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plus capables de les soutenir. A Texception de quelques Palmiers, je ne connais pas de plantes qui aient pour cet acte physiologique d'organes plus puissants que les feuilles des Nepenthes.
Voici les noms des espèces dont je présente ici des ascidies : ce sont les Nepenthes phyllamphora Jack, N. lœvis Lindl. , A^. ampullaria Jack var. guUata^ N. sanguinea Hort., N. Hookeriana^ N, Rafflesiana^ N. hybrida.
Le second genre dont j'ai à vous entretenir est le genre Sarra" cenia^ dont les espèces sont plus généralement cultivéas que les espèces de Nepenthes, bien qu'elles soient rarement bien vigoureuses dans nos établissements horticoles. Les échantillons qu'on en a présentés l'année dernière à l'exposition inlemationale de Londres et cette année même à Manchester, montrent à quel degré de perfection on peut porter ces curieuses et intéressantes plantes par des soins bien entendus. Ce que je me propose aujourd'hui, en apportant celles-ci au Congrès; ce n'est pas tant de faire connaître ce qui a été déjà publié sur leur culture, que de montrer une espèce venue de graine à Glasnevin, le Sarracenia variolaris. Il est à croire que c'est la première germination de ce genre qui ait eu lieu dans les jardins anglais ; et, comme il est désirable qu'on ait des renseignements à ce sujet, je prierai les personnes présentes de me faire connaître si quelque autre fait analogue s'est produit dans les jardins du continent. J'ai décrit la méthode à suivre pour faire réussir ces semis, dans une courte note publiée dans le Gar^ deners'Chronicle^ de Londres, en décembre 1 866, et je ne rép.éterai pas ici cette communication, dans laquelle j'ai fourni aussi quelques données sur la question de savoir si la végétation des Sarracenia est exogène ou endogène. Les spécimens qui sont devant vous représentent toutes les espèces qui ont été introduites en Europe, et je me bornerai à signaler la culture du Sarracenia purpurea , parce qu'il s'est développé à l'air libre durant tout l'hiver dernier sans en souffrir, la température étant tombée à 6 degrés Fahrenheit (environ — 14 degrés centigrades). Il y a ici des spécimens de Sarracenia flava^ de S. flava var. Catesbœiy de S. rubra^ de S. purpurea et du vrai 5. psittacina.
Je dois maintenant appeler l'attention du Congrès sur un genre de plantes à feuilles ascidiformes récemment introduit et fort remarquable : je veux pai'ler du Darlingtonia californica Torrey. Quand la culture de cette plante sera bien comprise, nous avons
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sujet d*espérer que ce sera un des végétaux les plus intéressants que Ton ait introduits en Europe depuis quelques années.
Un des premiers exemplaires vivants qui aient été introduits en Angleterre a éié reçu à Glasnevin en 1864 ; il y a été cultivé avec un grand succès pendant quelque temps. La plante produisit plusieurs pousses qui servirent à la reproduction et permirent d'en donner des rejetons à quelques amis. Mais toute la lignée en fut finalement détruite par l'exagération des soins et des précautions. Us avaient été enfermés dans des serres chaudes, où ils ne recevaient que très-peu d'air, tandis qu'il aurait fallu, tout au contraire, les tenir fraîchement, en laissant abondamment circuler l'air autour d'eux. Je suis parfaitement convaincu que le Darlingtonia deviendra assez rustique pour pouvoir supporter en plein air nos hivers d'Irlande, et cela sans aucune protection.
La plante à laquelle ont été prises les ascidies que vous voyez est demeurée tout l'hiver dernier dans une serre froide qu'on ne pouvait aucunement chauffer et dans laquelle il gela fortement pendant quatorze jours. La seule précaution qu'on prit fut de les recouvrir d'un pot à fleur ordinaire qui fut peu à peu et avec précaution soulevé, puis enlevé quand le froid eut diminué. L^ Darlingtonia est jusqu'à présent la seule espèce de l'ordre des Sarracéniées qui ait été découverte en Californie (sur la pente occidentale des Montagnes- Rocheusçs). Elle se rencontre à une altitude considérable sur des terres marécageuses, notamment vers la source du Rio-Sacramento, Où croissent des Conifères et d'autres plantes qui peuvent parfaûtement supporter sans abri nos hivera ordinaires. Après la perte de nos premiers Darlingtonia^ il se passa plusieurs années avant qu'on en importât d'autres, mais dernièrement des graines envoyées à Kew et aussi à un particulier des environs d'Edimbourg, ont produit un nombre considérable de jeunes plantes qui se trouvent maintenant dans plusieurs établissements. La figure donnée dernièrement dans le bel ouvrage de M. Van Houtte, la Flore des serres^ a été, je pense, dessinée d'après ime plante qui lui a été envoyée de Glasnevin et qui provenait de la première introduction. Les ascidies que je vous présente ont été prises sur une jeune plante et ne donnent qu'une très-faible idée de la taille des grands Darlingtoniay qui atteignent souvent une hauteur d'un pied à im pied et demi.
Je quitte l'étude d'une plante qui habite les contrées les plus
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occidentales du globe pour appeler, quelques instants encore, votre attention sur une des plantes les plus remarquables du groupe qui nous occupe, sur Télégant Cephalotus follicularis^ originaire d'Australie. Grâce au nombre considérable d'échantillons de cette espèce qui ont été importés dernièrement tant sur le continent qu'en Angleterre, Je Cephalotus est aujourd'hui parfaitement connu et fait partie de la plupart des belles collections de plantes, bien que peu d'horticulteurs s'entendent à le maintenir longtemps en bonne santé. Je ne l'ai vu nulle part aussi bien soigné qu'au Jardin botanique du Collège, près de Dublin, où M. Bain, le conservateur de ce jardin, en a obtenu de fort grands pieds ; assurément nous ne connmssons aucune plante dont l'obtention puisse nous payer aussi bien de nos peines et de nos soins. Ces touffes de neuf à dix pouces de diamètre, portant en même temps de vingt à trente ascidies, offrent un spectacle qui frappe tous les admirateurs des beautés de la nature, et l'on ferait volontiers un long voyage pour le contempler ; le Cephalotus n'a jamais été à Glasnevin aussi beau que dans ce jardin , bien que nous en ayons aussi quelques exemplaires remarquables. Pour qu'il vienne bien, il faut le placer sur une tablette derrière la vitre d'une serre froide et aérée, où il puisse être abrité contre le soleil durant les mois d'été. Il importe aussi de le recouvrir partiellement d'une cloche de veri*e que l'on soutient sur le dessus de trois petits pots à fleurs ren« versés et plongeant, ainsi que celui qui porte le Cephalotus ^ dans une terrine pleine d'eau. De cette manière, on maintient autour de la plante la libre circulation d'un air dont l'humidité demeure à peu près la même ; c'est ainsi qu'on a obtenu les plus beaux exemplaires qu'on voie dans les jardins d'Angleterre. Le Cephalotus ne soufire pas qu'on l'enferme ni qu'on l'échauffé trop, et quoiqu'il puisse commencer à végéter un peu dans une atmosphère chaude et confinée, si ce traitement est poursuivi pendant un temps considérable, il languit bientôt et périt.
A l'égard de la reproduction du Cephalotus^ je dois faire observer qu'il repousse fort bien de petits fragments des racines des plantes les plus fortes et les plus âgées. 11 faut sectionner ces racines horizontalement en morceaux courts que l'on répand à la surface de pots remplis de terre de bruyère et de sable blanc fin. Ces pots doivent alors être placés dans un lieu où Tatmosphère soit chargée de vapeur et la température plus élevée que dans celui où croissaient les plantes dont on a coupe les racines. En employant cette méthode
et en plaçant des plaques de verre au-dessus du pot, on verra sortir des racines des bourgeons adventifs qui donneront des plantules.
Je termine cette lecture en remerciant le savant auditoire de l'attention qu'il a bien voulu m' accorder, me permettant ainâ de contribuer à atteindre un des buts de ce Congrès international : celui de nous communiquer réciproquement les renseignements propres à intéi*esser la science pure ou appliquée.
M. J.-E. Planchon dit que le Darlingtonia a été figuré par Torrey, et que lui-même a suivi l'auteur américain pour le dessin qu'il en a donné dans la Flore des senes. 11 ajoute qu'il est convaincu, d'après ses études, que les Sarracenia doivent être éloignés des Papavéracées, près desquelles on les place généralement, et rapprochés de&Piro/a.
M. L. Kny fait au Congrès la communication suivante :
SUR LE DÉVELOPPEMENT DU PROEMBRYON DE VOSMUNDA REGAUS L.,
Par M. le docteur li. KNY, Privaldocent à rUniTertitë de Berlin.
Les recherches dont j'ai l'honneur de présenter les résultats au Congrès ont été poursuivies pendant les deux derniers mois, et n'embrassent par conséquent que les premières phases du développement du proembryon. Elles offrent cependant, au point de vue morphologique, un intérêt si particulier, que les savants qui m' écoutent me pardonneront, je Tespëre, l'insuffisance de cette communication.
Parmi les Fougères, c'est à la famUle des Polypodiacées que se sont tout d'abord attachées les études des organogénistes. Après que M. Naegeli eut décrit la formation des anthéridies , M. le comte Leszczyc-Suminski suivit la plantule depuis la germination de la spore jusqu'à l'acte de la fécondation. Plus tard, Mercklin et M. Hofmeister montrèrent que ce n'est pas seulement parmi les Polypodiacées qu'il existe une grande conformité dans la structure de l'embryon et dans la partition des organes de la fructification, mais que, dans ses points es entiels, cette conformité s'étend aux Cyathéacées, Schizéacées et Marattiacées. Mais le type de ces quatre familles n'est plus suivi par le développement du proembryon chez les Ophioglossées et les Hyménophyllées , comme Mettenius l'a observé le pi*emier. Chez les premières, ce proembryon produit un
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corps celluleuxtubériforme, chez les secondes, un filament cloisonné et ramifié. On ne connaît encore ni le mode de germination ni celui de fécondation chez les familles des Gleichéniacées et des Osmundacées. Mais si personne, à ma connaissance, n'a fait du développement des premières l'objet de recherches organogéniques, on a fait avec les spores de VOsmunda regalis un grand nombre de sem qui malheureusement ont presque constamment échoué.
Cet insuccès surprenant est principalement dû à ce qu'on a pris des semences dans les herbiers, comme on Ta fait pour les Polypodiacées. Comme elles sont riches en chlorophylle et que les membranes en sont assez minces, on peut penser qu'elles ne conservent pas longtemps la faculté germinative. Aussi ai-je préféré les faire tomber immédiatement de la fronde sporigère sur le substratum disposé à les recevoir. Le substratum que j'ai employé était, dans la plupart des cas, de la tourbe ou bien un mélange de tourbe et de terre de bruyère; quelquefois du sable mouillé ou de l'eau pure. La germination, avec des circonstances favorables d'sdlleurs, commença toujours au début du troisième jour. Après avoir suivi un peu, d'une manière passive, la dilatation de Tendospore, la membrane externe de la spore se fend au sommet sur trois lignes qui correspondent aux angles par lesquels la spore touchait les spores voisines. La première cloison qui apparaisse dans l'intérieur de la cellule est toujours perpendiculaire au sens suivant lequel elle s'allonge, et sépare la première cellule radiculaire de la cellule-mère du proembryon^» dont elle forme le prolongement immédiat. Tandis que la cellule radiculaire, sans se cloisonner davantage, s'accroît notablement en longueur, bientôt il apparaît dans la cellule-mère du proembryon une deuxième cloison parallèle à la précédente, et sur laquelle, dans chaque cellule-fille, il en tombe verticalement une autre. Alors le jeune proembryon se compose, abstraction faite de la cellule radiculaire, de quatre cellules disposées en croix. Trois d'entre elles, savoir les deux inférieures, voisines du premier poil radiculaire, et une des deux supérieures, se comportent à peu près de même dans leur cloisonnement ultérieur, c'est-à-dire se subdirâent en cellules margmales de même rang, dont chacune se développe suivant le mode connu ; pendant cela, la seconde des deux cellules supérieures devient la cellule apicale du proembryon. Elle se divise par des cloisons perpendiculaires à sa surface, cloisons inclinées alternativement Tune sur l'autre dans deux sens opposés. Après s'être
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répété cinq ou six fois pour l'ordinaire, ce procédé normal de déve^loppement se trouve toujours terminé. Alors, dans la cellule apicale de dernier ordre, apparaît une cloison verticale dans sa longueur, qui sépare une cellule superficielle à trois pans d'une cellule marginale à quatre pans. Les divisions qui se montrent dans celle-ci ne se distinguent en rien de celles des cellules marginales qui les précèdent à droite et à gauche ; elles résultent soit d'un cloisonnement longitudinal produisant deux cellules marginales semblables de la génération suivante, soit d'un cloisonnement transversal séparant une cellule superficielle d'une cellule marginale d'un degré ultérieur encore. Le développement en longueur du proembryon de YOsmunda regalis a lieu dès lors comme celui de la feuille du Pellia epipht/lla^ par plusieurs cellules marginales qui se pressent dans téchancrure terminale. Quoique dans les phases ultérieures du développement du proembryon, la direction des premières lignes de division s'efface toujours plus ou moins par suite de l'enchevêtrement réciproque des cellules, cependant on reconnaît ordinairement encore avec toute évidence, quand l'ensemble a pris sa forme dernière et définitive, que les groupes de cellules s'ordonnent suivant les quatre secteurs 'un cercle.
D'après ces observations, le proembryon de YOsmunda regalis offre, quand on le compare avec celui des Polypodiacées, quelques particularités importantes. La spore ne se développe pas ici en une série celluleuse simple et primitive susceptible de s'élargir à son sonunet sur un plan formé d'une seule couche de cellules, et de pousser latéralement des poils radicaux sur ses cellules. Le premier poil radical est au contraire toujours la continuation de la cellulemère du proembryon, et il se relie immédiatement à la surface de la cellule-mère de celui-ci. Une autre différence consiste dans la formation d'une nervure moyenne à plusieurs couches qui traverse le proembryon de sa base vers son sommet, et se trouve bornée à son extrémité supérieure par les deux bords latéraux aliformes. Les premières cloisons de séparation parallèles à la surface apparsdssent de très-bonne heure. Sur les proembryons les plus âgés (ils avaient deux mois) que j'aie examinés, j'ai trouvé la nervure moyenne épaisse de sept couches cellulaires.
Relativement au développement des anthéridiesetdesarchégones, mes recherches laissent des lacunes à combler. Tout ce que je puis dire ici, c'est que ces organes apparaissent fort tard. La première
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anthéridîe que j*ai observée Ta été au quarante-cinquième jour. Je m'abstiendrai môme de parler en détail de la conformation et des transformations de la chlorophylle particulièrement faciles à suivre sur les spores en germination de YOsmunda. Mais je tiens à insister spécialement sur ce que le proembryon de cette plante, dans l'évolution régulière de ses développements successifs, se comporte complètement comme le jeune axe foliacé du Pellia. De même que chez cette Hépatique, on voit se changer en cellule apicale une des cellules marginales du corps paucicelluleux résultant de la partition de la spore, et cette cellule se diviser, pendant un certain temps, par des cloisons verticales inclinées alternativement à droite et à gauche ; enfin tout l'ensemble se transformer en l'état défmitif de l'organe adulte par la multiplication des cellules marginales. C'est là un exemple remarquable de cette loi que les phases inférieures du développement des organismes plus élevés peuvent présenter exactement les mêmes procédés de formation qui caractérisent l'état adulte des organismes inférieurs.
M. David Moore fait au Congrès la communication suivante :