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THEATRE ANTOINE

ADMINISTRATION

MM. André Antoink, directeur. — Frédéric Cussot, secrétaire général. — Adrien Jacques, administrateur. — Paul Edouard, régisseur général. — Michelez, régisseur.

ARTISTES

ANTOINE. Après la clôture du Théâtre-Libre, Antoine devint pensionnaire du Gymnase.

Voici la notice qui lui était consacrée dans notre 23*^ édition, en 1894 :

« ANTOINE, dont l'apparition sur une scène régulière est récente, semble imiter Got ; effet du hasard. Il ne procède de personne; il est lui... lui seul, et c'est assez. Son jeu simple trouve, en dépit d'une voix faible, de la force dans cette simplicité même. C'est un convaincu, un convaincu à la recherche du vrai. Son Chambray, de VAge di/jïcite, ce célibataire passionnément affectueux et égoïste, est vécu. — Et voilà tout ce que nous avons à dire d'Antoine simple acteur, dont le début assure un comédien solide.

» D'Antoine, fondateur du Théâtre-Libre, nous n'avons pas à nous occuper ici. D'ailleurs, il faudrait uu volume

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pour parler des influences diverses qu'il exerça, de ses tentatives, de ses innovations et de ses hardiesses ; pour discuter les auteurs connus ou inconnus, mais d'une originalité personnelle, qu'il fit représenter et ceux qui (génies incompris!) lassèrent la patience des attentifs et même des... emballés ; pour parler des entreprises littéraires et artistiques, des théâtres à côté nés de son exemple.

» Le petit employé à la Compagnie du Gaz, qui commença, en 1887, par faire partie d"un cercle d'amateurs tenant ses assises au passage de l'Élysée-des-Beaux-Arts, et qui fonda le Théâtre-Libre, appartient à l'histoire dramatique de la fin de ce siècle ; il y tiendra une grande place. »

Après une saison théâtrale, Antoine quitta le Gymnase et fut, peu de temps après, appelé à la codirection de rOdéon. Les suites de cette nomination firent grand tapage, on s'en souvient, et les dissentiments survenus bientôt entre xM.VL Paul Ginisty et Antoine amenèrent la retraite de ce dernier.

Antoine entreprit des tournées, promenant quelques-unes des pièces qu'il avait représentées sur la scène des Menus- Plaisirs, emmenant une partie des artistes qui créèrent ces pièces.

Voici Antoine dans ses meubles. 11 a inauguré son théâtre, « le théâtre Antoine ». avec la réapparition de Blanchette, qui avait à juste titre, fait très bien augurer de l'avenir de M. Brieux. Il a repris plusieurs autres ouvrages qui. à son Théâtre-Libre, avaient le plus marqué par la nouveauté ou l'originalité et il a représenté quelques œuvres inédites, littéraires, parmi lesquelles Judith Renaudin, de Pierre Loti, oîi il a donné à l'abbé Baudry la conviction et l'onction voulues.

ARQUILLIÈRE, fut des grandes batailles du Théâtre-Libre, où il incarna les types les plus divers, toujours à la recherche de la vérité. 11 passa ensuite une année à la Renaissance; puis, entra à l'Ambigu pour remplir, à l'improviste, un rôle dans les Deux Gosses et il en joua successivement plusieurs autres dans ce drame plus de sept fois centenaire.

Dans le spectacle d'ouverture du théâtre Antoine, il a repris, dans Boubouroche, le rôle de Potasse, qu'il avait créé, fit joué, dans Blanchette, celui d'Auguste Morillon.

G É M 1ER suivit d'abord les cours de Saint-Germain et débuta au théâtre de Belleville ; il resta pendant quatre ans à la banlieue. Sa réelle éducation dramatique se fit au Théâtre-Libre d'Antoine, où, en trois années, il composa trente-sept rôles; on peut presque dire trente-sept types

différents. Il joua aussi à la Bodiniôre, au Tliéàlre-d' Appel et aux Escholiois. A la Comédie-Parisienne, il fut du Pdit Lord et de Ceux qu'on aime. M. Pierre Decourcelle et M. Armand Lévy, secrétaire générai de l'Ambigu, attirèrent sur cet artiste l'attentioa du directeur de ce théâtre. Gémier fut engagé et débuta dans les Gaités de l'escadron.

Voici l'opinion de M, Bernard Derosne sur cet artiste, dans la Mendiante de Saint-Sulpice :

« M. Gémier a toute la sécheresse hautaine, tout l'aplomb insolent qui conviennent à un traître quand il est homme du monde. » (Précédente édition.)

Gémier a repris les rôles qu'il avait créés dans Boubouroche et dans Blanchette.

M"*" BARNY, artiste de talent et d'une conscience rare, n"a jamais, depuis la fondation du Théâtre-Libre, quitté Antoine, dont elle fut l'auxiliaire dévouée. Pour rappeler les créations de M"^ Barny, il faudrait citer tous les succès du Théâtre-Libre.

M'^*= LUGE COLAS débuta au Théâtre-Libre dans En famille, de Méténier, et fut, sur cette scène, de la Puissance des ténèbres, de la Pâlotte, des Revenants, etc.

Successivement à l'Ambigu, au Vaudeville, où elle fît des créations dans M. Coulisset (devenu le Portefeuille, au Palais-Royal), Flipotte et Manette Salomon, elle passa ensuite à la Renaissance, pour les Rois, et à la Porte-Saint-Martin, pour Fan fan la Tulipe.

Ingénue comique, ou soubrette, ou bobonne, toujours intelligente et en verve.

M"^ LEGAT (Antoinette), élève de Delaunay, entra â la feue Comédie-Parisienne, en sortant du Conservatoire ; puis, débuta à l'Odéon, dans le Glorieux. Elle se distingua au Parc de Bruxelles, notamment dans le Modèle, d'Henry Fouquier, et fit une grande tournée avec Amants.

M"'' MELLOT, deuxième prix de tragédie en 1892. est engagée au Grand-Théâtre, puis au Châtelet pour le rôle de Louis XIII, dans la Bouquetière des Innocents. Elle reste pendant deux ans à la Renaissance, où elle joue dans Phèdre le rôle d'Aricie, SarahBernhardt jouant Phèdre.

A l'Ambigu, mademoiselle Mellot crée le rôle de Fanfan, dans les Deux Gosses, où elle fit verser des torrents de larmes, et â l'Odéon, elle est du Capitaine Fracasse (rôle de Chiquita).

Entre temps, mademoiselle Marthe Mellot a interprété, dans les « théâtres à côté » Ilenrik. Ibsen, Alfred de Musset,

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Maeterlinck, Edouard Desjardins, Rosmerstolm, Joséphin Péladan, Romain Coolus.

M'"' PERROT flii.M.v), commença au théâtre de Montmartre et fut, pour le rôle de Suzel, d'une tournée de l'Ami Frit::. Elle passa au Palais-Royal, à la Renaissance et à l'Ambigu.

Elle compte d'importantes créations au Théâtre-Libre, où Adèle, de Boubouroche, quelle a repris au théâtre Antoine, fut son principal succès. — A la Bodinière, elle a dit avec une note toute personnelle les Chamcm illustrées.

BEAU LIEU, ancien élève du Vaudeville, oi^i il passa artiste et doubla quelques-uns de ses camarades, a été remarqué aux Escholiers, dans Charité.

DESFONTAINES, ses études classiques terminées, débuta ^ dix-sept ans au Théâtre-Libre, dans l' Assomption (rôle du petit tailleur) et suivit pendant deux ans le cours de M. Leloir, au Conservatoire. — Créateur de Chanel d'habits! et de vingt-sept rôles dans les théâtres cl';\ côté.

PO NT- ARLES, commença en province. Pendant fjuatre ans au Théâtre-Libre, il fut de nombreuses créations. Celle de Boubouroclv' fut particulièrement remarquée.

En quittant le Théâtre-Libre, il alla aux Variétés, de Marseille ; rentré à Paris, il joua au théâtre de la République, à la Bodinière et à la Renaissance.

MARS E Y, quitta l'Odéon pour suivre Antoine dans ses tournées. — VERSE, a repris ses deux modestes et consciencieuses créations, dans Boubouroche et Blanchette. Entre la fermeture du Théâtre-Libre et l'ouverture du théâtre Antoine, il s'est exercé au théâtre Pompadour et au Grand- Guignol. — M"*" CLE M a joué les ingénues élégantes au Palais-Royal. Aux Nouveautés, elle fut de la créations des /n^ocm^s et de la Tortue. — M"*" REY- NOLD (Bii^rthe), élèvedeM""^FavarU joua aux Boutfesdu-Nord. Après une audition, Antoine l'engagea et lui distribua plusieurs rôles.

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