VARIETES
ADMINISTRATION
MM. Fernand Samuel, directeur. — Brasseur, secrétaire général. — Riga, régisseur général. — Ray n e a u, régisseur. — A. F o c k , chef d'orchestre.
ARTISTES
^ ALBERT BRASSEUR, un comique sachant être élégant et donner même, quand il le faut, une jolie note sentimentale, puis se livrant ensuite à la plus abracadabrante fantaisie. Tel est Albert lîrasseur, digne fils de son père, avec lequel il se permettait souvent de lutter d'originalité comique.
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Albert Brasseur a prouvé qu'il a sérieusement travaillé l'art du comédien; de plus, il dessine une phrase vocale avec goût et trouve des effets nouveaux dénotant du tempérament et de l'esprit.
Aux Variétés, Albert Brasseur a su, de par son talent très fin de composition, se faire une place à côté des plus fameux de ce théâtre.
Dans Chilpéric, dont il a compris et rendu le personnage de la façon la plus réjouissante, il ténorisaitplus qu'agréablement, ainsi que dans Yalenlin, du Pelil Faust. Il a créé le Pompier de service, son meilleur rôle, peut-être... avant le Nouveau Jeu, où. il se montre très fin jusque dans le burlesque, et avant les Petites Barnett, très correct jusque dans les plus formidables pitreries.
GUY commença par jouer en amateur au cercle Pigalle. Jlis en goût par ses succès, il se décida à suivre la carrière théâtrale. Aux Nouveautés, il créa un rôle important dans Champignol malgré lui et dans Mon Prince. Aux Folies, sous la direction Albert Vizcntini : les Vingt-huit Jours de Clairette, Cousin et Cousine et la Fille de Paillasse.
Tient de Colbrun et de Ch. Perey, connus de la génération qui s'en va.
Fort plaisant Landry, dans Chilpéric; dans Piquillo, de la Périchole; dans le Carnet du Diable; dans le Carillon, dans le Pompier de service; dans les Petites Barnett.
Ce joyeux comique, triste à la ville, pétille de verve et d'éclat au soleil de la rampe.
LASSO UGHE (Bouquin de la Souche). Une carrière longue et active que celle de Lassouche. Jugez-en : Début à Montmartre en I80O ; 2o francs par mois... et pas de feux ! Passe à Batignolles : 4o francs par mois, toujours pas de feux ! Une année à Bruxelles : 150 francs par mois, le Pérou! En 18o3, Lassouche entre à Beaumarchais : 80 francs seulement : il refuse 400 francs par mois pour rester à Paris ! Après cela, quatre ans à la Gaîté, avec aogmcntation allant jusqu'à 2,400. Enfin, nouveau sacrifice pour entrer au Palais-Royal. Là, le bon Lassouche voit la chance se décider à lui sourire : après quelques mois d'essai, les directeurs estiment ce que vaut le jeune et original comique et se décident à lui faire une situation.
Lassouche est resté pendant quinze ans au Palais-Royal ; son nom est lié à tous les grands succès de cette belle époque. Les Variétés ne lui ont pas été moins favorables ; il y a fait maintes créations, où son jeu original et sa physionomie caractéristique lui ont valu une véritable vogue.
Inouï dans le grand Légendaire de Chilpéric et dans le vieux prisonnier, de la Périchole... et dans l'Amour usurier, du Carnet du Diable... Oui, Lassouche en Amour !
Lassouclio. anialeiir cl colh^elionnoiir do bibeloU précieux ■À toujours les poches bourrées de miniatures remarquables rt de bonbonnières anciennes.
PETIT (Emile), élève du Conservatoire, classe de Iiégni(!r, débuta au Chàlclet, alla successivement aux Délassements, à l'Athénée, au Vaudeville, à la Portc-Saint- Martin, aux cx-Aations, à l'Ambigu, où il fit d(^ très plaisantes créations et où il fut directeur intérimaire pendant une saison d'été.
b>a meilleure création, à l'Ambigu, fut dans la Grève, le rôle de l'ouvrier qui cherche du travail et craint d'en trouver.
A citer, à la Gaîtc, son rôle dans la Cigale el la Fourmi, et celui de Dix Jours aux Pyrénées.
Quelques heureuses créations aux Variétés, où il remplaça Baron dans Madame Satan, et où, dans la Pèricli/de, sa lutte avec Guy, au finale du deuxième acte, réjouissait tant le public. Amusant dans l'héroïque valet des Petites Barnelt.
Petit a des tendances à prendre la place du regretté Grenier.
SIM ON (André). Après un peu de province et une halte aux Menus-Plaisirs, André Simon suivit Judic dans ses tournées, et, engagé aux Variétés, joua les mêmes rôles, à côté de l'étoile. Il succéda à Christian dans le Commandant, de Mamz-'elle Nilouche, et se tira fort bien de cette épreuve. Très amusant Nervoso, dans Chilpéric; bon vice-roi. dans la Pcrichole; excellent général Brésius, dans le Carnet du Diable et beau militaire, dans le Carillon.
M}^" DIETERLE, pleine de charme, fine, gracieuse, mignonne et jolie, se rend très utile à son théâtre. Dans la reprise de la Vie parisienne, elle interprétait la baronne de Gondremark, créée au Palais-Royal par Céline iMontaland. Elle s'est distinguée dans le Carilllon.
JEANNE GRANIER. L'astre de Schneider venait de jeter ses derniers rayons dans le ciel de l'opérette ; on vit alors paraître un minois chiffonné aux grands yeux étincclants, à l'allure étrange, captivante. C'était Jeanne Granier qui, après une saison ou deux dans des casinos et un stage à la Renaissance, créait GirofJé-Girofla.
A qui ressemblait Granier? A nulle autre artiste. De qui tenait-elle? De personne. C'était un talent nouveau, tout primesaulier, inégal, si l'on A'eut, mais original et vivant.
J(»anne Granier, c'est la chanteuse musicienne toujours sûre d'elle ; c'est la comédienne de tempérament, suivant son inspiration et donnant chaque soir une note nouvelle.
Un diable peut-être, mais un diable séduisant, auquel nul morose ne résiste. Granier a lespril et la grâce enfantine de Déjazct, joints à la méthode. Tout en s'abandonnant à la fantaisie de sa nature capricieuse, elle est artiste studieuse et classique ; ce qu'elle fait est, dans les grandes lignes, cherché, voulu. Aux premières représentations, elle est irrésistible, et c'est belle chance pour des auteurs de l'avoir dans leur jeu.
Après GirofU-Girofhi , la Marjolaine, puis, ce célèbre Petit Duc, une fortune pour le théâtre qui en eut la primeur, et Madame le Diable et Fanfreludie ; à la Gaîté, la Cigale et la Fourmi. Aux Nouveautés, Granier va ensuite faire de nouvelles créations, aux Variétés aussi. Nous la trouvons à l'Eden dans cette splendide reprise de la Fille de Madame Angot, où Judic et elle rivalisent de charme et de talent; puis de nouveau aux Variétés où, malgré le souvenir de Schneider, elle se fait acclamer dans Boulotte de Barbe-Bleue et de nouveau aussi à l'Eden, en progrès encore dans Eurydice d'Orphée aux Enfers, et plus fêtée que jamais.
Jeanne Granier, dans son dernier passage aux Variétés a repris, et avec son originalité personnelle, deux créations de madame Judic : la Belle Hélène et la Grande-Duchesse de Gerolstein; elle crée Madame Satan et s'est incarnée dans la Périchoie, qui sied très bien à sa nature et à son jeu.
(Précédentes éditions. )
Nous disions que la chanteuse nous semblait doublée d'une comédienne ; nous ne nous trompions pas : Claudine Rozay, d'Amants, a révélé Jeanne Granier « comédienne » née, comédienne accomplie,
« Il est impossible — dit M. Léon Kerst, faisant chorus avec tous ses confrères — d'apporter à la composition d'un personnage, plus que ne le fait mademoiselle Granier, et la tinesse, et la subite pénétration des moindres nuances d'un rôle dont la stupidité initiale éclaterait, à crever les yeux les moins clairvoyants, sans le talent réel déployé par cette artiste. »
Dans le Nouveau Jeu, aux Variétés, Jeanne Granier a sauvé par sa réserve, qui donne à la situation plus de piquant encore, une scène d'nn scabreux !...
M"« LAVALLIÈRE, nom qui évoque des souvenirs historiques.
Cette charmante artiste a tout de suite gagné son public dans maintes pièces que les Variétés ont la bonne habitude de faire reparaître de temps à autre pour les maintenir au
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répertoire courant. Dans r Article 2/4, la Rieuse, le Carnet du Diable, une Semaine à Paris et dans son travesti du Carillon ses dons précieux se sont de plus en plus affirmés.
Grand succès dans le chasseur, du Pompier de service; non moins grand succès dans Siebel, du Petit Faust, et dans les Pctdes Barnett^ grands progrès.
Mademoiselle Lavallière, espérons-le, ne finira pas ses jours aux Carmélites.
M''" LEGRAND (Bertue) est rentrée aux Variétés pour l'emploi des mères, après avoir, au môme théâtre, brillé dans les soubrettes et les rôles de genre. Elle a le bon esprit de consentir à s'enlaidir pour créer des types vrais Dans l'Article 21 â, son personnage de bonne ahurie e(. sournoise était composé avec bien de l'originalité ; de même son type do comtesse exotique dans le Carnet du Diable; de même M""^ Lafosse, du Xonveau Jeu.
M""^ LHÉRITIER, sortie du Conservatoire avec un prix, entra à fUdèon. mais abandonna ce théâtre pour étudier le chant pendant trois ans. Elle débuta aux Variétés dans Métella, de la Vie paHsien7ie. Emploi des coquettes.
DEM E Y , qui fut au Gymnase et aux Nouveautés, est revenu de Russie pour contracter un engagement avec les Variétés. De l'aisance; du naturel. — Edouard GEORGES, un vieux et utile pensionnaire de la maison. — LEITNER jeune, frère de l'estimé sociétaire de la Comédie-Française, tient l'emploi des amoureux comiques. Très demandé dans les casinos où l'on joue la comédie. — LU R VIL LE, comique sur lequel la direction fonde des espérances. — PRINCE, en sortant du Conservatoire, entra à l'Odéon et y débuta dans le Médecin nnd(/ré lui. Fantoche fort amusant dans les Petites Barnett. — MESM.ffiKER fils, a créé aux Folies-Dramatiques, Benoît, des 2S Jours de Clairette. — RIGA, régisseur général, a rempli les mêmes fonctions à la Gaîté et aux Folies-Dramatiques. Il a repris à l'improviste le rôle créé par le brave Dailly dans le Pompier de service. Car, le régisseur général, bon administrateur, très apprécié de son directeur, est doublé d'un comédien possédant sa note personnelle ; il l'a prouvé particulièrement aux Folies- Dramatiques dans Miss Bobinson et Criquette. — Riga vise une direction sérieuse à Paris. — Président fondateur de la Société de Secours iMutuels du théâtre de la Gaîté. Vice-président fondateur de l'Association des Artistes Lyriques. Ancien président de la Société Fraternelle des Machinistes dos théâtres de I*aris. Que sais-je encore? — jyjiie AN GÈLE, avait déjà fait partie de la troupe des Variétés. Elle avait aussi joué à la Gaîté, avant d'être
engagée au théâtre Michel, de Saint-Pétersbourg. Plantureuse et belle Mademoiselle Verdurel. dans les Petites Barnet t — M"*^ LACOMBE, jeune et accorte soubrelte.