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longue et aboutit trop souvent à une atrophie de la jambe malade ; — la mort peut même survenir parfois, si l’on n’intervient par une amputation.
Depuis un certain temps déjà, on a émis l’idée que cette affection était parasitaire et due à un microphyte spécial, qu’on a nommé mycetoma. Mais, dès 1888, le D r Yandycke Carter appela l’attention sur l’étroite ressemblance qui existe entre le mycetoma et Yactinomyces, au point de vue des caractères cliniques, pathologiques et au point de vue de l’aspect microscopique. « Ce sont, dit M. Carter, les mêmes corps granuleux centraux, la même enveloppe, les mêmes dimensions; dans toute la série pathologique, je ne connais pas d’autres structures qui puissent soutenir la comparaison comme ces deux-ci. »
La même année, à la Société de pathologie de Londres, M. le D r Bristowe opine également pour l’identité de l’actinomycoSe et de la maladie de Madura.
En 1888, Bassini eut l’occasion d’observer un cas de celle affection ; et, sans en avoir reconnu la nature véritable, la description qu’il en donne fait immédiatement songer à l’actinomycose.
En janvier 1892, M. Kanthack, a entretenu la Société de pathologie de Londres de cette maladie; et il a établi que le champignon du pied de Madura .et'l’acfinomyces se comportent d’une façon identique vis-à-vis des matières colorantes. .
ÀCTINOMÏC
En mai 1892, le D r Curnow reçut du chirurgien-major Hatch un spécimen de pied de Madura et le soumit à l’examen du D r R,-T. Hewlett, préparateur de bactériologie au King’s College de Londres. Celui-ci résume ainsi le résultat de , ses recherches : « La maladie occupe la totalité du pied et le tiers Inférieur de la jambe. Le pied est élargi,,les os sont ramollis et cariés; quèlques petits abcès sont disséminés à travers les tissus et communiquent avec l’extérieur par plusieurs trajets fistuleux.
« Dans quelques-unes des cavités, ontrouve de fines granulations jaunâtres ; celles-ci, examinées au microscope, sont un peu granuleuses ; et tout autour d’elles on voit des figures rayonnées, au delà desquelles se trouvent des cellules rondes, embryonnaires. En colorant par la méthode de Gram, on voit que les anneaux formés par le champignon ont un réseau central composé de fins filaments ramifiés et entrelacés ; à la périphérie se trouvent les massues caractéristiques de l’actinomycose. »
Uqe des causes d’hésitation à reconnaître l’identité de l’actinomycose et du myceloma, vient sans doute de l’absence apparente des corps en massues dans cette dernière affection. — Mais, aujourd’hui, on sait que Yadinomyces est un organisme polymorphe et que les massues, si nettes dans ractinomycos.e ; bovine, le sont bien moins dans l’actinomycose humaine, bien que ces deux variétés soient dues au .même parasite. Il en
est de même dans la maladie de Madura ; l’aspect microscopique du mycetoma est identique à celui de l ’actinomyces ; et il semble qu’on ne puisse hésiter plus longtemps à accepter l’idée de M. le D r Carter, que la maladie de Madura est une manifestation de l’actinomycose humaine.
: Néanmoins, il paraît que, dans la maladie de Madura, il y a plusieurs variétés, et. peut-être plusieurs parasites en cause. C’est ainsi qu’en mai 1892, MM. les D rs Gemy et Vincent (d’Alger) ont rapporté une observation très intéressante d’une affection parasitaire du pied, qui n’a pas encore été décrite : il s’agit d’un homme de quarante ans, qui présentait, sur la face plantaire du pied droit, le talon, les malléoles, etc., une quarantaine de tumeurs de la dimension d’un pois, d’une couleur rouge sombre et douloureuses à la pression. L’incision de ces tumeurs donna issue à un liquide sanguinolent, renfermant de petits grumeaux grisâtres, constitués par des zooglées bactériennes très denses, qui appartiennent au genre cladothrix; les auteurs ont pu cultiver ce parasite sur une infusion stérilisée de foin : les caractères morphologiques et les réactions de culture différencient ce microbe de Yactinomyces. MM. Gemy et Vincent accompagnent leur observation d’une planche en phototypie représentant le pied du malade ; l’aspect est celui de la maladie de Madura, et les deux observateurs croient que le cas rapporté par
eux est une variété de pied de Madura. — Le malade avait l’habitude de marcher pieds nus; mais il ne se souvient nullement de s’être blessé ou égratigné en marchant.
En résumé, la lumière n’est pas suffisamment faite sur cette intéressante question ; et l’identité des deux affections n’est pas encore établie sur des bases absolument stables ; il est extrêmement probable, du moins, qu’il y a un lien très étroit entre le mycetoma et 1 ’actinomyces : c’est l’avis de tous les auteurs ; et M. Brocq, dans son livre du Traitement des maladies de la peau, conclut dans le même sens, quand il dit que la maladie de Madura a pour cause un parasite encore mal défini, mais dont les effets lui semblent bien voisins de ceux de l’actinomycose.