C. PERSONNAT. —VÉGÉTATION DE l'ARDÈCIIE. I6l
trois fleurs blanches par épi. Racines radicantes aux nœuds inférieurs. — Saveur herbacée.
Hab. — Privas, graviers de TOuvèze, sous la ville ; en société avec les congénères, qui se trouvent seuls dans la localité. — Aoûtseptembre.
U- UcBiha silTMlrUrolundirolio Nob.
Épi grêle, un peu interrompu à la base, comme dans le M. rotun-difolia. Feuilles sessiles ou à peine pétiolées, ovales ou oblongues, aiguës et dentées-en-scie comme dans le M. silveslris. Villosités du M. rotundifolia. Odeur se rapprochant davantage de celle du M. silvestris L. ou du M. candicatis Crantz.
Serait-ce le M. insularis Requien in Gr. God. FI. de Fr.^ de la Corse?
Hab. — Privas, bords humides et herbeux de TOuvèze, sous la ville; en société avec les congénères.. — A. C. — Août-septembre.
Peut-être ces trois formes ne seront-elles pas encore admises comme hybrides, conformément à Tarticle 36 du Gode des lois de la nomenclature botanique que nous avons voté, puisqu*il faut, pour attester Thybridité, l'avoir constatée par voie expérimentale. Mais à cause des caractères mixtes de nos plantes et de leur habitat au milieu de leiu-s congénères, j'ai la conviction que ce sont réellement des hybrides. Je vais bien essayer de les obtenir par fécondation artificielle ; j'avoue cependant que l'opération présente pour moi quelque difficulté.
En attendant, si les noms que j'ai proposés poar les deux dernières plantes doivent être provisoirement repoussés, je proposerai de qualifier ces formes par Yaàjecûî ambiguus^ qui n'a pas encore été, je crois, employé dans les genres Polygonum et MerUha. Nous aurions alors les P. ambiguum^ M. ambigua, jusqu'à ce qu'on pût adopter les noms caractéristiques de l'hybridilé.
Je remercie le Congrès de l'attention qu'il a bien voulu accorder à ma communication et, comme je travaille à la Floncle de FArdèclie^ pour laquelle j'amasse des matériaux, je prie ceux de nos confrères qui ont eu ou qui auront à l'avenir l'occasion d'herboriser dans ce département de vouloir bien me communiquer le résultat de leurs observations.
Je viens aussi, en termmant et au nom de la Société des sciences naturelles et historiques de l' Ardèche, prier la Société botanique de
CONGRÂS BOT. ^i
France de désigner nos riches montagnes comme champ d'exploration de sa session extraordinaire en 1868. D'ici là, messiem-s, nous pom^uivrons nos recherches, afin de vous guider d'une manière plus fructueuse et de vous faire faire de nombreuses et intéressantes récoltes.
M. le comte Jaubert adresse au Congrès des documents sur une question importante, dont la Société botanique de France s'est occupée dans le cours de Thiver dernier. Ces documents sont contenus dans une lettre de M. le comte Jaubert à M. A. Denis, ancien député du Var, et dans la réponse de M. Denis.
LETTRE DE M. liB <30MTE aAUBEBV A M. A DENIS.
Man 1867.
Monsieur et cher ancien collègue.
Dans une des dernières séances de la Société botanique, il a été question de votre Chamœiops humilis^ qui aurait été fécondé par le Phœnix dactylifera, fait dont Timportance serait considérable. M. Duchartre, qui présidait, a rappelé à ce sujet les expériences de M. Bouschet, de Montpellier, sur le croisement de diverses variétés de Vigne, d'où il est résulté que l'influence du pollen s'est bornée à certaines modifications du péricarpe qui n'ont pas dépassé la première génération. Dût-il en être de même chez votre Chamœrops^ le fait resterait toujours des plus .curieux, les choses ne s' étant pas passées ici entre variétés d'une même espèce botanique comme pour la Vigne, ni même entre genres voisins, mais entre deux genres fort éloignés l'un de l'autre, l'un à frondes pennées, l'autre à frondes flabelliformes. On a demandé si les drupes de votre Chamoerops contenaient des embryons bien formés. Ce qu'il y a de certain, c'est que sur les quatorze que j'ai cueillies moi-même, trois prises au hasard m'ont présenté des embryons logés comme à l'ordinaire dans la petite cavité excentrique de Talburaen. — On a demandé ensuite ce que, pour les drupes où vous trouveriez des embryons, il adviendrait dans les phases successives de la germination et du développement. — M. Cosson a fait remarquer en outre qu'il existe en Sicile une variété de ChanuBrops à drupes plus allongées que dans l'espèce ordinaire, et par conséquent se rapprochant davantage de la dimen-
A. BENIS. — FÉCONDATION HYBRIDE DU CHAMiËROPS. l63
*sioD des drupes de Phœnix. Chacun attend avec un vif intérêt le résultat de l'examen auquel se livre sur la question un savant des plus compétents, M. Naudin, avec qui j'en ai causé lundi dernier à l'Académie.
En attendant, soyez assez bon pour ine dire : 1° quelle est la provenance du pied de Chamœrops sur lequel vous avez opéré, son âge ; 2* les circonstances principales de l'expérience; 3° si pai-mi les drupes que vous possédez, il en est qui soient dépourvues d'embryons.
La Société vous sera fort reconnaissante de ces détails essentiels, et moi-même j'y verrai un nouveau témoignage de l'obligeance que vous m'avez témoignée, en accueillant si cordialement, dans votre magnifique jardin, un ancien frère d'armes parlementaires.
Veuillez agréer , monsieur et cher ancien collègue, la nouvelle assurance de ma considération la plus distinguée et de mon dévouement.
Comte Jaubebt.