enfin un terme, et le beau retour de la misé- '■ ricorde de Dieu par l'inlercession de la plus admirable de | toutes les créatures, Marie trés-sainle. D'autres, au con- | traire, se jellent dans toutes sortes d'impiélés. I

Celle opposition est partout. Dans la presse catholique on lit le récit des triduum, des neuvaincs et des discours édifiants, dans la presse non catholique on parle de théâtres, de danses, de fêtes mondaines. 11 en est aujourd'hui, comme aux temps de l'Eglise nais^^ante, aux temps mêmes où le divin fondateur l'établissait pour le salut de l'humanité, et l'on pourrait dire avec le pocle païen :

Piignanl Iiumeniia ikcis

Mûltia cum duris, sine pondère habenlia pondus.

Le contraste se trouve partout et toujours, mais il fatl mieux resplendir votre foi et votre attachement à la piété et à la religion.

Oh ! conservez-vous dans ces sentiments et ne craigne! pas, non, ne craignez pas tes assauts des ennemis : la main de Dieu ne cessera pas de vous protéger. Oui ! Dieu nous regarde; Dieu nous voit; il voit que les hommes, une partie des hommes du moins, ont perdu le sens.

Que veut-on présentement? Je le dirai, oui, je le dirai pour l'inslructton de tous les gouvernements modernes, comme on les qualifie de nos jours. Les chefs {reggitorf} . des gouvernenienis actuels se sont placés entre deux i forces contraires pour les combaltre l'une et l'autre. D'un côté, ils veulent combattre l'Eglise parce qu'ils craignent sa prépondérance; de l'autre, ils veulent aussi combattre i les uitrarévolir^onnaires, qu'ils craignent également. '■

> Leurs armes contre l'Eglise sont le mépris et l'indifférence, ^ contre les ultrarévolutionnaires la force et les i^aîonnetles. ^ I Mais sans Dieu, l'on ne peut vaincre, et il n'y a pas de gouz; vernement qui puisse se maintenir par la force brutale, si î^ les peuples ne sont pas élevés selon les principes de la u: religion, de la piété de la justice. e Et si tels sont les sentiments que doivent avoir les ^ peuples, les mêmes devoirs sont imposés à leurs chefs; ^ ■ qu'ils se rappellent cette parole de Dieu : Per me principes imperant^ et celles de l'Evangile de ce jour : Qui non est mecum contra me est. Jésus-Christ l'a dit clairement : qui n'est pas avec lui est contre lui. Il n'y a donc pas d'autre voie et ces justes milieux où l'on voudrait se tenir penchant tantôt d'un côté tantôt de l'autre (tentennando)^ ne sont qu'oeuvre vaine : Qui non est mecum contra me est.

Je désire que tous les gouvernements sachent ce que je viens de dire. Je désire qu'ils sachent que je parle pour leur bien.

J'ai le droit de le faire, et beaucoup plus que ne Tavaient Nathan parlant à David, Ambroise parlant à Théodose; et si ce droit m'est donné, c'est pour leur bien et pour le bien de la société ; pour leur bien, afin qu'ils ne soient pas écrasés par un ennemi qui les menace chaque jour; pour le bien de la société, afm qu'elle ne succombe pas sous le poids de tant de fausses doctrines, d'injustices, de malheurs devenus intolérables.

Ah ! Seigneur Jésus, je vous en supplie, étendez la maiu pour bénir ce peuple, pour bénir ceux qui sont ici présents et ceux qui sont absents, et puisque nous méditons aujourd'hui la guérison des aveugles, la guérison des muets, daiignez, mon Dieu, guérir certains aveugles qui sont dans le monde, et faites-leur conraîtrc le péril où ils se trouvent pour qu'ils retournent à vous. Que jamais ils n'aient à attendre qu'un nouveau Moïse les ensevelisse sous les flots de la mer Rouge; qu'ils aient recours à la miséricorde de Dieu, qu'ils se repentent, qu'ils fassent pénitence et qu'ils vivent I

Mon Dieu, confirmez tes paroles de votre indigne caire, souteoez sa main afTaiblie par l'âge (vive sensatiûDVJ donnez-lui ta force de l'esprit, la constance jusqu'à la dans l'exercice de son saint ministère et de ses devoirs redoutables, soulevez cette main et bénissez ce cher peuple qui m'a écoulé, bénissez aussi celui qui se trouve hors de cette enceinte du Vatican. Bénissez tous ceuï qui me bénissenl, tous ceux qui me soutiennent, et éclairez toiu ceax qui me sont contraires.

Benedictio Dei, etc.

Le 10 mars, au matin, nouvelle audience.

Il y a bien, dii le correspondanl de VUniverti, dans la salle do Consif totre, dans la calle ducale ei dans les galeries, cinq mille Romûna Aa paroisses de Sainl-Jacques au Corso, de Sain te-M a rie-d a-Peu pie et de Ssini-Itocb : tous les Lges, toutes les condiiious. C'est la plebs rbrûlianîa.

A l'entrée du Pape, des acclamations le saluent avec une vivaàlé qoi témoigne de l'iinmease amour du peuple, et aussi, je le dirai, des souirances qu'endure ce peuple de In part des envahisseurs.

A peine ^c silence se fait-il, qu'une toîi s'élâve : Vive le Pape infail' Uble! et de nouvelles acclamalioDs éclatent. Une vieille femme du peuple, qoi cat près de moi, domine tout ce brait. — Il n'y a oae lui de roi. El lea acclamations recommencent. — Le Christ ut roi, Chriito e Re, Pût tuino e Re, E sanlo. Il est saint, il est Père. Il nous donnait du pain, et les autres nous Carrachenl de la bouche. On n'obtient qu'ï grand'peine le calme. Pie IX est assis. Sa figure blanche se détache'surîes tenium pourpres; des cardinaux et des prélats de sa maison couvrent la plateforme et les degrés de la salle.

Pie IX eoieno la lecture d'une Adresse, et bien que la voix de celui qui parle soit forte ei accentuée, il ne m'arrive que des lambeaux de phrases énergiques comme celles-ci : t Ils ne pénèlrerout jamais dans le sanctuaire de DOS consciences; ils ne feront pas fléchir nos cœurs, (]ui Boat i vous, tout i vous. Qu'ils inventent de nouvelles oppressions, qu'ils aout dépouillent entièrement, nous sommes ù vous i qu'ils nous prenneal la vie, nous mourrons pour vous. »

Pie IX a répondu :

Voici un nouveau secours que Dieu envole & son vicaire, afin qu'il puisse mieux supporter les épreuves que Dieu même permet, afin de donner une nouvelle force à son bras, une nouvelle énergie à son cœur contre l'oppoâ- Uon des impies et les assauts de l'enfer.

Vous rappelez, dans votre adresse, ce que l'Eglise offre aujourd'liui à nos méditations dans le saint Evao^e : le'

miracle de la multiplication des pains, faite, comme vous savez par les mains de Jésus-Christ. Les pains et les poissons se multiplièrent entre les mains de Jésus-Christ au point de rassasier cinq mille personnes et puis d'emplir douze corbeilles. Jésus pourvoit ainsi aux besoins de cette foule affamée qui le suivait par amour, ne songeant pas même à sa nourriture, et que la fatigue du voyage accablait.

Cette circonstance particulière me rappelle les premiers jours de mon pontificat. Les foules venaient honorer le Pape» Tacclamer, lui offrir le tribut de leur affection avec une expansion vraiment cordiale. Hélas! ce n'étaient point des foules comme celles du désert, nourries par Jésus-Christp et que n'approchait aucune main infernale pour les corrompre. Ceux qui venaient alors, j'en suis bien persuadé, venaient de bonne foi ; mais dès lors, des plus profonds abîmes de l'enfer, dès lors on cherchait le moyen de bouleverser le monde. Et tandis que ces processions allaient se multipliant beaucoup trop, tandis que je conseillais, j'ordonnais, je voulais que chacun retournât aux occupations domestiques, le mot d'ordre de l'enfer était celui-ci : Agitez, agitez toujours, dans ce trouble nous pourrons réaliser nos desseins.

Cette agitation a donc été le principe de tous nos maux; et les coupables et fallacieuses promesses que les agitateurs faisaient en secret, étaient bien différentes des actes qu'ils préparaient.

C'était en 1848 (mouvement) ; dans ce même palais, où j'étais venu pour célébrer les fêtes de la grande semaine, un soir se présentèrent à moi quelques hommes, formant certaine commission; ils dirent être envoyés par Tizio et Caio, qu'il ne convient pas de nommer ici. Ces hommes offrirent au Pape la présidence de je ne sais quelle forme de gouvernement italien ; mais naturellement le Pape répondit aussitôt que son droit était de conserver ce que Dieu lui avait donné, mais non de léser les droits d'autrui et de violer les principes de la justice. Après une telle ré-

^-V'« ^ poDM, UspartirenttotUfpenaadif qa^lttùtiimtU«4«|iE5

>'.'; péter leur demande.

:'■;•'-'-- ' Reveoobs aux apàlres. (Mouvement.) .

:^%f :- Après qu'ils eurent distribué las pains et vu quels Itaïi^

i^''-V gnsge* d'amour ces foules donnaient à leur divin HaltniM

%i.'- . Jésus-Christ leur donna un ordra. Allez, leur dit4U allvu

l^ï; ■;- au bord de la mer» montez vos petites barques et partcK.

'^^ .' - Ainsi Jésus-Christ avait pu renvoyer chacun en paix dauCtf

*^'. ' . sa ville et dans sa maison. El certes Jésus-Christ étùt bien

fL''\'- " ' digne d'être obéi ; son Vicaire ne l'a pas été dans les ôr-

^'x constances que je rappelais tout à l'heure.

t-^ ■"-■ Les apôtres se rendirent donc au bord de la mer, ht

'■-'f^ ■'. nuit commençait; ils montèrent dans leurs petites barqav

k/':. [ .et s'avancèrent sur les eaux. Peu après, le vent déviai

*f^' ' d'une telle furie qu'ils avaient beaucoup de peine k eeit* :

^> - . duire leurs petits navires. Et pendant qu'épuisés de b-

t ■'- ' tigue* ils Ireinblaieat sous les coups du vent, ils virent de

y < J loin Jésus-Christ marchant sur les eaux, et ils craignireat

' . , que ce ne fût pn faDléme.

l '■ Hais saint Pierre, toujours plein d'affection et d'amour

;■.';'• pour Jésus-Christ, s'écria : a Ohl si tu es notre diria

li ' maître, commande-moi de venir à toi sur les eaux, et je

^-; :' , , descendrai de la barque. » Et Jésus-Christ lui dit : k De>-

^l':>. • cends. » Et saint Pierre, avec cet élao qui le distinguait

t;^, -•' dans tous ses actes, descendit sur les eaux ; mais penJipea

i^:'j '^. il les sentait manquer sous ses pieds, et se retournaat veti

[■-.'. Jésus, plein de confiaoce et de frayeur : « Ah I mon Jéstu!

\-/ sauve-moi, car je me perds. » Et Jésus-Chrisl, le prensot

< !'. ' ; par la main : « Modicœ fidei, quart dubiiasii? » Ne oraiDi

'.'.', pas; qu'aucun doute n'ébranle ta foi.

r ; . Ahl mes cbers enfants, nous tous aussi nous marohoBi

;. .. BUrunélément incertain, et aujourd'hui nos pieds enfoncent parce que ce ne sont ni les zéphyrs ni les aquiloUi

■ mais les vents de l'enfer qui soufflent, cherchant à sob-

' -' mergerle Vicaire de Jésus-Christ et avec lui tant de mil-

'* * lions de bons catholiques répandus sur la surface de

- •. la terre: ils voudraient les ensevelir au plus profond de b

.fe^J

mer. Nous devons donc plus que jamais dous tenir fermes el constants, et comme vous le faites, nous tourner vers Jésus-Christ, criant Domine salua nos, perimus. Que vos voix retentissent sous la voûte des temples, qu'on les entende dans vos maisons, et souvent, souvent appelez Jésus-Christ el dites : Salva nos. Oui, la tempête nous enveloppe de toulcs paris ; ici on travaille à corrompre la jeunesse par la fausse inslruclion;]à on profane les saintes images, on outrage les ministres de Dieu, ou cherche, comme je vous l'ai dit, on cherche à détruire TEglise si c'était possible. Tournons-nous donc vers Dieu et disonslui : Salva nos, perimus.

ICt en présence d'une telle guerre, on a le courage de dire, je l'ai lu il y a peu de temps, qu'après dix-huit mois d'une inique possession de Rome (Mouvement] tout est tranquille; que l'on y voit tes deux puissances marcher d'accord sans la moindre diflicullé; qu'elles peuvent parfaitement marcher unies. Cela esl faux, cela est faux de tout point. C'esljoindre à l'oulrage une indigne moquerie.

Je vous laisse, ne voulant pas cire trop long, parce que vous devez être un peu fatigués (Un grand nombre de voix : NonI non!) ; mais je ne puis pas vous quitter sans vous avoir donné la bénédiction aposlolique.

En ces jours de la Passion de Noire-Seigneur, je me tourne vers Jésus-Christ et je le trouve sur la voie du Calvaire portant la croix, el je le prie de nous regarder avec miséricorde.

Ah \ mon Jésus ! je vous en supplie, dans chacune de ces âmes, comme autrefois sur le voile de Véronique, gravez votre visage! non pas matériellement, nous ne le méritons pas, mais gravez-le dans nos coeurs, afin que votre souvenir nous étant toujours présent, nous puissions puisera la source de la force l'énergie de combattre les combats que, vous-même le permettant, nous avons à soutenir.

Je vous recommande aussi ceux qui injustement nous gouverneût {che ingiustamente ci reggono). — Frémissement

ei mouvement éCapprobation). Je leur dis : Us' veulent nous gouverner, ils veulent être gouvernement et ils ne savent pas tenir dans leurs mains la balance de la justice ; ils veulent gouverner, et ils ne punissent pas le vice. Loin de là, ils Texaltent, tandis qu*ils oppriment la vertu et la foi. Oh! mon Jésus! comme vous bénissiez ces femmes qui vous accompagnaient, bénissez cette foule qui m'entoure^ qui vous loue, qui vous aime, qui désire ardemment votre sainte bénédiction. Bénissez-la dans ses biens pour qu'ils puissent suffire à la vie. Bénissez-la surtout dans ses âmes, afin qu'elles conservent votre grâce, leur plus précieux trésor. Bénissez leurs familles, et que cette bénédiction s'étende sur toute la cité capitale du monde catholique, réduite aujourd'hui à un état si digne de pitié. Bénissez tous les millions de catholiques de la terre, qui partout s'unis^ sent pour vous adresser leurs prières, pour chanter vos louanges, pour vous supplier de faire cesser le fléau, de nous rendre la paix, la tranquillité, la coDCorde. Benedictio Dei^ etc.

Le dimanche de la Passion, Pie iX a reçu de nouveau un grand nombre de ses fidèles Romains. Dans la salle du Trône, se tenaient les adoratrices dites de Notre-Dame-des-Donleurs, pieuse congrégation de Transtévérines, dirigée par la comtesse Colacicciii, et qui appartiennent presque toutes à la classe des ouvrières, surtout des ouvrières en cigares. La comtesse lut au Saint-Père une Adresse de dévoûmenl, en demandant sa bénédiction pour ces bonnes chrétiennes et leurs familles. Le Saint- Père la leur donna, en raccompagnant de quelques exhortations bienveillantes et paternelles.

Cependant, la salle ducale recevait les paroissiens de Saint-Jean-des- Florentins, qui la remplissaient d'un bout à Tautre. Le Saint-Père entra dans la salle vers midi, accompagné de plusieurs cardinaux, prélats et princes romains, et fut acclamé vigoureusement par toute la foule, aux cris de : Vive Pie IXI Vive notre Pontife et Roi! Quand le silence fut rétabli, le curé de Saint-Jean donna lecture d'une belle Adresse, remplie des plus nobles sentiments et de Texpression du plus entier dévoûment A Sa Sainteté.

Puis deux jeunes Romaines, Mlles Judith Andreucci et Amélie de Belardini, récitèrent de jolis vers, ofirant en môme temps au Saint-Père un riche coussin sur lequel était une généreuse offrande recouverte d'une petite calotte blanche, telle qu'en porte le Saint-Père. Pie 1\ les laissa s'approcher, et voyant la petite calotte, il demanda en souriant, avec la grâce qui accompagne chacun de ses actes, si elles ne désiraient pas, en retour, la calotte qu'il portait. Ce disant, il tirait sa calotte, qu'il donna

sut petites Qllea, et prit celle qu'elles apportaient pour la mettre aar la ttie. Puis il les congédia, et se levant pour parler i la foule, il lut adressa «se allocution, que nona traduisons (Taprâs la Voce délia Verila ;

La multiplicité de ces démonstrations extérieures de votre amour filial prouve de mille manières eten toute évidence Cùmbien est unanime à Rome le sentiment de respect et d'amour pour leSaint-Siége. J'en aides lémoigaagesabondanls, et par votre concours ici et par votre empressement daDs les églises, où le peuple réuni a, cent et cent fois, levé ses cris vers le ciel, faisant retentir les échos sacrés du temple de leurs prières el des supplications qu'ils font & Dieu, en une si grande désolation. Oui, tout cela est une preuve de l'unanimité de vos vœux et une condamnation solennelle de ce plébiscite qui n'a rien à faire avec vous, car il faut une simplicité plus qu'enfantine pour croire que ce plébiscite a été loyal, fait de bonne foi el avec une entière sincérité. De même les applaudissements qui, sur tous les points de l'Italie, accueillent les évéques nouvellement nommés et prenant possession de leurs sièges, pour se consacrer à la sanctification de leur troupeau ; ces applaudissements sont une autre preuve éclatante que ces peuples poussent du fond de leur cceur un cri que je n'ai pas besoin de répéter, mais qui marque toujours plus l'unité du sentiment italien en ce qui regarde ta conservation des droits de ce Saint-Siège.

Oh ! que n'est-il ici présent et vivant cet italien, qui en d'autres temps manifeslait des senlimenls très-louables, je veux dire au temps où la Révolution prenait possession des parties méridionales de l'Italie l

Alors et au bout de peu de temps, les Italiens s'aperçurent que le changement survenu était funeste et intolérable pour eux. Les lamentations devinrent générales, et on les entendait sortir de la bouche de la majeure partie des populations italiennes, si bien que cet Italien dont je parlais, — il est bien connu en Italie, et bien connu hors d'Italie, pour la part qu'il eut dans les premiers mouvements révolutionnaires au moyen de ses actes, de ses

écrits et de ses paroles, bien connu aussi parce qu'il était ministre du royaume de Piémont avec son ami Cavour (aujourd'hui tous les deux sont dans la voie de l'éternité), — si bien, dis-je, que cet Italien était forcé de dire publiquement: <( Nous n'étions pas venu pour prendre possession de vous par la violence, nous voulions les cœurs et nous voulions que tous nous servent par amour. Si donc il en est ainsi, que celte partie méridionale se tienne dans Tétat qu'elle préfère, car nous ne la voulons pas posséder par force. » Ces paroles furent dites en une circonstance solennelle ; malheureusement, elles restèrent lettre morte, et elles seraient de même lettre morte aujourd'hui si on répétait ces déclarations. Et cependant, ne voulant pas abandonner ce qu'ils ont ravi, ils osent se glorifier en disant que parmi les grands avantages amenés par ce mouvement social, l'un des plus grands est qu'ils ont donné à tous la liberté. (Mouvement). Mais c'est un mensonge ; oui, un mensonge, car, ce n'est pas la liberté qu'ils nous ont donnée ; ce qu'ils ont apporté ici, c'est pour eux et pour nous une véritable servitude.

Jésus-Christ, en parlant aux princes des prêtres, aux pharisiens et aux scribes, leur disait : « Si vous voulez être libres, écoutez les vérités que je vous annonce. Mettez-les en pratique, et vous serez libres, sinon vous serez esclaves. » Et ceux qui entendaient cela se révoltèrent contre Jésus-Christ, et, avec l'arrogance qui est le propre de cette race, ils répondirent : « Nous sommes les fils d'Abraham, et jamais nous n'avons été au service de qui que ce soit. — Non, répliqua Jésus-Christ! vous êtes esclaves du péché; vous êtes au service du péché; vous êtes enchaînés par le péché.

Ainsi pouvons-nous répondre de nos jours. Que sont certains gouvernements? Ils représentent une pyramide, et celui qui habite au sommet dépond d'un conseil qui le domine, et le conseil ne relève pas de soi, mais il dépend à son tour d'une assemblée qui le menace, et l'assemblée elle-même n'est pas maîtresse de soi, car il lui faut répondre

de la conduite à mille démons qui l'ont choisie, qui l'enfoncent dans l'iniquité, et en définitive, tous ceux qui sont là, ou tout au moins la très-grande majorité, sont les servileurfl, les esclaves et les fils du péché.

L'ange de Dieu, Angélus Domini persequms, poursuit et menace de son épée dégainée tous ceux qui affectent de se croire sûrs de leur fait. Mais un jour viendra où l'ange exterminateur fera éclater la justice de Dieu, et dans les effets qui suivront, sa sainte miséricorde.

Il est bien vrai qu'afin de pouvoir en revenir & ce point, il semt nécessaire que la religion, que ses ministres, que la foi prissent possession de la société. Mais ils disent (clje le lisais encore hier) que les deux puissances doivent être séparées et qu'il n'est point désirable que ces deux pouvoirs soient unis : ils veulent obstinément rester dans leur situation perfide, en laissant s'éloigner d'eux le secours que leur donnerait l'Eglise. Ainsi se vérifie celte parole de Notre-Seigneur dans l'évangile de ce matin : Ex Deo non estis, proftlerea me non audiiis. Vou» n'êtes pas de Dieu, et c'est pour cela que mes discours et mes doctrines vous ne les écoulez pas.

Ah ! mes chers enfants ! Pour nous, ouvrons les oreilles aux doctrines de Jésus-Christ, si nous voulons avoir la paix, élevons vers Jésus-Christ nos pensées, nos désirs, notre voix, les battements de nos cœurs, afin de pouvoir entendre le Dieu de la vérité, le Dieu de l'amour. Qu'il nous parle, et nous serons tous contents. Prions-le donc peur nous ; prions-le pour nos ennemis comme il priait lui-même sur le haut du Golgotha, avant de rendre son âme divine entre les mains de son Père éternel : Pater dimitle illis, non enim sciunt tjtiid faciunt. Donc, nous aussi, prions pour nos ennemis, mais disons pour en même temps : Vt inimicos sanclœ Ecdesiœ humiliare digncris, te rogamus audi nos (mouvement et approbation.) Ils sont ennemis ceux qui attendent pour se convertir d'être dans l'humiliation. Prions donc le Seigneur qu'il leur envoie l'humi- UaliOQ et qu'il écoute notre prière. Audi not/ ut inimicos

9ancîœ Ecclesiœ humUiare digneris. (Toute Tassistance, dans un état d'émotion indescriptible, s*écrie après le Pape, Audi nos !)

Après cela, partez maintenant avec ces sentiments de charité pour nos ennemis, oui, de charité, mais en même temps avec la résolution ferme de ne jamais seconder leurs desseins pervers, avec le ferme propos de les recommander à Dieu, afin qu'il les humilie et qu'ils sortent ensuite de Tabîme où ils se sont jetés. S'ils ne veulent pas, la justice éternelle les attend. El cependant, âmes très-chères, recommandons-nous nous-mêmes, recommandons le clergé, recommandons le peuple, afin que tous se rendent dignes des bénédictions célestes par une vie exemplaire, par la sainteté de leurs mœurs, par leur constance inébranlable dans l'exercice pratique de la foi.

Bénissez, ô mon Dieu ce peuple qui m'entoure comme une couronne ; confirmez les sentiments.de votre indigne vicaire, afin que le [peuple présent ici et celui qui est loin, le peuple de Rome et le peuple de l'Italie puisse se conformer exactement aux saints conseils qu*on lui donne, se sanctifier lui-même, sanctifier les autres, vivre dans votre crainte, et, enfin, voir la conversion de nos ennemis. Dans ces sentiments, je vous quitte et je vous bénis. Benedictio Dei, etc.

L*émolion qui avait pénétré tous les cœurs durant le discours, et qui s^étail manifestée plus d^une fois par des signes répétés d'approbation et d'amour, éclata, dit la Voce^ quand le dicours fut fini, et ce fut une explosion de cris et d'acclamations renouvelées, exprimant une fois de

Î)lus au Saint-Père les sentiments de fidélité et d'affection qui sont dans es cœurs de tous les Romains. Le Saint-Père ayant de nouveau béni l'assistance, se retira, profondément ému.

VOsservatore romano a rapporté en ces termes le texte des paroles adressées par le Sainl-Père à une députation de jeunes étudiants turinois :

« Je vous bénis et je suis content des sentiments que vous avez manifestés, Nous sommes à la fête de saint

Joseph, et c*est un sujet favorable de méditations. Nous aussi nous voyageons au milieu des larmes dans le désert de la vie ; mais si nous voyageons en compagnie de saint Joseph et de la très-sainte Vierge Marie et du divin Enfant qui fuyaient en Egypte, le bon Dieu nous fera la grâce de voir qu'il tombe une idole, un mensonge, une fausse doctrine à chaque pas, et, comme on dit aujourd'hui, à chaque lieue.

<K Marchez donc tranquillement en cette compagnie, et vous ferez tomber les erreurs avec les doctrines que vous enseignent vos professeurs. Et puisque vous marchez dans ce désert, espérons que TAnge viendra bientôt, pendant la nuit, et vous avertira de rentrer chez vous, parce que tous les méchants sont morts: Mortui enim sunt qui quc^ebarU animas vestras. En attendant, ayez confiance et étudiez sans relâche, afm que vous puissiez vous assurer dans le monde la possession de Tétat et de l'estime que vous powsuivez en travaillant ici. Voyagez et étudiez, mais pour faire tomber les erreurs sous le coup des vraies doctrines, et travaillez saintement et prudemment à atteindre le but de vos études.

« Que ma bénédiction vous soit le gage de cet accomplissement de vos désirs. Que Dieu veille sur vous, afin que, sortis de lobscurité morale, vous puissiez tenir votre âme tranquille dans l'exercice de vos devoirs. Je vous bénis donc, vous, vos familles et vos études. Que cette bénédiction vous maintienne unis et fermes dans les sentiments de piété que vous manifestez. Benedictioj etc.

Le 23 février, le Saint-Père daignait adresser un bref très-important à la Fédération des soci('aés catholiques organisée sous le nom de Fédération piiennc (I). Atin de célébrer cette faveur, la Fédération a tenu une grande assemblée, le 25 mars, dans l'église Saini-André délia Y aile. Là, au milieu d'un immense concours que XOsservatorc romano n'estime pas

(4) Du nom de Pie IX.

à moïos de (0,000 personnes, lecture publique a été fiiile, du liuiil ilâj^ cliaire, de la Lelire apostolique doal voici lu iraducLlon : .^^|

PIE IX, PAPE Ad /ulurom memoriam

Noos ne cessons de rendre les plus grandes actions de grices à Dieu, Père de Notre-Seigneur lésus-Christ, Père de la miséricorde et Dieu de toute consolation, qui daigne

' '«ti mllloQ de tant d'amertumes et des graves tribulations dont Nous sommes accablé, alléger notre douleur en réveillant dans les cœurs de ses eofanls l'esprit de piété et de prière, l'esprit de charité et de force, dont ils slnspf- KBt afin d'appliquer les remèdes nécessaires aux raaut .(}ue nous apporte cette guerre acharnée que font les pnls-

■ sances des ténèbres à la religion catholique. Oui, c'est fl IHeu seul que Nous rapportons ce dessein admirable qtd

' soulève l^rdeur de tous les fidèles dans le monde entier el qui les excite à donner, d'une volonté unanime, les preuves les plus éclatantes de leur foi et de leur piété, en même temps que par tous les moyens qui sont en eux, ils s'opposent comme des digues indestructibles au torrent

' de nniquité. En outre, ils ne laissent passer aucune occasion de veiller à maintenir l'intégrité de la foi et à ce que le peuple fidèle croisse dans la science de Dieu et fasse des fruits de toutes sortes de bonnes leuvres, afin que, soutenu de plus en plus par le puissant secours de la grâce céleste, it s'affermisse de plus en plus dans l'horreur des doctrines perverses que répandent les ennemis do l'Eglise. C'est à Dieu encore que Nous rapportons la fondation de ces sociétés très-utiles qui se sont fondées les unes dans un-but, les autres dans un autre, et qui, pareilles à des troupes rangées en batailles, en cette grande nécessité de l'Eglise, combattent les combats du Seigneur, s'appliquent, de toutes leurs forces, à repousser et à ruiner les efforts du mal en mettant au jour les desseins ténébreux de l'impiété, etcombattent ainsi la personne même du diable, auquel obéissent tous ces malheureux.

Déjà,parNosletlres,Nous avons plusieurs fois hautement Commandé toutes ces œuvres en signalant combien elles liaient louables par elles-raômes et très-appropriées à ces emps calamiteux. Plusieurs fois aussi. Nous avons enrichi 'es sociétés de grâces spirituelles et d'indulgences, afin |u*au milieu de ce lamentable renversement de toutes rhoses et de cette nuit d'erreurs, elles excitassent de plus !n plus leur zèle en vue du catholicisme et du salut éternel :es âmes. Aujourd'hui Nous renouvelons spécialement ces ecommandations et ces faveurs pour les sociétés établies ans cette ville et qui sont le témoignage le plus admiable de la piété du peuple romain, de sa foi et desonres* •ect constant pour ce Siège apostolique. Déjà, avant que 1 grande ville de Rome, siège du bienheureux Pierre et apltale de tout l'univers catholique, eut été réduite par la jrcc d'armées sacrilèges et par des manœuvres scélérates . la condition malheureuse et lamentable où nous sommes, les sociétés avaient été instituées et fondées contre les embûches et les machinations des hommes impies, et dans e nombre, la pieuse société préservatrice de la lecture des nauvais livres et des mauvais journaux^ la Société romaine de a jeunesse catholique^ dite cercle de Saint-Pierre. Après la )rise de Rome, quand Nous avons été réduit sous la domilation d'une puissance ennemie, et qu'on vit déborder le cloaque impur de l'impiété et de la perversité, alors la )iété des habitants de Rome commença de resplendir plus argement. Aussi, non-seulement les sociétés sus-dites ;)rirent un nouvel essor, mais il s'en fonda de nouvelles, beaucoup plus étendues, soit pour propager les intérêts ca- ■holiqueSf soit pour propager la pratique des bonnes œuvres. \insi encore furent fondées ces sociétés très-louables : la Pieuse union des dames catlioliques^ la société des Vétérans les batailles livrées pour la défense du Saint-Siège^ Y Associa- 'ion pour la paix continuelle^ la Société artistique et laborieuse ie charité réciproque^ Y Association de Saint-Charles pour la Uffusion de la bonne presse^ et la Pieuse union des dames proectrices des pauvres servantes. Toutes ces sociétés, avec une

grande ardeur et une sainte éraulalion, travaillent pour bien du catholicisme et ont déjà produit des fruits aboc^ dants.

Nous ne pouvons Nous empêcher aussi de Nous félicilef^ Irès-vivement avec toutes ces pieuses sociétés de ce que, acceptant de bon cœur la proposition de la Société prome- Irice des bonnes œuvres, elles ont contracté entre elles une étroite alliance, de façon que, unies dans un même esprit par le lien de la paix et de la charité, et chacune considérant néanmoins son propre but, elles concourent toutes d'un commun accord et avec toutes leurs forces réunies à maintenir les droits del'Egilse et à défendre ses libertés. Enchaînées plus étroitement par ce nœud, et pareilles aus premiers chrétiens qui n'avaient qu'un cœur et qu'âne âme, elles sont plus vaillantes pour combattre, terribles comme une armée rangée en bataille, les efforts désespérés de l'ennemi. Aussi, à raison de la grande utilité que l'on peut promettre, pour les fidèles et pour toute l'Eglise, de cette union des forces au milieu d'un grand bouleversement des choses. Nous espérons dans le Seigneur que toutes les autres sociétés instituées partout eQ ces teinpi malheureux, et surtout en Italie, à desseio de prévenir et de renverser, selon leurs moyens, l'iniquité de ce siècle pervers, soit au moyen de prières assidues et d'une bonne et chrétienne éducation de la jeunesse, soit par les écrits ou par toute autre manière et toutes autres bonnes œuvres, Nous espérons que toutes ces sociétés marcheront ensem* ble dans la concorde des esprits et dans l'union des forces et qu'elles se réuniront dans une même alliance avec les . sociétés romaines pour combattre le bon combat du Seigneur.

Enfin, par celte lettre. Nous exhortons et Nous prions instamment toules ces pieuses sociétés, celles qui sont déjà entrées dans l'alliance comme celles qui s'y ajoindront, et, en un mot, tous les fidèles. Nous les exhortons et Nous les prions d'avoir toujours les yeux fixés sur celte piore du Saint-Siège, unique phare du salut, d'être soumis à son .

^faillible Magistère, et d'accorder leur soumission et leur 'espect aux évêques qui sont dans la grâce et dans la cotniounion de ce même Siège apostolique. Qu'ils ne cherchent las leurs avantages propres, mais ceux de Jèsus-Ghrist, ^ar ils ne doivent s'attacher qu'à une chose : c'est, avec m zèle ardent et une volonté énergique, de prendre les neilleurs moyens, afin que notre foi, qui a vaincu le monde, \e conserve entière et inviolable, afin que les ténèbres de 'erreur soient dissipées, que l'audace des méchants qui ^mbattent contre la religion et Jésus-Christ soit abattue, ii enfin que l'Eglise catholique jouisse de son plein riomphe.

Tenons pour assuré que ces sociétés, fermement unies le la sorte par les liens de la charité et de la piété, accom- )Uront pleinement cette tâche. Espérons non moins fernement que le Seigneur Dieu se laissera toucher par les ^œux, les larmes, les jeûnes, les aumônes et les prières de (es fils, et qu'il changera sa colère en miséricorde, en (orte que les impies soient forcés de confesser que les filèles ont Dieu pour protecteur, et que par conséquent ils sont inviolables.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 23 février de l'année 1872, et de Notre Pontiîcat la vingt-septième.

N. CiRD. Paragciani Clarelli.

Vers la fin de mars, le Saint-Père daignait accorder audience à la [>ieQse association des Dames de Sainte- Rose de Viterbe, destinée, sons a présidence de la marquise Serlupi et de Mme Caetani, à procurer aux ^emmes du peuple tous les secours matériels et moraux dont elles ont besoin. Â TAdresse lue par Mme Caetani, le Saint-Père a répondu dans me brève allocution, que nous traduisons diaprés la Voce délia \erita :

Vous avez raison de dire que Rome est maintenant bien lifférente de ce qu'elle était avant. Mais s'il est vrai que loos y avons vu beaucoup de changements, cependant la lias grande partie de la population reste bonne et fidèle* ^t c'est ajuste titre que Rome a été appelée ia Ville sainte.

Jérusalem aussi élut sainte, et pourtant c'est d&ns sel murs que s'est passé tout ce que l'Eglise nous rappelle ea ces jours consacrés au souvenir de la Passion de Jésu- Christ. Mais tandis que ces actes cruels et sacrilèges fiireot bien l'œuvre des habitants de Jérusalem, on ne peit pas dire la même chose des habitants de Rome. Car ils Mil venus du dehors et ils ne sont pas Romains, ces pharisleu et ces autres ennemis de l'Eglise et de Dieu, qui veulut faire de cette ville une sentine d'immoralité et d'impiéli. Au contraire, la partie la plus nombreuse et ta meillenn | delà Ville romaine pleure surlemalqui8'ycommet,etTeiit j y rester, de fait, absolument étrangère. C'est pourquoi]'» f père qu'à Rome seront épargnés les châtiments qui aéct- , blérent la ville déicide. r

A Jérusalem aussi il y avait de saintes femmes, qui »• compagnèrent le Seigneur au Calvaire, prenant part i m douleurs comme vous prenez part aux miennes. (A c« mots l'assistance éclate en pleurs et en sanglots.) Et l'ane de ces saintes femmes est venue, par un dessein de Dten, |: terminer sa vie non loin de Rome. C'est la bieuheureuM Marie Salomé, dont le corps repose à Veroii (1). Que M souvenir vous soit un encouragement à imiter toujoonles saintes femmes de Jérusalem, leur amour pour Dieu, leur piélé, leur Tidélité et leur courage. Soyez toujours fidèles, diligentes, dévouées; et vous, surtout, jeunes servantes, soyez obéissantes, réservées et modestes. Fermez lesyeui pour ne point voir les scandales qui se multiplient de toutes parts; fermez les oreilles à ces propos horribles qui retentissent à présent dans les rues de Rome, et gardet' vous d'écouter ces maîtres modernes d'impiété et de séduction, afin que vos cœurs ne soient pas souillés. Elever souvent votre prière vers Dieu, afin qu'il abrège la durée de l'épreuve et qu'il mette un terme à cette inique usurpation.

(1) Verolt est une petite ville des Etati-Pontiflctox, non loin de Frosl- QOae. C'eit le eiége d'un érëcfcé.

laque jour qui passe est une nouvelle insulte au Vi- I de Jésus-Christ, dont on prolonge le martyre, et le ressembler au martyr saint Cassien, mon patron, ue d'Imola, dont les souffrances furent d'autant plus s qu'elles furent plus longues. Ainsi, je le répète, mes se prolongent et se multiplient chaque jour.... \f dit la Voee^ faisait probablement allusion lique expropriation de deux asiles d'orphelins et de la ité-des-Péierins qui a eu lieu ces jours derniers.) Que L vous bénisse toutes, vous, vos compagnes, vos fats et toutes vos œuvres. Qu'il vous bénisse pour le ps et pour réternité. Je me réjouis de nouveau avec s des sentiments qui vous animent et qui vous ont néesi et de nouveau j'implore du Seigneur toutes 3S de biens et je vous bénis de tout mon cœur. Benedic- >e«, etc. »

diinanehe des Ramaux, le Saint-Père» recevant les élètes de rOrt* de CaraTita, a répondu à leur Adresse par les paroles saiYinles :

accepte avec reconnaissance et affection Texpression beaux sentiments que vous m'avez manifestés, et je Dieu qu'il répande sur vous et particulièrement sur ces ts enfants ses bénédictions célestes, afin qu'ils soient ours fermes dans leurs bons sentiments et dans leur ne conduite, et qulls soient fidèles à mettre en pra« :e les bons enseignements qu'ils reçoivent. Je les béd'autant plus qu'en ce jour il appartient aux petits en- 8 de crier : Hosannah fiUo David. Espérons qu'à ces annah ne feront par suite de nouveaux Crudfige. 5 vous bénis de nouveau, mes chers petits enfants; je S bénis, tous tant^que vous êtes ici, vous, vos familles os parents. Je bénis tous ceux qui vous assistent en ce ide et qui vous donnent des armes et des forces pour ibattre. A vous il ne reste rien pour combattre, que la ite et le bon exemple ; donnez l'assaut avec le bon mple et défendez-vous par la prière.

Hais surtout fermez Toreille aux ÏDaiDuations perrerses. La fable elle-même vous fournit i<» uq enseigaemeDt, car elle vous dit qu'Ulysse étant en voyage et devant traversw certains eodroits périlleux où ses compagnons et lui ponvûent être séduits par des voix caressantes, mais trooipeuses, il mit de la cire dans ses oreilles et dans celles de ses compagnoas afin de ne pas entendre ces appels pleins de pièges. Ainsi devez-vous faire : boucbez-vous les oreilles afin de ne pas entendre tant de blasphèmes, tant de propos impies et orduriers, au moyen desquels on dierche aujourd'hui dans Rome h pervertir surtout les tendres esprits des tout jeunes enfants.

Et maintenant, recevez ma bénédiction, et en rentrant chez vous, dites à vos parents que le Saint-Père leur donne à eux aussi sa bénédiction. Benedictio, etc. »

le 30 mars, ft midi, le Saint- Pire, sortant de ses appanementa.a Ironvé, dans ia salle du Trûan et les salles voisiaes, une foule considérable de Boinains et d'étrangers. Il y avait égalemeot plus de cinq cents éirangen d'Europe et d'Amériqoe dans k saiTe du Consistoire.

Après avoir parcouru ces diverses salles et adressé aux groapeilei paroles les plus b le aval 11 au tes. Pie IX est reveDU fers ]e TrAna, d où Û a adressé i l'assemblée un discours en trançais, que nous rapportons d'après la traduction italienne de la Voce lUila VerUa ;

Avant de vous bénir, je veux vous adresser quelques paroles. Je le ferai en français, parce que si je parlais en italien, plusieurs d'entre vous ne me comprendraient point.

En ces jours, l'Eglise célèbre le plus grand événement qui ait été accompli dans l'histoire du monde, la Passioa et la Résurrection de Jésus-Christ. Vous savez comment, au moment de la Passion, les ténèbres couvrirent toute U terre. Au contraire, quand advint la Résurrection, la lumière se répandit partout, et les ténèbres disparurent. Or, ces ténèbres nous menacent de nouveau ; elles se répandeal déjà à l'horizon et semblent vouloir couvrir une seconde fois le monde. A nous donc de conjurer le Christ quil les dissipe et illumine les intelligences, qui vraiment s'enfoncent chaque jour davantage dans l'obscurité.

Aiasi, par exemple, il dV a pas longtemps que j'entendais dire : Pourquoi le Pape ne sort-il pas? — La ndson en est bien elaire. Il ne veut pas rencontrer par les rues de Rome tant de sujets de douleur et de scandale, comme par exemple la procession deHazzini (1). Il est vrai qu*aujour* d*hui cette procession est terminée, mais ceux qui ne font pas empêchée et ceux qui en faisaient partie restent encore. Ils sont mes ennemis» ou plutôt les ennemis de Dieu, et je ne pois ni ne dois m'exposera leur iniquité.

On dit également : Pourquoi ne pas célébrer de fonctions à S»ntrPierre ? Et quelles fonctions voulez-vous que Ton célèbre dans une cité où un très-grand nombre d'églises ont été déji profanées, où la religion et ses ministres sont chaque jour insultés ?. • .

L'évangéliste raconte que beaucoup de morts ressuscitèrent au moment où le Seigneur expira sur le Golgotha. En ouvrant de nouveau les yeux à la vie, ils auront vu pendre au gibet le Fils de Dieu et compris llmmensité du sacrifice offert pour nous. Et nous aussi nous devons tourner nos regards vers la croix de Jésus, source du salut du monde ; et nous devons non-seulement ressusciter avec le Christ, mais prier pour les pécheurs, afin qu'ils puissent se remettre sur la voie de la vérité, delà justice et de la religion. Il n'y a point de meilleure manière pour célébrer la résurrection du Christ, qui est le fondement de notre sainte religion.

C'est aussi dans ces sentiments que j'invoque sur vous la bénédiction du Seigneur. Qu'il soutienne les bras de son Vicaire, tandis que ce Vicaire les étend sur vous en demandant pour chacun la grâce de combattre et de vaincre, afin qu'à l'heure suprême vous puissiez tous remettre vos âmes entre ses mains et le louer pendant toute l'éternité. Benedidio Dei»

(I) Pea de jours aupanvant, le cadaYre de Mazzini ataît éié Tobjet d*iine oratioD à laquelle coopérait toute la canaille italieuDe, escortant son héros au Capitole.

Le 9 ami, du» U ull» d« CHiHit<ûr«, le SaîawFère a recn, Ten ttitïî, pinsîenn itenonnaget ilalieos et étrangers. On remarqaait uisi les tliimo qDJ apparlienneni à VfBawe de la taneH/leatùm dei fêta, brandie de Ii SceiMé <bi inUriU cathoUqtut-

A une irès-belle Adresse lae par le prince de Ctmpafaaiu) (Cbîgi}, le Saint-Pire a répondn :

Tattresse de nouveau mes félicitations à cette Society qui ne perd pas de vue une seule chose da celles qui panvent être utiles aux chrétiens et tourner h la gloire de Diau. En vérité, elle ne perd pas de vue une seule de ces oeuvres, se dévouant à les fonder, à les faire vivre, et par elln i produire tousles eiïets désirables. J'espère que le Seigneur bénira spécialement votre œuvre-

Je me rappelle en ce moment qu'en France, il y a gotiques années, te bruilse répandit qu'une croix étaitappar», laquelle, rapprochée d'autres apparitions qui avaient lieo dans le même temps, semblait signifier le déplaisir que cause à Dieu la profanation des jours de fête, et iavitu' tes bons Français à les observer, parce qu'autrement Dieu eaverrait sur la France les plus graves châtiments. Je n'accorde pas beaucoup de crédit aux prophéties, parce que celles-là surtout qui ont été produites récemment, pour dire la vérité, ne méritent pas tant d'honneur (hilarité); mais enfin il semble que cette prophétie a eu son effet, car II pauvre France, vous le voyez, a été bien malmenée (im'menata) et opprimée. Donc si vous faites te possible afio que les fêtes soient sanctifiées, nous espérons que ces châtiments, dont nos péchés pourraient nous rendre digaes, tomberont au contraire sur ceux qui nous oppriment, qui nous insultent el qui présentement se disent les maîtres de la maison.

Hier soir encore, et ceci à l'éloge du sexeféminin, pvce qu'il fait honneur aux femmes de bien, hier soir, j'ai reçu une lettre de Madrid, dans laquelle on disait que 300 personnes de celte ville étaient tout enlières occupées à des bonnes œuvres. Elles avaient, elles aussi, formé une sorte de cercle pour la sanctification des fêtes, et les pieuses dames se consacrent & cette œuvre sainte et à arracher des

écoles protesliDies les petits gsrçons et les petites filles que leurs parents y mettent par lucre et par amour du gain» en sorte que, sans l'œuvre de ces bonnes dames. Us laissei^ent ces pauvres créatures recevoir renseignement des principes les plus faux. Comme ces dames sont toutes occupées làrbas à faire le bien, ainsi faites-vous ici» et je m'en réjouis avec elles et avec vous.

Que Dieu vous bénisse, qull vous bénisse toujours ! Que le Seigneur soit constamment avec vous : eflbrcei-vous de conduire à terme cette œuvre excellente, en retendant aussi loin que possible, parce qu'il y aura toujours des méchants, toujours des obstinés, toujours des malheureux qui ne craignent ni Dieu ni les hommes. Hais pourtant un certain juge, qui ne craignait ni Dieu ni les hommes et qui était sollicité par une veuve demandant justice, à la Gn, s*écria : C'est vrai que je ne crains ni Dieu ni les hommes, mais enfin puisqu'elle insiste tant, je ferai à sa volonté. Ainsi devons-nous faire : faisons tout ce nous pouvons, et i la fin, beaucoup même de ceux qui sont obstinés seront contraints de faire leur devoir.

Que Dieu bénisse vos intentions, qu'il bénisse vos familles, qull bénisse vos souhaits. Que ses bénédictions se répandent sur vos personnes, sur vos familles, sur vos œuvres, et qu'ainsi nous puissions vivre tous en paix pour faire ce qui importe à la gloire de Dieu, à la sanctification du prochain et à notre propre sanctification.

< Benedictio Dei, etc. )»

Le 42 avril, anniversaire de la rentrée de Pie IX à Rome, après l'exil de Gaële, a été fêlé par les Romains fidèles avec uoe grande solennité. Ce joer^là, toutes les familles (frincières de Rome se sont présentées an Vatican pour oftrir au Saint-Père le témoignage d'un dévoûment qui ne faiblit pas. Il était midi, et la salle du Consistoire était comble. Le Pape étant entré avec plusieurs des cardinaux, s'est assis sur son trône au iniliea des acclamations générales. A ce moment, le marquis Matteo Antici Mattei, avant-dernier sénateur de Rome, a lu, par délégation du sénateiir actuel, marquis Gavalletii, empêché par un deuil de famille, une magnifique Adresse exprimant la douleur de tous au spectacle de la situation faite au Saint-Père, leur dévoûment inaltérable et le ferme espoir d'un meilleur avenir.

Le Saint-Père a réponda par oae allocniioa que n

auisi eiBCiement que possible, d'après la foee (UUa Yerita :

^'.- Chaque jour aggrave raroiction que Nous ont apportée les événements du 20 septembre 1870 ; et chaque jour les conséquences funestes de cet attentat apparaissent plus cruelles. Mais c'est pour moi une grande consolation et un grand eocouragemeat d'observer toutes ces preuves d'affection que me donnent tous mes bons Romains. Oui, cette fidélité et cet attachement que me montre la plus nombreuse et la meilleure partie de Rome, cette ardeur avec laquelle ils travaillent à empêcher les plus grands outrages et à tenir vivant au milieu des ténèbres le flambeau de lafoi et de la charité; tout cela, je le répète, accroît mes forces et console mon cœur. Ainsi, plus les mauvais g'industrient à corrompre et à détruire, plus les bons se dévouent à sauver et â réédifier.

Cette belle attitude que vous avez prise a éveillé nonseulement à Rome, dans celle ville illustre, siège et centre de la foi chrétienne et du gouveroement de toute l'Eglise, mais elle a éveillé dans toute l'Italie, elje puis bien le dire, dans toute l'Europe et dans le monde entier, une noble rivalité dans le dessein de s'opposer au déhordemeol du mal avec toutes les forces dont peut disposer la charité cbrétienoe. Oui, cette Italie même, bien qu'en partie corrompue par l'argent des spoliations et par les artifices du mensonge, cependant elle se maintient, avec la majorité de ses fils, toujours fidèle à ce Saint-Siège et aux devoirs que lui impose la défense de Dieu et de la sainte Eglise.

C'est mon désir ardent que tous les bons s'unissent ensemble, parce que la concorde des bons est nécessaire si on veut empêcher les funestes effets de l'accorii des mauvais. L'union est ce qui est le plus cher au cœur de Jésus-Christ. Nous observons que, quand Madeleine se présente seule, après la résurrection, pour arroser encore une fois de ses larmes tes pieds du Sauveur, Jésus la repousse presque, et l'éloigoe par un refus. Mais quand les femmes s'unirent et se présentèrent au Seigneur ressuscité,

elles méritèrent d'entendre les premières ce doux salut : Aveie. Ames bénies, qui avez pris tant de part à ma passion et à mes douleurs, approchez-vous de mes pieds et rassasiez votre piété. Et les saintes femmes s'arrêtèrent à satisfaire leur piété et baisèrent ces pieds divins, qui toujours marchèrent à la recherche des rebelles et des pécheurs ; elles baisèrent ces pieds qui parcoururent la Galilée et la Judée, en jetant les semences de la rédemption du genre humain; elles baisèrent ces pieds qui furent transpercés sur le Golgotha et qui laissèrent échapper ces torrents de grâces et d'amour qui furent le salut du monde.

El maintenant, fils et filles très-chers, je lève mes pauvres mains sur vous, en suppliant le Seigneur de vous donner à tous les biens les plus désirables. Mais par-dessus tout j'invoque sur vous l'esprit de force, qui vous fasse proclamer avec courage les droits de l'Eglise et soutenir la cause de la justice. Ne craignez pas les impies, car ce sont eux qui, bien plus que vous, doivent trembler, étant incertains de leur fin, tandis que vous, vous êtes assurés de la protection de Dieu et de ses saints.

Que cette bénédiction de Dieu descende sur vos âmes, sur vos familles, sur tout ce que vous avez de plus cher. Qu'elle vous garde fidèles à Dieu, qu'elle vous rende heureux dans le temps et qu'elle soit la grâce au moyen de laquelle vous arriverez à louer Dieu durant toute l'éternité.

BenedictiOy etc.

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