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constituer. Bostroem soutient que dans Ja plupart des cassil'on faisait de minutieuses recherches on trouverait des débris végétaux au sein des lésions. Des coupes en série suffisamment multipliées sont nécessaires pour arriver à ce résultat. Car il n’est pas besoin pour transporter les éléments du champignon de corps volumineux et les poussières végétales, aussi bien que les épis ou les grains entiers, servent de véhicules aux spores. Les dimensions des parcelles végétales peuvent être très minimes et les rendre même difficilement per- Ceptibles à l'œil nu, puisqu'on en a trouvé dans les tissus qui n’atteignaient pas 1 millimètre — de o mill. 9 à 1 mill. 5, dans les cinq cas positifs de Bostroegm. — Le transport par l'air extérieur de poussières contaminées jusqu'à la conjonctive et de là par le point lacrymal, dans le canalicule, a été considéré par les divers auteurs, comme la cause la plus probable de l'infection.
Des ‘“fecherches dans ce sens n'ont été’ faites, croyons-nous, que par Schroeder, qui n'est pas arrivé par des coupes suffisamment multipliées, à déceler la présence de débris végétaux au sein des lésions.
D'autre part, les travaux de Gombert ont démontré que le parasite trouvait dans l'eaü un milieu de culture favorable : le champignon se multiplie dans l'eau de fontaine stérilisée et, dès Lors, il est possible que l'eau serve de véhicule au champignon jusqu'à’la conjonctive: ce qui semble le plus vraisemblable du reste,
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quand on sait la fréquence relative de ce champignon sur la conjonctive de l’homme à l'état normal.
C'est, en effet, un point sur lequel l'attention n'a pas. été attirée depuis Gombert que ce parasite végète sur la conjonctive parmi les microbes normaux. Et les recherches de Gombert ont démontré qu'il forme une à deux colonies sur huit à dix plaques ensemencées avec le mucus conjonctival. Ce parasite peut donc se trouver dans les culs-de-sac conjonctivaux sans qu'il se développe d'actinomycose dans les voies lacrymales.
La raison de cette innocuité ne peut être recherchée dans influence défavorable des larmes puisqu'elles constitueraient au champignon un milieu de développement suffisant, d’après les recherches de Gombert.
On peut admettre une virulence atténuée du parasite, au contact de l'air qui, comme l’a démontré Duclaux, exerce une action défavorable sur les microbes en général — et nous l'avons vu sur l’actinomyces en particulier, et au contact des différentes espèces de bactéries avec lesquelles il se trouve en symbiose et. qui, comme l'on sait, exercent sur le champignon une action destructive; l'impossibilité pour l’actinomyces de se développer dans des cultures où il se trouve associé aux différents microbes d'infection secondaire le démontre.
Ce sont là des circonstances qui mettent le champignon dans un état de moindre virulence et qui
expliquent le développement rare du parasite dans les conduits lacrymaux.
Pour que l'affection se constitue, il faut peut-être que le parasite se trouve dans des conditions de culture plus favorables par une virulence primitive plus grande, par un contact moins prolongé avec les ir icrobes ou par diminution d'énergie du milieu microbien où ïl se trouve transporté, mais il parait nécessaire que des conditions spéciales lui soient créées par le terrain canaliculaire sur lequel il va évoluer.
Ces conditions peuvent être réalisées par une altération préalable de la muqueuse, et Camuset avait déjà remarqué que les concrétions se formaient chez des individus! atteints d’inflammation chronique du conduit et du sac, ou par une. occlusion partielle où totale du canalicule qui entrainerait la stagnation des larmes. Le parasite, trouvant dans ce conduit des
‘éléments nutritifs, un apport d'air moins considérable et la température convenable pour sa culture, s'y développerait sous forme de concrétions sphériques comme dans les milieux de culture artificiels.
Dans le cas de Goldzieher, un cil fut trouvé au centre de la concrétion; il a pu déterminer par sa présence dans le conduit une obstruction irritative plus ou moins complète qui a favorisé le développement du parasite.
Dans l'observation que nous rapportons la malade avait été Soumise au cathétérisme par le conduit lacry-
mal inférieur droit, que lui pratiqua M. Dujardin. C'est dans ce conduit que se ‘ développa l’actinomycose constatée trois ans après. Le cathétérisme après curetage de la concrétion démontra un rétrécissement manifeste du canal nasal.
Du reste les concrétions s’établissent danses points physiologiquement retrécis du conduit lacrymal, qui sont, après l'embouchure externe, l'orifice de communication avec le sac; c'est dans ce dernier point que dans la plupart des cas on constata la présence de la tumeur actinomycétique. Dans notre cas la masse parasitaire semblait bien s'être développée dans le diverticule même formé à l'entfée du sac par la paroi du conduit et le repli de la muqueuse qu'on a appelé la valvule de Huschke. Il y a là une sorte de cœcum qui semble bien disposé pour le développement du champignon.
Le sac lacrymal ne paraît pas avoir été jamais envahi secondairement.
L'actinomycose a été observée dans les 2/3 des cas dans le canalicule lacrymal inférieur. Evetzky explique cette prédilection par le rôle plus actif que joue le conduit lacrymal inférieur dans l'élimination des larmes. Nous croyons que cette particularité peut s'expliquer par le fait que la masse parasitaire se trouve assez souvent dans la dernière portion du conduit, portion commune pour ainsi dire aux deux canalicules puisqu'ils débouchent dans le sac lacrymal par le même orifice en avant de la valvule de Huschke. Les
signes cliniques de l'obstruction ne se montrant que dans le conduit lacrymal inférieur en vertu de la position déclive de ce conduit et de la situation inférieure de linfundibulum dans lequel se développe la tumeur, c'est le conduit lacrymal inférieur que l’on considère comme atteint.
L'actinomycose des canalicules semble avoir une prédilection marquée pour le sexe féminin : dans presque tous les cas publiés l'affection s'est développée chez des femmes. |
Il est intéressant de constater dans le petit nombre de cas connus cette inversion dans les coutumes de l'actinomyces qui a été le plus souvent observé chez l'homme dans ses autres localisations.
Il ne semble pas que les différences de condition Sociale aient une influence marquée mais les personnes de la ville sont peut-être atteintes moins souvent que celles de la campagne.
Enfin à propos de la répartition de la maladie dans les divers pays il est probable que l’actinomyces des voies lacrymales n'a pas de champ limité d'action.
. Les pays où a été surtout notée l’actinomycose des conduits sont l'Allemagne et la Russie.
En Allemagne on a observé une vingtaine de cas dont deux decrits sous le nom d’actinomycose.
En Russie 7 à 8 cas dont 6 depuis le travail de Schroeder.
En Italie 2 Cas. En Belgique 1 cas.
En France 4 Cas.
SYMPTOMATOLOGIE
L'actinomycose du conduit lacrymal débute ordinairement par un larmoiement léger, mais tenace, qui s’accompagne après un temps variable, d’hyperémie de la caroncule. de la conjonctive vers le grand angle de l'œil et du bord de la paupière au voisinage du canalicule atteint.
Le larmoiement peut être très léger et même ne s'être jamais montré dans le cours de l'affection dans des cas anciens.
IH en est de même de la rougeur catarrhale de la conjonctive, qui peut-être limitée à la caroncule ou faire complètement défaut. Presque toujours l'œil est collé le matin au réveil, particulièrement à l'angle interne. Le malade éprouve une cuisson, un picotement continu très désagréable en même temps qu'une sensation de gêne irritante.
À l'examen on ne constate au début qu'une légère éversion partielle de la paupière due au faible épaisissement produit le long de son bord libre par la dilatation du conduit lacrymal. Au toucher, on sent le long