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MOORE. — PLANTES A ASCIDIES

vatft et bien conservé, mais il n'a pas réussi dans mes essais de fécondation artificielle.

Les graines sont généralement bonnes si la fécondation a été convenablement pratiquée, et elles doivent être semées aussitôt après leur maturité, qu'on peut reconnaître à ce que les capsules se fendent. Si cela se présente vers le commencement de l'hiver ou pendant cette saison, il vaut mieux conserver les graines jusqu'en février ou en mars, mois qui sont les meilleurs pour le semis. En accomplissant cette dernière opération, il faut avoir soin de ne pas recouvrir les graines de terre, mais de les répandre seulement à la surface de la terre humide. L'enveloppe lâche et mince qui les unit indique qu elles flottent sur l'eau ou qu'elles reposent sur le sol humide jusqu'au moment de leur germination. Après le semis, les pots doivent être placés dans des terrines basses contenant de l'eau et disposées de façon que cette eau puisse être portée à une température de 80 degrés Fahrenheit. Si les graines sont bonnes, les jeunes plantes apparaîtront avec leurs petites ascidies à l'extrémité des feuilles dans le mois qui suivra le semis. Quand elles atteindront un quart de pouce (ou même moins) , il faudra les repiquer sur un sable léger dans des terrines basses, qu'on pourra recouvrir com-^ plétement avec des plaques de verre, et les placer ensuite pendant quelque temps dans une serre chaude où l'air sera humide. A ce moment de leur croissance, les jeunes plantes seront susceptibles d'être attaquées par une petite Algue filamenteuse dont le développement est favorisé par l'humidité ; et, si on la laisse s'étendre, elle aura bientôt détruit les plantules. Quand cet accident se produit, nous avons trouvé que le meilleur moyen est d'arracher les plantules, de les bien nettoyer et de les replanter dans un sol frais.

3* Propagation par bontare ov par greffe.

A peine ai-je besoin d'établir devant une assemblée d'horticulteurs français dont la réputation est si répandue dans toute l'Europe, pour le talent qu'ils déploient dans la reproduction des plantes de leur culture, que les diverses espèces de Nepenthes peuvent encore se propager par bouture et par greffe» Mais ceux qui en ont fait l'expérience m'accorderont qu'il faut apporter à cette opération le plus grand soin pour empêcher les boutures de se pourrir avant de s'être enracinées. J'ai pensé que cela peut être dû à l'organisation particulière de ces plantes, les Nepenthes

iS CONGRÈS INTERNATIONAL DE BOTANIQUE.

étaiit du petit nombre des plantes qui ont dans la moelle de leur tige du tissu vasculaire et du tissu cellulaire mélangés, et ayant en outre une couche épaisse de vaisseaux spiraux entre le bois et Técorce. On doit donc inférer de cette structure que l'humidité est plus rapidement introduite dans le tissu de leurs boutures que dans celui des végétaux organisés suivant la loi générale*

Pour ce qui est des grefles, je n'ai que peu de chose à dire. Nous avons actuellement à Glasnevin des greffes du N. Hookeri sur le A^. ampullartay et elles sont encore fraîches au bout de deux mois, bien qu elles n'aient pas poussé ; je ne puis dire s'il s'est opéré, oui ou non, la jonction nécessaire entre les tissus mis en contact Je me contente de laisser ici cet avertissement, n'ayant vu usitée nulle part cette méthode de propagation.

A propos de la reproduction des NepentheSy je tiens à vous entretenir des hybridations qui ont déjà été effectuées en Angleten-e. Le mérite d'avoir tracé la voie dans ce mode important d'expérimentation appartient à MM. Veitch, de Chelsea, qui ont dans leur magnifique établissement des collections de Nepenthes dont l'importance et la variété dépassent tout ce que je connais en Europe. Ils ont fait de la culture de ces plantes leur prmcipale étude, et ce sont les seuls horticulteurs qui aient jusqu'à présent réussi dans l'hybridation des Nepenthes. Le principal résultat de leurs expériences est devant vous sur cette table, sous le nom de Nepenthes hybrida^ mais je préférerais lui donner celui de Dominiana^ en l'honneur de leur habile chef de culture, M. Dominy, si expert à obtenir des hybrides d'Orchidées et à une foule d'autres pratiques horticoles.

V Morpliologie de la leollle.

A ce sujet, je n'ai rien à ajouter aux descriptions déjà faites dans les traités de morphologie végétale. On admet généralement aujour* d'hui pour certain que l'opercule de l'ascidie est la vraie feuille et que sa cavité est produite par une modification du i>étiolc. Mais je ne sache pas que l'on ait expliqué clairement comment l'eau pénètre dans l'intérieur des ascidies avant le soulèvement de leurs opercules, et lorsqu'elles sont hermétiquement closes. Je pense donc qu'on me permettra de demander que l'on discute la physiologie de la feuille relativement à ce phénomène. Le Nepenthes fait sans doute de son singulier pétiole le même usage que les autres plantes font de leurs vrilles, en se saisissant des espèces les plus fortes et les

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