CHATELET
ADMINISTRATION
MM. Emile Rochard, directeur. — Judic, secrétaire général. — Charles Dkr WEz, régisseur général. — Jules Braut, secrétaire delà direction. — Henry Pritchard, chef d'orchestre. — Henry Prévost et NoRGEOT, régisseurs.
ARTISTES
BARON, le joyeux, l'original comédien que cet ancien carabinier! Oui vraiment, carabinier. Baron débuta dans la cavalerie après avoir débuté à la Tour-d'Auvergne. Aux Variétés, ses commencements furent modestes ; mais depuis, quelle place il s'y était faite ! Sa première grande soirée fut la création des Brigands, d'Offenbach; le fameux chef des carabiniers, pour lequel il trouva d'irrésistibles effets comiques, est resté légendaire. Dès lors, Baron fut en pleine évideucc . Que d'autres rôles ensuite, jusqu'à Nitouche et aux Charbonniers, qui lui valurent un nom parmi les premiers comiques parisiens! Et le Petit Poucet, ù la Gaîté, quelle merveille d'invention et de verve !
Et tant d'autres créations, toutes si plaisantes, toujours variées... si fouillées... celle de Monsieur Betzij... de Ma Cousine... Et celles du Premier Mari de France et de Madame Satan! Quant à la prise du rôle de Ricin dans la triomphale introduction de Chilpéric aux Variétés, elle peut compter aussi pour une des créations des plus personnelles. Et qui n'a ])as vu Baron dans son extraordinaire
Panalcllos, de la Périchole, el dans son non moins extraordinaire prince Belphégor, du Carnet du Diable, n'a rien vu. Qui ne l'a pas entendu dans cette dernière pièce chanter les couplets de l'agence Cook n'a rien entendu.
Baron a acquis le talent ; il a toujours eu l'originalité.
Pendant quelque temps codirecteur des Variétés, Baron s'est bientôt lassé des tracas administratifs. Il est rentré dans le rang... une bonne place, qu'il n'avait, d'ailleurs, pas quittée.
BARTEL, d'abord ciseleur sur bijoux, s'essaye successivement au théâtre Rossini, aux Folies-St-Antoine et aux anciennes Nouveautés, trois scènes disparues. Engagé volontaire au 2^ zouaves. A son retour, il joue à Reims, où M. Canlin le remarque et le prend aux Folies- Dramatiques. Il débute dans la Fille du tambour-major .
Bartel crée la Parisien?ie à la Renaissance ; passe à l'Ambigu et à la Gaité, enfin, aux Boufîes, où il crée Mamz'elle Carabin, les Forains, Fleur de vertu, la Duchesse de Ferrare, l'Enlèvement de la Toledad.
COURTES. — Son âge? né le 3 septembre
Ses goûts? le cerfeuil et les bouquins; l'un pour le corps, l'autre pour l'esprit.
De la banlieue, il va successivement à l'Ambigu, aux Variétés, au Châtelet, aux Folies-Dramatiques, où il créa le fameux Duc d'En Face, de l'OEil crevé, revient à l'Ambigu pour r Assommoir, Pot-Bouille. Nana et le Roi de l'argent. Sa création dans cette pièce lui ouvre les portes du Vaudeville; il est des SurpiHses de l'amour et du Conseil judiciaire. Il passe aux Bouffes-Parisiens pour y créer son fameux Pierrot père, de l'Enfant prodigue, ce gros succès pantomimique qu'il promena à travers le monde.
Voici ce comédien consciencieux et d'une franche bonhomie, revenu à son théâtre de prédilection.
D E C O R I , frère de l'avocat bien connu, a abandonné l'école de droit pour débuter en 1882 à la Gaité, dans une reprise de Monte-Cristo (rôle de Fernand).
Demandé à l'Ambigu par Richepin, il crée de façon remarquable la Glu, à côté de Réjane et d'Agar, puis le Roman d'Elise, au Château -d'Eau, et te Sang-brûlé. Il crée, à la Renaissance l'Inflexible, de Parodi. Fait deux fois le tour du monde avec Sarah Bernhardt.
Rentre à Paris, aux Nouveautés, dans le Maître, de Jean JuUien. Puis au Nouveau-Théâtre, crée Miss Dollar, Bouton d'or, revient à l'Ambigu, dans les Deux Patries, rôle du baron de Stein ; obtient un gros succès dans la Famille Martial et dans VAs de trèfle, où il s'est fait la tète d'un agent très connu de la Préfecture de police. Etonnant en
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ses difTêrenlos transformations, dans la Mendiante de Saint- Sulpice et dans les Deux Gosses.
Engagé à l'Odéon, il y parut pour la première fois dans le Chemineau; ce fut pour l'intéressant comédien un véritable triomphe.
Remarquable par ses qualités de pittoresque et de composition, Decori nourrit l'ardent désir de jouer Quasimodo, de Noire-Dame de Paris, qu'on remontera certainement pour lui, un jour ou l'autre.
DEGEORGE, deuxième prix de tragédie au Conservatoire. Débuta inaperçu à l'Odéon; puis, a été en tournées, en qualité de grand premier rôle.
Il a créé à l'Ambigu, avec un gros succès, le fugitif et stupéfiant Potiron, des Gaietés de l'escadron.
Ses qualités physiques l'ont fait demander à la Porte- Saint-Mailin pour la reprise des Mousquetaires, où il parut plaisant dans le rôle de Porthos.
Neveu de notre confrère Ayraud-Degeorge.
GRÉGOIRE, enfant de la balle, fils et petit-fils d'artistes-directeurs, monta sur les planches à l'âge de sa première communion. Il joua et chanta partout: en province, en Russie, au bout du monde. Doué d'une jolie voix de baryton, il fut de toutes les opérettes françaises promenées en Italie. Il fut aussi directeur, tout près... au Guatemala !
Il fut une des coqueluches de ce bon public du théâtre de la République. La Limace, desDeuxGosses à l'Ambigu.
KART AL, vient aussi du théâtre de la République, l>épinière d'artistes pour l'Ambigu et la Porte-Saint-Martin. Après y avoir joué Pornic, de la Closerie des GenC'ts; la Charbonnière, le Tour du monde d'un enfant de Pajns, Kva la Folle, il fut spécialement engagé aux théâtres de l'ex-banlieue, pour y créer les Aventures de Thomas Plumepatte. A l'Ambigu, il reprit le rôle de Roisdru, des Deux Gosses-
POUGAUD, fils d'un premier rôle de province, qui ne souhaitait pas le théâtre pour son fils, travailla pour être ingénieur. Mais, émancipé, il entre à l'Ambigu et débute dans Tortillard des nouveaux Mystères de Paris; crée des seconds comiques, dans la Policière, Roger la Honte, l'Ogre, le Drapeau et la Porteuse de pain, où son rôle de mitron le met en pleine faveur.
En représentations, il crée au Châtclet, le Trésor de radjahs, el, à Cluny, la Marraine de Charley.
Revenu au Châtelet, il y joue Canuche, des Sept Châ-
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teaux du Diable, Passeparlout, du Tour du mcnde, et Rothomago .
Plein d'entrain et de gaieté.
VANDENNE (Jean), commença à Cluny dans les Parisiens en vacances et fut de la créalion des Trois femmes pour un mari ; puis entra au Conservatoire, dans la classe de Maubant. Il obtint un deuxième prix de comédie en 1885, débuta la même année à l'Odéon clans le Médecin malgré lui et créa plusieurs rôles sui" la seconde scène française; le Songe d'une nuit d'été, la Marchande de Sourires, Germinie Lacw/ewa;, entre autres, Aux Folies-Dramatiques, il reprit Surcouf et fit quelques créations ; passa aux Menus- Plaisirs pour l'Oncle Célestin et d'autres opérettes qui suivirent. Ensuite, et après avoir joué çà et là, il fit partie d'une tournée en France et à l'étranger.
MILY- MEYER... Benjamine! On pourrait presque se borner à citer ce nom, car dans sa mirifique création de Joséphine vendue par ses sœurs (précédée et suivie de bien d'autres bien originales), Mily-,\leyer a montré, en les accentuant plus que jamais, ses qualités absolument personnelles. A la scène, quinze ans; une physionomie futée, espiègle; une gamine de Paris, pétillante d'esprit et malicieuse comme un petit diable; chantant très gentiment en plus de cela et lançant le couplet croustillant avec un aplomb inouï, tempéré par une stupéfiante naïveté admirablement jouée ; telle est Mily-Meyer.
L'une des originalités marquantes du tliéâtre parisien.
M"^ PETIT (Jeanne), étudia le chant avec madame Duménil (de l'Opéra) et avec M. Antoniu Marmontel, fils du célèbre professeur de piano. Admise au Conservatoire, dans la classe de Saint-Yves-Bax pour le chaut, et dans celle de M. Léon Achard, pour l'opéra-comique, elle remporta, en 1896, un premier accessit et débuta à l'Athénée- Comique dans le Jour et la Nuit, par le rôle de Manola, création, aux Nouveautés, de mademoiselle Marguerite IJgalde.
AUSSOURD, commença en 1891, dans un Mâle, à feu la salle do l'Alcazar d'Hiver, qui changea si souvent de locataire et de nom et qu'une maison de rapport a remplacé. Engagea l'Ambigu, sous la direction Grisier, il a été à ce théâtre do presque toutes les pièces pour des rôles secondaires dont il s'acquitte bien. — AVELOT, a toujours fait partie de la troupe de M. Rocliard, à la Porte- Saint-Martin et à l'Ambigu et l'a suivi au Châtetet. Joue consciencieusement les rôles secondaires. — JAC- QUIER joue les bas comiques aussi bien dans la féerie
que dans lo drame el l'opérelte. Successivement au Chà- (cau-d'Eau, aux Menus-Plaisirs et au Châtelet. Du métier et de la conscience. — KERN Y, longtemps pensionnaire de Cluny, s'est fait remarquer dans Cocher, rue Bourf/-emt, la revue de l'Athénée. — M"'" DARBEL, débuta comme élève au Vaudeville, el. après uu court passage aux Variétés, se distingua au Théâtre-Marigny, dans (a Bulle d'cwîour. — M"'' D O E (.1 ean n e i. a doubh' nombre de rôles à la Porte-Sain l -Martin. — M "«FLEURON, chante fort agréablement le couplet. Elle a joué la commère dans la revue de la Cigale: Pour qui votait-on? — M"° FUGÈRE, a tenu aux Variétés l'emploi des soubrettes. Elle a accompagné madame Réjane dans sa tournée d"Europe. — M"'' H ART (Axtoma), parut, comme enfant, dans Elcelsior, à l'ancien Eden et joua à la Porte- Saint-.Martin. dans le Collier de la Reine. — M'"" OR- LA N D I , femme élégante .