OBSERVATION VII
O. Lange, chef de clinique opht. à Brunswig.
M">« X..., couturière, 71 ans, ;souffre depuis 1 an 1/2 de son œil droit qui est collé chaque matin : elle éprouve un picotement continu dont les soins d'un confrère n'ont pu la débarrasser.
A l'angle externe delà paupière supérieure le long du canalicule lacrymal on sort une tuméfaction cylindrique de 6 m.llim . long sur 4 n)illim . large. La peau est tendue un peu rouge avec une transparence jaunâtre '. La tumeur est molle et indolore et la pression fait sourdre du point lacrymal dilaté une goutte de liquide visqueux. A part un peu de rougeur de la caroncule, l'œil a l'aspect normal. La malade ne se plaint pas de larmoiement. Jamais elle n'a eu l'occasion de toucher du blé ni d'être blessée par un épi. , , • ,
C'était bien exactement letableau que V.Schroeder a dépeint
de l'actinomycose du canal lacrymal : aussi je n'hésitai pas à poser ce diagnostic avant même d'avoir pratiqué l'incision. Cette incision montra que le canalicule était très dilaté et rempli par une masse composée de grumeaux d'un jaune gris verdâtre. Au moyen d'une petite curette, le tout fut soigneusement extrait : il y en avait gros comme un petit haricot. La mucfueuse du diverticule était épaisse et d'un rouge sale.
Après une injection de Cy Hg 1/1500^ et une insufflation d'iodoforme dans le canal, un pansement antiseptique fut appliqué. Le lendemain toute tuméfaction et toute rougeur avait disparu. Deux jours après, l'œil avait repris son aspect absolument normal .
OBSERVATION VIII Personnelle.
M- X..., de Béthune, âgée de 60 ans, propriétaire, se pré sente à la consultation de M. Dujardin, en avril 1898, pour un larmoiement de l'œil droit qu'elle-même rattache à l'existence d'une petite tumeur de la paupière inférieure droite augmentant lentement de volume depuis i an , /2. La malade se plaint de picotements se faisant sentir surtout dans la soirée : l'œil n'est que rarement collé, le matin au réveil
A l'examen, on constate une légère hypérémie de la conjonctive, à l'angle interne, un élargissement du double et une éversion du point lacrymal.
La tunieu, elle-même paraît être de la grosseur d'un pois, bombée également en avant et en arrière, assez résistante à la pression qui ne parvient pas à l'aplatn-. Elle est située un peu en dehors du sac lacrymal sur le trajet eL un peu au dessous du
La pression sur la tumeur et le conduit fait sortir une gouttelette de liquide louche. Une pression énergique ayant été exercée sur la tumeur dans le but d'en provoquer l'expulsion, il ne nous a pas paru qu'elle fût visible par l'orifice lacrymal,
La peau est libre sur elle et ne présente pas de rougeur inflammatoire en ce point : la conjonctive tarsienne est légèrement hypéremiée.
L'état général est bon.
La malade avait été soignée 2 ans avant par M. Dujardin pour un larmoiement qui céda ^ peu près à quelques séances de cathetérisme.
Elle habite la ville.
Le traitement consista dans l'incision du conduit lacrymal et curetage de la tumeur qui "se trouvait située dans un pet.t infundibulum à l'extrémité du canalicule, près du sac lacrymal. On sentait très bien à la curette que les parois de la cavité
étaient rugueuses. . . j
Lavage prolongé au sublimé au i/,ooo« et prescription de
compresses de cyanure d'hydrargyré.
La malade se présente 15 jours après absolument guéne, et la guérison s'est maintenue depuis.