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PALAIS-ROYAL

ADMINISTRATION

M3I. Chalot, directeur. — Armand Lévy, administrateur général. — Eugène Héros, secrétaire de la direction. — Domergue, chef d'orchestre.

ARTISTES

BELLUCGI, fit partie de la troupe de l'ancien Athénée-Comique et de celle des Folies-Dramatiques. A ce dernier théâtre, il apprenait tous les rôles de Gobin ; il finissait toujours par les jouer et il s'y faisait applaudir, même par Gobin. Il a remplacé aussi Colombey, dans Coquin de py^ntemps. Une mention toute particulière lui est due pour la façon dont il a interprété l'abbé Bridaine, dans les Mousquetaires au couvent et Gaspard, des Cloches de Corncville.

Bon pensionnaire ; bon camarade, bon artiste. Précieuse acquisition pour le Palais-Royal, qui vient de prolonger son engagement.

CLÉMENT, qui vient du théâtre du Vaudeville, de Bruxelles, après avoir passé par les Menus-Plaisirs et Déjazet, a repris le rôle du général, dans le Portefeuille, quand Maugé fut atteint subitement de paralysie.

FRANGÉS, ancien artiste du Gymnase, créa ou reprit pendant une quinzaine d'années quantité de rôles marqués au coin d'une curieuse originalité. Sans faire oublier Lesueur, dont il procède quelquefois il le doubla à différentes reprises et de très satisfaisante façon.

Parmi ses créations : Van der Trop, de l'Amiral ; le docteur, de Nounou ; le marquis de Rio-Velez, de Montjoie, et surtout dans Bébé, l'amusant baron d'Aigrcville dont les convictions varient selon les journaux dont il s'inspire.

Plein de bonhomie fanlaisiste dans la scène épiso-

ACTKURS ET ACTRICES 107

diquo du Iroisirme acte du Dindon. Kranct''s a conquis d'emblée le puLlic du Palais-Royal, où il se fera une bonne place dans les rôles du regrellé Calvin et dans ceux de Millier. — Président Bouquet-des-Ifs, dans Place aux Femmes! (Très plaisaate création.)

Campagnard enragé, Francès consacre ses loisirs à planter des choux.

GOBIN, autrefois l'étoile mascidine des Folies-Dramatiques; sur d'autres scènes le rire de bien des drames, et la queue rouge de bien des féeries.

Très amusant, aux Yariétéis, dans les Brigands, V Article 2 là. Madame Satan, etc.

Pour sa rentrée au Palais-Royal, Gobin a créé le rôle de Vatelin, dans le Dindon. Il a créé aussi Labermol, de Terre- X eur e ; Corbinot, du Portefeuille; Chéradame, de Place aux Femmes!

Jeu en dehors; boime et grosse gaîté communicative.

GORBY débuta à la Renaissance sous la direction Samuel, et aux îNouveautés dans Cliampignol. Il tient au Palais-Royal l'emploi de jeune premier, et agréablement.

LAMY. ténorino agréable, doublé d'un comédien, commença à Saint-Étienne, au théâtre dirigé par son père; joua à Lyon (tout en suivant les cours du Conservatoire de cette ville) et à Marseille. C'est en Italie qu'il commença à chanter. Il s'en fut ensuite à Bruxelles: puis, il débita aux Bouifes, dans la Mascotte. Il fut aussi de la Renaissance, du Théâtre-Lyrique et de la Gaité. Au Palais-Royal, il a débuté dans Séance de nuit.

Lamy est un artiste composant tous ses rôles, ne jouant jamais les Lamy : le sergent, de IHôte ; le petit tonnelier, de la Toledad ; Mulot, de la Dot de Brigitte: Jules César, des Francs. . . Aucun de ces personnages ne ressemble à un autre.

Lamy a créé, au Théâtre-Lyrique, Madame Chrysanthème, de Messager, et a mimé, au Cercle Funambulesque, dans VHôte.

Très, très drôle dans le duo des Fêtards, et dans le Viveur vanné du Boulet.

Pendant plusieurs saisons, il dirigea la scène du Casino d'Étretat.

LU GUET (René), frère de madame Marie Laurent et gendre de la célèbre madame Dorval, a, conmie régisseur général, l'oreille des directeurs. Comme comédien, il se rend fort utile et ne manque pas d'entrain.

René Luguet, octogénaire et doyen des artistes dramalitiues, est le premier arrivé au théâtre et le dernier parti;

il continue, avec une ardeur juvénile et une bonne humeur égaie, à administrer et à jouer. Il compte cinquante-cinq ans de service au Palais-Royal, où tout le monde a pour lui autant d'amitié que d'estime et de respect.

René Luguet créa, au Vaudeville, Tamerlan, de la Cor^de sensible, et Gaston de Rieux, de la Dame aux camélias.

MATRAT, élève de Got, accessit de comédie, au Conservatoire, débuta aux Nouveautés, dans le Parisien. Pendant plusieurs années à TOdéon, il joua tout le répertoire et fit quelques créations, Il fut ensuite engagé au Palais-Royal oii il est revenu, après avoir été au Grand- Théâtre, au Nouveau-Théâtre et à Déjazet.

RAIMOND a commencé bien modestement au feu petit théâtre des Folies-Montholon, bien qu'il eût passé par le Conservatoire, où il était resté pendant... un jour. Le classique n'était pas le fort de ce fantaisiste.

Successivement au Palais-Royal, à la Renaissance et aux Variétés; puis, de nouveau au Palais-Royal, où il tient avec succès la place et l'emploi qu'occupait Gil Pérez d'une façon si plaisante et si spirituelle.

D'un comique parfait dans sa création des Fêtardi, et dans celle de la Cidolte.

Raimond a la médaille de sauvetage.

VIOLETTE, jeune premier comique, fit partie de la troupe du Gymnase sous la direction Ch. Massetet Emile Abraham. M. Massel l'avait eu comme pensionnaire à Aix. Avant de jouer au Palais-Royal, il a joué au théâtre Déjazet.

M'"'' CÉLINE CHAUMONT, élève de Déjazet, qu'elle rappelle, débuta au Gymnase, dans Montjoye, où sa malice et son espièglerie se révélèrent dans le rôle de la rosière. Elle créa dans UAmi des femmes le rôle de Ralbine, joué à la Comédie-Française, par mademoiselle Muller.

Nos Gen^, le Wagon des dames, les Curieuses, l'Autographe furent aussi des succès pour la piquante artiste, qu'un jeu singulièrement et agréablement mélangé de minauderie et de finesse, semblait fixer à la comédie... avec un tout petit filet de voix, madame Chaumont se lança dans l'opérette.

Revenue à la comédie, madame Chaumont créa, et on sait avec quel succès, aux Variétés : les Sonnettes, Toto chez Tata, la Petite Marquise, la Cigale, le Grand Casimir, le Fiacre 1i7 ;dM Vaudeville, Lolotle etle Petit Abbé; au Palais- Royal, Divorçons, où, tenant, avec Daubray, la scène pendant toute la soirée, elle déployait une science théâtrale inouïe. Et le Parfum!

Comme ses créations, très espacées, lui laissent bien des

loisirs, madame Chaumont se consacre en parlic au professorat.

Madame Cliaumont est la femme de M. Mussay, l'un des deux directeurs du Palais-Royal.

M"« CHEÎREL, agréable soubrette et charmante ingénuité comique, est petite-fille de Leriche, l'ancien amoureux comique des Kolies- Dramatiques et du Palais- Royal, Fancien monarque de la plupart des féeries; elle est nièce de la fantaisiste des théâtres de genre.

Clieirel est l'anagramme de Leriche.

Après plusieurs années au Gymnase, elle débute au Palais-Royal dans le Roi Candauîe, passe par les Variétés et crée à la Porte-Saint-Martin un des principaux rôles du Crocodile. — La voici revenue au Palais-Royal, oi^i elle reparut d'abord dans le Boi Candauîe ; créa les Femmes des amis, le Sous-Préfet de Chàleau-Buzard, le Fil à la palle, le Paradis, le Remplaçant, le Dindon, Ter?'e-Xeuve, le Portefeuille, les Fêtards, le Boulet et Place aux Femmes/ C'est une comédienne.

M"'^ MAGNIER (Marie) commença modestement en 18G". dans Yveline, de Xos Bons Villageois, sur la scène OLi elle devait l^riller plus tard.

Après cinq années de Palais-Royal, pendant lesquelles sa beauté plantureuse et son jeu plein de gaieté et de pétulance se développèrent, elle fut, au Gymnase, du spectacle de réouverture sous la direction Koning; elle jouait, dans la Papillonne, le rôle créé aux Français par Augustine Broiian. Depuis, son succès a toujours été en augmentant jus(iu'à la Doctoresse, où elle se montrait tour à tour fine, dédaigneuse, ^éduisante, jusqu'à l'Abbé Constantin, où, dans madame Scott, il eût été impossible de se montrer plus enjouée, plus originale, plus ravissante Américaine, et, enfin, jusqu'à Belle-Maman. Quelle adorable et dangereuse belle-mère !

Son engagement au Gymnase une fois terminé, mademoiselle Marie Magnier ne se fixa plus. Elle traite pour un rôle quand l'occasion se présente. C'est ainsi qu'elle a été demandée au Vaudeville pour Feu Toupincl et au Palaislioyal pour les Femmes des amis, la reprise de Nounou, le Sijslème Ribadier, les Ricochets de l'amour ; aux A'ariétés pour le Nouveau Jeu, etc., etc.

Mademoiselle Marie Magnier s'habille avec une grande élégance et beaucoup de goût.

M""= FRANCK-MEL, chanta en province l'opérette et ropéra-comi(pie, \ oire l'opéra ; elle y joua aussi lacomédie.

L'ancienne cantatrice succède au Palais-Royal à mademoiselle Mathildc. Elle ne fait pas regretter sa devancière qui avait pourtant l'oreiMe du public. Amusante, originale.

no ACTEURS ET ACTRICES

M»'' GRIMAULT, soubrelte yaie (on les compte, les soubrettes gaies), a le diable au corps.

De grands yeux noirs, du goût et de l'intelligence. S'était fait remarquer au Gymnase dans Nos Bons Villageois et dans le Fils de famille. Elle occupe déjà une bonne place ; une meilleure ne peut lui manquer bientôt ; une plus belle encore viendra plus tard, nous le lui prédisons.

(Précédentes édit ions . )

Au Palais-Royal, mademoiselle Grimault s'est fait remarquer dans le Boulet et dans Place aux Femmes !

Mademoiselle Grimault est très recherchée dans les salons 01^1 l'on joue la comédie, non seulement à cause de son jeu piquant, mais aussi grâce à son excellent maintien.

]y[ue PIERNOLD, soubrette et ingénue comique au minois espiègle et malicieux, vient de l'Odéon. Elle a débuté au Palais-Royal dans le rôle de M'"'^ Colombier, du Poî^te feuille, et a fait quelques spirituelles créations.

M^''' BUS S Y, soubrette accorte, sait tirer parti du moindre rôle... ce qui lui en vaudra d'importants. — ]y[ue FREDERICK, soubrette et ingénuité comique. Visage piquant et expressif; jeu en dehors et original. — M"*^^ MARY GILLET, soubrettes marquées. A été dans plusieurs théâtres avant d'entrer au Palais-Royal. Fut la pensionnaire de M. Fern. Samuel, à la Renaissance. — M'^*" NARLAY, encore une fine soubrette.

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