LE NE
dans les délais normaux d'incubation. Cela semble en contradiction avec certains auteurs rapportant des cas de syphilis décapitées ou retardées par un traitement antérieur d'urétrite gonococcique.
Par exemple, dans la littérature anglaise et américaine MAGNUSON et EAGLE (Baltimore) rapportent neuf observations d'auteurs divers, dans lesquelles les manifestations cliniques ou sérologiques d’une syphilis récente ont été retardées (26 à 33 jours pour les lésions, 48 à 74 jours pour la sérologie) par un traitement de 80.000 à 100.000 unités de pénicilline.
La première de ces deux observations nous a montré , CR . . . \ .
l'apparition, environ trois semaines apres le rapport infec- , Je , \ tant, d'un chancre syphilitique avec présence de tréponèmes.
Par contre, la deuxième observation nous paraît encore plus intéressante. Il s'agissait, en effet, d’une syphilis bien modifiée par la péniailline, ‘puisque ce malade suivi d’une façon régulière à Paris et à Bordeaux, a présenté des accidents successifs primitifs, puis secondaires, sans que l'on ait pu découvrir de tréponèmes au niveau des lésions. D'autre part, au moment où il présentait sa roséole, la sérologie était encore négative. Et ce n'est qu'après avoir reçu trois injections de cyanure de mercure qu'il a été réactivé et que ces réactions sont devenues alors franchement positives.
Cette observation confirme l'action rapide et durable de la pénicilline sur la disparition des tréponèmes, mais montre aussi la difficulté qu'il ÿ a eu par la suite à assurer ce diagnostic par des recherches de laboratoire qui furent très lentes à devenir positives.
Il paraît donc nécessaire d' allonger à à une période d'environ trois mois la durée de la mise en observation des malades dont la blennorragie aura été traitée par la pénicilline. Au cours de cette période, des examens sérologiques et cliniques répétés devront être pratiqués.