‹ Acteurs & actrices de ParisChapitre 84 sur 94 · AMBIGU-COMIQUE · texte numérisé non relu

AMBIGU-COMIQUE

ADMINISTRATION

.MM. Louis HoLACHER et Pontet, directeurs. — Henri Sébillb, secrétaire général. — Abel Ballet, régisseur général. — Chevreuil et Henry (term ain, régisseurs. — Hermanx^ chef d'orchestre.

ARTISTES

EMILE ALBERT, après avoir dûbuté à la banlieue, est engagé par Paul Deshayes pour plusieurs tournées. Il entre au Chàtelet. passe au Gymnase, revient au Châtelet créer Talbot fils, dans Jeanne cl Arc; joue dans les Pirates de la savane, dans Don Quichotte; après un court séjour à l'Ambigu, retourne de nouveau au Châtelet, où M. Antoine le remarque dans la Bouquetière des Innocents, et l'engage. Finalement à l'Ambigu.

GHARLIER débuta au théâtre de Belleville. il sortait du régiment. Au théâtre de la République, où il fut engagé après avoir, pondant peu de temps, appartenu à la Porte-Saint-Martin, il compta des succès dans bien des pièces de ce théâtre et se distingua aussi dans des œuvres d'un ordre relevé; Fou(|uier-Tinville, de Lucile Desmoulins; François de Paule, de Louis XI, Tyrrel, des Enfants d'Edouard.

DUQUESNE commença en province et à l'étranger.

Sur la recommandation de Coquelin, Koning. alors

directeur du Gymnase, alla l'entendre à Bruxelles, (Jaus la

Vie facile, et le fit débuter dans Maxime Odiot, du Roman d'un jeune homme pauvre qu'Octave Feuillet remania un peu à son intention. Après Damala, il joua Philippe Derblay du Maître de forges, et créa un rôle dans le Prince Zilah. Il fut prêté à l'Ambigu pour Martyre, puis il accompagna dans une longue tournée Coquelin, à côté duquel il joua le grand répertoire ; et parmi le théâtre moderne ou contemporain ; Ruy Bios, V Etrangère, Thermidor et le Roman d'un jeune homme pauvre, donné à Buenos-Ayres, avec cette curieuse distribution :

Maxime, Duquesne;

Laroque, Coquelin;

Bevallan, Jea a Coquelin;

M"' Laroque, M™" Anna Judic; Marguerite, Barety;

M"' Heloin, Marcelle Lencler;

M"' Aubry, Jenny Rose.

A Anvers, une tragédie inédite de M. Jules Barbier fut représentée à l'occasion de lExposilion, Duquesne y remplissait le rôle de Pséron avec une grande puissance.

Enfin, après d'autres voyages et différents engagements spéciaux à certains rôles, Duquesne fut le Napoléon de Madame Sans-Gêne. Depuis, et avant de s'embarquer de nouveau pour l'Amérique, il joua Krostad, de Maison de poupée, non encore dépouillé de son incarnation dernière, si prolongée. C'était encore Bonaparte qu'on croyait voir dans la pièce d'Ibsen.

Très émouvant dans Cantabelle de Papi la Ve/-tu.

DU PARC, vient de l'Odéon, où il se rendait utile dans le répertoire. Il remplissait principalement l'emploi des raisonneurs.

LEFRANGAIS (Paul), après plusieurs années en province et à l'Etranger, a créé un rôle à côté d^. Taillade dans le Maréchal ferrant, au Théâtre de la République, et Robert Rural, au Théâtre Moderne. A la Renaissance, il a joué dans Snob et à l'Ambigu dans Papa la Yei-tu.

LÉON-NOEL a choisi la carrière théâtrale contre la volonté de son père, qui voulait en faire un entrepreneur de bâtisses, comme dit la chanson. Il débuta aux Délassements-Comiques, joua sur plusieurs petites scènes avant d'arriver au Châtelet

Du Châtelet, Léon-Noël passa à l'Ambigu ; puis, après deux à trois années à l'étranger, à la Gaîté, pour la reprise de Monte-Cristo.

A la Porte-.Saint-Martiu, il s'est distingué dans plusieurs

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créations et dans la prise de possession de rôles qu'il s'est appliqué à bien jouer, sans préoccupation de ses prédécesseurs. Dans Robert Macnire, il a obtenu un grand succès, malgré le souvenir de Frederick Lemaître.

Il rendait en comédien de la bonne comédie le notaire Malézeau,dans la Grande Marnière.

A citer aussi, parmi ses créations : l'Obstacle, Mon Oncle Barba.ssou , Musotte, au Gymnase ; les Rois et Gismonda à la Renaissance.

Dans la plus récente reprise du Juif errant au Chàtelet, Léon-?Soël ajouôDagobert. ArOdéon,il a créé un rôle dans l'Etra/iger, d'Auguste Germain. 11 remplissait bien, dans le Capitaine Fracasse, l'Hérode dessine dans le roman de Th. Gautier.

Plein de bonhomie dans le capitaine Tourbanyer, de Papa la Venu.

RAVET vient de l'Odéon, oi^i il a doublé Fenoux, dans Pour la couronne!

Au Conservatoire, deuxième prix de comédie et premier accessit de tragédie.

J . R E N O T a commencé une carrière déjà longue en 1869, au théâtre de Belleville, en jouant sous la direction Holachor. tous les rôles s'adaptant à son physique de jeune athlète. Bien qu'il ait reçu plus tard des leçons de Ballande, Renot s"est surtout formé à l'école des Dumaine et des Lacressonnière dans les huit années qu'il passa à la l'orte- Saint-Martin.

Il joua beaucoup aux matinées Ballande, et suivit celuici au troisième Théâtre-Français (Déjazet) et ensuite au théâtre des >'ations, où il lit ses premières importantes créations comme premier rôle. L'Amour et l'Argent, Chien d'aveugle, les \uits du boulevard, la Grande Iza, Champairol, Claude Fer, etc. Passa dix ans au théâtre Michel. Depuis i(S92, à l'Ambigu, en qualité de second premier rôle, ses créations de la Nuit de Noël. Gigolette, Valmy, les Chouans, la Relie Limonadière, les Ru//ians, les Deux Patries, la Fa • mille Martial, l'ont fait vivement apprécier du public, de la critique et de son directeur qui le déclare excellent et très serviable pensionnaire.

PICARD, comique de second plan, ne manque ni de finesse, ni d'observation.

Il commença à Montmartre, fit de la province; et, de retour à Paris, entra au Nouveau-Théâtre, puis à l'Ambigu où on l'emploie beaucoup.

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M"" LENDER, jolie et éléganle foinrnc. at-réable artiste. Son début se fit au tliéàlre Monluuii-tre. Mademoiselle Lender entra ensuite au Gymnase, puis alla au théâtre Michel, de Saint-Pétersbourg. Au retour, elle entra aux Variétés, qui la prèlèi'ent pendant quelque temps au Palais- Royal .

Mademoiselle Lender s'est fait une situation grâct3 à quelques bons rôles, notamment celui de madame Lange, dans la Fille de Madame Angot, oîi elle remplaça madame Judic, et grâce, surtout, à sa création de Victorine, dans Ma Cousine.

Depuis /a Bonne à tout faire; le Premier Mari de France; Rosalinde, de iVaf/«»îe Saton, l'Ai'ticle 2f-i et Galswinthe. de Chitpéric, ont achevé de poser mademoiselle Lender. dont le nom est maintenant en vedette sur l'afliche.

Mademoiselle Lender a quitté les Variétés pour créer aux Nouveautés dans/es Petites Folles, un rôle où elle se fait apprécier commeartiste et admirer comme jolie femme. Un critique trouve qu'elle ressem.ble à madame Hading; ce n'est pas pour lui déplaire !

Dans Papa la Fe/'^u, à l'Ambigu, mademoiselle Marcelle Lender ne s'est pas contentée de faire sensation par sa crânerie et sa beauté : c'est en bonne comédienne dramatique qu'elle a créé la dompteuse Selika.

M''*" LO Y E R ( G E 0 R G E T T E ), débuta au Grand-Théâtre dans le petit Joseph, de Sapho, fut du théâtre de l'OEuvre, dès sa fondation, y joua Pelleas et Mekraude, la Vie usuelle et le Père. A la Comédie-Parisienne, sous la direction de Pierre Berton, elle créa le Petit Lord. Après une saison à Aix-les-Bains, elle alla jouer à Lyon Fanfan, des Deux Gosses, qu'elle a repris à l'Ambigu. Délicieuse dans Gloriette. de Papa la Vertu.

M'"'^ MOÏNA-CLÉMENTfit partie de la troupe de Cluny, sous la direction de Larochelle, qui l'engagea également à la Gaîté et la fit débuter dans Marguerite de Bourgogne, de la Tour de Nesle: lui confia Catherine de Médicis, de Henri III et sa Cour; Léona, de la Closerie des Genêts et plusieurs rôles créés par madame Marie Laurent.

Madame Moïna Clément a également joué à la Porte- Saint-Martin plusieurs créations de madame Marie-Laurent, qu'elle a remplacée encore et à deux reprises, au (^hâtelet, dans Martha. de Michel Strogojf.

Elève de Maubant et de Dumaine, elle connaît fort bien le répertoire et s'y faisait apprécier aux matinées Ballande.

Créatrice dans les Deux Gosses, du personnage typique de Zéphirine.

M""' RENOT, femme de l'artisle dont nous parlons plus haut, dans ce môme chapitre sur l'Ambigu. Vient du Palais-Royal, où elle tenait avec élégance l'emploi des coquettes.

Madame Delphine Renot a obtenu un véritable succès dans la Bande à Fifl et elle a mis en relief un rôle épisodique de Papa la Vertu.

Nous compléterons dans notre plus prochaine édition le chapitre consacré à l'Ambigu.

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