SÉANCE DU 26 JANVIER
s’expliquer jusqu'à un certain point par une action nocive; le limbe reste à l’état embryonnaire; ses cellules ne se divisent
pas et le pétiole seul prend, dans le cas de glycérine, un allongement notable. Il est beaucoup plus difficile de se faire une idée de la relation qui existe entre la présence du saccharose ou du glucose au niveau de la racine et la forme qui en résulte pour le contour de la feuille; cette forme devient assez caractéristique pour qu’on puisse la considérer comme un réactif biologique des substances chimiques correspondantes.
L’action des diverses substances sucrées sur la structure anatomique n’est pas moins remarquable; considérons par exemple des feuilles de Radis développés dans des solutions glucosées de plus en plus concentrées; en solution minérale le limbe offre entre ses deux épidermes six assises de cellules formant un tissu lacuneux ; seules les cellules situées en dessous de l’épiderme supérieur sont allongées perpendiculairement à la surface du limbe, tout en étant séparées entre elles par de grandes lacunes. Si la solution contient 2 p. 100 ou 5 p. 100 de glucose, le tissu palissadique comprend deux assises, moins lacuneuses dans le second cas que dans le premier; la concentration en glucose atteint-elle 10 p. 100 ou 15 p. 100 on peut compter de trois à cinq assises palissadiques et quatre assises de tissu lacuneux, les assises palissadiques nouvelles paraissant provenir de divisions des cellules de l’assise sousépidermique primitive; tissu palissadique et tissu lacuneux deviennent en outre de plus en plus compacts. Je rappelle simplement que pour ces grandes concentrations de glucose, il se forme dans les chloroleucites de la feuille des grains d’amidon qui n’apparaissent jamais normalement dans la feuille du Radis.
Nous retrouvons, avec les diverses substances expérimentées, des modifications de même ordre, mais dont l’intensité dépend de la nature chimique des substances agissantes. C’est ainsi que des solutions isotoniques de maltose et de glucose (5 p. 100 de glucose) ont sur la structure de la feuille une action comparable, mais qu'une solution à 0,5 p. 100 de glycérine détermine la formation de deux assises palissadiques, semblables à celles qui apparaissent en présence de 5 p. 100 de glucose; la façon dont les substances considérées se comportent vis-à-vis de la