‹ Acteurs & actrices de ParisChapitre 83 sur 94 · PORTE SAINT-MARTIN · texte numérisé non relu

PORTE SAINT-MARTIN

ADMINISTRATION

MM. Floury Frères directeurs. — L. Péricaud, directeur de la scène. — Carter eau, régisseur.

ARTISTES

ALBERT, de son nom de famille Lehodey, artiste intermittenl de la Porte-Saint- Martin, avait joué dans la Dame de Montsoreau et dans Tibère à Caprée. Revenu à ce théâtre, il reparut dans Samson, de Theîinidor, et Navarrez, de Jacques Callot.

ACitUKS i;t actuices m

BOUYER, déserta lesnouveaulés... pas le théâtre du iHMilevard des Italiens, mais un des comptoirs du Bon Marché, pour déhuter à Montparnasse en 18G4. dans l'emploi des premiers rôles, auxquels le destinaient sa grande taille et sa voix solide. Après deux ans de labeur, il se fait sucessivement api)laudir à Dunkerque, Nancy, Nice, Toulouse et Lyon.

Engagé à la Porte-Sainl-Martin par la direction Ritt et Larochelle, à l'ouverture de la nouvelle salle (1(S73); il y reste pendant trois ans; puis, après avoir appartenu au Théâtre-Historique, au Chàtelet et à l'Ambigu, il rentre à la Porte-Saint-Martin, sous la direction Duquesnel. Il joue, à C()té de Sarah Bernhardl, Duval père, de ta Dame aux camélias: Lahire, de la. Jeaime d'Arc de M. Jules Barbier; crée Banco, de Macbeth, d'autres rôles importants dans Nana-Saïd, Tlicodom, Cléopâire et la Tosca ; fait avec la grande artiste des tournées en France, en Belgique, en Hollande, en Angleterre et en Ecosse.

Au théâtre de la République, dans Lucile Desmoulùis, Bouyer a créé le rôle de Danton avec beaucoup de puissance et d'autorité. H a donné au personnage les allures véhémentes que lui prête l'histoire.

Nous ne saurions donner toute la nomenclature des rôles qu'il crée ou reprend ensuite à l'Ambigu, au Chàtelet dans les drames historiques, les drames populaires et les pièces à spectacle. Dans tous ces genres, Bouyer, artiste de grande conscience, s'etforce de donner à chacun de ses rôles un cachet particulier, quelque ingrate que soit cette lâche.

Devenus directeurs de la Porte-Saint-Martin, MM. Floury frères n'auraient eu garde de ne pas s'attacher leur ancien pensionnaire du Chàtelet.

Bouyer est membre du comité de l'Association des artistes dramatiques et officier d'académie.

COQUELIN. « Coquelin vient en dernier, à la suite des pensionnaires. Et, pourtant, il fut sociétaire et son nom arrivait, par ordre d'ancienneté, immédiatement après celui de Got, le doyen de la Comédie.

Nous ne rappellerons pas les incidents qui firent grand bruit et qui motivèrent, après vingt-cinq glorieuses années, la démission de l'éminent comédien.

Dans la force de l'âge et du talent, d'une ardeur encore toute juvénile, Coquelin ne put se résoudre à la retraite. Aussi, n'ayant pas le droit, sans Fassentiment du comité du Théâtre-Français et l'autorisation ministérielle (assentiment et autorisation qu'il ne sollicita pas et qui d'ailleurs, lui eussent été refusés) ; n'ayant pas le droit, disons-nous, — le fameux décret de Moscou l'interdit — de jouer sur une autre scène parisienne, il s'en fut en Améiique, où il

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recueillit une moisson de lauriers, et, dit-on, une grosse fortune.

Il avait paru pour la dernière fois, le 2 décembre 1880, dans Monsieur Scapin elles Précieuses ridicules. — Trois ans après seulement, il donna sa représentation de retraite : une longue ovation. Les regrets du public se ravivèrent; probablement aussi ceux de l'artiste, dans son for intérieur.

M. Jules Claretie, administrateur général, conçut le projet de faire revenir l'enfant prodigue au bercail ; son dévouement plein de zèle et sa diplomatie aplanirent tous les obstacles.

Coquelin qui ne pouvait rentrer comme sociétaire — le décret de xMoscou! — rentra comme pensionnaire; mais, bien entendu, à des conditions exceptionnelles, en rapport avec les services rendus et sa renommée. Et, comme son nom ne pouvait reprendre son ancien rang sur l'airiclie, on convint qu'il figurerait tout à fait à la fm... C'est presque une vedette.

Le retour de Coquelin à la maison de Molière s'effectua le 7 décembre 1889, dans le Dépit amoureux et dans Gringoire. Terminons par où commencent ordinairement les notices biographiques : Coquelin (Constant) naquit à Boulognesur-Mer, en 1841. Il était destiné à devenir boulanger, comme ses ascendants; une vocation irrésistible l'entraîna vers le théâtre.

Il se présenta au Conservatoire, en 18o9, fut admis dans la classe de Régnier, remporta dès 1860 le second prix de comédie et débuta au Théâtre-Français, à la fm de cette même année, dans Gros -René.

D'emblée, il fut quelqu'un. Son talent, qui se fortifiait rapidement et toujours, et Tautorité qu'il acquérait et qui grandissait vite aussi, le tirent nommer sociétaire à dater du !'='■ janvier 1S64.

Coquelin marcha de succès en succès. Nous n'entreprendrons pas de parler ici de son interprétation magistrale du répertoire classique et de l'apprécier dans ses créations. Nous nous abstiendrons également de publier la liste de tous ses rôles. — Il joua la plupart des premiers comiques et des grandes livrées (où il excelle surtout, selon nous;; il contribua à l'éclat du répertoire contemporain, dont nous rappellerons seulement Paul Forestier, le Lutider de Crémone, Gringoire, les Ouvriers, Tabarin. l'Etrangère, Jean Dacier, les Fourchamhault, le Monde où Von s'ennuie, Denise, un Parisien, CImmillac et Monsieur Scapin.

Coquelin a encore en perspective de nondjreuses années do théâtre... et de triomphes.

(Pris au chapitre consacré à la Comédie-Française, en i89L)

Depuis ces lignes, que de bruit encore autour du nom

ACTELRS ET ACTRICES H3

(le Coqueliii ! Thermidor !... Et de nouvelles loumées à travers l'Europe et les Amériques... et ses débuts à la lienaissance, eu dépit des protestations de la Comédie- Française... et ce procès qui tient la curiosité publique en éveil.

Coquelin interjette appel. Attendons l'arrêt de la Cour et applaudissons le l'ameux comédien sur quelque scène qu'il se produise.

Les merveilleuses qualités de Coquelin s'appli(iuent surtout aux rôles comiques du grand répertoire; le célèbre comédien a pourtant créé avec sa verve et son talent habituels le héros du drame de 31. Paul Déroulède, Du Guesclin. Et, s'il n'a pas, d-Aitëfanfaii la Tulipe, là (ow^iie, la fantaisie le panache de Mélingue, il s'est assimilé le rôle, l'a rendu avec ses qualités personnelles et une grande puissance. Daucuns le trouvent mieux que son prédécesseur, le personnage légendaire.

Quelle que soit l'issue de son procès avec la Comédie ; quelques dommages-intérêts auxquels il soit condamné, Coquelin se fixe à la Porte-Saint-Martin.

(26^ édition.)

On connaît l'arrêt de la Cour d'appel et les phases et surprises de « l'affaire Coquelin ». Nous nous abstiendrons de commenter.

Coquelin a créé presque à l'improviste, dans Jacques Callot, le rôle secondaire de Rouffmelli, que par son talent et son autorité il sut placer au premier plan, et il a, comme l'a dit notre maître Henri Fouquier, admirablement débrouillé les nuances un peu confuses du personnage de Valentin, dans les Bienfaiteurs. 11 a joué Don César de Bazan, qu'aucun artiste, à Paris, n'avait inter^ prêté depuis Frederick Lemaître. 11 ne lui a pas donné le' panache romantique, mais il l'a joué en grand comédien parfait.

Et, en comédien admirable, il a composé Cyrano de Bergerac, dans l'admirable pièce de M. Edmond Rostand, belle, très belle et triomphante œuvre. .Jamais il ne fut plus merveilleux que dans ce personnage complexe : toute la gamme !

COQUELIN (Jeak) n'entra pas au Conservatoire. Après avoir fait de bonnes études et passé ses examens, il mit à exécution le projet qu"il nourrissait depuis son enfance, de se faire comédien; et cela, malgré ses parents, qui, d'ailleurs, ne lui tinrent pas rigueur. Au contraire, Coquelin emmena Jean avec lui à travers l'Europe et les deux Amériques, se réjouissant des succès qu'il obtenait à

ses côtés. — D'une ardeur el d'une activité prodigieuses, Jean Coquelin, dans ses pérégrinations, et tout en jouant presque toujours, administrait et mettait en scène.

Jean Coquelin fit partie de la Comédie-Française, qu'il quitta quand son père rompit de nouveau avec notre première scène. Il avait débuté dans le Dépit amoureux et créé un rôle de quelque importance dans Thermidor. — A la Renaissance, il a créé Patron Bénie, scène de la vie maritime, et c'est dans le monologue de Jean Maillai'd, de Messire Du Guesclin, qu'il débuta à la Porte-Saint-Martin. Amusant et pittoresque dans le racoleur de Fanfan la Tulipe. Le rôle du vieux Bibulus, dans Jacques Callot, qu'il a composé d'une originale façon; celui de Louis Ghérui, dans la Mort de Hoche, ei celui deRaguenau, l'amusant rôtisseur favori des Muses, dans Cjjrano de Bergerac, ont classé Jean Coquelin.

Jean Coquelin a l'organe de Coquelin et parle comme lui; son jeu a beaucoup d'analogie également avec celui de son père. — On peut se ressembler de plus loin.

DESJARDINS, élève de Delaunay, obtient un accessit de tragédie en 1887, et débute dans Néron, de Britannicus, à l'Odéon, oii on ne l'emploie pour ainsi dire plus pendant deux ans ; aussi va-t-il au Chàteau-d'Eau ; là, on lui confie un père noble dans Jacques l'Eventreur. Il se révèle dans la Conspiration de Mallet, et dans un autre rôle de général, de Kléber. Après quatre ans d'Ambigu, où il tient l'emploi des troisièmes rôles, il devient jeune premier en titre à la porte Saint-Martin. Il double Garnier dans Napoléon ; il crée excellemment le fils du forçat, dans Sabre au clair; le chevalier de Charny du Collier de la Beine : rend habilement le rôle complexe du traître Raoul de Caours, de Messire Du Guesclin; donne une belle allure au traître Fitz-Onnal, de Fanfan la Tulipe, et fait preuve d'une grande souplesse de composition dans l'usurier des Bienfaiteurs. Bien aussi dans le traître Don José, de Don César de Bazan, très bien dans Lazare Hoche et dans le comte de Guiche. de Cyrano de Bergerac.

Physique un peu dur, mais voix solide et diction nette; de la chaleur et de la conviction ; une très bonne tenue.

GRAVIER. — Un de nos plus utiles comédiens des théâtres de drames. Premier rôle dans le Vieux Caporal ; troisième rôle dans Marie-Jeanne ; premier comique dans le Chourineur des Mystères de Paris; père noble dans Fualaes , Gravier passe aisément par tous les genres.

Gravier a commencé à Montparnasse en 1863 : a créé à Beaumarchais ensuite, Douglas le Vampire. On le voit successivement à Belleville, à la Gaîté, oi^i il remplace Charles Perey, dans la Petite Pologne. 11 fait partie pendant

ACTEUIIS ET ACTRICES 115

deux ans de la Sociélé du Chàleau-d'llau ; crée Iloche, Kléber, la Casfjuctle du Pch-e BugcaïuL Pierre Vaux: entre ;\ rAnil)ii;u par le Roi de l' argent, Mademoiselle Bressier, Roger la Honte, la Porteuse de pain, le Régiment, et enfin, ;i la Porle-Saint-Marlin, où il joue le Bossu, la Maison du baigneur (reprises), Sabî-e au clair, excellente création du forçat innocent; le Portugais, du Collier de la Reine, où il soulève des tempêtes de rire; le vieux maréchal de Saxe, de Fan fan la Tulipe; l'ouvrier mauvaise tète et bon cœur, des Bienfaiteurs ; ïeyssière, de la Mort de floche ; de Casteljaloux, le capitaine gascon de Cyrano. Cn fanatique de la pèche à la ligne.

MALLET (Pieure), doyen de la Porte-Saint-Martin, a toujours appartenu à celte scène ou à celle de laGaîté depuis (rentê-cinq ans. Ce bon et modeste artiste fait bien tout ce qu'on lui Ml faire, et nous dirions qu'on l'emploie à toutes les sauces, si nous osions nous exprimer ainsi.

PÉRIGAUD. directeur de la scène, premier et bon comiciue, a été l'un des trois administrateurs des artistes réunis en société pondant quelques années au Château-d'Eau, et qui luttèrent avec activité et intelligence. Succès et fours se succédaient rapidement. Bien des tentatives excitèrent la curiosité du public et de la presse, et plusieurs ne manquèrent pas de hardiesse.

Parmi les succès de Péricaud au Château-d'Eau, rappelons Hoche et la P'tiote; parmi ceux de l'Ambigu : Frochard,du Vieux Caporal; le. chef de bureau dans /a 5a>igue de l'Univers; Pipelet, des Mystères de Paris; Remy, de Marie-Jeanne; l'agent Madécasse, de l'Ogre, auquel il a donné une physionomie très fine, et, surtout : le terrible père Toussaint, dans la Fermière, le fin limier de police du Roi de l'argent et, dans Roger la Honte, son rôle du mobile devenu mouchard par dévouement.

A la Porte-Saint-Martin, les Voyages dans Paris lui fournissent une excellente création de voyou; Sabre au clair lui vaut un grand succès dans un paysan madré, avare et assassin, ainsi ([ue Caderousse, dans'la nouvelle version de Monte-Cristo. Le Collier de la Reine fait apprécier sa souplesse et son énergie dans le vieux joaillier Bossange.

Excellent aussi dans Camboulas, de Jacques Callot, et dans les Bienfaiteurs, où il joue avec beaucoup de finesse.

Péricaud a l'ait représenter cent cinquante pièces : drames, vaudevilles, revues et opérettes. On lui a édité cinq cents chansons. Excusez du peu !

VOLNY, élève de Tolbot, débute à la Comédie- Française dans Chatterton et s'y distingue. Mais, las d'attendre une création, il quitte la maison de Molière, passe

au Vaudeville, puis aux Nations. Il contracte un engagement pour la Russie.

De retour, il entre au Chàtelet pour une reprise de Michel Slrogofjf, et fait quelques créations à l'Ambigu avant de jouer Don Fernand, dans Don Quichotte de Sardou, au Chàtelet II revient à l'Ambigu, où il joue à la reprise de l'As de trèfle, le rôle créé par Charles .Masset et où il crée Robert Maugis du Capitaine Floréal, en comédien élégant et distingué, en comédien de race.

Volny a dessiné avec une fière allure et beaucoup de tact , dans Don Cémr de Bazan , le royal et sombre amoureux. Thermidor passant du répertoire de la Comédie-Française à celui de la Porte-Saint-Marlin, Yolny est entré en possession du rôle de Martial Hugon, créé par Marais. D.ms la Mort de Hoche, il a créé Charette de la Contrie ; dans Cyrano, Christian. Il a tiré un bon parti de ces deux rôles.

M"« B O U G H E TA L , 2'"^ prix de tragédie en 1894, alors élève de Maubant, l^"" accessit de comédie, en 1895, et alors élève de Sylvain, qui succéda à Maubant quand ce tragédien prit sa retraite, a débuté au théâtre par la Porte- Saint-Martin. Tiphaine Ragennel, de Messire Du Guesclin, fut son premier rôle.

M"« ESQUILAR, précédée, dans le monde théâtral, d'une réputation acquise en province, débute au Gymnase dans la Servante. Ce drame et Marthe, un acte de M, Ernest Daudet, dont le théâtre du Cercle, à Aix-les- Bains, avait eu la primeur et qu'elle y avait créé, sont les deux seules pièces jouées sur la scène du boulevard Bonne- Nouvelle par cette intéressante jeune première au jeu expressif et plein de sensibilité. Pendant son séjour au Gymnase, elle retourne à Lyon — où elle a laissé les meilleurs souvenirs — pour remplir aux Célestins, le rôle créé à Paris dans Famille, par mademoiselle Darlaud. Ses représentations sont une suite d'ovations.

Quelque temps avant de démissionner, MM. Ch. Masset et Emile Abraham, cédant aux instances de leur pensionnaire, demandée par plusieurs directeurs, lui rendent sa liberté. Mademoiselle Esquilar donne la préférence à l'Ambigu où elle obtient des succès dans la Fée Printemps, dans les reprises de la Voleuse d'enfants et de Roger la Honte et la création de Marie Blanche dans la Mendiante de Saint-Sulpicc.

Touchante Maritana de Don César de Bazan et beaucoup de sensibilité dans son court rôle de madame Hoche.

M'"^ Esquilar a joué le rôle de Fabienne à la dernière reprise de Thermidor.

ACTECKS ET ACTltlCBS 117

M^'" KER^VIGH (Jeanne) fut, au retour de toiirnéos Cotiueliii en Amérique cl en llussie, engagée au Palais-Uoyal et s'y lit remarquer dans Nounou, Prête-moi ta femme et le Réveillon. A la l*orte-Saint-Martin, elle débuta dans Guillemette; de Fanfaii la Tulipe; reprit dans Thermidor le rôle créé à la Comédie-Française par mademoiselleLudwigetcréad'unefaçon distinguée Blanche &e Jacques Callot. — Très gentil travesti dans Don César de Bazan.

M'"' LEGAULT (Maria), élève de Monrose, obtint le second prix en 1872 et le premier l'année suivante. Elle débuta au Gymnase dans la petite jeune fille des Idées de madame Auhruy et dans l Épreuve nouvelle. Elle joua Nos Bons Villageois, Fernande, Séraphine, Froufrou, etc., et parmi ses créations se trouvent le Charmeur, les Deux Comtesses, Ferréol, l'Age ingrat. En 1879, elle parut au Palais-Royal, d'abord dans le Mari de la débutante; elle ne resta pas longtemps à ce théâtre. Au Vaudeville, elle débuta avec succès dans la Princesse Georges, et fit de fort remarquables créations dans Tète de linotte, la Vie facile, les liois en exil et Clara Soleil.

Les débuts de mademoiselle Legault à la Comédie-Française eurent lieu en 1887 dans le Legs et le Caprice. Elle joua aussi la marquise, des Effrontés ; la comtesse de Termonde, de la Princesse Georges (elle avait, nous venons de le dire, joué le rôle de la princesse au Vaudeville) ; le rôle créé par mademoiselle Bartet, dans la Souris, et Célimène, du Misanthrope, qu'elle rend avec ses dons naturels et son jeu sage et intelligent.

A Bruxelles, où sa sœur, mademoiselle Angèle Legault, chantait avec distinction les dugazons, mademoiselle Maria Legault a donné à plusieurs reprises des représentations fort suivies; elle a joué, en plus des rôles de son répertoire, Divorçons et Dora et a créé dans cette ville la Doctoresse. — A Saint-Pétersbourg, où elle débuta en 1889, elle obtint un grand succès dans Froufrou. Succès aussi dans les Parisiennes, Dora, Daniel Rochat, Thermidor, Divorçons, etc., etc.

Mademoiselle Legault revint au Vaudeville en 1893 : Flipotte, les Lionnes pauvres, la Provinciale... En 1894, elle créa au Gymnase le rôle de Louise Aubert, dans Pe)ision de famille. Touchante Roxane, dans Cyrano.

Mi'« MIROIR (Blanche), fiUed'un chef d'orchestre, venait de Versailles quand elle débuta comme chanteuse d'opérette en 1874, après avoir paru dans les Bibelots du Diable. Elle a créé des rôles dans la Reine Indigo, la Filleule du Roi, le Petit Duc, où elle doubla Jeanne Granier ; elle a créé encore Pervenche de la Famille Trouillat; Clolilde, dans les Trois Curieuses; Beatrix, dans la Petite Ma-

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fiée; Henrielle, dans l'Homme et la Bêle; Jcannelle dans les Bijoux de Jeannette.

Depuis, mademoiselle Blanche Miroir a tenu l'emploi aux Galerics-Saint-Huberl, à Bruxelles, chantant tout le répertoire d'opérette ; en Hollande également. De retour, elle entra d'abord aux BoufTes-Parisiens ; puis au Chàtelet oii elle joua les soubrettes coquettes et où elle fut la Reine Bacchanale du Juif errant. Elle a débuté à la Porte-Saint- Martin dans Méléa, de Jacques Callot. et M. Sardou l'a choisie pour Jacqueline Bériilon, dans Thermidor.

Très vive, très gaie, très en dehors, élégante et brillante, c'est une comédienne appréciée.

GÉRARD (Armand), après s'être fait remarquer au Parc, de Bruxelles, puis en province dans l'emploi des jeunes premiers, a débuté à la Porte-Saint-Martin dans le vicomte de Valvert. de Cyrano, créé par Nicolini, le fils du célèbre chanteur. — DAVANÇON, fils d'Emile Bergerat, doué d'un superbe physique et de brillantes qualités, est un comédien d'avenir. Il a passé par le Conservatoire, et joué à rOdéon et au théâtre Antoine. — ADAM. Un bel homme; ancien premier rôle de province, ex-ténor, qui sait tout le répertoire de l'opéra-comique par cœur. Grande utilité, très utile dans tous les genres. — J O U R- DAN, prix de tragédie. A joué les jeunes premiers au Vaudeville et au Chàtelet. Une petite rente le met au nombre des comédiens qui jouent pour leur plaisir. — OSSART, comme plusieurs de ses camarades, fut au Chàtelet, pensionnaire do MM. l'ioury, les directeurs actuels de la Porte-Saint-Martin. — REBEL, élève de Régnier, au Conservatoire, pendant bien des années pensionnaire de rOdéon, fut dans les nombreuses reprises de Michel Strogoff au Chàtelet. — R OSENBERG, élève de Worms, obtint un second prix de comédie. 11 a créé à la Bodinière De fd en aiguille et les Trrpoieurs. Il débuta à la Porte-Saint-Martin, en succédant à Saint-Germain, dans Fouché, du Colonel Roquebrune. Dans la Mort de Hoche, il a rendu avec un véritable talent de composition , le personnage d'un officier d'ordonnance de Hoche. — WALTER, crée avec élégance un des marquis de Cyrano. — M '" ^' B O U B G E O I S , lauréate du Conservatoire, joue les duègnes, quoique jeune, et s'est fait remarquer dans celle de C?/rano. — M'^"^ PANNETIER. jeune et jolie personne, très jolie sous la coiffe de sœur Claire... toujours dans Cyrano de Bergerac.

GxMTE

ADMINISTRATION

.MM. Debruyère, directeur — VALLl^•, secrétaire général. — Sal- BAT, administrateur. — Ogkreau, régisseur général — Marcus. régisseur. — Malo, chef d'orchestre. — Meyronnet, sous-chef d'orchestre. — Bn court, maître de ballet.

ARTISTES

BERNARD, élève de Got, lit son sei'vice militaire en quittant le Conservatoire. Il n'a guère quitté Paris que pour remplir les fonctions de régisseur à Versailles. — Engagé à la Gaîté, sur la recommandation de M. Henri Chivot, pour le Voyage de Suzetle, il a, depuis, joué nombre de rôles épisodiques et souvent doublé son camarade Fugère. — Très précieux pour la maison.

BERT (P.vuLj, bon comique, très connu à Bruxelles et à v^ainl-Pélersbourg. où il resta pendant quatre ans et oii il eut l'occasion de jouer souvent devant Alexandre III et d'être félicité par Sa Majesté.

Engagé au i*alais-Royal, il a été cédé par ses directeurs à M. Debruyère. Applaudi dans la Chanterelle, de la Poupée, et dans Rocio, de la Mascotte.

BIENFAIT, d'une famille de comédiens, commença à lîellevillo; ses succès sur cette scène, bien dirigée par les frères Hohaclier, le firent engager à i'Odéon : il jouait les jeunes premiers comiques.

Bienfait abandonna le théâtre pour le commerce des vins, ':iaisil y revint et changea d'emploi : il remplit maintenant

lui des comiques marqués. Très bien dans le pacha du Vu/jage de Siiz-ette. et dans le gouverneur anglais de Su?'couf.

Bienfait est l'un des vice-présidents de la Société de -'■cours mutuels de la Gaîté, seule de ce genre dans les théâtres de Paris. Fondée en 1892, elle a, depuis sa fondation, secouru près de deux cents artistes ou employés du thôàfre. Tous les ans, une représentation extraordinaire est donnée au profit de sa caisse. — Président d'honneur : M. Debruyère; président: .M. F. Lefévre ; vice-présidents: MM. Bienfait, Ogereau, Dacheux et Prévost ; secrétaire : M. Bernard.

120 ■ ACTKUUS KT ACTKICES

DAGHEUXa passé par le Conservatoire, où l'on se souvient encore de sa fugue le jour du concours. On le voit ensuite à la Tour-d"Auvergne parmi les élèves de Talbot. Il débute sérieusement dans une tournée de Jeanne Granier, jouant dans les Pj-emières Armes de Richelieu. On l'applaudit aussi à la Scala. Il quitte le café-concert et fait quelques créations agréables avec un réel talent de comique grime. Dacheux crée à la Gaîté le sergent Morin, de la Fille du tambour -major; le Pays de l'or, enfin le Grand Mogol, etc. etc. Il double Mesmaker dans tous ses lôles et surtout dans Verduron du Voyage de Suzetie, qu'il joue autant de fois que le titulaire.

Après avoir contracté de courts engagements avec les Folies-Dramatiques et le Théâtre de la République, où il obtint un réel succès dans le Parisien, du Tour du monde d'un enfant de Paris, ce consciencieux artiste rentre à la Gaîté, où. nous disait-il, avec sa bonhomie habituelle, il espère finir ses jours.

F U GÈRE (Paul), élève de Pericaud et qui lui fait grand honneur; c'est un des plus joyeux comiques de nos théâtres du boulevard.

Paul Fugère a débuté au Chàteau-d'Eau en 1877. dans le Drapeau tricolore et n'a connu depuis que le succès, dans des créations toutes originales et des plus divertissantes : la P'tiote, Hoche; puis <à l'Ambigu, l'étourdissant Cabrion, des Mystères de Paris; le Fils de Porthos, Rogei- la Honte, la Porteuse de pain, la Policière; à la Gaîté: le Pays de l'or, la Fée aux chèvres, les Bicyclistes en voyage, le Talisman, les Cloches de Corneville, Surcouf, Rip, Panwge, la Poupée, la Mascotte, Mam'zelle QuaVsous et le Maréchal Chaudron.

En vrai loustic, spirituel et amusant (et, en même temps, un vrai comédien), Paul Fugère, qui est le frère de l'excellent artiste de TOpéra-Comique, imite le rugissement du bon, tous les cris de Paris; la scie, le rabot et il chante à lui seul un trio !

GEOFFROY, fils d'un professeur de piano, tient l'emploi des ténors comiques. Après quelques années de province et d'étranger, il entre à la Gaité, en 1894, pour jouer le rôle de Jac(iues, dans Rip. Il joue aussi Mignapour, du Grand Mogol. Il a créé un rôle aux Folies-Bergère, dans la pantomime la Belle et la Bête. Bon musicien.

MARGUS, qui tient l'emploi des amoureux et remplit les fonctions de régisseur, est un bon musicien, médaillé de la Ville de Paris, à la suite d'un concours. De temps en temps, il commet quelque petite pièce, en attendant qu'il en perpètre de plus importantes.

ACTEUKS ET ACTRICES 121

LUCIEN NOËL, jeune baryton de vingl-cinq ans. lit ses éludes à Bruxelles. Engagé à la Gailé, et pris en amitié par son directeur, il débuta brillamment dans le rôle du marquis, des Cloches de CornevUle; chanta Surcouf; créa les Bicyclistes en voyage et le père Maximin de la Poupée. Son meilleur rôle est Rip, où il doubla Soulacroix. et s'y fit applaudir. Il s'est fait également remarquer dans Pantagruel, de Panurge; dans Pippo. de la Mascotte ; et dans Ange Pitou, de la Fille de Madame Angol.

Une jolie voix, un agréable chanteur, un artiste d'avenir.

O GERE AU, sur les planches depuis une trentaine d'années; tour à tour comédien, mime, administrateur, et, parfois, tout cela en même temps. Tantôt en province, tantôt à l'étranger.

Georges Ogereau, dans ses fonctions de régisseur général, quil exerce depuis sept ans à la Gaîté, a su s'attirer la sympathie de tout le personnel de ce théâtre. ' Vice-président de la Société de secours mutuels de la Oaîté.

SOUMS, gentil ténor, trouve le moyen de faire trisser le rondeau de Grenicheux des Cloclies de CornevUle. 11 a fait ses premières armes aux Folies-Dramatiques, puis s'est acquis une véiitable réputation en province, en attendant la vogue parisienne qui commence. A chanté tout un hiver, et avec succès, Fritellini, de la Mascotte, et s'est fait applaudir à outrance dans Pomponnet, de la la FUle de Madame Angot. Joli timbre de voix.

VAUTHIER, un comédien et un chanteur que la nature a merveilleusement doué. Vauthier a passé par la filière. Enfant de la balle d'abord, comédien, tragédien, il se révéla chanleur entre deux mélodrames.

11 tlébuta aux Folies, puis passa à feu l'Athénée, oîi plusieurs créations le posent en chanteur-comédien.

A la Renaissance, il débuta sous la direction Ilostein par la Famille Trouillat, opéra-comique de M. Léon Vasseur, dans lequel jouait (et non chantait) Paulin- Ménier ; et, sous la direction Koning. il créa la Petite Mariée, la Reine Indigo, Kosild, la Marjolaine, le Petit Duc, la Camargo, la Petite Mademoiselle, la Jolie Persane et Belle Lurette.

A la Gaîté, Lagardère du Bossu a doublé sa réputation. Il a créé à la Porte Saint-Martin, et avec une verve exubérante, le rôle du saltimbanfiue Papillon, dans Mam'zelle Pioupiou. A la Comédie-Française, il a interprété le Mufti dans le divertissement du Bourgeois Gentilhomme.

Vauthier chanta aux Variétés dans Sigebert, de Chilpéric, où son excellente voix de basse chantante faisait

merveille. — L'agent de police Touebiib, de la Fille de Madame Angot, auquel conviennent et sa voix puissante et ses allures, qu'il sait rendre farouches, semble écrit y)our lui.

M'^® COCYTE, grande et belle personne, h la voix puissante et au jeu très en dehors. Très appréciée à Saint- Pétersbourg et à Moscou, Jie l'est pas moins du public de la Gaîté, quand elle chante Serpolette, des Cloches. A obtenu un 1res vif succts dans la Mascotte, qu'elle a chantée 250 fois de suite et a créé Mam'zelle Quat' sous.

jyjue YVONNE KERLORD, transfuge de rOpéra-Comique, où elle a créé la Jacquerie. A la Gaîté : M""*^ Lang, de la Fille de Madame Angot. — Chante avec goût. Plus que jolie.

M'"^ SIMON-GIRARD, fdle de Caroline Girard, dugazon qui attacha son nom à nombre de succès de l'ancien Théâtre-Lyrique. L'enfant s'est montrée digne de sa mère. A dix-huit ans, après un long et laborieux séjour au Conservatoire, oîi elle fut élève de Régnier, madame Simon-Girard, débuta aux Folies-Dramatiques dans la Foire Saint-Laurent, opérette d'Offenbach, où elle se montra comédienne séduisante et spirituelle et ravissante chanteuse. La jeunesse, la grâce, une verve irrésistible classèrent tout de suite la débutante. Vinrent les Cloches de Coi-neville: Serpolette, avec son entrain et sa fine manière de lancer le couplet, sut conquérir tous les suffrages, ceux des connaisseurs aussi bien que ceux du public qui n'analyse pas. La Princesse des Canaries, la Fille du tambour-major consolidèrent sa renommée. Elle créa, également à la Gaîté, le Voyage de Suzette ; à la Renaissance : Mademoiselle As7nodée et la Femme de Narcisse; aux Folies: Miss Robinson; aux Bouffes : Mademoiselle Carabin, les Forains, V Enlèvement de la Toledad, la Duchesse de Ferrare, la Dot de Brigitte.

Le rôle de Rothomago fds, pour lequel madame Simon- Girard revint au Chàtelet, où elle remporta bien d'autres succès, a été créé par Judith Ferreyra, dont ceux de ma génération ont conservé le souvenir.

Délicieuse Clairette, de la Fille de Madame Angot.

Comme sa mère, madame Simon-Girard aurait pu être la perle des dugazons. Elle est une des étoiles de l'opérette et de la féerie.

FUMAT, doué d'une bonne voix de baryton. — JALTIER, débuta à la Gaîté dans le rôle du collégien du Voyage aux Pyrénées et s'y distingua. Il joue avec originalité les personnages épisodiques. 11 rappelle un peu le long Bâche, créateur du Petit Clerc, dans la Chanson de Fortunio, aux Bouffes- Parisiens. — M^^'E VELINE

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J AN NE Y, descendue des hauteurs de Monlmartre. Elle a appartenu à l'Atiiénée-Comique. où elle chante dans le Jour et la Nuit. — M''^' LEA LARGINI remplit les petits rôles et sait, parfois, leur donner de l'importance. Elle débuta à la Renaissance et ])assa par les Bouffes-l*arisiens et les Folies-Dramatiques avant d'apparlciiii- à la troupe de M. Debruyère. — M'^» JULIA DE VAL, étoile de la danse. Toute jeune. Un brillant avenir. M"* Deval a tenu l'emploi pendant deux ans à l'Olympia.

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