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COLLECTIONS BOTANIQUES DU MUSÉUM

ne saurait guère exiger davantage. Il ne faut pas oublier ce qui a éié fait pour arriver au classement tel qu'il existe aujourd'hui, et malgré des intercalations annuelles considérables : cette œuvre a été commencée, de 1832 à 1849, par M. Decaisne; elle a été continuée, sous la direction d'Adrien de Jussieu d'abord, et ensuite sous celle de M. Brongniart, parle conservateur actuel de l'herbier, M. Spach; et les divisions et subdivisions génériques multipliées que ce dernier a consignées dans les Suites à Buffon^ introduites par lui dans le classement de l'herbier, y fournissent encore aujourd'hui des points de repère précieux dans la pratique.

Outre l'herbier général, placé au premier étage des galeries de botanique, il existe dans les cabinets de ces galeries, soit au premier, soit au second étage, un grand nombre d'herbiers particuliers, soit des herbiers-types, soit des herbiers géographiques, conservés séparément.

Ces herbiers-types conservés séparément sont ceux de :

Tournefort, comprenant 6^80 espèces.

Ant.-Laur. de Jussieu, comprenant 17208

Desrontaines (Algérie), comprenant 1480

Michaux (Amérique sept.), comprenant 2192

Humboldt et Bonpland, comprenant 3365

et les herbiers cryptogamiques de M. Desmazières et de M. Montagne, qui, plus récemment légués au Muséum, n'ont pas encore été dénombrés.

Parmi les herbiers géographiques caractérisés soit par le nombre de cases qu'ils occupent, soit par le nombre de leurs paquets, nous devons signaler d'abord l'herbier de France, qui doit son origine à un don précieux d*A.-P. de CandoUe ; la lettre d'envoi, datée de Genève, le 17 juin 1822, se termine dans les termes suivants :

« Je n'achèverai point cette note, destinée à faire' partie perma- » nente de l'herbier de France, sans dire que plusieurs des plantes » qui y sont disposées ont été recueillies dans*les voyages botaniques » que j'ai exécutés dans les départements, par ordre du gouveme- » ment, dans les années 1805, 1807, 1808, J809, 1810 et 1811, et » sans y consigner le témoignage de mon admiration et de ma » reconnaissance pour le Muséum d'histoire naturelle de Paris ; c'est » dans cet étaWissement que j'ai puisé mes premières connais- » sances sur l'art d'étudier les productions naturelles, et, si mes » travaux peuvent mériter que le Muséum en conserve le souvenir.

» je désire que Ton sache combien je m'honore d'en avoir été l'élève » et d'y compter des amis. »

L'herbier de France s'est accru notablement depuis sa fondation, principalement par des dons. Mérat a légué son herbier des environs de Paris, et M. Weddell a fait don d'un herbier de même provenance ; celui de Pourret s'est trouvé légué avec l'herbier Barbier dont il faisait partie. L'herbier de France, qui occupe maintenant 176 cases, est un des plus intéressants par le soin avec lequel il est rangé et déterminé, et des plus utiles à consulter ; sa nomenclature a été vérifiée à plusieurs reprises par les botanistes les plus compétents, et particulièrement dans ces derniers temps, grâce à la collaboration bénévole de M. le docteur Puel. Il mériterait d'être augmenté, car les différentes régions de la France sont lom d'y être convenablement représentées, et nous espérons qu'il suffira ici de signaler ce fait pour inviter les botanistes des départements, et notamment ceux des provinces récemment annexées, à faire don au Muséum des espèces intéressantes de leurs flores respectives.

Outre l'herbier de France, nous devons énumérer les herbiers géographiques suivants :

L*herbier d'Europe, occupant 152 cases.

— d'Algérie, occupant 133

— des Canaries, occupant 24

— de Sénégambie, occupant 32

— d'Abyssinie, occupant 73

— de TAfrique tropicale orientale, occupant 11

— de TAfrique australe, occupant àl

— de Madagascar et de DupetiUThouars, occupant. 128

— des tles de la Réunion et Maurice, occupant. ... â8

— des Indes orientales, occupant. 88

— de la Chine et du Japon, occupant 30

— de Java et des îles d'Asie, occupant 32

— des Weh de l'Océanie, occupant. 7A

— de la Nouvelle-Calédonie, occupant. 40

— de la Nouvelle-Hollande, occupant. 74

— de la Nouvelle-Zélande, occupant «... 10

— du Chili, occupant. 80

— de la Nouvelle-Grenade^ du Pérou, de l'Equateur

et de la Bolivie, occupant 220

— du Brésil, occupant 310

— de la Guyane, occupant 189

— des Antilles, occupant. 126

— du Mexique, occupant 189 ?

— de l'Amérique septentrionale, occupant 77

Total des herbiers géographiques 2465 cases.

Il faut ajouter à ces herbiers, pour avoir le nombre des cases

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occupées, l'herbier des plantes cultivées au jardin, qui en remplit

On nous saura gré d'indiquer sommairement quels sont de tous ces herbiers ceux qui présentent le plus d'intérêt, soit par le nombre des espèces qui les composent, soit parce qu'ils renferment beaucoup de matériaux inédits.

1* U herbier d Algérie^ que M. Cosson aura nommé tout entier quand il aura terminé ses travaux sur la flore de ce pays (1), contiendra les types des diverses publications de ce naturaliste, et sera augmenté par lui de toutes les espèces nouvelles découvertes pendant ses cinq voyages.

2** \1 herbier de Madagascar^ extrêmement nombreux, contient les espèces rapportées par Boivin, et n'a jamais été l'objet d'aucun travail spécial. Plusieurs naturalistes en ont décrit des plantes, mais il y aura lieu un jour à une publication fort intéressante, surtout si l'on y fait entrer la flore des autres lies australes de l'Afrique, également visitées par Boivin. On trouvera, pour la partie cryptogamique de ce travail, des documents importants dans l'herbier de Bory de Saint- Vincent.

3° Uherbier de Chine, quoique peu considérable encore, doit une importance remarquable aux envois de M. l'abbé Armand David. Les beaux envois de M. David, consistant en graines et en herbiers bien préparés, ont été l'objet d'une grande attention au Muséum, où l'un des professeurs se propose de faire, à l'aide de ces envois, et d'autres qui sont attendus, une étude de la flore chinoise.

La Cochinchine, qui n'a pas encore donné lieu à la formation d'un herbier géographique particulier, est représentée par les récoltes faites dans le Tourane par Gaudichaud, et par un envoi important de M. Lefèvre ; la Cochinchine, grâce à nos récents succès, étant maintenant ouverte à la colonisation française, il est probable que dans un avenir peu éloigné on possédera au Muséum les éléments nécessaires pour rectifier et compléter le Flora cochinchinensis de Loureiro.

V herbier des îles de l'Océanie, surtout pour ce qui regarde les Sandwich et Taïti, renferme beaucoup de matériaux inédits, pro-

(1) Outre la publication ia-d<> commencée en octobre 1854, et dont le premier volume, comprenant les Glumacées, vient d*étre terminé, M. Cosson va mettre tous presse un Prodromus Florœ algeriensis, in-S®, commençant par les Renonculacées suivant Tordre de la série CandolUenne.

venant des voyages de Gaudichaud, de MM. Vesco, Jules Lépîne, Remy et d'autres naturalistes.

U herbier de la Nouvelle-Calédonie y\xn des plus importants parmi les herbiers récemment formés, renferme des matériaux fort considérables, dus principalement à MM. Vieillard et Pancher, qui ont fourni à MM. Ad. Brongniart et A. Gris les éléments de travaux publiés sur la flore de cette colonie dans les Annales des sciences naturelles et dans le Bulletin de la Société botanique de France ; les recherches que ces savants continuent donneront par la suite le recensement d'une flore insulaire des plus curieuses, une des dernières conquêtes de notre marine.

L'herbier du Chili renferme les types du Flora chilena de M. Cl. Gay, ainsi que les plantes de Bei-tero.

U herbier de la Nouvelle-Grenade^ du Pérou, de f Equateur et de la Bolivie est un des plus importants par les études dont il a été l'objet. Il renferme les plantes des vpyages de MM. A. d'Orbigny, Weddell, Pentland, Jameson, Triana, Spruce, Linden, Funck et Schlim, Mandon, etc. ; il contient les types du Chloris andiiia de M. Weddell et du Prodromus Florœ novo-granatensis de MM. J.-E. Planchon et Triana.

V herbier du Brésil renferme Therbier de Saint-Hilaire, extrêmement nombreux, dont les espèces soigneusement étiquetées sont souvent l'objet de notes et de diagnoses étendues, écrites de la main d'Auguste de Saint-Hilaire lui-même. 11 faut y joindre, pour donner l'aperçu des collections brésiliennes existant dans les galeries de botanique, et dont une partie est intercalée dans l'herbier général, les plantes recueillies par Gaudichaud et par M. Weddell, les exsiccata de Claussen, de Blanchet, de Gardner, une collection nombreuse donnée par M. de Martius, etc. Il est fort à regretter que la plupart des monographes qui ont travaillé au Flora brasiliensis n'aient pas étudié les collections brésiliennes du Muséum de Paris, dont le j*èglement s'oppose absolument, sauf des cas fort rares, à ce que des fascicules de Therbier soient prêtés à des savants étrangers.

L herbier de la Guyane française contient, comme beaucoup d'autres, des matériaux inédits d'une grande importance. M. Alph. de CandoUe a déjà fait remarquer, dans sa Géographie botanique j que le Muséum possède les éléments d'une flore de Cayenne, dus surtout aux envois de Le Blon, Poiteau, Martin, Leprieur et de MM. Mélinon et P. Sagot.

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La même observation est à faire pour la Guadeloupe, à cause des envois très-considérables faits par M. Lherminier et d'autres naturalistes, dont les exsiccata ont déjà servi à M. Fée pour publier la Flore des Fougères des Antilles.

Enfin Y herbier du Mexique^ dont nous n'avons pu indiquer plus haut rimportance que d'une façon très-vague, est en train de s'accroître d'une manière considérable, à la suite des récoltes faites lors de la dernière expédition scientifique par MM. Bourgeau, Hahn, Méhédin et Guillemin, et d'un envoi important et récent de M. Gouin, médecin de l'hôpital de la Vera-Cruz. On sait que ces collections, encore inédites, sont l'objet d'une publication entreprise par la commission scientifique du Mexique, et dont la direction est confiée à M. Decaisne, qui a choisi pour son principal collaborateur M. Eug. Foumier. La publication projetée formera deux volumes in-â°, chacun avec cinquante planches lithographiées, et comprendra l'étude de toutes les collections mexicaines qui auront passé sous les yeux des botanistes chargés de la rédaction des différentes familles.

Nous n'avons pu, dans cette revue rapide, signaler tous les exsic* cala spéciaux qui font la richesse de l'herbier général du Muséum.

Sans vouloir les énumérer tous, ce qui dépasserait les limites de ce compte rendu, nous pouvons mentionner les plus importants, savoir, pour la cryptogamie, ceux de Desmazières, Kuetzing, Rabenhorst, Fries, Mougeot, Hepp, Nylander, Anzi, Schimper, etc., pour la phanérogamie, la collection de ceux d'Aucher-Éloy, de Bourgeau, de Balansa; une collection considérable de l'Inde, contenant, outre les résultats du voyage de Jacquemont, les envois de W. Perrottet, les dons de sir William Hooker et du docteur J. Hooker, desquels le Muséum a reçu successivement environ 15000 espèces, provenant des diverses possessions anglaises ; les plantes de Java de Blume ; des exsiccata importants de l'Amérique du Nord envoyés par M. Asa Gray, etc.

A l'herbier se trouve annexée une bibliothèque botanique, placée dans le laboratoire même, et composée des ouvrages les plus usuels, qui compense le défaut le pins grave que les botanistes reprochent à l'organisation du Muséum, celui de trouver les herbiers et la bibliothèque générale dans des corps de bâtiment tout à fait séparés. La bibliothèque du laboratoire, qui a surtout été formée par des dons particuliers, vu l'exiguïté des sommes allouées au professem*

de botanique pour les acquisitions du laboratoire, comprend des répertoires précieux pour Tétude. Elle forme, en quelque sorte, le catalogue des herbiers : en effet, elle contient les catalogues manuscrits d' Aug. de Saint-Hilaire, de Jacquemont, de M. Weddell , de Wallich, celui que M. le comte Jaubert a dressé des récoltes de Boivin avec les notes de ce voyageur, ceux que M. Brongniart a fait établir pour Therbier d'Abyssinie, pour l'herbier d'A.-L. de Jussieu, etc. ; les catalogues manuscrits de divers exsiccata^ sur lesquels on inscrit les déterminations des plantes qui les composent, à mesure qu on les connaît (travail qui a été commencé par M. Graves) ; en outre, plusieurs des livrer classiques qui composent cette bibliothèque ont reçu en marge des annotations qui indiquent la richesse de rherbier correspondant; c'est ainsi que le Synopsis de Kunth permet d'apprécier immédiatement quelles plantes on doit trouver dans l'herbier d'Humboldt et Bonpland.

Les collections annexes dont nous avons parlé plus haut sont les suivantes :

l'» La collection de fleurs et de fruits secs ou conservés dans l'alcool; elle occupe 12 armoires vitrées, 72 tiroirs et deux meubles du milieu de la galerie du rez-de-chaussée.

2* La collection des bois dont les premiers échantillons ont été réunis par Desfontaines au commencement de ce siècle, renfermée dans la même galerie, dans les armoires vitrées des travées latérales de gauche, et dans trois meubles du milieu, et dans le vestibule des galeries pour les grandes tiges. Une des travées est plus spécialement consacrée à la structure comparée des tiges et à leurs anomalies. Une grande partie de la collection spécifique des bois est placée au deuxième étage et dans des cabinets de dépôt, faute de place pour la distribuer avec ordre.

3° La collection en cire des Champignons de Trattinick, donnée en 1815 par S. M. l'Empereur d'Autriche, et d'autres modèles reproduits par Pinson d'après les figures de Bulliard; ces collections, réunies à quelques Champignons coriaces bien conservés, occupent les cinq meubles du milieu de la même galerie, que surmontent des tableaux à l'huile, au nombre de 50, représentant les fruits des colonies.

4** Une des plus importantes collections botaniques du Muséum ^ la collection des végétaux fossiles, qui a servi de base aux travaux célèbres de M. Ad. Brongniart, et qui même a eu pour origine la

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