EVOLUTION
L'actinomycose revêt dans sa localisation sur les voies lacrymales, une allure un peu spéciale, un peu différente de celle qu'elle revêt habituellement.
L'actinomycose d'une façon générale est comme la tuberculose, une maladie à marche lente, chronique et envahissante créant à la longue de vastes pertes de substance et aboutissant finalement à la formation de pus et d’abcès.
Or, un fait étrange doit avant tout nous frapper, on n'a pas remarqué, même après une durée de deux ans de la maladie, ni suppurations, ni abcès, ni fislules ; en outre, la maladie n’a aucune tendance à l’extension, si bien que dans toute la littéralure médicale on ne trouve qu’un cas d’actinomycose du sac lacrymal secondaire à celle des canalicules lacrymaux : à quoi est donc due cette allure s1 différente ?
Elle doit dépendre de conditions très spéciales ; en effet, nous avons vu que l’actinomycose se développe dans une cavité revêtue de son épithélium et balayée par les larmes et du mueus et qu'il ne pénètre pas à travers les tissus, mais à traversles orifices normaux, les
canalicules lacrymaux,
Schrôder, en 1894, analyse très bien les conditions qui sont faites à l’actinomyces dans le canalicule lacrymal : « l’actinomycose jusqu'ici, dit-il, à été observée dans les tissus du corps; l'irritation due à sa présence, détermine la formation de issus enflammés dont la destruction amène la formation d’abcès. La propagation continuelle à travers les tissus et les organes les plus différents conduit à la formation d'infiltrations, d’abcès et de fistules toujours nouvelles qui donnent des symptômes cliniques différents, suivant les organes atteints. Dans le canal lacrymal, le champignon se trouve dans des conditions loutes spéciales, non observées Jusqu'à présent, puisqu'il se trouve dans une cavité où il a pénétré sans effraclion des tissus et qui est recouverte d'une membrane muqueuse ouverte de deux côtés, toujours parcourue par des larmes et du mucus ; dans cette cavité 11 se développe lentement et donne une aggloméralion de grains ; d’après les observations publiées jusqu'ier, 1l ne pénètre pas dans les tissus en traversant la muqueuse. Ilest possible que, par l'irrita- UHon continuelle et par son accroissement incessant, il produise une réaction inflammatoire dans la paroi du sac quise manifeste, dans mon cas, parla transformation du sac en une lame dure ; mais 1l n'amène pas de destruction, de perte de substance, puisqu'il ne se trouve pas dans la profondeur de la muqueuse et n'y prohfère pas ; c'est pour cela qu'il ne pouvait aboutir à la formaion de pus ou d’abcès. »
L'actinomycose des voies lacrymales évolue lentement, insidieusement ; les troubles fonctionnels se bornent à un léger larmoiement inconstant d'ailleurs et