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DISCUSSION SUR LA GÉOGRAPHUB BOTANIQUE

M. J.-E. Planchon dît que le Cùtus salvifolim ne se rencontre que là où est la silice ou la dolomie, et jamais sur des calcaires parfaitement purs.

M. Éd. Morren se réserve de revenir sur ce sujet dans une des séances ultérieures du Congrès, à l'occasion d'un mémoire qu'il se propose de lire sur la flore calaminaire.

M. Gubler expose une opinion générale : il croit fermement qu'il existe une relation causale du terrain au tapis végétal. Il en cite comme exemples les faits qu'il a observés en Provence, entre Marseille et Nice, en parcourant la chaîne de l'Esterel, où les terrains varient pour ainsi dire à chaque pas, soit dans leur âge géologique, soit dans leur structure physique ou chimique : il y a là deux flores; l'une silicicole {Pinus maritima^ Erica arborea^ Cistus salvifolim^ Lavandula Slœchas); l'autre calcicole {Pinus alepensis^ Thymus vulgaris^ Lavandula vera, etc.), qui se représentent selon la nature chimique du sol avec une régularité frappante, même sur de petits îlots renfermés dans un terrain tout difTérent du leur ; ce qui justifie les réflexions exprimées précédemment par M. Cosson. M. Gubler cite plusieurs exemples démonstratifs à l'appui de sa proposition générale. Il ajoute qu'il ne faut pas se fier, pour juger de la nature chimique du sol, à l'espèce minérale, car il y a des schistes qui renferment 15/100 de calcaire.

M, de Geleznow dit qu'il faut tenir un compte sérieux des propriétés physiques, et surtout du degré d'humidité du sol, qui * peut varier toutes choses égales d'ailleurs, et de la coloration de sa surface. Dans les steppes de la Russie, on observe des alternances remarquables de végétation. Quand elles ont été récemment ameublies, ces steppes, couvertes d'une terre noire et facilement perméables à l'eau, sont d'une grande fertilité. Au bout de quelques années, cette fertilité diminuant, on les laisse en jachère. EUes sont alors envahies par les mauvaises herbes, surtout par des Synanthérées (Onopordon)^ le Dipsacus Gmelini^ des Eryngium. Quand le terrain se dessèche en se consolidant, ce sont des Légumineuses et quelques Graminées qui apparaissent ; quand il devient plus compacte, ce sont les Stijia pennata et

M GOlfCniS INTERNATIOIIAL DE BOTANIQUE.

capillatay dont la présence témoigne qu'il faut défoncer à nouveau le terrain. M. de Geleznow a constaté lui-même, la bêche à la main, ces divers degrés de consistance du soi-

M. Camilte Personnat cite deux plantes observées par lui sur des sols de nature différente : le Nothochbma MararUœ^ cueilli par lui dans TArdèche aux Sallèles, et à Magres sur des éboulements basaltiques, et le Cistm salvifolim^ qu'il a trouvé à Auch, sur les terrains tertiaires et dans l'Ârdèche, aux Ollières, sur le terrain primitif.

M. J.-E. Planchon dit que M. Diomède Tueskiewicz a observé le Nothochlœna^ près du Vigan, croissant sur le calcaire métamorphique qui est siliceux.

M. de Candolle recommande de ne pas négliger la comparaison des pays très-éloignés les uns des autres. Les résultats que Ton obtient de Tétude isolée de chacun difièrent souvent beaucoup entre eux. Ainsi le blé, qui croît bien en Irlande sur les terrains sablonneux, ne vient guère, dans le Midi, que sur les terres argileuses fortes. Celte idée a été développée dans sa Géographie botanique raisonnée. Depuis Tachèvement de cet ouvrage, une idée nouvelle lui est venue, surtout en réfléchissant à l'extension de certaines espèces qui deviennent prédominantes dans le struggle for life de M. Ch. Darwin. C'est que la prédominance de ces espèces est probablement due à ce qu'elles rencontrent un terrain très -favorable à leur développement, et supplantent d'autres espèces placées dans des conditions moins heureuses.

M. J.-E. Planchon, résumant ce qui vient d'être dit dans la discussion, dit que les espèces spéciales à certains terrains sont en très-petit nombre et appartiennent surtout à la silice et à la dolomie. Il cite, entre autres, XArenaria tetraquetray qu'il a observé à Montpellier sur la dolomie, et que M. Reboud a observé en Algérie, dans les mêmes conditions. D'un autre côté, certaines plantes de la région méridionale qui croissent dans l'ouest n'y végètent plus que sur le calcaire, peut-être pour trouver un sol plus chaud, nécessaire à leur développement sous une latitude plus élevée. Les vulgarités du Midi deviennent alors les raretés de FOuest. En somme, ce qui a corn-

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