‹ Actinomycose des conduits lacrymauxChapitre 9 sur 16 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBsERVATION Ï Par le D' Terson père!.

Il s'agissait d'une femme, âgée de soixante-douze ans, présentant une tumeur du volume d’une petite noix, située à la partie interne de la paupière supérieure du côté droit. La paupière était légèrement renversée en dehors et il fut bien observé que le point lacrymal, plus ouvert qu'à l'ordinaire, laissait sourdre à la pression un peu de suppuration. Le début remontait à plus d'une année et l’on pouvait craindre qu'il ne s’agit d’une tumeur de mauvaise nature menaçant d’envahir la cavité orbitaire. La région du sac lacrvymal était saine et sans aucun gonfiement. Le point lacrymal fut ouvert et l'introduction d'un stylet ayant fait percevoir la sensation d'un corps dur assez près de l'entrée du canalicule, une pince à curettes fut engagée à plusieurs reprises et ramena successivement quatre calculs, chacun de la grosseur d’une lentille, qui se laissaient écraser si on les pressait un peu fortement entre les doigts. Une cinquième concrétion fut retirée le lendemain et, à partir de ce moment, la tuméfaction diminua rapidement. La guérison était complète au bout de trois semaines.

! Terson père. — Cinq calculs renfermés dans le conduit lacrymal supérieur simulant une tumeur de mauvaise nature (Soc. méd. de Toulouse, 1873).

OBsERvATION II

Par le D' J. Terson fils (de Toulouse).

NID âgée de quarante-six ans, habitant Luchon, se présente à notre consultation le 13 décembre 1900, se plaignant d’un larmoiement presque constant de l'œil gauche,

I n’est peut-être pas indifférent, au point de vue étiologique, d'ajouter que la malade occupe un emploi à la buvette d'une des sources que fréquentent les baigneurs dans l'été et vit ainsi une bonne partie de l’année en pleine montagne très boisée dans cette contrée. En examinant la région des voies lacrymales du côté gauche, nous observons, mon père et moi. un petit renflement régulier, ovoide, occupant la partie du bord palpébral qui va du point lacrymal à l'angle interne de la fente palpébrale. Nous notons que le pertuis du point lacrymal est plus large que celui du point correspondant de l'autre œil ; le larmoiement ne peut donc venir de son insuffisance. Par la pression sur la partie renflée, on voit sourdre du point lacrymal élargi une quantité insigniliante de sérosité muco-purulente : et, comme la pression du sac lacrymal n'augmente en rien l'écoulement, nous pensons qu'il ne s’agit point d'une dacryocystite et qu'il doit exister une obstruction en un point précédant l'embouchure du canalicule dans le sac, due à la présence d'un corps étranger. Toutefois, la malade affirme n'avoir subi aucun traumatisme et ignore absolument la cause et la date précise de son larmoiement : ce qui nous fait songer à la possibilité d'une obstruction par quelque concrétion d'une nature indéterminée, mon père avant observé plusieurs cas de ce genre.

C'est dans cette pensée que nous procédons à l'ineision du canolicule inférieur. A peine l'ouverture faite, nous voyons sourdre autour de l'instrument de petits amas du

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volume d’une tête d'épingle, de forme arrondie. Par l'introduction d'une fine curette, nous en ramenons une dizaine environ, les uns de couleur jaune, d’autres un peu plus bruns, de consistance ferme, se laissant pourtant assez facilement écraser entre les doigts, comme s'il s'agissait d'un mueus desséché.

Dès le lendemain, le larmoiement avait presque disparu. Le quatrième jour après notre intervention, la malade rentrait chez elle, se considérant comme entièrement guérie de l'affection dont elle souffrait depuis près d’une année.

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