X. - OBSERVATIONS DE MONTSOURIS
A Montsouris, comme je l'ai déjà dit, on emploie un actinomètreà thermomètres conjugués; Ce sont deux thermomètres dans le vide, Tun à boule noire, l'autre à boule transparente, accouplés sur le même support, et c'est la différence de leurs indications qui mesure la force du Soleil. Les observations sont représentées par la formule Ap', en prenant pour e l'épaisseur atmosphérique calculée par la formule de Pouillet. En choisissant, parmi les données recueillies dans le cours de deux années, celles qui avaient été obtenues par des temps clairs, à ciel bleu et sans nuages, on a trouvé, par neuf observations concordantes,
^=1^0,875, A rr: I7»,0.
L'appareil marquerait donc 17^,0 en dehors des limites de l'atmosphère. Pour éliminer cette constante, qui varie avec chaque appareil particulier, on ramène toutes les observations à une mesure commune en les multipliant par le Tacteur
constant . On obtient ainsi des degrés actino-
métriques correpondant à la formule
0— loo" (0,875)',
qui suppose que rinstrument marque 100^ à la limite de Tatmosphère.
Pour chaque nouvel instrument, la constante A peut être déterminée directement, ou bien (ce qui évidemment vaut mieux) par comparaison avec Tactinomètre étalon de Montsouris. Un certain nombre de ces comparaisons ont été déjà faites soit à la demande de météorologistes ( MM. Alluard, Fines, général de Nansouty, R. P. Larcher, Risler), soit pour les Sociétés d'agriculture. On réduit ensuite les observations en multipliant la différence
des thermomètres par le facteur -— ? propre à cha-
que instrument ; on pourrait aussi employer des échelles qui dispenseraient de toute réduction et donneraient directement le degré actinométrique. La valeur élevée du coefficient de transparence thermique (0,870) peut s'expliquer de deux manières : 1° il est probable que les thermomètres dans le vide mesurent principalement la chaleur lumineuse du Soleil, l'enveloppe extérieure de verre arrêtant les rayons de chaleur obscure ; 2° les thermomètres n'^étant pas abrités contre la lumière diffuse du jour, l'intensité de la radiation diminue moins vite avec la hauteur du Soleil que lorsqu'on mesure seulement la force des rayons directs. Nous avons déjà vu, en effet (p. 38), que la lumière to-
taie qui est représentée par la somme C -|- I peut s'exprimer par la formule Ap', en prenant pour les constantes A et p des chiffres plus élevés que lorsqu'il s'agit d'exprimer seulement la force normale I des rayons directs.
Dans V Annuaire pour 1873, on trouve (p. 262) une série d'observations comparatives des thermomètres conjugués et d'un actinomètre Secchi (fermé par une glace), qui ont donné, pour les premiers, A.= 17*^,0 etp = o,83; pour le second, A=i5**,6 et/> = o,8o.
U Annuaire de Montsouris donne, pour chaque jour, la moyenne des observations de 6** et 9** du matin^ midi, 3*^ et g'' du soir(*). Cette moyenne varie beaucoup d'un jour à l'autre, selon l'état de l'atmosphère. Voici quelques chiffres empruntés à V Annuaire :
Moyennes. 9 juin 1876 23,3
Le même Annuaire renferme les Tables calculées par M. Descroix qui donnent, pour les diverses latitudes de la France, de dix jours en dix jours, I** les degrés actinométriques pour l'heure de midi,
(^) La vraie moyenne diurne s'obtiendrait en divisant la somme des observations trihoraires par 8.
2*^ les degrés actinométriques moyens. Ces Tables ont été calculées avec la valeur du coefficient p qui avait été déduite des observations (p=: 0,875), en adoptant pour les épaisseurs e les nombres de M. Pouillet. Elles permettent de comparer les résultats de chaque année avec les données théoriques qui correspondent à un ciel parfaitement pur. Voici les moyennes annuelles, déduites de quatre années d'observations. On a mis dans la dernière colonne les moyennes calculées, pour la latitude de Paris, dans l'hypothèse d'une atmosphère parfaitement pure.
Moyennes.
Mois.
Calcalé
Octob..