CHAPITRE II
. ACTION DE LA PÉNICILLINE SUR LES ACCIDENTS PRIMO-SECONDAIRES DE LA SYPHILIS
ÉTAT ACTUEL DE LA QUESTION. - OBSERVATICNS ÉTRANGÈRES. RÉUNION DE STRASBOURG. - RÉUNION DE MONTPELLIER.
Laissant volontairement de côté les syphilis héréditaires ou nerveuses, nous consacrerons notre attention à l'action de la pénicilline sur les manifestations primo-secondaires de la syphilis acquise. Notre étude sera surtout clinique. Nous nous attacherons particulièrement à observer la vitesse de cicatrisation et d’effacement des lésions et tenterons de voir si vraiment la pénicilline est aussi active en ce sens que le bismuth. Nous étudierons également son action sur la sérologie.
Nous ne donnerons pas un pronostic lointain. En effet, si nous savons que l’action de la pénicilline sur la syphilis est indéniable, nous sommes loin de penser, comme de grands promoteurs l'avaient espéré il y a seulement trois ou quatre ans, qu'elle peut, à la dose de 2.400.000 unités ou à des doses supérieures, guérir la maladie. Les récidives, rarement cliniques, mais sérologiques la plupart du temps, nous l'ont prouvé. Bien plus, le temps n’est pas assez reculé pour nous permettre de savoir si des manifestations nerveuses, viscérales ou cutanées tardives de la maladie apparaîtront ou non chez les nombreux malades qui furent traités, durant la guerre, dans les hôpitaux civils ou militaires,