‹ Action De La PénicillineChapitre 12 sur 31 · SON · texte numérisé non relu

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Au cours de ce traitement de la syphilis par la pénicilline, des réactions ont été observées. Dès 1944, MAHONEY signalait que sur 100 cas de syphilis récente traités avec 1.200.000 unités, il avait observé des chocs thérapeutiques ressemblant à cette réaction d'Herxheimer dans 86 cas traités, après le premier jour du traitement. Plus tard, dans la communication préalablement citée de Earle MOooRE, sur les 1.418 cas, on relevait 846 réactions (soit 59 %) après le premier Jour. Parmi elles, 685 consistaient en une élévation thermique simple, et les autres présentaient en outre des réactions inflammatoires locales au niveau de leurs lésions. Mais, de toute façon, ces réactions n'ont jamais été alarmantes et ne constituent pas une indication pour interrompre le traitement.

Parallèlement à tous ces travaux, M. LEVADITI, en France, faisait d'importantes recherches sur ce problème, du point de vue expérimental. [Il se demandait « si la pénicilline guérit cliniquement la syphilis du lapin, si cette guérison apparente évite les récidives, s'accompagne de la négativité des réactions sanguines et assure la stérilisation totale et définitive de l'organisme » (LEVADITI). Il traita des lapins porteurs de syphilômes scrotaux très riches en tréponèmes par la pénicailline qu'il injecta ou directement dans le chancre, ou à la fois dans la lésion et dans les veines, ou dans le système circulatoire, ou enfin par voie intra-musculaire. Îl injecta une quantité de pénicilline variant de 100 à 52.000 unités par kilogramme, soit 220 à 130.000 unités au total. Il arriva, entre autres, aux conclusions suivantes :

€ En général, les tréponèmes s'immobilisent en neuf heures, un ou deux jours et disparaissent le premier, le deuxième et le troisième, rarement le quatrième jour.

» Le temps qu’ exige le .chancre pour se cicatriser est de cinq, sept, onze et quatorze jours. Il ny a pas eu de rapport constant entre le temps de cicatrisation et la dose de pénicilline administrée.

» En injections locales dans le syphilôme, la pénicilline se révèle d'un effet thérapeutique mdubitable, »

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Mais se demandant si cette action était profonde et si, évitant les récidives cliniques, la pénicilline déterminait une stérilisation totale et définitive de l'organisme et si elle négativait d'une façon persistante les réactions sérologiques, M. LEVADITI, complétant son travail, aidé de M. VAISMAN, donnait, le 12 juin 1945, la conclusion suivante dans le Bulletin de l'Académie de Médecine : « I] est possible d'enregistrer des cffets thérapeutiques parfaits, se traduisant par une activité microbiologique et clinique des plus satisfaisantes et, ce qui plus est, par une stérilisation totale de l'organisme, s1 l’on a soin d’administrer à des lapins syphilisés, par voie intra-musculaire et en injections réitérées, effectuées en un temps relativement restreint (4 à 5 jours), des doses de pémicilline voisines de celles utilisées en clinique humaine (40.000 U. O. par kilogramme). Ces constatations, rapprochées des résultats concernant la syphilis cliniquement inapparente de la souris, autorisent à conférer à la pénicilline un pouvoir antisyphilitique immédiat de premier ordre. » i

Mais, au point de vue sérologique, ils observèrent des récidives aux environs du soixantième Jour.

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La publication des travaux de LEVADITI et VAISMAN, ainsi que les nombreux comptes rendus américains qui nous parvenarent, incitèrent les syphiligraphes français, belges et suisses à expérimenter dans leurs services hospitaliers ce nouveau traitement. Et lors des « Journées dermatologiques de Strasbourg », au cours de la séance spéciale du 23 juin 1946, qui fut consacrée à la pénicillinothérapie, de nombreux médecins donnèrent connaissance des observations au 1ls avaient faites à ce sujet.

M. PELLERAT, de Lyon, dans une synthèse des travaux entrepris jusqu'à ce Jour, montra comment les Anglo- Saxons avaient été amenés, par suite des récidives observées en traitant des malades avec pénicilline seule, à associer ce médicament avec les arsénoxydes, puis le bismuth. Il donna ensuite le bilan d’une série d'observations qui lui avaient été communiquées par divers chefs de service. Nous

retiendrons celles qui se rapportent à l'aspect de la question qui nous intéresse particulièrement.

M. PELLERAT disait : « Des essais effectués par M. HURIEZ, il ressort que la pénicilline administrée dans la syphilis récente à la dose de 2.400.000 U. O. ou de 1.200.000 U. O. (40.000 U. ©. toutes les trois heures), plus trois injections d'arsénoxyde, fait disparaître les tréponèmes des lésions en vingt-quatre à quarante-huit heures. Le blanchiment des lésions est rapide, mais parfois particulièrement long. C'est ainsi que la cicatrisation du chancre d'une grande lèvre chez une femme enceinte demanda vingt jours. Pour M. HuüRiEz, une cure de pénicilline remplace simplement une cure d'arsenic, en agissant plus rapidement et avec moins de danger. »

M. BUREAU associe à la cure de 2.400.000 U. ©. (40.000 U. ©. toutes les trois heures) la bismuthothérapie. Dans ces conditions, les tréponèmes disparaissent en D de vingt- quatre heures, les accidents se cicatrisent en quelques jours et la sérologie se négative en six semaines à deux mois.

M. PAUTRIER, Mile ULMo et M. BURGUN ont rappelé qu'ils avaient traité un lot de malades par la pénicilline

seule à la dose de 2.400.000 U. O., soit 100.000 U. O. par

jour en cinq injections.

Sur sept malades porteurs de chancres, ils observèrent la disparition des tréponèmes entre douze et vingt-quatre heures. Mais l’un d'eux, un mois après la fin de son traitement, revint dans le service avec une ulcération du prépuce contenant des tréponèmes.

Ils ont cité également onze cas de syphilis secondaire avec sérologie positive. Ils ont vu les plaques muqueuses disparaître en six à douze jours, les lésions papulo-érosives périanales et périvulvaires entre onze et vingt-quatre jours ; les syphilides palmaires et plantaires en vingt-cinq jours. Enfin, un cas de syphilides de la face et du tronc qui guérissaient si lentement que la malade fut traitée par le Novar et le bismuth.

Ils notaient, en outre, que les réactions sérologiques étaient bien plus résistantes que dans les cas de syphilis primaires.

Dans une deuxième série de malades, ces auteurs groupaient deux syphilis primaires et quatre syphilis secondaires qu ils avaient traitées par la pénicilline seule à la dose de

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