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ORPHANIDSS. — ÉTAT ACTUEL DE LA FLORE GRECQUE

m'a été faite de preadre part au Congrès international de Paris, je m'empresse de donner par ce mémoire quelques renseignements sur Tétat actuel de la flore grecque, détails qui pourront intéresser les botanistes au point de vue de la géographie botanique.

La végétation de la Grèce, et en général celle de TOrient, occupe depuis quelque temps des hommes éminents en Europe. Plusieurs collecteurs de trésors végétaux ont entrepris des voyages pénibles, et formé des collections où brillent une multitude de nouvelles découvertes, décrites déjà en grande partie par l'illustre auteur du Flora orientalis,.

Cet ouvrage, admirable de clarté et de précision, embrasse la végétation de tout TOrient, d'une partie des Indes, de la Perse, etc., et, s'il était entièrement publié aujourd'hui, le mémoire que j'ai l'honneur de présenter au Congrès n'aurait pu en être regardé que comme un fragment, car ce sont les plantes grecques qui ont occupé spécialement depuis plusieurs années M. Boissier. Mais à peine le premier volume du Flora orientalis est-il paru ; aussi je ne crois pas sans utilité d'entreprendre l'examen de la flore qui m'occupe spécialement

§ f •— Élevdae de la flore fçreeqne. Nature da «ol.

D'abord je crois indispensable de dire quelles sont les limites de cette flore.

J'appelle flore grecque (Chloris hellenica) non-seulement la végétation spontanée qui couvre le Péloponèse et toutes les îles de l'archipel grec, la Roumélie jusque au Jeni-Barar, sur les frontières de la Servie (c'est-à-dire la Thessalie, FÉpire, la Macédoine et la Thrace en deçà du mont Hémus), mais encore l' Asie-Mineure depuis les Dardanelles et Smyrne jusqu'à Trébizonde et aux rives de l'Euphrate.

En d'autres termes, j'appelle flore grecque, la végétation de ce qu'on appelait anciennement Grèce et de ce que le botaniste anglais Sibthorp a parcouru dans ses voyages.

Les traditions historiques de cette belle contrée, son caractère climatologique et l'uniformité de sa végétation, obligent l'homme de science à ne pas reconnaître des limites imposées par l'invasion de peuples barbares ou par les injustices de la politique. Ni l'historien, ni le botaniste ne concevront qu'on sépare l'Olympe de Bithynie ou l'Olympe de Thessalie du Parnasse ; le Cadmus ou le Sipyle du

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mont Cyllène et duTaygète ; les îles de Samos, de Chîo, de Chypre ou de Rhodes des îles Ioniennes, des Cyclades et delà Crète.

Le sol de cette contrée est très-inégal, mais plein de beautés. De grandes et hautes montagnes dont les sommets restent couverts de neiges pendant tout l'été la divisent en plusieurs grandes vallées. Sur ces montagnes, parmi les raretés caractéristiques du pays, se donnent rendez-vous les plantes des Alpes et les plantes proprement orientales. .Ainsi V Aster alpinus, les Vaccimum, les Genticma^ vivent avec les Biebersteinia et les Acantholinum^ etc.

Du pied de ces montagnes s'étendent jusqu'aux bords de la mer de grandes plaines où le Dattier et les Hespéridées sont naturalisés. Ces plaines, ordinairement très-fertiles, rarement stériles, et plus rarement sablonneuses, nourrissent une multitude d'Ombellifères, de Légumineuses et de Cynarées. Ici des vallons, patrie du Laurier, du Myrte et du Nerium^ sont couverts d'une végétation luxuriante, arrosée par des ruisseaux nombreux ; là, des collines arides et nues portent les Orchidées, les Liliacées et les Graminées. Quelquefois ces collines et les pentes inférieures des montagnes d'alentour se couvrent d'une végétation toujours verte, où se distinguent les Chênes à feuilles persistantes, le Lentisque, l'Olivier sauvage, les Arbousiers, le Caroubier, quelques espèces de Conifères, les Légumineuses, les Cistes et plusieurs Labiées frutescentes.

Au pied de ces collines se trouvent ordinairement des ravins, lits des torrents qui, vers le pied des montagnes, aboutissent à des gorges donnant passage aux eaux provenant de la fonte des neiges. Ces gorges sont presque toujours bornées à droite et à gauche par des rochers escarpés et effrayants, sur lesquels souvent la chèvre et le botaniste ont laissé intactes, en soupirant à l'envi, des plantes qui secouaient au-dessus de leur tète leiurs panaches fleuris. Des deux côtés de ces gorges se trouvent des plateaux très-hauts et très-froids. Enfin des bois, le plus souvent composés totalement de Pins ou de Sapins, sont le refuge de quelques rares Galium, de Labiées et de Composées.

Les côtes de la mer et les îles à cUmat doux o£Grent sur leurs rochers, près des plantes du littoral, une foule de Composées, de Papilionacéfes et de Graminées, parmi lesquelles se trouvent quelquefois groupées des Campanules et des Caryophyllées très-rares.

La température de toutes ces localités diffère beaucoup, et tandis que le botaniste eq excursion sur la plaine méridionale de la The$-

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