‹ Action De La PénicillineChapitre 11 sur 31 · PR EE · texte numérisé non relu

PR EE

Avant de nous attacher aux observations faites dans le service de vénéréologie de l'Hôpital du Tondu, nous examinerons les conclusions auxquelles sont ‘arrivés les médecins qui s'intéressent à cette question.

Nous trouvons dans la littérature d'abondants et nombreux travaux sur ce sujet. Une bibliographie déjà très importante nous est offerte. Les Américains, les Britanniques, les Belges, les Français et quantité de médecins d’autres nationalités, ont publié nombre de mémoires.

De la lecture des principaux d’entre eux, ce qui nous frappe par dessus tout, c’est la diversité des conclusions que les auteurs ont tiré de leur observation de l'action de la pénicilline sur les lésions syphilitiques et les réactions sérologiques.

En effet, si l’on peut dire que cette action possède des constantes quasi-immuables, telles que la disparition du tréponème dans les lésions en quelques heures, il n'est pas moins vrai que les auteurs arrivent à des résultats extrêmement différents, voire opposés, lorsqu'ils considèrent des facteurs comme la durée de cicatrisation des lésions ou le temps nécessaire à la négativation d'une sérologie. Le temps, voilà une question d'une importance capitale dans une maladie comme la syphilis. Et non seulement le temps nécessaire à l'effacement des lésions, mais aussi le temps au bout duquel le malade pourra se considérer comme guéri. C'est lui qui, à l'origine, fut la source de si grandes espérances.

Dès que MAHONEY eut obtenu ses premiers résultats, les Américains mirent en œuvre, au début de 1944, une méthode de travail organisé et centralisé. Cela permit d'obtenir cette année-là des rapports officiels de différents centres portant sur les résultats obtenus avec 1.587 cas. C'est Joseph Earle Moore, de Baltimore, qui les exposa dans : (« Le traitement de la syphilis au début ». Ce rapport était uniquement consacré à 1.418 cas, les autres n'étant pas satisfaisants quant à l'observation et l'étude des résultats du traitement.

Se RE

Tous ces cas révélèrent l’action immédiate et profonde de la pénicilline sur la syphilis récente sur les trois Ro suivants :

1° Disparition du tréponème des lésions initiales : 2 Cicatrisation de ces lésions ;

3° Tendance vérs la négativation sérologique.

Or, la quantité de pénicilline reçue par les malades s'échelonnait entre 60.000 et 1.200.000 unités, au total, administrées par voie intramusculaire toutes les trois heures, nuit et jour, pendant sept jours et demi. Il ressortait de ce rapport que les rechutes, quand la pénicilline est administrée seule, étaient en relation directe avec la dose totale donnée en sept jours et demi, et que la plus grande fréquence coïincidait avec 60.000 unités, la plus faible avec 1.200.000 unités. De plus, le pourcentage des rechutes était plus fort quand la voie intra-veineuse était utilisée, et l'usage d’arsénicaux (Mapharsen), à doses subcuratives, parallèlement à la pénicailline, diminuait le pourcentage des rechutes. En définitive, la dose de 1.200.000 unités était déjà considérée comme la dose minima et les Américains pensaient obtenir de meilleurs pourcentages avec des doses totales plus fortes. De plus, on voyait apparaître dès ce moment l'efficacité supérieure d’un traitement combiné.

Au point de vue sérologique, les Américains constataient que les rechutes semblaient être en rapport inverse de la dose totale administrée. Leur proportion augmentait lorsque la voie intra-veineuse était utilisée au lieu de la voie intra-musculaire. Enfin, au début de 1946, MooRE admettait que le taux des rechutes après un dosage total de 1.200.000 unités était à peu près de 15 % et qu'il atteindrait sans doute 20 % d'une façon définitive, après une prolongation suffisante des observations. Îl ajoutait qu'après 2.400.000 unités, les rechutes étaient d'un pourcentage sensiblement le même et il pensait qu'une augmentation de la dose n'était pas une ligne de conduite satisfaisante. Par contre, l'action synergique de la pénialline et de l'arsenic semblait beaucoup plus encourageante,

Page 1