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DISCUSSION SUR LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE. A

promis la thèse de l'influence chimique, c'est labus que Ton en a fait ; elle ne cesse pas d'être vraie, mais dans un pays restreint, jouissant d'un climat uniforme.

M. Du Mortier explique une raison qui modifie artificiellement le caractère chimique du sol dans certaines localités. En Hollande, on trouve des dunes composées d'un sable formé de coquillages brisés (avec lequel on fait de la chaux), et que l'on transporte comme engrais sur des terres schisteuses et froides. L'Ardenne a été ainsi transformée ; stérile avant l'apport de la chaux, elle est devenue fertile, preuve nouvelle de l'importance du calcaire. S'il n'est pas Irès-important dans le Midi, il est indispensable dans le Nord, où il semble suppléer au calorique. Il faut se garder d'une théorie trop générale en pareille matière. Le système doit varier suivant les contrées. Les plantes localisées sont beaucoup plus rares que Ton ne se l'imagine. Les stations des plantes ne sont qu'une série d'exceptions aux règles que l'on pose. 11 cite comme exemple des difficultés de ce sujet, la distribution géographique du Lathrœa clandestina qui, commun dans le midi de la France, n'est pas signalé aux environs de Paris, et se retrouve abondant en Belgiciue.

M. Bureau reprend l'idée indiquée par M. Planchon sur la végétation des calcaires de l'ouest de la France. Là les plantes méridionales se trouvent, ou sur le bord de la mer, où la température est plus douce, ou dans de petits bassins calcaires de l'intérieur, indiffiérents d'ailleurs à l'âge géologique du terrain ; par exemple, jusque sur le coteau qui avoisine Ancenis (Maineet-Loire). Il pense, comme M. Planchon et M. Du Mortier, que, dans ce cas, le calcaire supplée à la latitude par la facilité avec laquelle il s'échauffe. Il ajoute que la chaux employée en agriculture commence à influer sur l'aire locale des plantes calcicoles de l'ouest, et que plusieurs d'entre elles sortent des bassins calcaires, notamment le Lepidium campestre. Dans quelque temps, il sera bien difficile de continuer ces observations.

M. Laisné dit que, sur les côtes du département de la Manche, comme en Hollande, on exploite la tangue, c'est-a-dire le sable constitué, presque par moitié, de coquillages brisés, pour le

transporter sur les terres schisteuses ou granitiques de Tintérieur. 11 en résulte que toute la surface du pays est imprégnée d'une légère couche de calcaire. Le grès de Fontainebleau, dont on a beaucoup parlé dans la discussion, comprend un élément calcaire important; on sait qu'il est aggloméré par un ciment uniquement calcaire, et qu'il cristallise suivant une forme qui n'est pas celle du quartz, mais bien un dérivé de la forme ordinaire au carbonate de chaux, lequel englobe les molécules de silice. M. Laisné ajoute qu'il a trouvé dernièrement, sur les bords de la baie du Mont-5aint-Michel, le Lathrœa clandestina^ qui n'y était point connu, et cela sous la latitude de Paris.

M. Warner fait au Congrès la communication suivante :

SUR LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LA CULTURE DES ORCHIDÉES, par M. WLoheri WAUNBWLf de Uadref.

Il sera évident pour ceux qui ont fait une étude spéciale de la culture des Orchidées, que les principes généraux étal)lis dans ce mémoire devront être modifiés dans quelques cas.

Il est cependant certain que quiconque suivra des règles bien définies en commençant une étude quelconque, sera capable d'entreprendre des expériences avec des chances de succès meilleures que celui qui s'y livrera sans aucun plan d'action établi d'avance.

Il est indispensable que la grandeur et la forme des serres à Orchidées soient en raison des plantes qu'on se propose d'y cultiver. Dans les contrées septentrionales du continent européen, il faudra des serres garnies d'un double vitrage. Cela est moins nécessaire en Angleten'e, le froid de l'hiver y étant moins intense. En Italie, le double vitrage est également inutile; on aura plutôt à y lutter contre la chaleur estivale que contre le froid hivernal.

La largeur intérieure des serres ne doit pas être inférieure à dix pieds ou supérieure à dix-huit. Avec la première largeur, on aura dans l'axe de la seire un chemin large de quatre pieds ; avec la seconde largeur, deux chemins latéraux de trois pieds chacun, bordés extérieurement de bâches larges de trois pieds et entre lesquelles la bâche médiane aura environ cinq pieds de largeur. Les serres à Orchidées devront être plutôt basses que hautes; la hauteur ne doit pas y excéder sept pieds et demi dans le centre de la serre.

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