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FAIVRE. — FLORAISON D'UN AGAVE

Sur une autre fleur, un filet staroinal encore clans le bouton est coupé en deux parties, dont Tune portant l'anthère non ouverte ; ce fragment, mis dans l'eau, continue à s'accroître et la déhiscence de l'anthère se produit; le fragment du filet resté adhérent dans la fleur s'allonge également.

Pour nous mettre à l'abri d'erreurs, en partant, pour mesurer l'élongation, du sommet du périanthe, nous nous sommes assuré que les parties de cette enveloppe florale conservent une hauteur constante pendant la durée de l'observation.

Ainsi il y a indépendance dans l'évolution des parties florales par rapport à l'ensemble de la fleur, comme il y a indépendance de l'évo^ lution de la fleur elle-même par rapport à la hampe.

C'est un nouvel exemple de l'individualisation et de l'indépendance du rôle des parties dans l'ensemble, ce fait capital que les physiologistes ont mis en évidence jusque chez les organismes les plus perfectionnés.

Un dernier résultat de nos études consiste dans la détermination du mode de fécondation ; celle-ci ne serait pas directe chez YAgave^ mais croisée, comme il arrive si souvent chez les plantes hermaphrodites (1).

Voici les faits qui autorisent cette manière de vou\ lis résultent d'observations effectuées non-seulement sur Y Agave lurida, mais sur un Agave d'un autre groupe» le Bonapartea juncea.

D'abord l'inflorescence composée favorise, chez Y Agave comme chez beaucoup d'autres plantes, la dissémination du pollen sur les différentes fleurs d'un même pied.

En second lieu, dans les nombreuses fleui*s isolées dont nous avons suivi l'épanouissement, nous n'avons jamais vu que le stigmate ait reçu le pollen des anthères; les étamines s'allongent les premières, se déjettent du côté extérieur des enveloppes florales, et leur déhiscence a lieu avant que le style et le stigmate soient préparés.

Si l'on observe enfin comment les choses se passent à l'état normal sur la hampe elle-même, on constate que l'épanouissenient marche de bas en haut et que les fleurs d'un étage sont toujours en avance sur celles de l'étage supérieur ; l'évolution a lieu de telle sorte qu'il y ait coïncidence, au point de vue de la féconda-

(1) Vovei noire travail sprcial Sur les croisements entre individus de même espècâi dnns le réf^ne végétal, publi*'* dans le Rrcunt de^ travaux du Congrès médical de France. Session de Ljon, 1 vol. Paris, J.B. Baillicre et fils, 1865.

tien, entre les stigmates des fleurs inférieures et les étamines des supérieures.

En effet, celles-ci, développées avant le style de leurs propres fleurs, s'incurvent au dehors et émettent leur pollen prédsémeat au moment où le style des fleurs placées au-dessous a terminé son élongation, où leur stigmate est préparé. On reconnaît cette préparation du stigmate, non--seulement à la production visqueuse de ses papilles, mais à l'écartement des lobes qui le composent.

Or ces phénomènes physiologiques s'accomplissent dans la leur au moment propice, non pour qu'elle reçoive son propre pollen, mais pour qu'elle devienne féconde par le pollen des fleurs supérieures ; c'est dans ces conditions et en observant ces croisements qu'on réalise avec succès les fécondations artificielles.

L'examen des photographies qui accompagnent ce travail vous montrera, messieurs, comment l'évolution des étamines précède celle du stigmate, et la tendance qu'ont les étamines, surtout à l'obscurité, à s'incurver en s' écartant du stigmate.

L'Agave qui fait le sujet de cette étude, vient de donn^ lieu, une année ajurès sa floraison, à une curieuse manifestation physiologique. Les capsules ont produit des graines fécondes, et la hampe s'est maintenue bien vivante ; sur les branches courtes qui en partent et qui portaient l'été précédent des fleurs abondantes, se sont développées d'autres productions destinées à la multiplication du végétal. Ces productions sont des bourgeons mobiles ou bulbilles, dont on n'a point, que nous sachions, signalé l'existence chez l'espèce dont il s'agit, et surtout après sa floraison. Il a suflî d'imprimer des secousses à la hampe pour détacher aisément ces bulbilles, qui ont été employés avec succès à la multiplication de la plante.

L'examen de plusieurs de ces bulbilles nous a révélé un fait intéressant : il s'agit de la transformation florale plus ou moins complète des feuilles intérieures de ces bourgeons ; tantôt les pièces du périanthe y sont seules apparentes, tantôt la fleur est entièrement constituée. Ces anomalies ne laissent guère de doute sur les rapports étroits qui unissent, au point de vue morphologique et physiologique, le bourgeon, le bulbille et la fleur.

M. H. Vilmorin insiste sur la différence que M. Faivre a remarquée entre le développement diurne et le développement nocturne des Agave. Il rappelle que Lindley, il y a une vingtaine

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d'anuées, a fail sur quelques v^étaux des expériences analogues, dans lesquelles cet observateur partageait en quatre fractions la durée du jour ; il avait vu ses plantes atteindre leur maximum de croissance dans des fractions très-diverses de la journée.

M. de Schœnefeld rend compte de Therborisation faite, le 18 août, dans la forêt de Fontainebleau, sous sa direction.

Cette course, dit^il, ne mérite pas un rapport spécial, parce que vu Tépoque un peu tardive de TanDée, elle ne pouvait guère que reproduire celle que la Société botanique de France a faite dans la forêt, le 12 août 1855, et qui a été de ma part Tobjet d'un rapport détaillé inséré au Bulletin de la Société^ t. II, p. 592. Le seul fait intéressant que nous ayons relevé dans notre rapide excursion, c'est que le Goodyera repens a sensiblement diminué sous les pins du mail Henry IV.

M. Schultz-Schultzenslein, vice-président du Congrès, fait une communication orale sur la nutrition des plantes, et expose principalement que la formation de gaz a lieu beaucoup plus abondamment sur les feuilles immergées dans Teau, quand on ajoute au liquide une substance acide, notamment du bitartmte de potasse. M. Schultz-Schultzenstein revient en outre sur la théorie de la cyclose, dont il est l'auteur, et qu'il a exposée dans un mémoire sur les laticifères, qui lui a fait décerner par l'Académie des sciences de Paris le grand prix des sciences physiques en 1833. Il s'applique à réfuter les objections qui ont été faites à cette théorie par divers observateurs modernes, et se propose de répéter devant le Congrès, dans un local approprié aux observations, ses expériences sur la formation des gaz, et de montrer au microscope certaines propriétés du latex (1).

M. le Président répond que le bureau soccupera de chercher le local nécessaire aux expériences de M. Schultz-Schultzenstein.

(1) Le manuscrit de ces deux communications n^a pas été laissé au Congrès par M» SehulU-Schultieftsteifl.

M. Schultz-Schultzenslein dépose en outre sur le bureau le mémoire suivant :

DK LA DIFFÉRENCE QUI HXISTK ENTRE

LA THÉORIE DK L'ANAPHYTOSE DES PLANTES

ET

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