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POISSON. — PRÉSERVATION DES COLLECTIONS BOTANIQUES

matières molles, des pièces anatomiques, des Champignons, etc., puis les exposant à Fair, la partie superficielle au moins se contracte, durcit et devient souvent friable ; conséquemment, il doit en être de même pour des rameaux de fleurs ou de feuilles qui, en r^son de leur peu d'épaisseur et de leur perméabilité, sont soumis au même phénomène, quoique l'échantillon passe assez rapidement dans le liquide, et la friabilité des échantillons d'herbiers est trop connue des botanistes.

Enfin il est notoire que la verdeur de beaucoup de plantes sèches fraîchement recueillies, et qui ne perdent nullement d'intérêt à la conserver, disparaît très-souvent après l'empoisonnement, si surtout on a le tort de laisser trop longtemps les échantillons dans les coussins de papier buvard destiné à les essorer. Nous pensons donc que l'alcool affaibli et ramené de 85 degrés centésimaux à 65 degrés par exemple, donnerait un liquide tout aussi pénétrant qu'on pourrait le désirer, si toutefois la plante qu'on y abandonne n'est pas enduite d'une matière gommeuse, d'une pruinosité, ou ne recèle pas de matières insolubles ou impénétrables par l'alcool.

Les procédés mis en usage depuis quelques années par plusieurs botanistes, d'air satuj'é de sulfure de carbone, de benzine ou d'acide phénique, sont d'excellents moyens à opposer aux insectes, mais qui sont transitoires ; le sulfure de carbone est le plus énergique de ces agents, car rien de ce qui vit ne peut supporter ses vapeurs concentrées; mais il n'est pas suffisamment prouvé que les œufs et même toutes les larves soient détruits par ce gaz, à moins qu'on ne répète sans cesse l'opération, ce qui ne paraît guère praticable pour un herbier considérable.

Quant à la benzine et à l'acide phénique, qui devrait être choisi de préférence à cause de son odeur plus pénétrante et de sa volatilité moins rapide , ce ne seront jamais que des palliatifs excellents pour éloigner les insectes à l'état parfait, mais qui devront être sans cesse renouvelés. Ces moyens de conservation peuvent être suffisants pour un petit herbier contenu dans quelques meubles bien clos, mais seront insuffisants pour des collections importantes. Pour ce qui est de la répugnance que certaines personnes éprouveraient pour les odeurs désagréables que répandent les produits susnommés, on comprendra que c'est une considération toute personnelle qui doit guider le naturaliste dans son choix.

M. Faivre fait au Congrès la communication suivante :

OBSERVATIONS SUR LA FLORAISON D'UN AGAVE, Pir M. E. FAIVBB,

Profe««Qr à U Faculté des sciences do Lyon.

i* AecrolMieaieB* de la h«aip«.

Dans une noie publiée en 1860 (1), nous avons fait connaître après Warthausen, Gay, Lister, Martins, Regel, des résultats relatifs à la croissance de la hampe et d'un Agave densiflora.

Nous apportons aujourd'hui de nouvelles observations auxquelles de récentes controverses sur les conditions de croissance chez les végétaux donnent un intérêt particulier.

L'Agave que nous avons étudié est 1*^4. lurida Ait. (2).

Il provient d'un semis fait à l'ancien Jardin botanique de la ville, et se trouve placé, depuis le commencement de la floraison, dans la serre principale du fleuriste. Grâce au concours d'un habile jardinier, François Gaulin, j'ai pu surmonter les difiicultés qu'oflraît l'élévation de la hampe, et prendre les observations avec régularité, le matin de cinq à six heui-es et le soir de six à sept heures. Gommen* cées le 1" juin au soir, époque à laquelle la hampe mesurait 3", 51, ces observations ont été continuées depuis cette époque jusqu'au 3 juillet au soir ; elles comprennent donc une période de trente-deux journées. Les mesurations ont été faites de la manière suivante :

1° Hauteur totale de la hampe à partir de l'aisselle d'une des feuilles inférieures.

2° Hauteur de la partie inférieure de la hampe, prise du point précité à l'origine du pédoncule floral le plus inférieur.

3" Hauteur de la partie supérieure et terminale à partir du même pédoncule.

4» Circonférence de la base de la hampe.

Pendant le cours des observations, la plante a été laissée dans les mêmes conditions, bien isolée sur le gazon delà serre.

Le résultat général de toutes les mesures prises a été le suivant : En trente-deux jours la hampe s'est élevée de 8",51 à 5", 46, soit 1",95. Mais quelle a été la marche de cette croissance,

(1) Note sur la floraison et le développement de la hampe de VA^ve densiflora {Annales de la Société imp, d'Agriculture, d'Histoire naturelle et des Arts utilfs de Lyon, 1866).

(2) Cf. Ait. Hort. hew., i, 472 ; Kunlh, Enum,, v, 125 ; Jacqne?, Manuel des plantes, IV, 675, etc.

FAIVRE. — FLORAISON b UN AGAVE.

a-t-elle été régulière, lente ou brusque, a-t-elle été plus rapide le jour que la nuit, a-t-elle subi de la part de certaines conditions météorologiques extérieures des influences appréciables?

Le tableau suivant, dans lequel on a pris soin d'indiquer chaque jour les différences de croissance, soit de la totalité de la hampe, soit de sa partie supérieure, fournira des indications précises à cet égard.

CROISSANCB DE LA HAMPE DE W AGAVE LUfilDA PBiNDANT 32 JOURS.

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