NOTICE TÉRATOLOGIQUE
Par M. F. KIRSCUE.EGER,
Professeur à l'École supérieure de pharmacie de Strasbourg.
On connaît depuis le xvi* siècle (Lobel, Dodoëns, Tabemaemontanus, J. Bauhin, etc.) une anomalie très-fréquente chez les Calendula et chez les Bellis ; nous voulons parler de la naissance de
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rameaux calathiphores qui se développent à raisselle de Tune ou de l'autre feuille anthodiale, dans le Calendula.
Ces rameaux ressemblent à des satellites accompagnant et entourant le soleil primaire^ c'est-à-dire le capitule primi flore. Dans les Bellis^ les rameaux secondaires nés à l'aisselle des folioles anthodiales sont assez courts et donnent à l'ensemble l'air d'une fleur composée» double ou pleine (langage vulgaire).
Dans l'anomalie que nous avons l'honneur de vous présenter, messieurs, ce n'est pas un rameau calathiphore qui se développe, mais une simple fleur femelle ligulée blanche, à l'aisselle des feuilles anthodiales d'un Leucanthemum pratense (la Grande-Marguerite des prés). Et ce ne sont pas seulement les feuilles anthodiales qui laissent échapper ces fleurs femelles ligulées blanches, mais encore toutes les feuilles de végétation supérieures de la tige, et cela à partir de 6 à 6 centimètres au-dessous de la calathide terminale.
Ordmairement ces fleurs sont solitaires et sessiles, mais quelquesunes se trouvent réunies par deux ou trois, c'est-à-dire en capitule bi-triflore, axillaire, sessile.
C'est en vain que nous avons cherché dans les livres et dans les notices tératologiques l'indication de cette anomalie que nous croyons fort rare et par conséquent fort intéressante.
Ordinairement ce sont des rameaux calathiphores qui naissent à l'aisselle des feuilles supérieures de végétation et même des folioles anthodiales ; quant à des fleurs isolées, ligulées, femelles, semblables à celles du prétendu rayon^ nous n'en avions jamais observé. Nous avons constaté cette singularité à la colline herbeuse de grès bigarré de Mutzig (Bas-Rhin) .
L'autre fait dont nous avons à vous entretenir est semblable à celui que nous venons de vous faire connaître, mais il a trait au Scabiosa Columbaria.
Vous savez que dans les Scabieuses l'axe terminé par une calathide est nu à sa base, c est-à-dire depuis la paire de feuilles supérieure jusqu'à l'involucre. Dans l'anomalie que nous vous présentons, deux feuilles opposées semblent s'être détachées de l'involucre {Diremptio Engelmann) et placées vers le milieu de cet axe ordinairement nu. A l'aisselle de chacune des feuilles de cette paire s'est développée une fleur sessile, radiante, semblable à celles de la périphérie des capitules.
Jamais cette smgularité n'a été constatée dans les notices térato-
RADLKOFER. — FLEUR DES SAPINDÀCÉB8. 2S
logiques que nous avons pu consulter, et pourtant nous sommes à Taflût de tout ce qui se publie à cet égard.
Nous avons trouvé cette anomalie dans les bois de la banlieue de Strasbourg, dits bois d'IUkirch, oh la Société botanique» en 1858, a récolté en si grande abondance le Thalictrum galioides qui est leJ/i. angustissimo folio C. B. , parfaitement figuré par cet éminent botaniste bâlois en 1620. En 1867, cette plante rhénane foisonnait dans cette localité.
Une autre anomalie que je vous présente est offerte par un chaton femelle de Salix alba^ qui, piqué par un insecte, a produit une polycladie^ c'est-à-dire une répétition continue des ramuscules nés à l'aisselle des bractées mères qui auraient d& normalement produire des inflorescences femelles.
M. Radlkofer dépose sur le bureau le travail suivant :