‹ Actinomycose de l'amygdaleChapitre 7 sur 13 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Nous avons pu recueillir plusieurs observations ayant trait à des cas d’actinomycose des ganglions. Nous avons pensé qu'il serait bon de les étudier en premier lieu afin de voir si l’on doit ou non, d’une manière définitive, conserver au tissu lymphoïde la résistance remarquable vis-à-vis de l’actinomyces qu’on lui a accordée jusqu'ici.

La première étude que nous ayons trouvée est relative à une forme spéciale d’actinomycose ganglionnaire chez les bovidés : observation (très résumée) de Ko- WALEWSKI et SWIATOSLANSKY in Journal de Médecine vétérinaire et de zootechnie, année 1900. — Sur la forme miliaire de l’actinomycose des ganglions chez les bovidés. Les auteurs constatent en premier lieu la grande fréquence des lésions actinomycosiques des ganglions chez les bovidés.

«Nous occupant depuis plusieurs mois des lésions des ganglions chez les bovidés sacrifiés à l’abattoir de Stavropol, sur 80 cas, où nous avons fait l'examen microscopique, nous avons eu l’occasion 40 fois de ren-

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contrer l’actinomycose miliaire des ganglions rétropharyngiens. »

Suit une description des formes admises jusque-là dans les nosographies :

1° Foyers spongieux limités ;

2 Foyers spongieux avec cavernes remplies de pus;

3° Une troisième forme que les auteurs appellent forme miliaire ».

« C’est la forme d’actinomycose ganglionnaire que nous avons bien souvent observée à l’abattoir de Stavropol, qu’il y a toute raison de nommer miliaire, en raison du petit volume des granulations très-fines qui la caractérisent et par analogie avec la tuberculose miliaire. Les préparations microscopiques faites avec des nodosités plus haut mentionnées nous ont toujours montré des touffes radiées d’actinomyces. »

Les auteurs sont très affirmatifs sur ce point :

« L'examen du pus des granulations nous a donné toujours un tableau caractéristique de l’actinomyces. »

Nocarpet LECLAINCHE constatent que les altérations des ganglions sont exceptionnelles. Les ganglions atteints sont volumineux, fibrineux ; ils renferment des foyers purulents qui s’abcèdent et donnent lieu à des fistules persistantes.

Chez le cheval où la maladie n’est observée que de loin en loin les ganglions sont assez souvent atteints (BARANSKI-RASMUSSEN).

«La glande conglomérée, dure, volumineuse, ressemble à la glande de morve; des foyers caséeux renferment les actinomyces. »

de

SCHMIDT constate l’envahissement de tous les ganglions de la tête, du cou et des bronches. |

RŒTTGER, Archiv für Thierheilk, Tome XXXVI, 1900, rapporte un cas d’actinomycose géneralisée chez un cheval; les ganglions de l’auge et cervicaux supérieurs sont volumineux et durs ; on trouve des moduies actinomycosiques dans presque tous les organes et les ganglions.

11 convient de dire il est vrai que MM. Nocard et Leclainche croient dans ce cas à une erreur de diagnostic, malgré la constatation faite par Rœtger de lactinomyces. Chez le porc, d’après MM. Nocard et Leclainche, les amygdales seraient souvent envahies.

Mari, de Moscou trouve chez le bœuf que les ganglions sont nris 15 fois sur 100. Ces résultats sont confirmés par les études de Kowalewski et de Sviatosolanski. En somme, malgré la confusion possible de quelques cas avec de l’actino-bacillose, il semble bien devant cette longue énumération que le tissu réticulé soit assez souvent envahi par l’actinomyces.

Devrons-nous maintenant conclure à l’intégrité absolue des ganglions ? Il est très difficile même devant les cas d’actinomycose ganglionnaire cités jusqu'ici d’être affirmatif sur ce point. Ils semblent bien présenter les garanties les plus sérieuses d'autant que les examens bactériologiques ont été pratiqués à une époque où les pseudo - actinomycoses étaient déjà connues. |

Malgré ces faits en apparence concluants, il nous est impossible de ne pas revenir sur l'intégrité clinique habituelle du tissu lymphoïde. Dans la clinique

de M. le professeur Poncet on n’a jamais noté d’envahissement des ganglions. Et il faut rapprocher de ce fait clinique, l'indépendance toujours signalée de la moelle osseuse au moins comme lésion primitive. Il semble donc bien que l’actinomycose évite le tissu lymphoïde à l'opposé de la tuberculose. Sans doute elle peut s’y développer, mais les conditions qui lui sont faites doivent être très désavantageuses. Aussi voyons nous toujours l’actinomyces émigrer rapidement. De l’amygdale il fusera dans les tissus voisins sans laisser parfois de traces nettes de sa localisation première. De l'intestin dont le tissu lymphoïde est pour lui un voisinage dangereux, il s'étend vers la paroi abdominale y formant ces volumineux plastrons bien connus aujourd’hui.

Mais il n’en doit pas moins rester acquis que le tissu lymphoïde n’échappe pas à l’actinomyces tout en lui faisant des conditions telles que ce dernier émigre rapidement,. Il faut toutefois faire remarquer que nous n'avons pu réunir que des observations d’actinomycose du tissu lymphoïde chez les animaux. Seule une courte notice de RAINGEARD, qui aurait constaté l’envahissement de la couche corticale folliculaire des ganglions péri-bronchiques chez l’homme, par le mycelium du parasite. A noter un second cas de MACAIGNE, dans une observation d’actinomycose du poumon. Dans une étude récente, WRIGxT étudie les conditions de résistance du tissu lymphatique. ;

L'auteur a pratiqué l’examen de 75 amygdales hypertrophiées sans y découvrir l’actinomyces, aussi cède-t-il au plaisir de citer un «cas rare»: « Il s’agit

d'un garçon de 13 ans, entré à l’hôpital pour hypertrophie des amygdales. Elles furent enlevées et, suivant l’habitude de la clinique, après diverses préparations, débitées en coupes et montées à l'hématoxyline éosine. On découvrit alors dans l’intérieur de l’amygdale une cavité bourrée de grains actinomycosiques. » L’épithélium de revêtement est fortement épaissi au voisinage des lésions. L'auteur constate en passant cette prolifération de l’épithélium quitte à revenir plus loin sur les moyens de défense de l’amygdale.

Pour Wright c’est l’épithélium pavimenteux, qui revêt les cryptes, qui est le véritable agent protecteur contre l'invasion de l’actinomycose. D'une manière générale, en effet, la barrière épithéliale est de plus grande importance que les autres moyens de défense. Wright émet cette opinion que les toxines secrétées préparent le chemin à l’actinomycose, comme elles facilitent d’ailleurs l’entrée du bacille de Koch. Mais voici l’obsvervation recueillie dans la clinique de M. le professeur Poncet relative à un cas d’actinomycose de la région cervicale dont la porte d’entrée semble avoir été l’'amygdale.

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