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V. __ TEMPÉRATURE ET NOYAU

Les recherches ont été effectuées sur Vicia Faba, soumises à deux sortes de conditions expérimentales :

19 les graines et les plantules auxquelles elles ont donné naissance ont constamment végété aux températures étudiées, de : 30 à 380.

20 de jeunes plantes, normalement vigoureuses et ayant poussé à la température du Laboratoire, ont été soumises à diverses actions calorifiques durant 36 heures, de 30 à 60.

Le noyau dans les germinations à températures croissantes (fig. FN A 220, nous pouvons considérer que les conditions “sont normales, et les différentes caractéristiques des noyaux et de leurs mitoses pourront, par suite, servir de termes de comparaison. Le noyau quiescent présente un réseau très fin et un ou deux nucléoles faisant corps avec lui. Toutes les phases de la caryocinèse somatique sont parfaitement nettes et conformes aux figures données par SHARP (93) et EicHorn (25).

Dans aucun cas, jusqu'à 320, une modification quelconque n'a pu être observée, tant dans les cellules au repos que dans celles en voie de division (fig. 8, 220, a, b, c.).

A 320, tous les stades de la mitose se reconnaissent avec netteté. Cependant, les noyaux semblent plés volumineux et plus granuleux qu'aux précédentes températures (fig. 8, 320 a). À 'extrémité de la racine, apparaissent quelques anomalies concernant la séparation et le clivage des chromosomes. Ces dernières opérations se font mal, et il y a détermination de masses chromatiques irrégulières (fig. 8, 320 b); ou bien, sur chacun des filaments provenant du clivage longitudinal, se forment des renflements leur donnant l'aspect de cordes à nœuds (fig. 8, 320, c) tandis que d'autres se raccourcissent et s’épaississent. Ces malformations sont l'exception, mais l’action prolongée de la chaleur est suffisante pour diminuer nettement le nombre des earyocinèses au bout de quelques jours, comme l'indique la courbe de croissance (page 19).

À 340, les modifications précédemment décrites augmentent en nombre et en intensité. Le noyau au repos montre un réseau beaucoup plus apparent et le nucléole, souvent mamelonné et plus où moins irrégulier, se détache de la substance nucléaire sousjacente comme l'indique une auréole périnucléolaire, étroite encore, mais bien visible (fig. 38, 349, a). Quelques noyaux mêmes présentent une pycnose particulière : la chromatine se rassemble en bandelettes, recouvrant comme d’une croûte discontinue un substratum d’aspect homogène (fig. 8, 349, b). Les chromosomes

ont des allures très irrégulières et se clivent de façon incomplète

et anormale ; solidaires, sur une partie de leur longueur, les élémentsfils sont séparés sur une autre de leur partie présentant des renflements et amincissements successifs. Certains, paraissant vacuolisés, ne doivent cette apparence qu'à une solidarité incomplète des chromosomes. Il en est peu qui soient normaux, cependant la même cellule peut en renfermer des uns et des autres (fig. 8, 34, ©).

A 360, malgré de nombreuses coupes et de nombreuses expériences, il ne nous a pas été possible de trouver, quelque mitose ou début de mitose que ce soit. Comme nous l’avons dit dans une note antérieure (31 c), «à proprement parler, il n'y a donc pas de germination au-delà de 360, mais seulement sans doute une imbibition des tissus embryonnaires secs ». Les noyaux observés montrent un grand nombre de grains de-chromatine au milieu de petites auréoles, et le noyau, dans son ensemble, acquiert, pour les colorants, une affinité bien plus considérable que dans les cas précédents. Le nucléole, toujours fragmenté, est entouré d'un vaste cercle faiblement teinté (fig. 8, 360). ;

A 389, les mêmes phénomènes sont observables, avec, dans bien des cas, une élimination des grains chromatiques ou nucléolaires que l’on rencontre encore près du noyau (fig. 8, 38°, c). Cette élimination est peut-être due à une rupture de la membrane que nous n'avons pas observée dans ce Cas, mais qui l’a été lors de l’échauffement à 380. D’autres noyaux, moins nombreux, présentent un aspéct racorni et nécrobiotique fort net (fig. 8, 380, a).

Le noyau à la suite de l'échaujfement. — Les effets de l'élévation de température ne sont sensibles qu'à partir de 340. Sur le noyau quiescent, il apparaît un réseau granuleux avec des amas irréguliers

de chromatine et, parfois, il se forme une mince auréole périnucléolaïre, comme elle s'était formée précédemment dans les mêmes conditions. Quelques chromosomes augmentent de taille et présentent des altérations assez semblables à celles observées antérieurement à 320 (fig. 12, 320). Le clivage prophasique sé maintient et quelques noyaux prennent l'aspect croûtelleux déjà figuré. Mais, dans l’ensemble, il y a assez d'identité avec la température ordinaire, sauf naturellement qu'il se produit un arrêt immédiat de la croissance qu’on doit donc rapporter à des modifications autres que des modifications nucléaires. Les -modifications chimiques doivent jouer là un grand rôle. |

À 369, le volume nucléaire augmente et (fig. 11, 36°) dans les mêmes proportions que le volume du nucléole lui-même, dans la racine du moins. Cette observation concorde exactement avec les variations du rapport nucléo-pläsmatique, ainsi qu'avec les diamètres donnés à diverses températures par O. HARTMANN (49).

TABLEAU X Zea Maïs Pisum sativum

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